Assume ce que tu es

par mishiu

Chapitre 7 : Assume ce que tu es


Nous traversâmes un long couloir, quartier général de toutes les antichambres royales. Le regard dans le vague, je me mit à verser des larmes, sans sangloter. Kaze, le poing serré, me fixait sans rien dire. Je le sentit trembler légèrement, puis mon bras fut violemment tiré dans une des antichambres silencieuses. Un léger cri de surprise sortit de ma bouche, heureusement trop léger pour attirer l’attention des gardes. Je fus rapidement plaquée contre un mur, Kaze me faisant face. Mes larmes avaient cessé de tomber, je rougissais de par l’extrémité de nos deux visages et de sa main calant ma tête pour ne pas que je me cogne. Il me fixait d’un air sérieux, ce qui me déstabilisais.



La façon dont il avait dit cela, sa détermination et son visage sérieux me déstabilisèrent. Kaze avait touché un point qui raviva mes larmes. Mes jambes faiblissaient, je ne pouvais plus rien dire, j’étais muette par mes larmes. Je glissais lentement contre le mur jusqu’à ce que mes fesses touchent le par-terre. Ne voulant pas me lâcher, Kaze me pris dans ses bras, comme pour me protéger du monde extérieur.



Il releva mon menton pour que mes yeux larmoyant fixent ses yeux doux d’amoureux et termina sa phrase :



Il caressa mon visage tandis que mes larmes se calmèrent peu à peu. Que pouvais-je répondre à cela ? Il avait complètement mis à nu mon cœur. J’ouvrais la bouche pour parler et lui exprimer tout ce qui voulait y sortir mais Kaze me tut d’un baiser. Un long et doux baiser. Dans ma tête vibrait la douce voix de Kaze tandis que ce baiser se prolongeait :




Nous entendîmes à ce moment-là des bruits de pas. Le château commençait à s’agiter. Kaze interrompit à regret notre baiser, reprenant d’un vois normale :



Je le suivit en faisant de mon mieux pour calmer les rougeurs qui ravageait mon calme.

A peine avais-je repris le chemin qu'un garde couru vers nous :



L'écho de nos pas résonnèrent bruyamment sur le sol tandis que nous marchions d'un pas pressé vers le trône. Lorsque le Roi me vit, sa mine inquiète se teinta d'une douceur paternelle rayonnante. Il se leva à la hâte de son trône pour venir me parler directement face à face, dans l'intimité d'une relation grand-père/petite-fille.



Le roi m'enlaça quelques instants en réponse à mon excuse, signe que tout allait bien maintenant. Il se repris rapidement d'un air grave :



Les paroles du Roi me firent pression. Je commençais de nouveau à paniquer. Je serrais les poings discrètement en luttant contre une brusque remontée de larmes quand Kaze posa sa main sur mon épaule et me fixa d'un air contenu.



Je remerciait Kaze d'un sourire avant de demander à mon grand-père où est-ce que je devait commencer. Ma détermination avait pris le dessus grâce à l'encouragement de mon bien-aimé. C'est alors que Liroy et Kuuki firent leur apparition.


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A l'extérieur, des mages faisaient des allers-retours vers le château et l'extérieur de la ville, inspectaient chaque rue et chaque passant en les prévenant d'un danger les obligeant à rentrer chez eux en attendant les instructions. Un dragon approchait d'après les rumeurs. D'autres affirmaient qu'il s'agissait d'une conquête ennemie et qu'ils allaient être bombardés par des catapultes. Mais seuls tenus au secret royal étaient au courant de la véritable situation : une invocation alchimique interdite. Un Titan pour être exact.

Pour invoquer un Titan, il était indiqué dans un livre interdit que certains éléments essentiels rares étaient indispensables. Par exemple, un diamant extrêmement rare que le Roi en personne conservait sur lui vingt quatre heure sur vingt quatre. Le Roi n'en voulait pas à Kaze lorsqu'il eut comprit qu'elle était l'auteur de ce vol. Lui même manipulé quand il était petit, il comprenait très bien les ressentiments et la culpabilité de l'esprit de cœur. De plus, Kaze était un élément essentiel dans l'éradication du mal. Sans lui pour m'assister, je n'aurait pu agir à pleine puissance.

Ce diamant, mélangé aux sangs malsain d'un père et de son fils, était la résultant d'un artefact permettant l'invocation du Titan. Toute ces informations permettaient ainsi d'identifier les coupables, les auteurs de cette guerre naissante. Lorsque les mages prirent conscience de cela, ils envoyèrent des espions pour informer le plus rapidement le roi ; d'autres rapatriaient déjà les meilleurs éléments. On alla avertir les enseignants que les cours étaient annulés afin de rameuter un maximum de mages sur le terrain. Le secteur n'allait pas tarder à se retrouver en état d'alerte général.

Le soleil se cachait déjà derrière les nuages les plus gris. La majorité déjà n'avait qu'un seul nom à la bouche : Charogne. Avant même que l'espion ne franchisse les portes menant au trône, la rumeur l'ayant devancé, tous surent déjà que Charogne et Shirel venaient prendre le trône.


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Mes oreilles, furent fermées à toute écoute. Je n'entendais pas le mage faire son rapport et annonçant l'arrivée imminente de Charogne. Non. Mes yeux étaient fixés depuis un moment sur la porte. Je traversai la salle sans un mot. Ma tête était déjà dans le combat. Mathilde et Clémence qui m'attendaient à l'extérieur m’emboîtèrent le pas. Presque toute l'école était dehors. Le sol tremblait et je pris conscience de ce qui nous attendait alors.



Embruns nous rejoignit, nous gratifiant d'un maigre sourire, près lui aussi à combattre et défendre le beau royaume d'Illican. Le monstre ne tarda pas à surgir ; tellement immense qu'on aurait pu penser qu'en levant le bras il toucherait les nuages. Dès les premières seconde, tout le monde se rua sur le colosse, près à en découdre le plus rapidement possible. Un lac faisait office de limite entre le Titan et les mages. Tout le monde le contourna pour plus d'aise.

Aidé d'Ouessant, Embruns fonça à son tour sur le colosse et commençait une lourde ascension pour être à porté du son. Mais il y avait des obstacles : Charogne, qui, manipulant les ombres, empêchait quiconque voulait faire du mal à leur Titan bien aimé. Nous étions certes de petite taille, mais il ne fallait pas négliger la valeur qu'avait la magie. Je le rejoignait avec Mathilde et Clémence : il avait l'air d'avoir un plan.


Mathilde acquiesça, consciente de l'affection que portait Embruns pour son ancien ami. Elle avait bien l'intention de l'aider de tout son cœur.



Nous ne perdîmes pas de temps à effectuer notre plan. Tandis qu'une masse de mages cherchaient à maîtriser le colosse ou au moins ses maîtres, je protégeais Mathilde de toute attaque offensive de la part du Titan en déviant les projectiles avec la force de l'air. Derrière moi, Mathilde s'appliquait à son travail : debout face à Clémence, bras tendue, leurs main se collèrent l'une à l'autre. Toute deux avaient les yeux fermés et faisaient de leur mieux pour réussir leur transformation. Dans le pire des cas, elle ne serait pas de grande utilité, ne pouvant qu'ameuter des animaux à la cause. Ainsi, l'enjeu était important pour mon amie et je la soutint.

Shirel débarqua à ce moment-là. Un regard de pur sadisme fit brutalement trembler mon corps et j'esquivai de peu l'attaque qu'il me lançais. Rien qu'en croisant son regard, de sales illusions parcoururent ma tête et je paniquai. Je voyais mon corps se décomposer membre à membre et gigotais comme une folle. Lalie apparu derrière son dos, telle une princesse de l'ombre. Kaze, déjà sous l'état de l'air, m'assistait dans ma tâche. Il m'aida à me sortir de ce cauchemar en m'entailla légèrement l'épaule.



Lalie procédait à la métamorphose en réel de chaque dessin que Shirel dessinait au crayon à vitesse grand V. Cette scène me rappelant notre premier combat, je savais qu'il ne fallait plus tomber dans le piège. Restant debout à la même place pour protéger Mathilde et Clémence, je commandai au vent de déchiqueter tout papier. Mais Shirel fut prévoyant : Lalie avait créer une barrière d'illusion pour les protéger. Il fallait que je donne plus d'intensité au vent et que je m'en prenne d'abord à Lalie. Comme elle restait toujours en retrait, elle était un élément essentiels pour le pouvoir de Shirel. Celui-ci matérialisait lentement une longue épée, dans le style d'un katana. Ce n'était pas bon signe.

Derrière moi, Clémence et Mathilde présentaient la même apparence : des oreilles de chat remplaçaient les oreilles d'humain, une queue apparue au dessus des fesses et des moustaches poussaient sur les joues. Mathilde grimaçait sur le coup, trouvant la transformation douloureuse et longue. Coupée de toute communication, elle ne pouvait voir que je combattais Shirel. Celui-ci montrait d'ailleurs sans secret son intention de la tuer en ne la quittant pas une seconde des yeux.

A mon tour je me concentrai de toute mes forces. Kaze emplis dans mon corps une grande force pour pouvoir détruire le bouclier d'illusion. J'invoquai une forte bourrasque de mes mains jusqu’à Lalie. Mais ce n'était pas encore suffisant. Le vent n'était pas de taille contre ça.



Je n'avait pas le droit de faiblir : Mathilde et Clémence comptaient sur moi.



Je ne fermais pas les yeux pour surveiller Shirel. Il avait bientôt terminé son épée, je devais me dépêcher. J'intensifiai du mieux que je pus ma bourrasque, la rendant violente et plus concentrée. La tornade était certes, plus fine, mais plus mortelle aussi. Je voyais Lalie grimacer : j'étais sur la bonne voie. A mon tour je grimaçais sous le poids de l'effort, tendant les mains à fond et en y faisant appel à toute mon énergie vitale. Concentrée sur mon effort, je criai. D'abord légèrement, puis hurlai presque. Mon cri se mêlais au son du vent qui battais fortement. Enfin, Lalie fut projetée comme un vulgaire boulet de canon quelques mètres plus loin. Sonnée lorsque sa tête cogna le sol, elle ne se redressa pas.


Shirel brandit fièrement l'immense katana. La lame était aussi longue qu'un bras, pourtant ça n'avais pas l'air d'embêter le porteur. Toute brillante, la lame semblait extrême,t bien aiguisée.



Le sadique ricana. Je tremblais mais je ne le montrais pas. J'avais peur mais Kaze me soutenais.



Je détournai une seconde ma tête pour voir le lac. Il était assez proche. Mais Shirel avait profité de ma négligence pour m'attaquer. Son épée levée, il l'a baissait déjà sur moi. Kaze me sauva in-extremis en amortissant son geste avec une bourrasque. Je lança franchement un bon coup de pied sur son ventre pour le faire reculer et utilisa mes bras pour diriger le vent. Un fort mouvement en direction du lac, un autre plus fort encore vers ma direction. L'eau arrivai, ce n'était que de fines gouttes. Il fallait que j'en récolte assez pour me fabriquer une épée de glace. C'est Liroy qui m'avait appris que je pouvait, grâce au vent, geler n'importe quoi. Mais cela demandait un gros effort mental. Alors que je détournais du mieux que je pus les attaques offensives de Shirel avec le vent, Mathilde gémissait.



Un grand rayon lumineux interrompit notre combat. Mathilde se ruait deux secondes plus tard sur Shirel. En l'apparence d'un chat humain.



J'observais le combat qui se déroulais sous mes yeux. Mathilde se déplaçait à quatre pattes comme un chat, vêtue d'un short noir en cuir laissant dépasser une longue queue de chat, d'un cours chemisier qui dévoilait son nombril et de bottines plates. Ses mains étaient pourvues de longues griffes qu'elle pouvait rétracter sans peine. C'était un animal sauvage déchaînée.

Observant la violence du combat, j'en profitait pour reprendre mon souffle et chercher de l'eau. Régulant ma respiration, je positionnai le plat de mes mains vers le bas et me concentrai. Je levai mes mains comme si je touchai l'eau, jusqu'à faire apparaître un filet d'eau d'une consistance raisonnable. L'épée n'était pas très solide mais me permettrais de me défendre et d'envoyer des attaques d'air plus précises et plus violente. Je la testai rapidement sur Shirel : du geste le plus fort possible, je profitait que Mathilde ait coincé Shirel par terre pour pourfendre sa cuisse. Il hurla de douleur.



Mathilde acquiesça de la tête, légèrement réticente. Elle avait fait une bonne part du boulot : Shirel était très affaibli. Enfin c'est ce que je cru. Alors que mon amie alla enfermer Lalie sous la surveillance de trois mages avant de rejoindre embruns, Shirel se précipita sur moi. Le combat repris.

En haut, Mathilde rejoignit Embruns à une vitesse fulgurante. Elle ne tiendrai pas longtemps. Comme une furie, elle restai devant son ami pour lui libérer le chemin. Après un long moment de dur labeur, ils atteignirent enfin le sommet. Mathilde respira un peu pendant qu'Embruns s'appliquait à jouer de la flûte traversière. Ouessant ferma les yeux et posa ses deux mains sur son épaule pour lui insuffler toute la puissance des ondes qu'il refermait. Le son fut discret mais lentement, il parvint à se frayer un chemin dans le canal auditif.

Le titan réagit violemment, mais les amis s'aggripèrent. Le Titan tomba à terre mais continuait à attaquer tout ce qui bougeait, empirant la maladie auditive qui se propageait. Bientôt celui-ci ne vit plus rien. Pour lui, il n'y avait que le noir, une obscurité infinie. Paniquant, il projetai Charogne à terre qui se redressa sans bien mal. Alors que son précieux Colosse agonissait, il plongea à l'aide de sa magie de l'ombre, Mathilde, Embruns et Ouessant dans un cauchemar sans fin. Clémence se matérialisa à côté de Mathilde sous l'apparence d'un chat, vidée de toute énergie.

Charogne les maintena un moment dans ce cauchemar, pour s'assurer qu'ils n'en sortirai pas, mais il n'avait pas de temps à perdre avec eux. Il viendrai finir le travail plus tard, quand ceux-là lui supplierons de les achever. Il devait d'abord s'occuper de cette jeune Héritière qui menaçait tout son plan. Le Titan, il le réveillerai plus tard aussi. Il se demandait si son fils avait réussit à la tuer, ce qui pourrait lui faciliter encore plus la tâche. Il décida donc d'observer tranquillement l'issue de ce combat, de loin.