-1 . Le coquelicot

par Chô

L'espoir s'enfouit peu à peu dans ses veines tandis que le rouge, lui, s'épanouit tels les plus beaux pétales du coquelicot. Il se diffuse dans de jolies formes. Il émane de cet élixir un parfum d'angoisse glacée. Tout est pesant, surtout ce regard terne. Comment ne pas penser au vide qui nous tend la main dans ce rouge brûlant qui se refroidit pourtant si rapidement ? Comment ne pas songer à ce que l'on devient en ce moment même, dans ce liquide ampli de tous les souvenirs ? Chaleur et frissons se partagent le même corps pour le faire vivre dans la mort. Ici, l'on aperçoit une fin chaude dont la couleur ne vous vient même plus à l'esprit ;  les poumons gelés se jettent dans son intérieur d'une seule hâte : celle de respirer à nouveau dans une tonalité autre que le rouge.