La danse de mon rêve

par Natsuhi

La danse de mon rêve

 

Je cours. Encore et encore. Le souffle court et sentant la fatigue me frapper, je ne baisse pas les bras. Je continue. Et je pourrais continuer longtemps, toute l’éternité. Car ce pourquoi je cours à toute allure à en perdre haleine, c’est toi.

Il y a d’innombrables choses que l’on regrette au cours de sa vie. Des choses que nous aurions dû faire, des choses que nous avons faites mais qui ne se sont pas déroulées comme nous l’entendions. Personnellement, je fais partie de la première catégorie. Cette tendance à avoir peur. Peur de se lancer, peur d’un regard, peur de souffrir. Peur d’aimer. Quelles inepties. Ma peur prend tellement d’ampleur que je me rends compte trop tard des précieux trésors que je perds. Ne pas écouter son cœur, c’est se mentir. J’ai tendance à ne pas l’écouter, et quand cela arrive, tout autour de moi s’écroule. Et quand je l’écoute un tout petit peu, je perds énormément.

Après l’avoir écouté, à présent, je cours vers mon destin. Je cours réaliser l’un de mes rêves. Car la vie n’est rien si nous n’avons pas de rêve. Ce qui est beau, dans la vie, c’est de se battre pour les réaliser. Et quand il se réalise, un immense bonheur nous consume. Puis l’on passe au suivant. Cherchant des rêves à en perdre la tête.

J’ai laissé échapper ma raison de vivre. C’est pourquoi je cours. Encore et encore. A en perdre haleine. Je vole auprès de toi et j’ai l’espoir d’arriver à temps pour t’empêcher de disparaître à jamais. Car pour la première fois de ma vie, j’ai l’espoir. L’espoir que tu m’as donné. L’espoir de croire. De tout simplement croire.

Il y a plein de monde. Je les bouscule, les dépasse. Je cours vers mon amour. Je cours te faire revenir à moi. Je lève le regard vers l’horloge, et panique à l’idée d’arriver trop tard. J’arrive sur le quai, le souffle court et la peur au ventre. Celui-ci papillonne de cette sensation de chaleur rien qu’en pensant à toi. Rien qu’en me rappelant ton regard, tes lèvres, ton odeur.

«Quand on veut une chose, tout l'Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve.»

J’espère de toute mon âme, de toute mon essence, de tout mon être que cela soit vrai. Car la seule chose que je désire plus que tout en cet instant, c’est toi.

Je cherche. Mon regard se perds entre toute la foule compacte qui parle, marche, rit, pleure. Je panique. Je cours. Je ne te vois pas. Je bouscule tous sur mon passage à la recherche de mon rêve. A ta recherche. A la recherche de mon Amour.

Soudain, au loin, je t’aperçois. Tu t’apprêtes à me laisser, me quitter. Je n’ai plus beaucoup de temps avant de te perdre à jamais. Je cours. Hurle ton nom. Nos regards se croisent. Tu pars. J’ai peur. Reviens. J’ai besoin de toi. Tant besoin de toi. Tu es mon seul rêve. Ma seule lumière sur cette Terre. Non, ne monte pas. Ne me quitte pas. Reviens. Je suis là. J’ai compris. Je sais ce que je veux. Non ! Tu me regardes. Je fonds. Je souris bêtement. Je pleure. J’ai froid. Tu t’arrêtes. J’ai l’espoir. Tu t’arrêtes à la limite, prêt à  me quitter. Non ! Non…

Je cours. Avec cette sensation de danser autour de tous ces sentiments.

«Quand nous avons de grands trésors sous les yeux, nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi ? Parce que les hommes ne croient pas aux trésors.»