Les fiançailles

par Gally

Chapitre 9 : Les fiançailles

 

Lilianna en avait vraiment marre ! Sa mère la surveillait du coin de l’oeil et empêchait donc sa fille de partir en douce pour aller demander à Augustin où était Philippe.

-         Mère ! Je peux me débrouiller seule vous savez !

-         Vous restez ici jeune femme, un point c’est tout !

Après un énième haussement d’épaules, Lilianna souffla bruyamment et observa la pièce pour essayer de trouver celui qui faisait battre son cœur.

Elle essayait tant bien que mal de calmer les battements de celui-ci car Lilianna savait que, très bientôt, on allait lui présenter son fiancé…

Les trompettes résonnèrent soudain, remettant de l’ordre dans la salle tandis que le silence se faisait.

Sans comprendre pourquoi, Lilianna sentit la main de sa mère se poser autour de son bras, et l’entraîner vers l’endroit où le Roi s’apprêtait à faire son discours.

-         Mes chers sujets, amis et chevaliers. Ce soir, c’est avec grand plaisir que je vais avoir l’honneur de vous annoncer une nouvelle qui me tient à cœur…

La belle blonde attendait, comme tous les autres invités, que le Roi finissent de parler, et vit également le prince s’approcher de son père.

Il était plutôt grand, habillé comme le fils d’un Roi devait l’être, et la mâchoire prononcée.  Lilianna remarqua une légère goutte de sueur descendre le long de sa tempe.

- … C’est avec un extrême bonheur que je vous avise du futur mariage de mon fils, le prince Hugo, avec la belle Lilianna, fille du très grand chevalier Romuald.

Un tonnerre d’applaudissement s’ensuivit tandis que la jeune fille ne comprit pas tout de suite de quoi il était question.

Tout ce bousculait dans sa tête, mais sa mère la poussait déjà vers l’estrade où le Roi lui prit la main pour la conduire auprès de celui qui partagerait à présent sa vie.

Lilianna ne savait quoi faire. C’était comme dans un rêve. Une main robuste lui touchait le dos et la soutenait, pendant qu’elle se rendait compte enfin de ce qui lui arrivait.

Ses yeux amplis d’étonnements furent finalement parcourus de colère.

Ses parents l’avaient fiancé au prince du royaume, elle deviendrait reine.

Elle voulait parler, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Elle aurait voulu se retourner, faire face à l’homme auquel elle allait être mariée, mais son corps était aussi immobilisé.

-         Ce doit être un cauchemar, murmura Lilianna.

 

Hugo sentait sa présence à côté de lui. Il distinguait sa peur et sa colère comme si c’était lui qui la ressentait.

Sa main posée au milieu de son dos, il sentait son corps parcouru de frissons. Lui pardonnerait-elle un jour de lui avoir caché tout cela ? Il l’espérait. Il fallait qu’il lui parle ! Qu’il lui explique qui il était ! Qu’elle n’épousait pas un étranger et…

-         Lilianna ma chère, enlevez donc ce loup que tout le monde puisse apprécier votre si grande beauté dont toutes personnes du royaume me font si souvent mention, énonça le Roi.

Elle se tourna brusquement vers Hugo, et d’un coup vif elle détacha son masque, pour laisser apparaître le visage d’ange qu’il aimait tant. Mais celui-ci était ampli de rage.

Ses cheveux blonds étaient attachés par un chignon, malgré que quelques mèches sortant ça et là, comme pour rappeler qui elle était réellement. C'est-à-dire une personne libre et plein de caractère.

-         Pardonnez-moi votre altesse, dit-elle au Roi, avant de s’en aller en courant hors de la pièce.

Le monarque fit signe à ses musiciens de reprendre leur valse afin de calmer mes esprits et de faire continuer la fête.

Hugo voulu suivre sa belle et il fut tout de suite arrêter par son père.

-         Pense aux coutumes ! Tu n’auras droit de la revoir que dans une semaine, le jour de ton mariage !

-         Je vous en pris, père, elle a l’air déboussolé et apeurée. Laissez-moi lui parler et…

-         Cela n’est pas votre devoir ! Maintenant, allez vous amusez. Et tâchez de faire oublier cet incident à nos invités !

Hugo souffla bruyamment. Il savait qu’il lui serait impossible de passer outre l’ordre de son père.

 

Lilianna courait, courait… Elle ne savait pas vraiment où elle allait et ne connaissait absolument pas le château, mais tout ce qu’elle voulait c’était s’éloigner le plus possible de cette salle où l’on avait choisi son avenir sans lui demander son avis !

Des larmes brûlantes coulaient sur ses joues, qu’elle s’efforçait d’essuyer de sa main.

Elle s’arrêta finalement dans un magnifique jardin intérieur fleurit où elle trouva un petit banc. Lilianna s’y laissa tomber et laissa finalement éclater toute sa peine. Les sanglots montaient en elle sans qu’elle puisse les arrêter.

Un bruit derrière elle la fit se retourner brusquement quand elle vit son père qui la regardait avec un air penaud. Jamais elle ne l’avait vu ainsi.

-         Ma fille, il faut que tu comprennes que si j’ai accepté de bon cœur la requête du Roi c’était pour ton bien.

Lilianna écoutait d’une oreille les explications tant sa colère était grande.

-         Le prince est un bel homme, courageux et volontaire. Il fera un très bon Roi et un bon mari…

-         … Je ne veux pas être reine !

Ces mots étaient  sortis de sa bouche d’une façon si violente que même son père en fut surpris.

-         J’aime ma liberté, je ne supporte pas toutes ces idioties de noblesses et de rang ! Je ne veux pas épouser un homme imbu de lui-même, qui a été servit pendant des années et qui ne sait rien de la vraie vie. !

Les larmes ne coulaient plus le long de ses joues, et Lilianna faisait à présent face à son père, debout devant lui.

 

Le Seigneur Romuald savait qu’à présent, devant lui, ne se tenait plus sa jouvencelle qu’il avait connue jusqu’alors. Sa petite fille n’était plus, et dans une semaine, elle deviendrait princesse du royaume, mais également une vraie femme en partageant le lit d’un homme.

-         Pardonne-moi ma fille, mais je suis sure que tu feras une excellente reine pour le royaume, et également une excellente épouse. Si tu crois que le prince est imbus de sa personne et qu’il ne pense pas au peuple, alors c’est à toi de tout faire pour qu’il change !

Romuald s’approcha de sa fille et l’embrassa sur le front, avant de se retourner et de repartir vers la grande salle de bal, laissant sa fille perplexe et songeuse.