Affaire 7-3

par BaraNoYami

Je la suivis jusque dans son bureau, elle laissait la porte ouverte comme pour m’inciter à rentrer. Je n'hésitais pas une seconde et la rejoignis dans la pièce, Jeff se trouvait juste derrière moi et fermait la porte.


La vieille femme se mit assise derrière son bureau, ses articulations avaient l'air de la faire souffrir...


Matriarche : Combien de temps est passé depuis la dernière fois que l'on c'est vu ?

Mila : Vous voulez dire depuis la dernière fois que vous nous avez mis dehors !


Je gardais de la rancœur envers elle et les autres religieuses, elles n'avaient pas cherché à m'écouter ou à me comprendre. Au contraire elles m'avaient rejeté après m'avoir fait croire qu'elles pourraient être mon nouveau foyer.


Matriarche : Tu es venu pour te venger ?

Mila : La vengeance ne m'intéresse pas, je suis simplement venu trouver des réponses.

Matriarche : Des réponses à quoi ?

Mila : Je vous ai déjà assez dérangé.


Je lui fis signe de la tête et me dirigeais vers la sortie, quand elle m'interpellait.


Matriarche : Attend !


Je me retournais pour lui faire face à nouveau, je ne voulais pas lui montrer ma surprise. Pourquoi s'intéressait-elle à moi et pourquoi maintenant ?


Matriarche : Tu as beaucoup changé.

Mila : Je n'ai pas vraiment eu le choix...

Matriarche : Je sais que c'était radical mais je n'avais pas le choix. Je dois protéger cette église, et la peur régnait dans ces murs à cause de toi.

Mila : Je n'étais qu'une enfant...

Matriarche : Tu n'étais qu'une enfant... Et c'était un mauvais choix... Mais il est trop tard pour regretter n'est ce pas ?


Elle n'avait pas totalement tord, j'avais beau avoir des remords ça ne changeait rien...

Matriarche : Pourquoi es-tu venu ? Et surtout pourquoi avoir fait entré cette créature ?


Cette créature ? Elle regardait dans la direction de Jeff qui fut tout aussi surpris que moi.


Mila : Vous pouvez-

Matriarche : Le voir ? Bien sûr ! Un visage aussi ingrat et démoniaque !

Jeff : Elle c'est pas regardé la vieille...

Mila : Jeff !

Matriarche : Pourquoi avoir fait entrée cette créature ?

Mila : Il s'appel Jeff ! Et c'est mon ami !

Jeff : Tu aurais pu rajouter petit devant ami...

Matriarche : Un ami ? Un démon n'est pas un ami, ce qu'ils veulent c'est ton âme !

Mila : Que savez vous des démons ! Que savez vous tout cours, enfermé entre ces quatre murs ! Vous jugez sans rien connaître !

Matriarche : J'ai vécu bien plus longtemps que toi ! J'ai vu bien plus de chose !

Mila : Je n'en suis pas si sûr ! Vous êtes tellement borné par votre église que vous en avez oublié le reste !

Matriarche : Je suis prête à tout pour aider mes fidèles !

Mila : Qu'avez vous fait pour moi !


Un silence régnait dans la pièce, la tension était au maximum entre la matriarche et moi. Même Jeff ne disait plus un mot, attendant calmement dans son coin.


Mila : Je ne veux pas me mêler de vos affaires alors ne vous mêlez pas des miennes.

Matriarche : Tu es bien le portrait de ta mère... Non tu es pire...

Mila : Que voulez vous dire...

Matriarche : Elle ne mâchait pas non plus ses mots, pas même devant moi. Mais à la différence c'est qu'elle ne manquait pas de respect envers ses aînés.

Mila : Désolé mais j'ai bien trop de rancune envers vous pour me montrer respectueuse.

Matriarche : Comme je disais... Pire que ça mère... C'était une bonne personne...

Mila : Mais vous l'avez rejeter !

Matriarche : Ce n'est pas elle que je voulais éloigner.

Mila : C'était moi.

Matriarche : En partie, oui. Mais pas seulement.

Mila : Que voulez vous dire ?

Matriarche : Tu ne te rends pas compte mais tu as un très grand pouvoir.

Mila : J'ai cru comprendre...

Matriarche : Non tu ne comprends pas ! Ton pouvoir n'a rien de bon ! Ce n'est pas de la lumière qu'il a en toi ! Mais des Ténèbres !


Je fus choqué par ce qu'elle venait de me dire, je ne savais pas comment le prendre venant d'une religieuse.


Matriarche : Un mal vie en toi, grandit en toi ! C'est ce mal que je voulais éloigner, tu ne pouvais le contrôler. Tu n'étais qu'une enfant et même aujourd'hui je suis persuader que c'est encore le cas. A ton avis pourquoi attires-tu les démons et toutes ces créatures obscures ? Tu n'es pas différente d'elles ! Tu es né des Ténèbres et tu disparaîtras dans les Ténèbres !


Je ne pouvais plus entendre un mot de plus, je me précipitais vers la sortie au plus vite. Je voulais quitter cette endroit, je voulais hurler toute ma colère et ma rancune. J'attendais d'être en dehors de l'église pour hurler le plus fort possible. Des larmes incontrôlées coulaient sur mon visage.


« Ce n'est pas de la lumière qu'il a en toi ! Mais des Ténèbres ! »


Pourquoi, j'étais venu pour trouver des réponses. Je pensais que ça me permettrait d'avancer, d'aller de l'avant. Mais à la place de ça, je me sentais au plus bas. Une partie de moi c'était encore brisé... Je n'avais pas de lumière mais des ténèbres... Je n'attirais que le mal autour de moi...


« Tu es né des Ténèbres et tu disparaîtras dans les Ténèbres ! »


Je voulais creuser un trou et mis engouffrer pour de bon pour ne plus jamais remonter. Cette femme je la détestais, cette église je la détestais, cette ville je la détestais. Je me détestais...


La nuit était tombé, j'étais encore assise sur le banc du cimetière au côté de Jeff. Nous n'avions pas dit un mot pendant des heures, à vrai dire je n'avais plus la force de parler.


Jeff : Il va faire nuit, on devrait rentrer...


Je levais la tête pour constater que le soleil se couchait, on aurait du être rentré depuis longtemps. Je regardais mon téléphone, j'avais au moins vingt appel en absence de Max...


Mila : Rentrons...


Nous sommes rentrée à l'hôtel, où nous attendait Max et Anna l'air inquiet. A peine avais-je passé la porte qu'ils s'étaient jeté sur moi pour me poser un tas de question. Mais je n'avais pas la force de répondre, j'ai préféré les ignorer pour remonter dans ma chambre. Max avait tenté de me retenir mais Jeff l'en avait empêché.


Je remontais doucement marche après marche les escaliers jusqu'à ma chambre. Je suis entrée dans la salle de bain, m'enfermais dedans et me laissais glisser le long de la porte pour me retrouver recroqueviller sur le sol.


« Je n'aurais pas du venir »


Cette phrase je n'arrêtais pas de me la répéter encore et encore dans ma tête. J'étais bien plus perdu que je ne l'étais avant, je ne savais plus ce que je voulais ni même ce que j'allais faire. J'étais de nouveau perdu face à moi même.