l'inconnu du bar

par Gally

 

Chapitre 2 :

 

Début octobre, cela faisait maintenant plus d'un mois que Déborah et Luna s'étaient installées à Montpellier.

La vie de Luna au lycée n'était pas enrichissante, mais Luna s'accrochait et passait son temps avec Amandine, Stéfanie et Christelle.

Elle pouvait, grâce à elles, rencontrer des tas de gens en vogue dans le lycée. Aux yeux des autres, elle n'était qu'un bouche-trou en plus pour Amandine.

 

Nous étions un mercredi matin et Luna se trouvait dans la cour pour fumeurs avec Stéfanie. Amandine discutait avec des terminales et leurs affichait son plus beau sourire.

-         Tu sais quoi ? Lui dit Stéfanie. Samedi soir on va sûrement aller à l'Australian Café ! C'est le bar le plus en vogue de la ville ! ET tu verrais les barmans...

Stéfanie imita le sifflement admiratif d'un homme pour une fille bien roulée et les deux jeunes filles rirent quand Amandine vint vers elles accompagnée d'un garçon.

-         Eh les filles ! Venez que je vous présente, voici Théo Clems. Théo, voici Stéfanie.

Stéfanie fit un clin d'œil à Théo tandis que Amandine regarda Luna avec mépris et rajouté :

-         Et elle c'est Luna.

Théo s'avança et fit un grand sourire à Luna qui le lui rendit, les joues en feux.

Amandine, jalouse, entraîna Théo avec elle.

Luna avait encore un fin sourire aux lèvres.

-         Il te plait hein ? Fit Stéfanie.

-         Bien sur que non ! Eclata Luna, gênée.

-         Remarque, continua Stéfanie, ce n'est pas du tout étonnant. Il est en terminale, beau comme un dieu, et gentil comme tout.

-         C'est vrai qu'il est beau, avoua Luna.

-         Ça fait des semaines que Amandine essaye de sortir avec lui, sans succès. Mais apparemment, il va venir à l'Australian avec nous.

-         Ah oui ?

-         Ah-Ah ! Tu es tout de suite plus intéressée hein ?

Stéfanie et Luna éclatèrent de rire. Luna regarda Amandine et Théo discuter et eu un pincement au cœur. Qu'est-ce qu'elle n'aurait pas donnée pour avoir un petit ami comme Théo.

Il était grand, brun, possédait de beaux yeux bleus. Un sourire à vous rendre l'âme... Non ! Luna devait se ressaisir, comment un garçon comme Théo pourrait s'intéresser à une fille comme elle ?

-         Bon alors ? Tu viens à l'Australian avec nous samedi, ou pas ?

-         Avec plaisir !

 

Le samedi soir suivant, Luna était surexcitée. C'était sa première sortie et elle espérait faire bonne impression. Luna avait demandé des conseils à Déborah qui, comme d'habitude, avait été une fée de la mise en beauté.

-         Bien, tu es superbe. Maintenant, je vais relever les mèches de cheveux qui cachent ton visage.

Luna fit la moue mais changea aussitôt d'avis en voyant le résultat.

Elle était habillée d'une magnifique robe courte noire avec un léger décolleté. Elle était maquillée d'un brillant à lèvres et de verts sur ses paupières pour rehausser la couleur de ses yeux.

-         Ma chérie ! Lui dit sa mère en la prenant dans ses bras. Tu es tout simplement éblouissante !

Luna sourit à sa mère et lui dit bonsoir avant de se rendre à Antigone, là où Stéfanie lui avait donné rendez-vous.

Stéfanie apparut en botte haute et jupe rouge.

-         Ouahou, Luna ! Tu es sublime ! Je n'en reviens pas !

Luna jubilait.

-         Bon, tu viens. On va rejoindre Amandine et les autres à l'Australian.

L'Australian Café se situait sur les rives du Lèzes. Juste après le quartier d'Antigone. C'était un endroit très connu à Montpellier, bien qu'interdit aux moins de 18 ans, les jeunes filles arrivaient toujours à passer devant les videurs.

Lorsque Luna entra, accompagnée de Stéfanie. Une musique très forte les accompagna. Un mélange de house et de techno. Bon nombre de jeunes gens dansaient au milieu de la salle tandis que les autres buvaient et discutaient où prenaient commande au bar.

Les barmans étaient extraordinaires. Ils étaient capables de jongler avec leurs bouteilles d'une façon spectaculaire. Luna remarqua qu'ils étaient aussi très beaux, ce qui confirma les dires de Stéfanie.

-         Allez viens Luna, on va danser !

Luna se fit entraîner dans toute la salle par Stéfanie. Elle ne put s'empêcher de remarquer les regards des garçons sur ses jambes et sur son corps et elle se sentit tout à coup très mal tandis qu'elle percutait quelqu'un.

-         Aouh ! pardon...

-         Oh ! Excusez-moi mademoiselle. Mais... Luna ?

Luna releva la tête et son estomac fit un bond. Elle venait de foncer dans Théo Clems.

-         Oh mon dieu ! Théo !m

-         Je suis désolé, Luna. Je ne t'avais pas reconnu... Il faut dire que tu es tellement différent du lycée.

Luna lui sourit tandis que Théo l'observait.

-         C'est une bonne idée d'avoir relever tes mèches. On voit mieux ton beau visage comme ça.

Luna rougit violemment et remercia presque silencieusement Amandine d'arriver à leur hauteur.

-         Ouh-ouh ! Théo ! Mais qu'est- ce que tu fais tout seul ?

Théo fronça les sourcils.

-         Mais je ne suis pas seul. Je suis avec Luna !

Amandine regarda dans sa direction et avala de travers.

-         Arf... ! Luna ?

En voyant le regard que lançait Théo à Luna, Amandine s'éloigna, frustrée.

-         Tu veux quelque chose à boire ?

-         Hum... Du jus de pomme ?

Théo ria.

-         Tu ne veux pas autre chose de plus alcoolisé ? Tiens, je vais nous chercher deux Smirnoffs. Tu veux ?

-         Oui, daccord. Merci Théo.

Luna observa Théo aller vers le bar et fut aux anges. Elle ne revenait toujours pas de la manière dont Théo l'avait regardé et avait méprisé Amandine.

En parlant d'Amandine, Luna remarqua qu'elle se trouvait dans un coin sombre de la salle avec un homme d'approximativement 30 ans. Luna ne savait pas pourquoi. Mais, tout à coup, elle pensa que cet homme était mauvais et qu'Amandine était en danger.

Luna s'approcha doucement de l'endroit où se trouvait Amandine. Elle commençait petit à petit à entendre leur conversation :

-         ... Tu es très belle, tu sais.

-         Oui, je sais ! Répondit Amandine en riant. Vous êtes plutôt vieux pour me draguer nan ?

-         L'amour n'a pas d'âge n'est-ce pas ? Dit-il d'une voix lugubre.

-         Oui, c'est vrai, dit-elle dans un souffle.

Quand Luna fut assez prêt, elle put observer plus en détails le couple. L'homme de tenait beaucoup trop près d'Amandine, d'après Luna, et il commençait à l'embrasser dans le cou.

Luna ne pouvait pas se l'expliquer, mais elle devait éloigner Amandine le plus loin possible de cet homme.

Elle s'avança et bouscula Amandine.

-         Eh ! T'es dingue ou quoi ? Qu'est-ce qui te prends ?

-         Je suis désolée Amandine, mais...

Luna cherchait âprement dans sa tête une excuse.

-         ... Mais Stéfanie te cherche et ça a l'air d'être particulièrement important.

Amandine partit, déçue, mais pas autant que l'homme ténébreux qui prit Luna par le bras et la plaqua contre le mur. Luna déglutissait difficilement et commençait à avoir peur pour elle, cette fois-ci.

-         Qu'est-ce que vous voulez ?

-         Je veux juste manger, répondit-il en approchant sa bouche de sa carotide.

Luna eu tout juste le temps d'apercevoir l'éclat de deux canines tranchantes quand l'homme se dégagea brusquement.

-         Mais qu'est-ce que tu es ? Cria t'il soudainement, de la crainte dans la voix.

Luna ne comprenait vraiment plus rien tandis que l'homme mystérieux s'enfuyait en courrant.

Luna était restée pendant dix minutes immobile, sans rien dire. Théo lui passa la main devant les yeux.

-         Eh Luna !

Luna sursauta.

-         ça va ? On dirait que tu as vu un fantôme.

-         Oui, oui. Ça va. C'est juste que... Je crois que je suis fatiguée.

Luna ne se sentait pas très bien et commençait à divaguer.

Théo l'observa, inquiet.

-         Bon, je vais te ramener, d'accord ?

 

 

Théo raccompagna Luna jusqu'à chez elle en la soutenant de son bras. Luna ne semblait pas encore avoir compris que l'un des plus beaux garçons de son lycée la ramenait chez elle.

Ce n'est que lorsqu'ils arrivèrent au pas de la porte qu'elle se rendit compte de l'effort de Théo et de sa gentillesse.

-         Merci Théo, vraiment.

-         Oh ! Mais c'est rien Luna. Lui répondit-il en souriant. C'est toujours un plaisir de sauver une jeune damoiselle en détresse.

Ils rirent ensemble et un silence s'installa. Luna crut, l'espace d'un instant, que Théo allait l'embrasser. Celui-ci, au contraire, lui souhaita une bonne nuit et rebroussa chemin, laissant une Luna déconcertée et muette.

Déborah n'entendit pas sa fille rentrer et Luna passa une très mauvaise nuit. Le visage de l'homme qui l'avait violenté la hantait.

Elle sentit qu'elle devait le dire à sa mère. Parler à Déborah aidait toujours Luna à éloigner ses démons.

A 5h30 du matin, n'y tenant plus, Luna sorti sur la pointe des pieds de sa chambre et alla dans celle de sa mère. Celle-ci dormait à poings fermés.

Luna se glissa dans le lit et la présence de Déborah la rassura. Son parfum entêtant et fruité la réconfortait et Luna réussit à s'endormir dans les minutes qui suivirent, l'esprit reposé.

 

Déborah se réveilla très tôt ce matin-là et fut attendrit de voir sa fille dans son lit. Chose qu'elle faisait très souvent depuis toutes petite quand elle était préoccupée ou que quelque chose lui faisait peur.

Déborah alla leur préparer deux chocolats chauds dans la cuisine américaine et attendit patiemment sa fille. 

Luna apparut au seuil de la porte de la salle à manger, les yeux endormis mais songeurs.

-         Viens t'asseoir Lune, je t'ai préparé ton petit déjeuné.

Luna alla s'asseoir silencieusement aux côtés de sa mère et resta muette pendant tout le repas. Déborah, frustrée, claqua la langue contre son palais. Chose qui voulait dire que la mère et la fille allait avoir une petite discussion.

-         Bien. Tu peux me dire ce qui se passe maintenant ?

Luna ne répondit rien et semblait plongée dans l'observation de son bol de lait.

-         Lune !

-         C'est que...

Puis Luna craqua. Elle raconta tout à sa mère en évitant de lui dire qu'elle avait été raccompagnée par le plus beau garçon de la ville. Elle lui conta comment elle avait empêché Amandine de sortir avec l'homme mystérieux et comment celui-ci l'avait violenté, puis repoussé.

Tandis qu'elle finissait son récit, Luna aperçut une lueur d'inquiétude dans les yeux de sa mère et eu l'impression qu'elle était plus pâle que d'habitude.

-         Bien. Répondit sa mère après quelques secondes de réflexion. Je pense que tu es encore trop jeune pour sortir dans des bars.

-         Mais, maman ! Il ne s'agit pas de ce bar. Il s'agit de cet homme, et de ce qu'il a dit.

-         Oublie ce monsieur ma chérie. Il ne sait pas qui tu es de toutes façons. Tu n'iras plus à l'Australian Café, point final.

Luna fut mécontente de cette réponse mais sut que la conversation était terminée. Déborah et Luna ne reparlèrent plus de ce mystérieux inconnu et continuèrent leur vie comme si rien ne s'était passé.

 

Pourtant, quelque part à Montpellier, un complot naissait.

-         Et tu dis qu'elle avait l'odeur d'un vampire.

La vampire se tenait assise dans un fauteuil sombre. Ses longs cheveux bruns coiffées en nattes et un rouge à lèvre rouge sang sur sa bouche semblait être fait réellement de sang.

-         Oui, maîtresse, répondit le serviteur agenouillé devant elle. Mais le pire, c'est qu'elle ne sentait pas n'importe quel vampire. J'ai reconnu en elle l'odeur de Marius.

Les yeux de la vampire ne furent plus qu'une simple fente tandis qu'elle ouvrait la bouche pour laisser entrevoir de longues canines tranchantes.

-         Pourrais-tu me dire, espèce de vers puant, comment cette simple viande pourrait posséder l'odeur d'un vampire et, surtout, celui de mon aimé ?

En voyant sa maîtresse commençant à s'énerver, le vampire recula instinctivement.

-         Mais je ne sais pas. Je peux vous assurer que c'était une humaine... Mais qu'elle possédait en elle une inexplicable part de vampire.

-         Une telle horreur ne peut pas être ! Cria la vampire férocement.

Ses yeux étaient maintenant injectés de sang.

-         Vous allez prendre une escadrille. Dit-elle doucereusement. Ey vous aller vous occuper de cette salle humaine et de sa procréatrice. Maintenant !

 

Le 14 octobre arriva bien avant que Luna ne s'en rende compte. Théo n'était plus venu la voir après la fameuse soirée à l'Australian. Luna en était attristée et n'y comprenait pas grand-chose. Elle préféra ne plus y penser. Depuis qu'Amandine avait su que Luna avait été raccompagnée par Théo, elle avait encore plus méchante avec elle que jamais.

Heureusement que Luna avait Stéfanie.

Lorsque Luna rentra chez elle ce soir-là. Sa mère lui fit une surprise. Elle avait préparé une grande table avec, dans leurs assiettes, son plat préféré : Du jambon Hawaïen.

-         Tu n'avais pas oublié ton anniversaire quand même ? Lui dit sa mère, un sourire aux lèvres.

-         Et bien... Heu... En fait si ! Répondit Luna gênée.

La mère et la fille rirent aux éclats.

-         J'ai une surprise pour toi !

Luna adorait les cadeaux et sautillait de joie. Sa mère partit trente secondes dans sa chambre et revint dans le salon munit d'un gros paquet cadeau.

Luna s'avança tandis que Déborah déposait le paquet sur le sol. Luna n'ouvrit pas tout de suite le paquet puisqu'elle avait toujours adoré deviner le contenu avant l'ouverture mais celle-ci fut très surprise quand elle vit le paquet bouger. Ce n'est qu'à cet instant précis qu'elle remarqua les trous découpés dans le paquet et le sourire mutin de sa mère.

Luna déchira le papier et ce qu'elle découvrit à l'intérieur la figea sur place. Une toute petite boule de poils noirs remuait le paquet et essayait d'en sortir.

Tandis que Luna prenait la boule de poils dans ses bras, les larmes aux yeux, Déborah précisa que c'était une petite femme cocker âgée de 3 mois.

Une petite léchouille baveuse de sa chienne fit revenir Luna à la réalité. Elle sauta dans les bras de sa mère qui avait, elle aussi, les yeux brillants de larmes.

-         Oh maman ! Elle est si belle ! Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureuse.

La soirée se déroula sur un ton gai et Luna décida de donner à sa chienne un nom particulièrement joli. Le nom d'une déesse romaine.

-         Je t'appellerais « Vénus », dit-elle à sa chienne en la prenant dans ses bras.

Déborah accepta même que la chienne dorme pour sa première nuit dans la chambre de sa maîtresse.

Luna, allongée sur son lit, regardait la chienne en train de dormir.

-         Les choses ne pourraient aller mieux ! Ce di Luna.

Ce qu'elle ne savait pas, c'est que, dans sa chambre, Déborah observait les étoiles tout en tenant un collier entre ses doigts.

Des larmes coulaient sur ses joues et celle-ci était parcourue d'un frisson.

-         Il fallait bien que cela arrive un jour ou l'autre. Dit-elle dans un souffle.