Affaire 2-5

par BaraNoYami

Max : Alors quel est le plan ? Vous connaissez des tueurs de monstres dans le coin ?

Taru : Des tueurs de monstres non, mais des prêtres oui.

Mila : Des prêtres ?

Lily : Oui, ça pourrait peut-être marcher... ça ne coûte rien d'essayer.

Max : Vous pouvez détailler ?

Taru : Les prêtres sont connus pour se battre contre le malin, le diable si vous préférez. Si ce sont des créatures du diable, ils pourront peut-être nous aider.

Lily : C'est déjà un début, allons voir à l'église pour leur parler de tout ça.

Max : Et nous, on fait quoi ? On va pas tous aller à l'église, je suppose...

Lily : C'est vrai ! Vous, vous restez ici avec les deux sœurs. Elles auront besoin d'être rassurées. S'il se passe quelque chose, appelez-nous rapidement.

Max : Comment ça, s'il se passe quelque chose ? On n'est pas à l'abri, ici ?

Taru : On ne connaît rien de ces créatures, on ne sait pas si elles peuvent partir de l'appartement... Raison de plus pour que vous continuiez vos recherches là-dessus.

Lily : Appelez-nous si vous en apprenez plus sur le sujet, ça peut être utile.

 
Taru et Lily sortirent de la petite pièce pour s'habiller. Nous les suivîmes jusque dans le salon où se trouvaient les deux sœurs et Anna.
Après leur départ, Anna avait ramené des couvertures pour les deux sœurs. Elles avaient besoin de repos et les laisser en dehors de tout ça était la meilleure des idées. Pendant ce temps, Max et moi étions plongés dans nos recherches. Heureusement pour nous, nos patrons avaient beaucoup d'archives et de bouquins sur d'innombrables sujets, tous liés au paranormal, ainsi que d'ordinateurs pour des recherches plus approfondies.
 
Après avoir aidé les deux sœurs à s'installer, et après avoir attendu qu'elles s'endorment, Anna nous avait rejoint dans nos recherches. Nous étions très concentrés, et nous ne comptions plus le nombre de cafés que nous avions ingérés pour ne pas nous endormir. Le temps nous était compté, nous n'avions pas le temps de nous reposer.
 
Je ne sais pas quelle heure il était mais nous avions passé beaucoup de temps à lire, à tel point que nos yeux brûlaient de fatigue. Je pouvais voir qu'Anna s'était endormie sur l'un des livres, pendant que Max, lui, se grattait les yeux pour ne pas céder au sommeil. Moi même, je commençais à me sentir mal, je n'arrivais plus à lire. C'était comme si les lignes bougeaient. J'avais besoin de me réveiller, je me levai pour me diriger vers la salle de bain : un peu d'eau sur le visage me réveillerait peut-être.
 
Arrivée dans la salle de bain, j'ouvris le robinet pour y mettre mes mains, j'approchai mon visage du lavabo pour me jeter de l'eau à plusieurs reprises. Après cela, je restai immobile, le visage trempé, debout, devant la glace. Je pensai encore à mon face-à-face avec cette chose immonde. C'était une première pour moi, de rencontrer une créature démoniaque, je ne connaissais que les esprits. Que ce soit l'un ou l'autre, le danger est réel. Mais cette fois, je n'étais pas la seule à pouvoir voir ce genre de phénomènes. D'un côté, j'étais rassurée, mais de l'autre, j'avais peur de ce qu'il allait se passer. Avant, j'étais la seule à me mettre en danger mais cette fois, nous étions tous une cible de choix pour ces créatures.
 
Heureusement que nous étions avec Taru et Lily, j'espérais qu'ils en connaissaient assez pour combattre ces choses. C'était leur domaine, peut-être qu'ils avaient déjà vécu ça. Ils n'avaient pas l'air si paniqué que ça dans l'appartement malgré le danger. J'essayais au fond de moi de me rassurer comme je pouvais.
 
J'attrapai une serviette à côté de moi pour enfin me ressuyer le visage. En relevant ma tête je donnai un petit coup d'œil au miroir. Qu'est ce que...
 
Je me retournai mais rien, je venais pourtant de voir un visage derrière moi ! Celui d'une femme portant un voile devant ses yeux et de longs cheveux noirs. Mais elle avait disparu lorsque je m'étais retournée, je regardai de nouveau le miroir mais plus rien ! Calmons-nous.... C'est sûrement la fatigue ! Je n'avais pas dormi depuis au moins vingt-quatre heures... Peut-être que la fatigue me faisait avoir des hallucinations...
 

Je retournai dans le salon. Les deux sœurs dormaient à poings fermés sur le canapé. Plus loin sur la table de recherches, Anna aussi dormait toujours sur son bouquin. Je fus surprise aussi de voir que Max aussi s'était endormi. Nous étions tous épuisés par ces événements. Uun peu de repos nous ferait du bien. Je pris des couvertures pour les mettre sur le dos de mes amis avant d'en prendre une pour moi et de m'installer sur le petit fauteuil plus loin. A peine installée comme il faut, mes yeux se fermèrent tout seuls... Et je rejoignis, moi aussi, le monde des rêves.
 

«  Si tu vois dans ton miroir

Le visage de l'homme en noir

C'est qu'il est déjà trop tard

Il viendra jusqu'à toi

Te prendra dans ses bras

Avant de goûter ta chair

N'ose même pas t'en défaire

Ton âme lui appartiendra

Et oui je viens vers toi ! »

 
Encore cette comptine... Pourquoi est-ce qu'elle résonnait encore dans ma tête...
 

? : C'est l'homme noir...

 
Hein ? Qui ça ? L'homme en noir ? Et ... Mais, qui parle ! Qui êtes-vous !
 
Qu'est-ce que ? Le décor avait changé, je n'avais vu que du noir jusqu'à maintenant. Mais, à cet instant, je me trouvais dans un endroit que je ne connaissais pas, j'entendais une petite voix chantonner. Au point où j'en étais, je n'avais pas le choix que de suivre cette voix. Je me retrouvai devant un petit garçon assis sur le rebord d'un petit muret, dos à moi, chantonnant une chanson. Je n'entendais pas bien les paroles et décidai de me rapprocher un peu plus.
 

«  Si tu vois dans ton miroir

Le visage de l'homme en noir

C'est qu'il est déjà trop tard

Il viendra jusqu'à toi

Te prendra dans ses bras

Avant de goûter ta chair

N'ose même pas t'en défaire

Ton âme lui appartiendra

Et oui je viens vers toi ! »

 
Je me stoppai net quand je reconnus les paroles. C'était la même chanson que l'on avait entendue dans l'appartement des deux sœurs. Pourquoi cet enfant connaissait-il cette chanson ?
 
Pendant que je réfléchissais, le petit garçon se retourna brusquement vers moi, il me sourit.
  

Petit garçon : Il approche.

 
Il ? Qui ça « il » ?
 

Petit garçon : L'homme en noir... Il est venu la chercher.

 
Il m'avait répondu comme si j'avais parlé à voix haute. J'avais peur de comprendre ce qu'il venait de me dire. Il parlait sûrement de l'autre créature qui en avait après Sally...
 

Mila : Qu'est-ce que je dois faire pour l'arrêter ? Comment je peux sauver Sally ?

 
Il continuait de me sourire.
 

Petit garçon : Il veut un réceptacle pour survivre, il ne lui reste plus beaucoup de temps. Elle sera parfaite pour lui. Mais le transfert le rend vulnérable. Si l'esprit est fort, il deviendra difficile pour lui de le contrôler. Sans ça, il n'aura d'autre choix que de rejoindre son monde.

 

Je ne comprenais pas tout ce qu'il me disait, un réceptacle ? Transfert ? Son monde ? Qu'est-ce que ça voulait dire ?
 

Mila : Dis-moi-en plus, s'il-te-plaît !

 
Le petit garçon mit son doigt devant sa bouche tout en gardant son sourire.
 

Petit garçon : Chut, il arrive...

 
Lorsqu'il finit sa phrase, le décor se mit à bouger, même si j'étais immobile, mon corps s'éloignait du petit garçon, je tendis la main par réflexe mais c'était trop tard, tout était redevenu noir...
 
Qu'est-ce que c'était que ça ? Qu'est-ce qui s'était passé ? Pourquoi j'ai l'impression d'avoir déjà vécu ça ? Peut-être parce que c'était le cas pendant la première affaire...
 

? : Mila ?

 
Qui m'appelle ?
 

? : Mila ?

 
Pourquoi j'ai l'impression de connaître cette voix...
 

? : Mila !

 
Je sursautai sur mon fauteuil. Max se trouvait devant moi, il venait de sursauter aussi. Je pris un peu de temps pour reprendre mes esprits.
 

Max : Mila, est-ce que tout va bien ?

 
Je le regardai perplexe, de quoi est-ce qu'il parlait ? Qu'est -ce qui s'était passé ?
 

Max : Tu avais l'air de faire un cauchemar, on t'a entendu fredonner et tu parlais dans ton sommeil.

 
Alors c'était bel et bien un rêve...
 

Mila : Oui ça va... C'était juste un cauchemars mais c'est fini... Est-ce que Lily et Taru sont rentrés ?

Max : Non pas encore, j'espère qu'ils ne vont pas tarder...

Mila : Combien de temps j'ai dormi ?

Max : Au moins cinq petites heures, je pense.

 
J'avais une petite migraine, je me levai doucement du fauteuil pour me servir un petit café. Anna et les deux autres filles dormaient encore, on dirait qu'elles ne vont pas se réveiller de sitôt...
 
Et les patrons qui n'étaient toujours pas rentrés... J'espérais que tout allait bien pour eux... Et surtout j'espérais qu'ils trouveraient quelque chose pour nous aider...
 
Max me rejoignit pour boire un café. Nous étions juste devant la cafetière quand nous entendîmes la porte d'entrée. Nous nous regardâmes avant de nous diriger vers l'entrée. On pouvait y voir Lily et Taru enlever leurs vestes et leurs chaussures. Je fus surprise d'y voir une troisième personne portant l'uniforme de prêtre. Alors, ils nous en avaient ramené un, c'était un vieil homme aux cheveux blancs, la tête presque dégarnie, portant la longue robe de prêtre et tenant un livre dans ses mains, sûrement la Bible.
   

Lily : Max, Mila, je vous présente mon Père de l'église Gilrout. Il va nous aider dans notre enquête à découvrir contre qui nous nous battons et les démarches à faire.

 
Nous saluons le prêtre avant de le laisser entrer dans le salon. Il regarda tout autour de lui et récita quelques phrase qui provenaient sûrement de la Bible.
 

Mon père : Bien, on dirait qu'il n'y a rien ici, ils ne vous ont pas suivis.

 
Lily souffla un bon coup, de soulagement. C'était une bonne chose, on ne risquait rien ici.
 

Mon père : Il ne me reste plus qu'à aller voir de plus près ce qui se passe.

Lily : Bien sûr, je vous y emmène de suite. Max, tu restes avec les dormeuses et garde bien le téléphone près de toi, on aura peut-être besoin d'informations. Mila, tu viens avec nous, Taru m'a raconté pour la poupée, il se pourrait que ton instinct nous soit utile.

 
 Je ne savais pas si je devais être contente d'être utile. Retourner dans l'appartement ne me rassurait pas, mais c'était le seul moyen d'en finir avec cette histoire et ce que m'avait dit ce garçon dans mes rêves m'intriguait, je devais en savoir plus !
 
Appartement Jeudi 17 septembre 07h15
 
Nous étions retournés dans l'appartement avec le prêtre, il faisait encore sombre dehors et l'air était glacial... Nous n'avions pris avec nous que de simples caméras et lampes de poches comme matériels. A l'entrée, Taru nous avait tous donné un petit bout de papier en forme de petit bonhomme et le prêtre les avaient aspergés d'eau bénite. Je ne comprenais pas tout à ces rituels mais j'espérais que ça soit efficace pour nous protéger. Je savais par expérience de quoi était capable la créature mais personne ne savait de quoi était capable « l'homme en noir » qui se trouvait dans la poupée.

 

Lily : Bien, le prêtre et moi allons bénir la maison pièce par pièce. Taru et Mila, essayez de trouver la poupée, mais faites attention : on ne sait pas de quoi elle sera capable. Au moindre problème rebroussez chemin.

 
J'allais faire équipe avec Taru, d'un côté j'étais rassurée, il avait l'air de s'y connaître et je me sentais en sécurité avec son attitude calme et passive, mais de l'autre, j'étais mal à l'aise à ses côtés à cause de cette même attitude qui m'empêchait de voir quoi que ce soit dans son regard...
 
Nous entrâmes dans l'appartement, Lily et le prêtre se dirigèrent vers le salon pour commencer, tandis que Taru et moi nous nous dirigeâmes vers la chambre de Sally. Je tenais fermement ma lampe torche dans ma main droite et ma caméra dans ma main gauche, et je suivis Taru jusqu'à la chambre. L'appartement était silencieux, pas un bruit ne se faisait entendre. Mais l'atmosphère était froide et flippante...
 

Taru : La voilà...

 
Je m'arrêtai et regardai la porte de la chambre. Taru l'ouvrit doucement pour pouvoir illuminer la pièce en même temps. Rien, il n'y avait rien dans la chambre, en tout cas, rien de suspect...
 

Taru : Je vais voir vers la gauche, regarde vers la droite de la pièce, elle ne doit pas être loin, enfin, j'espère...

 
Sa fin de phrase ne me rassura pas tellement... J'avançai doucement vers la droite, et j'arrivai vers la petite table de chevet. Je l'illuminai avec ma lampe pour y trouver quelque chose, mais il n'y avait rien. Je regardai ailleurs comme en-dessous du lit ou dans la petite commode, mais rien. Aucune trace de Ai...
 
Et on aurait dit que c'était le même résultat pour Taru : la poupée ne se trouvait pas dans la chambre...
 

Taru : Regardons dans les autres pièces...

 
Je suivis de nouveau Taru pour me diriger dans le couloir, il s'arrêta et se retourna vers moi.
 

Taru : Je sais que ça ne va pas te plaire mais on devrait se séparer. On irait plus vite pour la retrouver. Si tu veux bien, je vais retourner dans la chambre de leur père, tu devrais essayer la cuisine.

 

Je n'étais pas tellement pour cette idée mais il n'avait pas tort. Plus vite, nous aurons retrouvé cette poupée et plus vite, tout sera fini, enfin je l'espérais...
 
Je me dirigerai donc vers la cuisine, je pouvais sentir mon corps trembler de peur, cette peur de revoir cette créature dès que j'ouvrirai la porte...
 
Mais la chance était peut-être de mon côté : pas de créature dans la cuisine... Je commençai à chercher de nouveau la poupée dans la cuisine. Il y avait pas mal d'endroits pour se cacher si on était de petite taille, je regardai dans toutes les cachettes qui pouvaient être selon moi de bonnes cachettes si j'avais été une poupée démoniaque... Mais rien...
 
Je décidai de retourner voir où en était Taru,quand en empoignant la porte, j'entendis un hurlement. Je reconnus la voix de Lily. Paniquée, j'ouvris rapidement la porte et croisai Taru dans le couloir, nous nous regardâmes un court instant avant de courir tous les deux vers le salon. Arrivés devant la pièce, nous constatâmes que la pièce était ouverte et en avançant, nous eûmes le malheur de voir de nouveau l'ignoble créature située juste devant nous de dos, placée entre nous et Lily, à genoux au sol accompagnée du prêtre qui se trouvait couché sur le sol. Je ne sais pas ce qui s'était passé mais ça ne me disait rien de bon...