chapitre 3: la journée n'est pas finie...

par mishiu

Chapitre 3 : la journée n’est pas finie…



Dans le livre, l’auteur expliquait que Mina « entrait en contact » avec son médaillon. Chaque magicien avait son objet magique, qui peut aller d’un simple stylo à carrément une maison pour certains ! L’objet magique de Mina était son médaillon, et il se pouvait bien que Nicky soit la descendante de Mina, car seul les descendants du magicien pouvaient prendre cet objet, le toucher.

-Maman je suis rentrée, je vais dans ma chambre !
-D’accord ma chérie ! Ta journée s’est bien passée ?
-Heu… oui, oui !! Je te raconterai ce soir !

Nicky s’allongea sur son lit après avoir fermer la porte de sa chambre et elle ferma les yeux. C’était le seul moyen pour elle pour faire le vide dans son esprit. Elle devait impérativement faire tout ce que le livre avait décrit, étape par étape si elle ne voulait pas rester endormie à tout jamais. Elle devait aussi prononcer une incantation, mais sans oublier un seul mot, sans hésiter une seule fois. Heureusement, Nicky avait noté certains détails sur son bloc note, notamment l’incantation, car elle ne se faisait pas confiance. Alors, elle récita d’une voix douce et lente, sans hésitation :

-Ô médaillon, doux médaillon à la puissance mystique, je souhaite ne faire qu’un avec toi. Ô esprit du médaillon, unis toi à mon esprit et partageons notre force.

Ça, c’était la formule de connexion entre le magicien et son objet, la base même du magicien. Cela les unira jusqu’à la mort du magicien. Une voix masculine lui répondit :

-Bonjour Nicky, je m’appelle Tanuki. Cela fait trois siècles que je t’ai attendu mais je suis tout depuis le début.
-Je… Tu… Vous… m’attendiez ?
-Tutoie-moi ce sera plus simple. Et oui, j’ai attendu, comme beaucoup de gens, le moment où tu serais enfin prête.
-Alors… Ce… Ce n’est pas une blague… Ce n ‘est pas… Je…Je…Je…Suis…
-Hey ! Nicky, calme-toi ! Tu te mets trop la pression, il faut que ton esprit s’apaise.
- Je… Je n’y arrive pas ! J’ai beau essayer de me calmer, mon cœur continue d’accélérer ! Je ne me sens pas bien !
- Il faut arrêter le processus alors, on reprendra un autre jour.
-Impossible ! C’est… C’est comme si j’avais perdu tout contrôle !
-Oh, pas déjà ! Nicky ! Nicky !

Mais Nicky n’entendait plus rien. La douleur était tellement intense qu’elle ne put lutter et sombra peu à peu dans l’inconscience. Allait-elle mourir ? Elle n’en savait rien et à la limite elle s’en fichait. Elle se sentait si bien… Elle ne ressentait plus aucune douleur, juste une douce chaleur…

-Mais si ça se trouve, elle n’est pas prête !
-Et moi, je te dis qu’elle l’est ! Tu veux attendre 100 ans de plus peut être ?
-Il faut quand même lui laisser un temps d’apprentissage.
-Cela va de soit. Elle intègrera dès la semaine prochaine l’internat Mina.

Nicky entendait résonner plusieurs voix tour à tour. Elle ne se préoccupait pas encore de ce qui lui arrivait. Elle n’avait pas envie d’ouvrir ses yeux mais ses oreilles écoutaient tout, jusqu’au moindre petit bruit, avec la plus grande attention. Au bout de quelques minutes, elle réalisa qu’elle était allongée dans un grand lit bien moelleux. Elle se sentait aux anges… Mais où était-elle ?
Elle essaya de se relever mais son cerveau ne contrôlait que sa main. Une grosse migraine lui fit comprendre les raisons de son handicap. Elle allait se remettre, elle le savait, mais ça allait prendre un peu de temps. Les voix qui s’agitaient quelques instants plus tôt se turent puis reprirent d’un ton plus bas :

- Mais, avez-vous vu ce qu’elle a fait ?
- Inconsciemment.
- Alors imaginez ce quez ça aurait donné si elle était tout à fait consciente de ces éclairs et de ces meubles qui se soulevaient progressivement du sol !
- Elle luttait contre la douleur, je l’ai trouvé très courageuse.
- Vous croyez… Qu’il s’agit d’elle ?
- Allons la voir.
-Mais elle se repose ! Je vous rappelle qu’elle n’est pas sortie indemme de cette… aventure !

Nicky hésitait. Ses facultés mentales revenaient petit à petit. Ces quatre personnes qui se parlaient simultanément faisaient-elle référence à Nicky ? Les voix s’étaient tût. Elle entendit des pas résonner dans un couloir puis une porte s’ouvrir. Elle ouvrit les yeux et s’aperçut qu’elle se trouvait dans une chambre. Le lit sur lequel elle était allongée était disposé tout au fond de la chambre, face à la porte, contre un mur. Elle tourna la tête. Deux adolescents –une fille et un garçon ayant à peu près le même âge que Nicky– une femme et un vieux monsieur d’au moins une soixantaine d’années se trouvaient à son chevet.
Nicky voulu essayer de prendre la parole mais ses cordes vocales étaient en grève, impossible d’emmètre le moindre son ! Elle s’affola. Elle sentait que son corps était tout endolorit, elle ne comprenait pas pourquoi ! Impossible de bouger les jambes ou de lever le bras. Son cœur recommença à battre fortement. Le vieux monsieur se mit à parler :

- Nicky, écoute-moi. Il faut que tu arrives à te calmer.
- Nous sommes venus pour te parler, pas pour t’attaquer ! Dit la jeune fille, espérant décontracter un peu Nicky.

Se calmer ? Mais comment pouvait-elle donc se calmer ? Qu’est-ce qu’ils en savaient ? Et ce n’était pas l’humour à deux sesterces de l’adolescente qui allait arranger les choses ! Toujours cette même sensation… Avant, ça ne lui arrivait jamais ! Jamais elle n’avait eu de crise d’angoisse. Oui, mais avant, elle n’était pas tombée sur une grande révélation de sa vie qu’elle pensait simple. Elle sentit une chaleur traverser son corps. Son médaillon essayait de la réconforter. Elle entendait sa voix dans son esprit.

- Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer dit Tanuki d’une voix douce. Ferme les yeux et laisse toi aller. Relâche tes muscles, décontracte-toi.
- D’accord… Mais mon cœur continue de…
- Ne te focalise pas sur ton cœur ! Coupa Tanuki. Met-toi une image dans la tête, n’importe laquelle mais quelque chose qui te rende heureuse.

Nicky pensa presque immédiatement à Alexandre. Elle s’imagina l’observant, lui parlant… Petit à petit, ses nerfs se décontractèrent, le rythme de son cœur s’apaisa et elle sentit une force, très douce, qui lui passait dans la gorge : elle avait retrouvé sa voix.

- J’ai… J’ai de nombreuses questions à vous poser.
- C’est pour ça que tu dois nous écouter. Dit la jeune femme
- Est-tu prête ? Demanda l’adolescent.
- Je le suis. Répondit Nicky dans un murmure.