Chapitre 2

par yu-chan

Chapitre 2

Les rayons du soleil vinrent chatouiller le visage de Rika. La jeune fille peina à ouvrir les yeux. Rika aimait trainer dans son lit chaud et douillet. Mais elle se sentait mal à l’aise. Elle aimait son ancienne chambre qu’elle avait prit le temps de décorer. Se réveiller dans un endroit blanc comme la neige la mettait d’humeur maussade. Mais elle sourit en pensant qu’aujourd’hui, elle recevrait ses cartons de son ancienne maison. Tel un chat, la japonaise s’étira avant de se lever. Elle enfila ses pantoufles à cause du carrelage froid de sa chambre. Lorsqu’elle fût propre et habillée, la mineure décida d’aller déjeuner. Au salon, elle y trouva sa mère et son père portant des habits de cérémonie. Rika se souvint alors que c’était la tournée de son père et qu’elle devrait le suivre. Encore des photographes, encore des journalistes. Elle imaginait toutes les questions, même les plus stupides, qu’on allait lui poser.

 

Dans une grande salle les murs étaient restés couleur béton et les fenêtres étaient inexistantes. Dans cette salle, des dalles de bétons parfois haute parfois basse, en forme de plateforme ou bien un poteau. Quelques lumières étaient présentes mais la plus importante se trouver dans la cabine en verre au dessus de la porte de sortie. Dario et Zahra s’y trouvaient, ils observaient cette salle à la recherche de quelque chose. Tout à coup, un bruit retentit. Zahra sursauta légèrement sur place. Elle ne s’habituera jamais !

 

Son regard se posa sur l’une des plateformes : Alix était en posture de combat, son arme toujours dans sa protection et ses couteaux encore cachés. Un énorme engin était sur son dos, il prenait toute la place. Il semblait léger. Tout d’un coup, la jeune fille lança sa main derrière elle, dégaina l’arme aussi longue que son bras et visa loin devant elle. Elle appuya sur un des trois boutons présents et un filet en sortit. L’objet se précipita vers sa proie, un soldat quelconque qui fût emprisonné. Zahra sourit, elle était fière d’elle. Puis elle vit Jordan sauter sur une plateforme plus basse que celle d’Alix. Comme elle, elle sortit la même arme qui se trouvait aussi sur son dos. Elle appuya sur un bouton différent et un halo de lumière blanche illumina une partie de la salle. Et une injure, venant du fin fond du ventre des enfers, résonna dans la salle. Jordan fit un sourire victorieux alors qu’une partie de l’équipe se mit sur une plate forme. Il en manquait un.

 

-          Entraînement terminé, annonça Dario. Jordan, j’avais interdit cette fonction.

-          Espèce de sale…

-          Sasha, hurla Zahra dans le micro.

 

C’est à tâtons que Sasha chercha la sortie. Il entendait Shuang s’approchait de lui avec un petit ricanement. Le Chinois s’amusa à le toucher de partout et Jordan fit de même. Sasha le devinait grâce à leurs pas. Derrière, Alec et Alix observaient la scène. Lorsqu’ils arrivèrent à la porte, Alec posa sa main sur l’épaule de Shuang pour l’aider. Dans les vestiaires, le Capitaine et le Lieutenant attendaient l’équipe. Alec aida à Shuang à s’asseoir alors que le reste de l’équipe se tenait droit comme un piquet. Pendant que Zahra appelait l’infirmière pour qu’elle vienne ausculter le jeune homme, Dario passait une main devant sa bouche pour chercher ses mots.

 

-          A quoi bon, murmura-t-il.  Préparez-vous, dit-il désespéré. Soyez prêts dans 30 minutes.

 

Dario quitta la pièce alors que l’Africaine attendait l’infirmière. Elle se sentait mal à l’aise pour lui et lorsqu’elle posa son regard sur l’équipe, elle sentit cette même sensation, surtout pour Jordan. L’infirmière entra et elle lui montra de la tête Shuang. Alors qu’elle regardait ses yeux, les deux autres garçons et les deux filles se dirigèrent vers les douches. Ce vestiaire, au contraire de tous les autres vestiaires du monde, était mixte. Depuis qu’ils étaient enfants, ils prenaient leurs douches ensemble, ils avaient vu leurs corps se transformaient mais surtout, personne ne leur avait fait d’éducation sexuelle. Etant donné qu’on ne leur avait pas inculqué cette nudité, ils ne ressentaient rien en voyant les corps parfait des jeunes filles, et le sublime dessin des abdos des garçons.

 

-          Je vais lui mettre des gouttes dans l’œil, informa l’infirmière. D’ici une heure, il retrouvera la vue.

-          Merci, dit Zahra. Alec ?

-          Oui, dit le jeune homme une serviette autour de la taille.

-          Tu vas aider Shuang à se préparer.

 

Alec acquiesça et prit le bras de son équipier pour l’aider. Zahra quitta le vestiaire à la recherche de son Capitaine. Rika était en compagnie de ses parents et de Dario. Avec son père, ils discutaient du déroulement de la journée et des choses à faire et à ne pas faire en public. Alors que sa mère ouvrit sa porte, la japonaise vit l’escadron dehors entrain d’attendre le Président. Ils mettaient leurs oreillettes en place et Zahra les imita. Le Président et sa famille s’avancèrent et l’équipe forma un cercle autour d’eux. En s’approchant de la limousine, Alec se détacha du cercle et accéléra le pas. Le cercle se resserra alors qu’Alec annonça dans l’oreillette qu’il n’y avait « Rien A Signaler ». Rika trouva que le Chinois avait une drôle de démarcher : il portait des lunettes noires qui devait masquer sa vue. Rika découvrit l’intérieur de la voiture : elle était immense et tout le monde pouvait s’asseoir sans être serré.  La japonaise était juste en face du chinois ; elle le vit enlever ses lunettes et passer sa main devant ses yeux. Il baragouina quelque chose et Rika entendit Jordan ricaner.

 

-          Vous voulez boire quelque chose, jeunes gens, demanda Benkei.

-          Ils ne boivent pas pendant le travail, informa Zahra.

-          Même pas une boisson non-alcoolisée ?

 

Zahra répondit alors que Shuang remit ses lunettes. Il aurait bien voulu boire un truc bien fort pour oublier son problème de vue. Rika regarda le paysage industriel qui défilait devant ses yeux. Que c’est moche, pensa t elle. Sa petite maison lui manquait tant. Au bout d’un moment, la voiture s’arrêta. La limousine était arrivée devant un immense bâtiment avec des moulures représentants des déesses grecques portant une balance, une épée, un globe.

 

-          Nous sommes arrivés au Parlement Planétaire, annonça Dario. Des citoyens sont venus vous acclamer. Mais restons prudemment ; parmi eux ils pourraient y avoir des opposants. Shuang ?

-          R.A.S.

-          Bien. Alix, demanda-t-il ensuite en ouvrant légèrement la fenêtre.

-          R.A.S.

-          Alec ?

-          R.A.S., informa le jeune homme après avoir entrouvert la porte.

-          Bien. Vous êtes prêt Monsieur le Président ? Allons-y, finit-il alors que Benkei hocha de la tête.

 

Une vague de crie percuta les tympans de Rika. Elle sentit la main d’Alix lui agripper le bras pour qu’elle accélère le pas. Elle entendait des exclamations de joie ou bien des injures auprès de son père. Elle fût des plus heureuses quand elle entra enfin dans le parlement. Mais sa joie retomba quand elle vit une horde de journalistes fonçant sur eux. Elle regarda tout autour d’elle et trouva une porte isolée. Alors que l’escadron tentait de pousser les journalistes loin, elle courut vers cette porte. Elle l’ouvrit et la claqua pour la fermer ; elle s’adossa contre elle pour se rassurer que personne ne pourrait entrer.

 

-          Oh ! Une petite souris, dit une voix douce et féminine.

 Rika se trouva en compagnie d’une blonde aux longs cheveux coulant telle une cascade sur ses petites épaules. Ses yeux bleus percèrent l’être de Rika qui ne savait plus quoi dire. Sa peau laiteuse la rendait douce et aimable. La jeune fille s’approche de la japonaise en lui tendant une main amicale.

 

-          Bonjour. Je m’appelle Renata COSTA. Je suis la fille du vice-président de l’O.P.

-          Le vice-président, s’étonna Rika. Mon père a un vice-président ?

-          Comme dans toute institution, dit-elle avec un petit sourire malicieux. Donc tu es la fille du Président de l’O.P.

-          Oui, pardon. Rika KAICHOU, répondit-elle en serrant sa main.

 

Renata, qui est visiblement d’origine italienne, invita la japonaise à venir s’asseoir sur un banc en velours rouge. La salle était petite et manquait de décoration, pourtant la blonde se sentait à l’aise ici. Afin de la mettre à l’aise, Renata commença à parler de sa vie et Rika l’imita. Elles avaient des points en commun : elles étaient filles de politiciens connus et ne supportaient pas les journalistes. Puis soudain la porte s’ouvrit ; elle se fracassa contre le mur. Rika sursauta ainsi que Renata. Shuang apparut et une immense colère naquit en lui.

 

-          Mais c’est pas possible d’être aussi conne, hurla-t-il. Qu’est ce que tu fous là ?!?

-          Je ne supportais pas la foule, bégaya-t-elle.

-          ET ALORS ?!?

 

Shuang l’injuria en chinois. Il empoigna la jeune fille et la traîna vers la sortie. Ils traversèrent le hall d’entrée où les journalistes avaient disparus. Il l’emmena droit vers une grande porte en bois ayant des poignets en or. Il l’ouvrit et la jeune fille découvrit le parlement remplis. Des hommes et des femmes écoutaient le discours de son père avec passion. A coté de lui, un homme et une femme qui ressemblait étrangement à Renata. Ils passèrent derrière les députés pour rejoindre l’escadron. Une honte envahit Rika quand elle vit tous ces visages prêts à la tuer. Aucun mot, même pas du Lieutenant et du Capitaine, même pas un regard. Elle s’effaça en s’adossant contre le mur derrière elle.

 

-          Députés, continua Benkei, grâce à l’O.P. et donc à vous, le monde n’est plus en danger. La famine est un mot que l’Afrique n’a plus prononcé depuis des lustres. Les Farques sont des combattants appartenant à l’Histoire. Je suis fier de vous annoncer qu’aucun des pays de notre Planète n’a vu sa croissance diminuer depuis ces années. Et j’aimerai, durant mon mandat, que cette progression continue. De plus, j’espère que durant mon mandat, la Planète continue à vivre dans la paix et la prospérité.

 

Les députés applaudirent et Benkei attendit que tous se calmèrent pour continuer son discours. Il annonça ses points durant son mandat : ils aimeraient que la cassure sociale disparaisse petit à petit, le budget pour l’armée diminuerait au profit de la recherche médicale et de l’éducation. Quelques visages de députés grimacèrent alors que d’autres sourirent. Benkei voulaient aussi créer un réseau contre le chômage mondial : ils voulaient créer des succursales dans les villes du monde entier qui permettront de construire, grâce aux aides de la Banque Planétaire, des projets qui n’étaient pas possible pour les Etats de financer. Au fond de la salle, les journalistes, qui d’habitude n’étaient pas invités, prirent des notes pour leur une demain matin. 

Cela faisait prêt d’une demi-heure que son père expliquait son programme. Rika, qui le trouvait passionnant au début, commença à se lasser. Depuis qu’elle était revenue, personne ne faisait attention à elle. Elle se glissa le long du mur pour s’asseoir par terre. Même si cela ne faisait pas féminin, la jeune fille s’en moquait : personne ne pouvait la voir. Quelques minutes après, elle vit ses parents descendre de l’estrade et Rika décida de se relever. Elle s’approcha de ses parents et l’Escadron fit un cercle autour d’eux.

 

-          Où étais-tu passé, demanda sa mère.

-          Je m’étais caché avec la fille du Vice-Président.

-          Il faut qu’on y aille, annonça Dario.

 

Ils quittèrent le parlement sous les applaudissements, pour rejoindre leur voiture. Et de nouveaux des hurlements percutèrent les oreilles de la japonaise. Elle suivait le rythme de la marche, et au contraire de l’aller, personne ne l’agrippa. Dans la voiture, le calme se fit. Les jeunes avaient posés des yeux en colère sur elle. Afin de se sentir à l’aise, Rika félicita son père pour son discours.

 

-          Si t’étais là depuis le début, tu l’aurais complètement entendu, lâcha Jordan.

-          Il ne faut plus refaire ça, annonça sereinement Zahra.

-          Je suis vraiment désolée, murmura Rika en baissant la tête.

 

Le reste de l’après-midi continua par des visites, des salutations, des flashs, des questions sans réponses. Lorsque le soir arriva enfin, la limousine déposa tout le monde au palais présidentiel. Elle se précipita dans sa chambre et tomba de tout sur être sur son lit. Elle se frotta les yeux avant de fixer son plafond. Et dire que cela allait recommencer demain ! De l’air, il fallait qu’elle respire. Elle se leva pour aller dans le jardin. Personne ne pourrait la déranger mise à part le froid. Mais la japonaise ne se souvenait plus du chemin, elle se perdit dans les méandres des couloirs. Elle se trouva nez à nez avec une porte en métal des plus neutres. C’était la première fois qu’elle la voyait. Elle poussa fortement et se trouva dans une pièce froide sans lumière. Un frisson lui parcourut tout le corps, elle entra par curiosité mais la boule au ventre. Elle avança les bras droits devant elle, elle sentit des objets lui faire face et les contourna. Tout d’un coup, quelqu’un l’agrippa, elle sentit un bras entourer sa gorge, un souffle dans son oreille. Et aussi vite que l’agresseur, une voix masculine cria non. Les lumières s’allumèrent et elle vit Jordan devant elle retenir un bras tenant un couteau. Une insulte en chinois lui fit comprendre que son agresseur n’était d’autre que Shuang. Il la lâcha et la poussant sur le côté. Ils ne la supportaient plus : certain le montrait d’autre le pensait.

 

-          Que se passe-t-il ?

 

La voix de Dario faisait écho. Où était-il ? Que faisait cette salle et à quoi servait-il ? Jordan l’agrippa et la traîna au milieu de la salle, un endroit où il n’y avait aucun objet, aucun obstacle. Les deux militaires furent surpris de voir la jeune fille. Une lumière éclaira une petite porte et Jordan la poussa vers celle-ci. Rika réussit à se stabiliser et continua vers la porte en regardant l’équipe se constituer petit à petit. Elle l’ouvrit et vit des escaliers où Zahra l’attendait en haut.

 

-          Que faites-vous là ?

-          Je cherchais le jardin…Je…me suis perdue.

-          Montez.

 

Rika exécuta l’ordre. Elle se sentait honteuse, mal à l’aise. Elle ne savait pas ce qu’il allait se passer avec les gradés. Mais surtout, elle se demanda ce qui se passait dans cette salle. Arrivée en haut, elle vit Dario parler dans un micro. Il demandait que l’entraînement se poursuive.

 

-          Un entraînement, demanda Rika.

-          Oui. C’est pour l’escadron.

-          Mais…pourquoi ne pas le faire dehors ?

-          De temps en temps il le faut dehors, répondit Zahra.

 

Dario n’avait pas quitté son regard sur la salle. Rika sentit qu’elle l’avait mis en colère. Zahra observait son supérieur. Elle le connaissait trop bien : elle savait qu’il ne parlerait pas avec la fille du Président. Même si il avait beaucoup d’estime pour elle et sa famille, les jeunes comptaient le plus. L’africaine fit signe à la jeune fille de s’approcher. Les lumières dans la salle étaient éteintes et Rika se demanda comment ils pouvaient s’entraîner. 

 

-          Alec, demanda Dario en appuyant sur un autre bouton.

-          Jordan se trouve à trois heures. Shuang à Midi. Alix à dix heures. Sasha à sept heures.

-          Alix, demanda t il en appuyant sur un autre bouton.

-          Jordan trois heures. Shuang Midi. Sasha sept heures et Alec quatre heures.

 

Jordan fronça sourcils. De quoi parlaient-ils ? Zahra la voyant totalement perdu prit un veleda et traça un cercle sur la vitre. Elle dessinait un cadran et plaça des flèches aux endroits dits. Dario remarqua son dessin et demanda à l’équipe de ne plus bouger. Il alluma les lumières t remarqua le visage ébahit de la jeune fille.

 

-          Comment…comment ils ont su ?

-          C’est assez compliqué à expliquer, avoua Zahra.

-          Elle est assez grande pour comprendre Zahra, dit Dario. Ce ne sont pas des jeunes comme les autres, continua-t-il. Ils sont modifiés génétiquement.

-          Comme des légumes, s’exclama-t-elle.  Mais…pourquoi…comment ?

-          Pour la protection du Président et sa famille, répondit Zahra.

-          Avant leur naissance, commença Dario en voyant la jeune fille sans voix, des scientifiques ont fait des manipulations sur leurs gènes. Ce projet fût lancé par le Premier Président de l’O.P. Il s’est concrétisé l’année dernière.

-          Et ces manipulations, balbutia Rika, ça…ça leur a fait quoi ?

-          Leurs sens se sont décuplés. Pour Alec c’est la vue. Alix l’odorat. Jordan le goût. Sasha l’ouïe et Shuang le toucher. C’est bon les jeunes, dit-il en appuyant sur un bouton. Vous pouvez aller vous reposer.

-          Et…ils ont consciences qu’ils sont différents ?

-          Oui. Depuis qu’ils sont petits on leur rabâche les mêmes paroles, les mêmes discours.

-          Et leurs parents ? Comment les parents peuvent ils laisser faire ça ?

-          Ils n’ont pas de parents, avoua Dario.

 

Rika ne sut quoi dire. Elle les regarda disparaître sous ses yeux. Et elle réussit à les comprendre enfin. Elle s’imagina leur enfance : entraînement, discipline, rigueur. Enfermement, replis sur soi-même, aucune vie sociale.

 

-          Et ils n’ont jamais rien dit ?

-          Non, répondit Dario. Il est l’heure d’aller manger, finit-il en se tournant vers elle avec un sourire.

 

Rika se dirigea vers le salon. Elle ne sut pas pourquoi, elle trouva le chemin du premier coup. Elle s’installa à table sous les regards de ses parents joyeux. Ils lui sourirent et elle fit de même. Quelle chance elle avait !

 

 

ÓÔ

ÑÒ

 

 

Voici le lien du forum pour suivre la progression des chapitres et connaître les spoilers ainsi que les résumés : L’Organisation Planétaire.