Chacun son tour de faire une bêtise

par Florana

Chapitre 10 : Chacun son tour de faire une bêtise

 

Le jeudi 16 octobre, alors que Mr Jiraya tentait de rendre son cours intéressant tout en rappelant que le contrôle était pour la semaine suivante, Sakura, elle, laissait son esprit divaguer complètement. Enfin, c’était officiel, elle sortait avec Itachi. Tout s’était conclu l’après-midi de la veille, dans la cuisine de Deidara. Elle s’en souvenait parfaitement.

 

Voyant que l’alcool commençait à faire un peu d’effet sur elle, Sakura préféra aller boire un verre d’eau. Son père était en déplacement mais rien n’empêcherait cette idiote d’Anko de lui rapporter que sa fille sentait l’alcool quand elle était rentrée.

Sur cette pensée, Sakura se leva, laissant Hinata entre les mains de Deidara, et se dirigea vers la cuisine, son verre à la main. Elle s’approcha du robinet, rempli un verre d’eau et commença à boire.

– Tu ne tiens pas l’alcool ? fit une voix grave, presque moqueuse, dans son dos.

Sakura se retourna, nullement surprise de voir Itachi dans l’embrasure de la porte. Celui-ci s’avança de quelques pas.

– Non, ce n’est pas ça, c’est juste que j’ai une certaine image à garder.

Itachi prit alors un air narquois.

– Oh, pauvre Sakura qui est trop riche pour faire ce qu’elle veut !

– Idiot ! répliqua Sakura en riant. N’oublie pas que tu me dois encore la voiture !

– Non, je n’oublie pas. C’est vrai que pour ça je te dois pas mal.

Itachi paraissait soudain beaucoup plus sincère. Son expression troubla Sakura. Il n’avait jamais paru aussi calme ni aussi triste. Lentement, il s’approcha d’elle et le trouble de la jeune fille disparut complètement pour laisser place à l’excitation. Itachi se pencha vers elle, saisit d’un doigt la pointe de son menton, relevant légèrement sa tête et l’embrassa. Sakura crut que son cœur allait bondir de sa poitrine. Enfin, elle avait ce qu’elle voulait. Le garçon le plus cool et le plus populaire du lycée, celui qui avait tant de filles à sa suite, l’avait choisie, elle, et non une autre.

 

Sakura étira ses bras et soupira d’aise. Tout avait été parfait cet après-midi-là. L’incident avec Hinata n’avait nullement gâché la journée et avait même alimenté leurs ragots, leur permettant de médire durant plus d’une heure. Sakura se sentait enfin libérée de cette petite empotée qui, malgré sa fortune, ne pouvait décidément pas valoir quoique ce soit.

En y repensant, elle s’aperçut que Hinata n’était pas là. La place à côté de Temari était occupée par Lee. Peut-être que cette fille s’était perdue dans les rues de Konoha et n’avait pas su rentrer chez elle comme une grande. Ne se sentant aucunement coupable, Sakura replongea vers ses pensées pour Itachi.

 

De son côté, Temari ne suivait pas non plus le cours mais, elle, ne pensait pas à Itachi, même si elle l’avait vu embrasser Sakura juste avant le début de l’heure. Elle s’inquiétait pour Hinata. Son absence n’annonçait rien de bon et, plus elle y réfléchissait, plus les paroles de Neji la veille lui revenaient en tête.

Je t’en prie, Hinata, ne fais pas de bêtises !

Alors qu’elle pensait ainsi à son amie, Lee essayait d’attirer son attention. D’ordinaire, Temari était le genre de filles qui lui parlait sans hésiter, peu importait son apparence. Se demandant ce qui pouvait la préoccuper, il lui demanda :

– Ça va, Temari ?

– Oh, heu… oui, merci. Je pensais à autre chose.

Lee haussa les épaules, comprenant qu’elle ne lui en dirait pas plus. Son regard fit alors le tour de la classe.

– Ah, Hinata n’est pas là, fit-il remarquer. Elle est peut-être malade.

– Peut-être.

Temari pria pour que ce soit le cas. Elle n’avait pas envie que Hinata sèche les cours, comme l’avait dit son cousin. Elle jeta alors un coup d’œil à Sakura. Cette dernière, nullement inquiète, paraissait en pleine extase.

 

Ce matin-là, le cours de chimie, aussi passionnant soit-il, faisait dormir Shikamaru. Complètement affalé sur sa table, il ne réalisait même pas l’agitation qui habitait Kiba, assis juste à côté de lui. Celui-ci ne cessait de se retourner sur sa chaise, essayant de distinguer une expression sur le visage de Neji, un indice qui aurait pu lui faire comprendre l’état de Hinata. Malgré ses efforts, il ne voyait rien car le Hyûga restait impassible et fixait son regard sur le tableau comme si rien d’autre n’existait au monde.

T’as pas fini de bouger dans tous les sens ? intervint une voix dans le dos de Kiba.

Celui-ci tourna la tête pour s’apercevoir qu’Ino le fixait d’un air sévère. Tenten, elle, semblait plutôt étonnée de le voir gesticuler autant.

– L’une de vous a vu Hinata ce matin ? demanda-t-il subitement.

Avant que Tenten ne puisse répondre négativement, Ino la devança d’un ton dur :

– Elle est capable de se débrouiller sans toi, la petite Hyûga !

Jusqu’à ce jour, Kiba s’était montré indifférent face aux sautes d’humeur d’Ino. Cependant, ce matin-là, Hinata le préoccupait réellement et la remarque de son amie l’énerva.

– Arrête de te montrer aussi méchante ! répliqua-t-il. Je sais pas si ce sont tes règles qui te mettent dans cet état, mais calme-toi ! J’ai des raisons de m’inquiéter !

Cette remarque laissa Ino bouche bée, avant que son visage ne prenne la teinte rouge de la colère. Elle commença alors à lui faire remarquer que ce n’était pas des choses à dire à une fille et qu’elle sauterait sur la première occasion pour lui mettre une baffe.

Attiré par le bruit, Mr Sarutobi jeta un coup d’œil dans le coin de Kiba. Son regard se posa aussitôt sur Shikamaru endormi, une fois de plus. Sentant sa patience céder, le professeur s’approcha et frappa brusquement la table, faisant ainsi tressaillir le jeune endormi.

– Shikamaru ! A chaque fois que je vous regarde, vous dormez ! Vous ne pouvez plus continuer ainsi !

Shikamaru leva la tête en soupirant un « galère ». Voilà que les ennuis lui retombaient dessus à cause de son perpétuel manque de motivation.

– Ino, c’est bien vous la déléguée, non ? demanda subitement Mr Sarutobi.

La dispute entre Ino et Kiba se figea aussitôt et la blonde observa avec des yeux ronds Shikamaru grogner et se gratter la tête.

– Heu, oui, Monsieur, répondit-elle, un peu impressionnée par la colère de son professeur, d’ordinaire très calme.

– Alors emmenez Shikamaru chez la proviseur, je vous prie !

N’osant pas défendre la cause de son ami, Ino acquiesça et fit signe à Shikamaru de se lever. Celui-ci s’exécuta à contrecoeur et ils sortirent tous les deux de la salle de classe.

Le reste du cours se passa dans le calme, jusqu’à ce que la sonnerie retentisse enfin, annonçant la pause de dix heures. Ino, revenue quelques minutes après être partie, remarqua alors que Kiba était assez pressé. Plutôt que de lui en mettre une comme elle l’avait initialement prévue, elle se demanda ce qui pouvait le tracasser autant. Elle s’approcha de lui, un peu hésitante, suivie de près par Tenten :

– Je n’ai pas vu Hinata ce matin. C’est vraiment important ?

Kiba s’arrêta et regarda son amie. Elle avait pris un ton beaucoup plus doux, comme si elle avait compris que, pour une fois, la situation était sérieuse. Il lui adressa un sourire pour la rassurer avant de répondre :

– Ne t’inquiète pas, je t’expliquerai.

Puis il fila vers Neji qui, déjà, allait sortir de la salle. Ino et Tenten s’échangèrent un regard marquant leur incompréhension avant que la blonde ne décide de réagir.

– Viens, on le suit ! décida-t-elle en prenant Tenten par le poignet.

Cette dernière n’était pas sûre de vouloir suivre Neji, mais Ino se montra réellement décidée et cette histoire au sujet de Hinata avait piqué sa curiosité. Elle emboîta donc le pas à son amie et la suivit dans les couloirs du lycée.

 

Un peu plus loin, Kiba avait enfin rattrapé Neji. Celui-ci marchait d’un pas pressé et il avait dû courir pour le rattraper.

– Hé, attends, tu ne m’as rien dit ce matin ! l’appela le jeune Inuzuka en le saisissant par l’épaule.

– Tu as bien vu que je suis arrivé sans Hinata, répliqua Neji sans se retourner.

Kiba lâcha un « Oh » exprimant sa déception. Il comprit aisément le sous-entendu et se contenta de suivre Neji en silence.

 

A la fin du cours de SVT, Temari s’apprêtait à quitter sa place quand Naruto, suivi d’un Sasuke qui traînait les pieds, s’approcha de sa table. Elle comprit qu’il allait sans doute vouloir discuter avec Lee. Les deux garçons s’entendaient plutôt bien, même si Naruto s’évertuait à le surnommer « Gros Sourcils ».

Cependant, étrangement, Naruto s’arrêta alors qu’il allait ouvrir la bouche. Il fixa Temari d’un air étonné, presque bête, avant de demander :

– Bah qu’est-ce qu’il y a ? T’as pas l’air bien !

– C’est rien, répondit Temari en s’éloignant avec son sac.

– Ah, au fait, vous avez vu ? Hinata n’est pas là. Elle est peut-être tombée malade, elle a l’air fragile.

Temari adressa un dernier regard à Naruto. Il avait raison, Hinata n’était pas solide. Sa mésaventure de la veille l’avait apparemment bien plus chamboulée qu’il n’y paraissait. Soupirant, elle quitta tout de même la salle et laissa les trois garçons en arrière.

Dans le couloir, elle eut la surprise de croiser Neji. Kiba était également présent, un peu en retrait. Il paraissait en conversation sérieuse avec Ino. Quant à Tenten, elle se tenait près de la porte de la salle de classe, attendant que Lee se décide enfin à en sortir.

Voyant Temari, Neji s’approcha d’elle d’un air sombre. Elle comprit aussitôt qu’il allait lui parler de Hinata. Cependant, lorsqu’il se posta devant elle, il sembla hésiter sur ce qu’il devait dire.

– Ta cousine est absente, déclara Temari pour entamer la conversation.

– Malheureusement, elle a refusé de venir, répondit tristement Neji.

Temari comprit alors que son amie était réellement en dépression. Les doutes qui l’avaient travaillée durant la première heure du matin s’affirmèrent pour de bon. Elle soupira à nouveau avant de reporter son attention sur Neji.

– J’ai pris le cours de SVT pour elle, reprit-elle. Je ferai la même chose avec les autres matières et je te le passerai en fin de journée.

– Merci, c’est gentil.

Neji était autant préoccupé par l’état de sa cousine que par la réaction de son oncle. Si la dépression de Hinata perdurait trop longtemps, tout ceci risquait de mal se finir. Il allait devoir trouver une solution, et rapidement.

Cet instant de calme entre les deux jeunes fut interrompu par une voix plus aigue. Temari eut une mimique d’agacement en reconnaissant le ton de Sakura. Elle détourna la tête pour voir que cette pimbêche discutait avec quelques autres filles de leur classe. Ces demoiselles n’étaient ni appréciées ni détestées par Temari car elle les considérait tout simplement inintéressantes à cause de leur caractère plat et de leur façon de glousser devant n’importe quel beau garçon.

Alors qu’elle en venait à se dire que Sakura ne semblait même pas inquiète pour Hinata, leur conversation parvint à ses oreilles :

– Hinata ? fit Sakura d’un ton dédaigneux. Oui, c’est vrai, je traînais avec elle, mais en fait c’est qu’une petite conne. Dites-vous qu’hier Deidara l’a un peu draguée et elle s’est complètement affolée ! Pauvre fille, qu’elle aille se faire voir, elle n’a pas sa place au lycée !

Les trois filles qui écoutaient Sakura se mirent à glousser comme des pintades. Temari et Neji, eux, suivaient tout d’un air médusé.

– Vous auriez dû voir sa tronche quand elle m’a suppliée de rentrer ! poursuivit Sakura. Elle ne sait pas se débrouiller toute seule, elle fait bien de rester terrée, c’est la meilleure chose à faire ! Pauvre abrutie, je suis sûre qu’elle ne fera jamais rien dans la vie !

Cette fois-ci, c’en fut trop pour Temari. Sans que Neji n’ait eu le temps de réagir, elle fit trois pas rapides vers Sakura et lui balança son poing dans la figure. La tête de la jeune prétentieuse bascula sous le choc. Elle tituba en reculant de quelques pas sous les regards tétanisés des autres filles.

– Espèce de connasse, je vais te tuer ! s’écria Temari.

Sakura se redressa face à elle en passant une main sur sa mâchoire. Temari ne perdit pas une seconde et enchaîna un second coup. Elle savait se battre, Sakura non. Cette dernière essuya plusieurs attaques avant de finir par cogner le mur du couloir. Ce fut à ce moment-là que Naruto, Sasuke et Lee sortirent de la classe. Avec Neji, ils s’élancèrent vers les deux filles, voulant éviter le massacre de Sakura. Cette dernière avait beau être insupportable, ils ne pouvaient pas la laisser se faire défigurer.

Temari ne voulait plus retenir ses coups. Les noms de « salope » et de « petite conne » sortaient de sa bouche dans un flot ininterrompu. Voyant Sakura acculée contre le mur, elle lança son poing pour lui asséner le coup de grâce. Les garçons avaient beau crier, ils ne pouvaient plus l’arrêter.

– Mlle No Sabaku, veuillez arrêter immédiatement !

Temari eut un hoquet de surprise en s’apercevant que son poing venait d’être arrêté. Recroquevillée contre le mur, les bras croisés devant le visage pour toute protection, Sakura tremblait encore. Temari grogna et leva les yeux pour voir que Mr Hatake avait saisi son poignet, l’arrêtant complètement.

– Vous allez me suivre chez la proviseur, Temari, annonça-t-il.

Puis il jeta un coup d’œil à Sakura qui, retrouvant sa fierté première, se redressait en essuyant d’un revers de manche le filet de sang qui s’échappait au coin de ses lèvres. Quelques gouttes perlaient également sur son arcade sourcilière mais elle ne semblait pas s’en être aperçue.

– Et vous, Sakura, je vous suggère de passer à l’infirmerie avant mon cours.

Sakura acquiesça et s’éloigna en adressant un regard noir de haine à Temari. Celle-ci lui répondit de même avant de se retourner. Naruto, Lee et Neji la fixaient d’un air impressionné. Même Sasuke n’était plus aussi impassible que d’habitude.

Mr Hatake ordonna aux lycéens présents d’aller voir ailleurs s’il y était avant de lâcher enfin le poignet de son élève. Il lui fit signe de le suivre et, ne voulant pas s’attirer davantage d’ennuis, Temari décida d’obtempérer. Tandis qu’ils marchaient tous les deux vers l’administration, il lui demanda :

– Je peux savoir ce qui vous a pris de frapper ainsi Sakura ?

– C’est une salope, répondit Temari, catégorique.

– Vous êtes vulgaire, Temari.

– Excusez-moi.

Il y eut quelques secondes de silence avant qu’elle ne reprenne :

– Elle a insulté Hinata.

– Etait-ce réellement suffisant pour la frapper ?

– Je ne voulais pas au début, c’est venu tout seul. Ça ne vous est jamais arrivé à vous de perdre vos moyens ?

Mr Hatake ne broncha pas devant la question de son élève. Il avait rapidement remarqué qu’elle avait un tempérament fort, assez en tout cas pour se battre en public.

– Vous devriez faire plus attention, Temari. D’après vos anciens bulletins, ce n’est pas la première fois que vous vous battez dans un établissement scolaire. D’ailleurs, il me semble que vous vous êtes déjà faite repérer ici.

Temari eut un vague sourire en repensant au jour où elle avait envoyé son genou dans le ventre d’un garçon, qui avait osé la siffler puis lui faire quelques remarques désobligeantes, sous les yeux éberlués de Hinata.

– J’ai débarrassé le lycée de cet abruti pendant une demi-journée, lâcha-t-elle.

– Je ne suis pas là pour juger mais pour vous mettre en garde, Temari. Vous pourriez obtenir les meilleurs résultats, si vous ne surveillez pas votre comportement vous pourriez vous faire virer.

Temari eut l’idée de lui répliquer qu’il ferait mieux d’adresser ce genre de remarques à Naruto, mais n’en eut pas le cœur. Au fond, Mr Hatake était un professeur sympathique, proche de ses élèves et elle l’appréciait malgré tout, même s’il lui arrivait de douter de ses capacités en tant qu’enseignant.

Ils s’arrêtèrent tous les deux devant la porte du bureau de la proviseur. Mr Hatake s’approcha et frappa poliment. Un « entrez » leur parvint et Temari pénétra à l’intérieur. Elle découvrit alors un bureau assez grand, muni d’un ordinateur et d’une multitude de dossiers et de tiroir de rangement. La proviseur, une femme d’apparence jeune, coiffée de deux couettes blondes, à la poitrine remarquable, était installée dans un fauteuil noir. Temari eut alors la surprise de reconnaître Shikamaru, assis face au bureau, attendant que le temps passe.

– Qu’il y a-t-il, Kakashi ? demanda la proviseur.

– Cette élève vient de se battre avec une autre.

– Alors dans ce cas pourquoi l’autre élève n’est pas là ? On est au moins deux dans une bagarre à ce que je sache !

– En fait, l’autre élève n’a fait que se défendre, elle ne lui a porté aucun coup.

– Je vois. En clair, Shizune va avoir du boulot. Vous ne seriez pas déjà venue, par hasard ? ajouta-t-elle subitement à Temari.

– Si, pour un imbécile, répondit celle-ci.

– Ah, je vois. Asseyez-vous là, et attendez-moi ici tous les deux. Kakashi, retourne en salle des profs et demande à Kurenai de descendre, s’il te plait, j’ai un problème inquiétant avec l’un de ses élèves.

A ces mots, elle adressa un regard dépité à Shikamaru. Celui-ci garda une expression ennuyée, nullement touché par ces propos. La proviseur sortit alors de la pièce, suivie de Mr Hatake, laissant les deux élèves seuls. Temari put enfin poser la question qui la démangeait :

– Comment t’es arrivé là, toi ?

Shikamaru leva à peine les yeux pour répondre :

– Mr Sarutobi m’a encore surpris en train de dormir.

– Tu ne dors pas assez la nuit ?

– Non, c’est pas ça, c’est que je m’ennuie trop.

– Doué, à ce que je vois.

– Et toi, pourquoi t’es là ?

– Parce que j’ai filé une raclée à Haruno.

– Elle est amochée ?

– Tu veux que je fasse pareil sur toi pour voir ?

– Non, ça ira.

.Shikamaru soupira en poussant un « galère ». Temari lui jeta un regard suspicieux, se demandant s’il n’avait que ce mot-là à la bouche. Elle s’apprêta à lui faire une remarque bien placée à ce sujet mais la porte du bureau s’ouvrit à nouveau.

– Bien, No Sabaku, j’aimerais savoir pourquoi vous vous êtes battue aujourd’hui, déclara la proviseur en reprenant place derrière le bureau.

Temari tiqua immédiatement. Apparemment, la proviseur venait de se souvenir de son nom, ce n’était pas forcément une bonne chose. Cependant, elle se décida quand même à répondre :

– Sakura Haruno a insulté Hinata Hyûga et je ne pouvais pas la laisser faire.

– Ce n’est pas une raison ! D’après Shizune, elle va pouvoir traîner un œil au beurre noir pour les prochains jours.

– Ça la remettra à sa place.

– No Sabaku, vous me fatiguez. Sortez, je vous mets un avertissement sur votre bulletin. La prochaine fois, je vous invite à décoller les chewing-gums des radiateurs pendant un mercredi après-midi.

Temari eut une grimace de dépit mais ne répondit rien. Elle s’en tirait plutôt bien. Elle sortit du bureau en songeant à Shikamaru. Décidément, ce garçon restait un mystère entier pour elle. Elle ne comprenait pas comment un être humain pouvait être aussi mou et peu énergique.

Le reste de la journée se passa dans une ambiance tendue au sein de la classe de 2°6. Tout le monde avait eu vent de l’affrontement entre Temari et Sakura et, d’ailleurs, les cicatrices restaient bien visibles. Sakura posait sa main sur sa joue pour tenter de dissimuler l’affreux pansement que lui avait apposé l’infirmière, tout en essayant de masquer l’hématome qui amochait horriblement son œil. Temari, elle, se sentait satisfaite de cette marque. Au moins, la pimbêche ne l’oublierait pas de si tôt.

 

Le jeudi suivant, soit le 23 octobre, Hinata n’était toujours pas revenue. Sakura n’avait rien dit durant quelques jours, puis avait poursuivi ses médisances. Temari n’avait plus tenter de la défigurer, mais cela ne l’avait pas empêchée de l’insulter de tous les noms, sous le regard médusé de Naruto et celui presque surpris de Sasuke.

Neji pensait à cela alors qu’il fixait les escaliers de sa demeure en se demandant s’il devait aller voir sa cousine ou la laisser tranquille. Chaque soir, il lui passait les devoirs et les cours que Temari lui avaient confiés mais, depuis le fameux mercredi 15 octobre, Hinata n’était pratiquement pas sortie de sa chambre. Neji l’entendait clairement pleurer la nuit et sentait que cette situation pourrait difficilement durer. Ils avaient déjà reçu une lettre d’avertissement du lycée et un appel furieux du père de Hinata, Hiashi Hyûga.

La sonnerie du téléphone le sortit de ses pensées. Neji observa l’horloge en se demandant qui pouvait bien appeler. Il était une peu plus de sept heures, il venait à peine de rentrer du karaté. Finalement, il décrocha :

– Allô ?

– Bonjour, Mr Hatake à l’appareil. Je suis bien au domicile de Hinata Hyûga ?

– Mr Hatake ? répéta Neji, étonné d’entendre son professeur de japonais à l’autre bout du fil.

– Ah, Neji, je suppose ? Est-ce que les parents de Hinata sont là ?

– Non, Monsieur, ils sont à Kyoto. Hinata vit chez moi pour cette année.

– Je vois. Vos parents sont là peut-être ?

– Ils ne rentreront pas avant une demi-heure, Monsieur.

– Ah, ça tombe mal, je n’ai pas beaucoup de temps. Bon, Neji, j’appelle au sujet de Hinata. Ça fait maintenant une semaine qu’elle n’est pas venue en cours, y aurait-il un problème quelconque dont  je pourrais être informé ?

Neji réfléchit quelques secondes. C’était gentil de la part du professeur principal de sa cousine de s’inquiéter mais il sentait qu’il allait s’engager sur un terrain plutôt épineux.

– Hinata a quelques problèmes personnels en ce moment, Monsieur, répondit-il finalement. J’espère que ça va s’arranger rapidement.

– Ah, je vois. Si vous pouviez la convaincre de revenir, je pourrais peut-être en discuter avec elle. Il m’a semblé que ça avait un lien avec l’altercation entre Mesdemoiselles Haruno et No Sabaku.

– C’est possible, Monsieur. Je vais voir ce que je peux faire.

– Bien, merci Neji. Dites à votre cousine que j’espère la revoir bientôt en classe. Sachez que si elle ne revient pas rapidement, elle risque la déscolarisation.

Neji répondit qu’il avait bien compris et raccrocha peu après. Il décida alors de monter à l’étage et frappa à la porte de sa cousine avant d’entrer. Il savait que, de toute façon, elle ne lui répondrait pas.

Lorsqu’il pénétra dans la chambre, Hinata était roulée en boule sur son lit, la couverture la recouvrant presque entièrement. Seule sa tête dépassait et ses cheveux bleu nuit étalés sur son oreiller n’étaient pas coiffés depuis quelques jours.

Neji s’approcha doucement, sachant combien Hinata était émotive ces derniers temps. Il passa une main sur sa tête et vit ses paupières s’ouvrir lentement, même si elle lui tournait le dos, fixant le mur de ses yeux blancs.

– Hinata, Mr Hatake vient d’appeler, dit-il avec douceur. Il s’inquiète de te voir absente aussi longtemps.

Pour toute réponse, un sanglot s’échappa de la gorge de Hinata. Neji, décidé à la faire sortir de sa dépression, continua de lui parler :

– Ecoute, Hinata, je sais ce qui s’est passé. Sakura en a parlé à toute ta classe.

Hinata se raidit à ces mots et laissa encore quelques sanglots s’échapper avant de finalement se redresser pour faire face à son cousin. Elle avait une mine affreuse : le teint blême, les cheveux en bataille, les yeux bouffis et fatigués et les traits tirés par une profonde angoisse. Sa mine autrefois si fraîche et si pure portait encore les striures laissées par les nombreuses larmes qui y avaient coulé. Triste de voir sa cousine dans cet état, Neji passa tendrement un bras autour de ses épaules.

– Qu’a-t-elle dit ? demanda Hinata.

– Que vous aviez vu Itachi et sa bande, que Deidara t’avait impressionnée, que tu avais laissé sous-entendre que tu préférais Naruto à lui et que tu t’étais brusquement sauvée.

Si cela avait été possible, Hinata aurait sans doute blêmit davantage. En tout cas, elle recula de quelques millimètres, l’air effrayé.

– Elle a dit pour Naruto ? répéta-t-elle, prise de panique.

– Oui, mais bon, ça n’a pas eu l’air de l’affecter plus que ça. Pourquoi, tu l’aimes ?

Hinata rougit légèrement et baissa ses yeux embués vers la couverture.

– Non, pas vraiment, mais je l’apprécie et je l’admire beaucoup. Et puis, il est vraiment gentil.

Neji eut une légère approbation. Il était vrai que, à l’image de Lee, Naruto n’était pas du genre à faire de mal à une mouche. Il semblait d’ailleurs incapable de blesser quelqu’un, tant sa joie et sa bonne humeur irradiaient de son sourire.

– Hinata, tu ne peux pas rester toute ta vie dans cette chambre à te lamenter, reprit soudainement Neji d’un ton plus ferme. Sakura t’as peut-être humiliée, tu t’es peut-être sentie ridicule, mais la vie ne s’arrête pas là ! Il y a d’autres gens dans le lycée que cette idiote !

Neji pensa que Hinata allait montrer un signe d’espoir mais, au contraire, elle se frotta les yeux pour éviter de nouvelles larmes de couler. Des mots s’échappèrent de sa gorge, dépourvus de sens à cause des sanglots qui les recouvraient. Finalement, elle reprit son souffle avant de balbutier :

– Si seulement il n’y avait que ça, Neji. Mais… mais pourquoi ça fait si mal ? Je pensais qu’elle était mon amie, j’étais sûre qu’elle m’aimait bien ! J’avais confiance en elle, je commençais à penser que je pouvais tout lui dire sans crainte… Tout est ma faute, j’ai tout gâché !

Les larmes reprirent alors le dessus sur sa voix et elle s’accrocha au cou de Neji, comme si cela pouvait la sauver. Son cousin, lui, ne put que lui rendre son étreinte en espérant que le chagrin passerait. Hinata était complètement bouleversée. Enfin, elle pensait pouvoir connaître l’amitié et voilà qu’elle avait été trahie et jetée comme une bonne à rien. Il comprenait enfin le choc qui avait opéré en elle. Cela ajouté aux moqueries de la bande d’Itachi lui avait retiré toute confiance en elle. Le peu de sûreté que Temari avait pu lui transmettre avait été balayé lors de ce fameux après-midi du 15 octobre.

 

Le lendemain, Hinata n’était toujours pas revenue. Cependant, même si elle s’était aperçue de cette absence prolongée, c’était un tout autre sujet qui angoissait Tenten, à la récréation de quinze heures. Une terrible nouvelle lui était tombée dessus lors de son cours de mathématiques, au cours duquel la professeur principale des 2°8 leur avait remis leurs relevés de notes mi-trimestriel. A présent, Tenten tenait le maudit papier du bout des doigts et le fixait avec des yeux horrifiés. Assis à côté d’elle, Lee passait un bras dans son dos pour la réconforter.

– Mes parents vont me tuer ! s’exclama Tenten, au bord de la crise d’hystérie. Huit et quatre en physique, huit, six et cinq en maths !

– Et en SVT ? risqua Lee.

– Onze.

– Bon, alors ce n’est pas si dramatique !

– Lee, c’est une catastrophe ! Mon père attache énormément d’importance aux sciences !

Lee, voulant la rassurer, lui prit alors le relevé des mains et le lut rapidement.

– Quatorze et seize en français, treize en espagnol, quinze en anglais, c’est juste que les sciences c’est pas ton truc !

– Ça ne change rien au fait que mon père va me tuer, objecta Tenten en reprenant le papier d’un geste vif.

– Il n’y a pas quelqu’un dans ta classe qui pourrait t’aider ?

– J’ai demandé à Ino mais elle essaye déjà de sauver le cas de Kiba.

– Il s’en sort mal lui aussi ?

– Un peu mieux que moi mais, lui, il veut passer en S.

– Et toi ?

– Moi, je n’ai jamais envisagé la S, trop dur et surtout trop barbant. J’irai en L, et tant pis pour les débouchés !

Lee sourit tendrement en voyant sa copine s’inquiéter pour rien. Il savait que le père de cette dernière était un matheux de naissance mais, lui, il comprenait parfaitement que Tenten ne puisse pas avoir les mêmes capacités. Lee était lui-même une personne au potentiel très médiocre. Il ne voyait pas plus de logique dans les maths que dans les langues et possédait une très mauvaise mémoire pour l’apprentissage par cœur. Cependant, à force de travail, il avait fini par atteindre des moyennes acceptables, sans qu’elles ne deviennent fulgurantes. Cela se voyait d’ailleurs dans le commentaire que son professeur principal lui avait laissé sur son propre relevé : « Beaucoup d’efforts, continuez ainsi ! ».

– Au fait, qu’est-ce qu’elle t’a laissé, Yûhi ? demanda-t-il subitement.

– « Un peu plus de travail en sciences ne vous ferait pas de mal », lâcha Tenten avec une mine dépitée.

Lee fut attendri de voir sa petite amie ainsi préoccupée par ce vulgaire relevé. Finalement, décidant de tout mettre en œuvre pour l’aider, il l’embrassa sur le front.

– Ecoute, d’ici lundi, je te promets que je t’aurai trouvé quelqu’un pour t’aider !

A ces mots, Tenten retrouva le sourire. Elle rangea le relevé de notes et vint se blottir contre Lee qui l’entourait déjà d’un bras.

– Merci beaucoup, t’es vraiment trop gentil avec moi.

Lee resserra un peu plus son étreinte, le cœur léger. Il était doté d’un caractère simple et rendre Tenten heureuse suffisait à son bonheur. Celle-ci le savait et c’était pour cela qu’elle se sentait redevable envers lui, en remerciement de toute la gentillesse qu’il montrait pour elle.

 

Le lundi suivant, Tenten fut soulagée de voir Lee l’attendre en bas de sa maison. Elle avait passé un week-end peu agréable avec ses parents, à cause des notes en sciences, et n’avait pas pu sortir de la journée car son père avait tenté de lui faire rentrer dans la tête la logique qu’il y avait dans le monde des vecteurs. Seulement, le problème avait été que Tenten comprenait difficilement et son père n’avait jamais été d’un caractère très patient.

– C’est la fin du week-end qui te fait sourire à ce point ? demanda Lee alors qu’ils s’éloignaient tous les deux vers l’arrêt de bus.

– Ne m’en parle pas ! Mon père a failli péter un câble mais, heureusement, ma mère a sauvé la situation.

Lee passa un bras autour des épaules de Tenten alors qu’elle lui racontait son week-end. Il aimait l’écouter ainsi depuis qu’ils se connaissaient.

– Ne t’inquiète pas, reprit-il lorsqu’elle eut fini. Je n’ai pas eu le temps de m’en occuper vendredi mais à dix heures je trouverai quelqu’un pour t’aider !

Tenten remercia Lee d’un baiser. Elle ne se préoccupait pas réellement de savoir s’il allait réussir mais le voir ainsi s’occuper d’elle la rendait heureuse. Finalement, ils se séparèrent à regret dans les couloirs du lycée et l’adolescente fila droit vers la salle de japonais. Elle salua Ino, comme à son habitude, et, une dizaine de minutes après la sonnerie, Mr Hatake décida de se montrer.

– Bonjour tout le monde ! déclara-t-il en passant devant ses élèves et en laissant ses doigts jouer avec les clés de la salle. Désolé pour le retard, mon réveil n’a pas sonné parce que mon chien a rongé le fil hier soir !

Quelques ricanements résonnèrent parmi les élèves tandis que Tenten pensait que son professeur était le roi des menteurs. Elle s’installa finalement à côté d’Ino et, alors que le cours commençait, celle-ci lui donna un coup de coude pour lui parler :

– T’es au courant ? lui glissa-t-elle à l’oreille. Hinata n’est toujours pas revenue au lycée.

Tenten parut étonnée. Elle ne s’était pas vraiment mêlée de cette histoire et pensait que, depuis le temps, elle avait été réglée.

– Comment tu le sais ? demanda-t-elle.

– Kiba me l’a dit ce matin. Et puis, t’as pas vu la tête que tire Neji ?

Tenten hocha la tête en signe de dénégation avant de diriger son regard vers le principal concerné. En effet, Neji, qui d’ordinaire paraissait si serein et si sûr de lui, affichait une mine préoccupée. Tenten eut un pincement au cœur en songeant au stress qu’il devait endurer ces derniers temps. Elle ne lui avait pas reparlé depuis qu’il avait exigé des explications sur son silence et, à présent, elle n’osait plus aller le voir ne serait-ce que pour s’excuser. Après tout, ce n’était pas de sa faute à lui si elle le trouvait attirant.

Lorsque la sonnerie retentit pour annoncer la fin des deux heures de japonais, Tenten ne savait toujours pas ce qu’elle devait faire vis-à-vis de Neji. Finalement, elle suivit Ino, décidant qu’elle irait parler plus tard au jeune homme.

– T’en fais une tête ! fit remarquer Ino alors qu’elles marchaient toutes les deux en compagnie de Shikamaru et de Kiba.

– Si t’avais passé le même week-end que moi t’aurais sans doute la même, répliqua Tenten en affichant un air dépité.

– A cause de tes notes ? Tu devrais demander de l’aide à Shikamaru.

Les regards convergèrent alors vers le principal concerné. Celui-ci prit un air horrifié, montrant clairement qu’il n’aurait jamais la motivation pour faire des maths en dehors des cours. Ino s’apprêta à le réprimander, lui rappelant que Tenten était une amie et qu’il ne pouvait pas la laisser tomber, mais celle-ci le sauva de justesse :

– Non, ça ira, je ne voudrais pas le déranger. Et puis mes parents vont me prendre un prof’ de maths pendant les vacances !

Ino haussa les épaules tandis que Shikamaru soupirait de soulagement. Il n’avait rien contre le fait d’aider Tenten mais les vacances étaient sacrées à ses yeux et il refusait d’y pratiquer une activité trop éloignée du farniente.

Tenten, elle, pensa que son problème n’était toujours pas résolu, alors que le groupe rejoignait Sasuke et Naruto. Ses parents n’allaient certainement pas engager qui que ce soit pour l’aider. Son père allait tout bonnement s’efforcer de lui faire rentrer divers théorèmes dans la tête et s’énerverait en voyant qu’elle n’y comprenait toujours rien.

Pendant ce temps-là, la conversation s’engagea sous son nez. Cependant, le groupe entier se tut lorsque Sasuke décida de prendre la parole :

– Au fait, Shikamaru, j’aurais besoin d’apprendre à conduire pendant les vacances.

Shikamaru eut une mine contrariée, se doutant de ce qui l’attendait.

– Tu veux que je te prête mon scooter, c’est ça ?

– Ouais, et aussi que tu m’aides parce que je ne vais peut-être pas y arriver seul.

Shikamaru soupira, sentant que ses vacances ne pourraient peut-être pas se dérouler aussi calmement que prévu. Il fit une rapide mise au point de la situation : Sasuke avait besoin de son aide et il était extrêmement rare que ce type en demande à qui que ce soit. En plus, sa mère serait chez lui durant les vacances et le presserait de sortir pour prendre l’air. Finalement, ce n’était peut-être pas une si mauvaise idée. Cependant, il ne put répondre car Naruto le devança :

– Géant, mec ! On ira au chantier derrière les nouveaux immeubles de la départementale ! Comme ça, ni vu ni connu, et on se fait un pique-nique !

Sasuke haussa un sourcil, comme si Naruto ne sortait pas cette idée pour la première fois. Kiba, lui, semblait un peu plus enthousiaste. Quant à Shikamaru, il se contenta de bâiller avant de répliquer :

– D’ac’, mais c’est pas moi qui me colle aux courses !

– T’inquiète, j’irai, assura Naruto.

– J’irai avec toi, ajouta Kiba. La dernière fois t’as réussi à nous ramener des saucisses périmées.

Tandis que Naruto esquissait un sourire gêné, plaquant par la même occasion une main dans sa tignasse blonde, Tenten observait les quatre garçons d’un air médusé. Qu’allaient-ils faire exactement sur ce chantier ?

– Vous allez manger des saucisses ? demanda-t-elle, comme pour vérifier.

– Mais oui ! répondit Naruto qui avait retrouvé son enthousiasme. On va faire un barbec’, comme la dernière fois ! D’ailleurs, si ça vous dit de venir les filles…

– Désolée les gars, mais je pars pour toutes les vacances, répondit Ino, déçue de ne pas pouvoir être présente.

– Tu vas où ? s’empressa de demander Naruto.

– Chez mes grands-parents, dans le sud. Ne vous inquiétez pas pour moi, à cette période de l’année il fait encore assez chaud pour se baigner !

Alors que Shikamaru semblait envier le programme d’Ino, sans doute parce qu’il se serait bien vu sur une chaise longue à paresser au soleil, Naruto reporta son attention sur Tenten.

– Et toi, ça te dit de venir ? Comme ça, on pourra toujours mieux te connaître, Sasuke et moi !

– C’est gentil, répondit Tenten, visiblement touchée par l’invitation du grand blond. Mais je ne pourrai sans doute pas venir, après les notes que j’ai eues. Enfin, je verrai, mon père ne pourra pas me retenir prisonnière toutes les vacances !

– OK, ça marche ! On pourrait aussi proposer à Temari de venir.

Sasuke approuva d’un signe de tête. Depuis que la grande blonde avait remis Sakura à sa place, elle semblait avoir bondi dans son estime et peut-être même qu’il était prêt à la laisser intégrer son cercle d’amis car, bien que sa réaction ait été violente, il avait apprécié sa franchise.

Naruto commença alors à se perdre dans un plan pour apporter du sake en douce, malgré le fait qu’ils soient encore tous mineurs. Tenten abandonna alors passablement la conversation et repensa à Lee. Le pauvre devait encore s’évertuer à lui trouver quelqu’un pour ses cours alors qu’elle était là avec son groupe d’amis. Finalement, elle les quitta et se mit en quête de son petit copain. Elle eut la surprise de le croiser au détour d’un couloir, visiblement ravi.

– Qu’est-ce qui te met dans cet état ? demanda-t-elle, ne pouvant s’empêcher de sourire à son tour.

– Tenten, je suis génial ! s’exclama-t-il. Je t’ai trouvé quelqu’un pour t’aider !

Tenten écarquilla de grands yeux, montrant qu’elle n’y croyait plus. Lee aurait-il réellement trouvé le moyen de la sauver de l’impatience de son père ? En tout cas, elle se sentait prête à se jeter dans ses bras.

– C’est formidable ! répondit-elle avec un enthousiasme renouvelé. Et c’est qui ?

Le sourire de Lee s’agrandit et il s’écarta légèrement. Tenten sentit sa mâchoire se décrocher alors qu’elle apercevait son nouveau professeur particulier en train d’essayer de se faire un chemin parmi le flot d’élèves. Finalement, il arriva jusqu’à eux et Tenten n’avait toujours pas refermé sa bouche. Lee, lui, n’avait pas perdu son sourire.

– Bon, je vous laisse vous mettre au point, déclara-t-il. Si tu me cherches, je vais retrouver Naruto. A tout à l’heure, ma princesse !

Sur ce, il lui déposa un baiser sur la joue et s’éloigna. Tenten ne réagit presque pas à son départ, se contentant de dévisager de la tête au pied la personne qui allait la tirer du calvaire où elle avait réussit à se mettre.

– J’ai cru comprendre que t’avais des difficultés en maths et en physique. Pourquoi tu n’es pas venue me voir ?

Tenten rougit légèrement, comme prise sur le fait.

– En fait, je ne pensais pas que tu accepterais, Neji.

Ce n’était en fait qu’en partie vrai. Si elle n’avait pas osé lui demander, c’était aussi parce qu’elle le craignait toujours quelque part. Il était si charmant et, surtout, il avait ces yeux, ces deux lacs blancs dans lesquels elle plongeait volontiers quand elle les croisait. Cependant, Neji ne sembla pas contrarié par sa réponse. Il eut même un petit rictus, semblable à un sourire amusé, et demanda :

– Qu’est-ce qui te faisais croire ça ?

– Je pensais que t’étais fâché contre moi. J’ai pas toujours été très gentille ces derniers temps.

– Je ne me fâche pas pour si peu, répliqua Neji en haussant les épaules.

Tenten se détendit quelque peu. Neji avait l’air de ne pas s’être formalisé de sa mauvaise humeur des dernières semaines. Evidemment, elle ne pouvait pas savoir qu’il n’aurait pour rien au monde avoué que son indifférence l’avait vexé.

– Bon, revenons-en au problème, déclara-t-il. Tu as besoin d’aide. Je veux bien qu’on se voie un peu pendant les vacances, si tu veux.

– Ça m’arrangerait vraiment, approuva Tenten. Disons que je t’appellerai. Tu es là pendant toutes les vacances ?

Quelques minutes plus tard, ils avaient échangé leurs numéros et Tenten put enfin se sentir entièrement soulagée. Elle avait trouvé le moyen d’échapper à son père et, en plus, de se réconcilier avec Neji. Quant au second problème, elle se sentait finalement moins coupable. Ce n’était pas elle qui était allée voir Neji, c’était Lee qui l’avait poussée vers lui. S’il avait fait ça, c’était qu’il avait entièrement confiance en elle, non ? Elle se jura de respecter cette confiance et sourit à cette idée. Elle s’apprêta alors à remercier Neji pour rejoindre son copain mais, lorsqu’elle leva les yeux, le jeune homme qui lui faisait face avait pris une mine inquiète. Elle remarqua alors qu’il scrutait l’écran de son téléphone portable.

– Une mauvaise nouvelle ? demanda-t-elle.

– On peut dire ça. Mon père me demande si Hinata est venue en cours ce matin.

Tenten prit un air compatissant. Neji en voyait sans doute des vertes et des pas mûres depuis quelques temps. Sa cousine ne venait plus et Tenten supposa que son oncle lui mettait sans doute la pression à cause de ça, sans parler des professeurs qui devaient se plaindre de ne pas la voir en cours.

– Je suis désolée pour ce qui lui arrive. Ino m’en a un peu parlé.

– J’espère que ça n’a quand même pas fait le tour du lycée, maugréa Neji en répondant avec énergie au message de son paternel.

– Vu comment Sakura s’affiche, ça ne m’étonnerait pas, fit remarquer Tenten avec hésitation.

Neji grommela et jeta un coup d’œil dans le dos de son amie. Sakura passait justement au fond du couloir, tenant le bel Itachi Uchiwa par la main. Si les filles aux alentours l’enviaient et mettaient au point des plans foireux pour prendre sa place le Hyûga, lui, n’avait qu’une seule envie : celle de lui faire ravaler son clapet. Cependant, contrairement à Temari, Neji était un non-violent de nature et il fallait réellement le mettre hors de lui pour qu’il devienne dangereux.

– Au fait, Temari ne lui a pas à nouveau cassé la figure ? demanda Tenten.

– Non, elle essaye de se tenir à carreaux maintenant, répondit Neji en quittant Sakura des yeux.

Tenten changea peu à peu de sujet et, quelques minutes plus tard, ils discutaient naturellement, comme quelques semaines auparavant. En réalité, la brune aux macarons parlait largement plus que Neji, mais celui-ci prenait plaisir à l’écouter. Ils se rendirent ensemble dans leur cours suivant, prêts à affronter les deux jours et demi qui leur restaient avant leurs premières vacances en tant que lycéens.

 

***

Note de l’auteur : Je n’ai pas beaucoup avancé dans l’écriture de la fic, à cause des devoirs. Bon, j’espère que ce chapitre vous plaira (je me défoule un peu sur Sakura, ça fait du bien xD) et qu’il vous aidera à patienter jusqu’au prochain qui, malheureusement, ne risque pas d’être publié avant les vacances de la Toussaint.