Rencontres au détour d'une paire de chaussure

par Florana

Chapitre 6 : Rencontres au détour d’une paire de chaussure

 

Chez les Hyûga, Hinata, assise à la table de la salle à manger, avait entrepris de faire ses devoirs. Neji savait qu’elle était une élève sérieuse et qu’elle s’appliquait beaucoup mais, ce qui le rassurait vraiment, c’était de voir qu’elle n’avait toujours pas séché de cours. Certes Hinata était toujours aussi timide mais elle paraissait avoir réussi à se creuser une petite place dans sa classe. Après deux semaines sous l’aile de Temari, il semblait qu’elle s’était décidée à avoir confiance en cette dernière. Par contre, ce qui inquiétait son cousin, c’était qu’elle avait également confiance en Sakura et ce malgré tous ses avertissements.

Neji se demandait s’il ne devait pas profiter de l’occasion pour lui en parler quand il fut tout à coup tiré de ses pensées par la sonnerie du téléphone. Il s’approcha et, après une hésitation, se décida à décrocher.

– Allô ?

– Bonjour, je suis bien chez les Hyûga ?

– Temari ? s’étonna-t-il. Mais comment as-tu eu mon numéro ?

– L’annuaire ça existe, gros bêta !

– Exact, répondit-il sans se soucier du franc-parler de son interlocutrice. Que puis-je faire pour toi ?

– Dis-moi, tu te souviens de ta proposition pour m’aider à me repérer dans Konoha ?

– Oui, bien sûr.

– Alors, j’aimerais que tu m’accompagnes cette après-midi. J’ai besoin d’acheter un livre mais je ne sais pas du tout où trouver une librairie et, telle que je me connais, je suis capable de me perdre rapidement !

– Je vois, c’est d’accord. Ecoute, je passe te prendre dans un quart d’heure. Où habites-tu ?

– Je t’attendrai au rond point des feuilles, c’est juste à côté de chez moi.

– Ça me va. Ah, au fait, ça ne te dérange pas si Hinata vient ?

– Bien sûr que non ! Bon, à tout à l’heure !

– A tout à l’heure !

Neji raccrocha, satisfait. En dehors du lycée, Hinata ne sortait quasiment pas et il était temps de l’obliger à se bouger. Il s’approcha de la table de la salle à manger où elle continuait de travailler.

– Hinata, laisse un peu tes devoirs, on sort, déclara-t-il.

Surprise, Hinata leva la tête vers son cousin. Il n’avait pas pour habitude de prendre de telles initiatives.

– Et où va-t-on ? demanda-t-elle, un peu inquiète.

– On va faire visiter le centre commercial à Temari. Allez, viens, ça te fera prendre l’air.

Hinata, bien que réticente à sortir, finit par céder. Après tout, Temari avait été gentille avec elle jusqu’ici, alors pourquoi ne pas la voir en dehors des cours ? De plus, elle serait avec Neji, donc elle ne craignait rien.

C’est ainsi que, un quart d’heure plus tard, la voiture des Hyûga s’arrêta au rond point des feuilles. Temari les y attendait, visiblement impatiente.

– Coucou vous deux, les salua-t-elle en entrant dans la voiture avec son entrain habituel. Je vois que vous ne manquez pas de moyens !

– Profites-en, répondit Neji d’un ton neutre. Ushimo, au centre commercial, s’il vous plait, ajouta-t-il en direction du chauffeur.

L’homme acquiesça et la voiture quitta le rond point pour une avenue plus large. Tandis que Temari remerciait Neji, Hinata songea que pour elle aussi c’était une première. Après tout, elle non plus n’était pas de Konoha.

Lorsqu’ils arrivèrent au centre commercial, Hinata se sentit immédiatement mal à l’aise. Elle n’était pas dans son élément, loin du cercle familial qui la protégeait si bien depuis toute petite. Cet endroit était grand, immense même, et plein de monde. Les magasins semblaient grouiller de clients. Pourtant, Neji ne paraissait nullement impressionné par cette masse de gens. Affichant son habituelle indifférence, il guida les deux filles jusqu’à la librairie la plus proche.

– Merci pour le coup de main, Neji, le remercia Temari lorsqu’elle eût acheté son livre. Mais tant qu’on y est, on pourrait faire quelques boutiques ! T’en penses quoi, Hinata ?

– Heu… bah, je ne sais pas, bredouilla celle-ci.

Temari fronça les sourcils, étonnée de cette réponse.

– Hinata, ne me dis pas que tu n’as jamais fait les boutiques ?

– Je… heu… non, avoua-t-elle, honteuse.

Devant la gêne de son amie, Temari comprit qu’on ne devait pas lui avoir proposé une telle activité auparavant. Cependant, elle décida d’appliquer le dicton « il n’est jamais trop tard pour commencer » et tira Hinata par la manche.

– Dans ce cas, viens par là, je vais remédier à cela, Hinata !

N’osant pas refuser, Hinata se laissa entraîner. Dans quoi était-elle encore tombée ? Elle jeta un regard presque suppliant à son cousin. Cependant, celui-ci semblait s’amuser de la situation. Temari avait décidé de prendre en charge Hinata et il n’allait certainement pas l’en empêcher. Il suivit donc les deux filles vers la boutique de vêtements la plus proche. Il n’était pas dans ses habitudes de se livrer au shopping mais il le ferait volontiers pour sa cousine.

 

A l’étage du dessus, dans un magasin de vêtements pour adolescentes, Shikamaru s’ennuyait à mourir.

– Bon, vous comptez traîner encore longtemps comme ça ? grogna-t-il.

– Shikamaru ! s’énerva Ino. Tu n’as pas fini de poser toujours la même question ? Je me demande bien pourquoi j’ai accepté que tu nous accompagnes !

– Parce qu’à nous deux Kiba et moi on peut vous ramener ? suggéra-t-il avec un sourire désabusé.

Ino lui répondit d’une grimace et poursuivit ses recherches dans les rayons de vêtements. Il était vrai que Kiba et Shikamaru ayant tous les deux un scooter, il était bien pratique de se rendre avec eux au centre commercial. En revanche, traîner Shikamaru toute l’après-midi dans les boutiques, ce n’était pas vraiment une partie de plaisir.

– Désolée, Tenten, de t’imposer ce flemmard, ajouta Ino en s’adressant à son amie.

– Il ne me dérange pas du tout, assura Tenten d’un ton rassurant. Je le trouve même assez drôle avec son air flemmard !

– Oui, c’est amusant au début mais, tu verras, à la longue ça peut t’épuiser !

Shikamaru arqua un sourcil, puis, faisant mine de ne pas avoir entendu, alla s’asseoir à l’entrée du magasin. Qu’est-ce qui lui avait pris d’accompagner des filles faire leur shopping ? En réalité, il avait eu besoin d’un nouveau pantalon de sport mais, lui, n’avait pas mis trois heures à le choisir. Il commença alors à se demander quand Kiba arriverait enfin.

Un peu après quatre heures, le petit groupe entra dans une boutique de chaussures. Shikamaru, songeant que les filles allaient encore faire du lèche-vitrine, décida de se mettre dans un coin et d’attendre que le temps passe. Il s’approcha donc d’un rayon de boîtes, espérant trouver un siège libre, mais, alors qu’il s’appuyait contre une pile pour éviter des clientes trop pressées, celle-ci s’effondra sous son poids. Avant qu’il n’ait pu faire quoi que ce soit, les boites de chaussures tombèrent de l’autre côté du rayon.

– Oh, mais c’est pas vrai ! s’exclama une voix féminine. Vous pourriez faire attention, non ?

Shikamaru grogna et vit une tête apparaître de l’autre côté des boîtes. Il s’agissait d’une jeune fille, probablement de son âge, aux cheveux blonds tirés en couettes. En croisant ses yeux verts, il sentit immédiatement qu’elle avait un caractère bien à elle.

– Désolé, je pouvais pas savoir que t’étais de l’autre côté, maugréa-t-il.

– Arrête de trouver des excuses et viens plutôt m’aider à ramasser ton bazar, répliqua la blonde en se baissant pour remettre quelques boites en place.

Shikamaru haussa les épaules et fit le tour du rayon pour la rejoindre.

– Ah, les femmes, quelle galère, soupira-t-il.

– T’as dis quelque chose, maladroit ? demanda la blonde, piquée au vif.

– Décidément, les femmes sont toutes aussi susceptibles les unes que les autres !

– C’est quoi ces thèses sexistes ?

La fille blonde venait de replacer la dernière boîte et fixait Shikamaru avec un air de défi. Celui-ci ne répondit rien, sans doute parce qu’il ne pouvait pas s’empêcher de songer qu’elle était au moins aussi terrifiante que sa mère.

Avant que la blonde ne puisse ajouter quoi que ce soit, une voix vint les interrompre :

– Tout va bien, Temari ? Qu’est-ce que tu fais là, Shikamaru ?

Shikamaru arqua un sourcil en reconnaissant Neji. Ce dernier passait parfois ses récréations avec lui et Kiba mais il ne s’était jamais montré très bavard. Que faisait-il donc avec une furie blonde pareille ?

– J’accompagne Ino et…

Mais Shikamaru n’eut pas le temps de finir sa phrase car Tenten apparut derrière lui.

– Bah Shikamaru, qu’est-ce que tu fais en plein milieu de l’allée ? s’étonna-t-elle. Oh, Neji !

Ses yeux s’écarquillèrent en reconnaissant le garçon qui lui faisait tant d’effet. Elle sentit sa gorge se nouer. Comment pouvait-il se trouver là ? Déjà, elle passait toutes ses journées de cours avec lui et, à présent, elle le croisait en dehors du lycée. C’était à croire que le destin avait décidé de les rapprocher coûte que coûte.

Neji, lui, sourit intérieurement. Tenten semblait bien plus que surprise. On aurait dit qu’elle était gênée de le voir là. Cependant, il ne laissa rien paraître de sa satisfaction.

– Bonjour, Tenten, répondit-il d’une voix neutre. Je vois, Shikamaru, tu t’es laissé embarqué par deux filles dans les boutiques. J’ai un peu le même problème que toi.

A ces mots, Hinata apparut à ses côtés et adressa un timide sourire à Tenten. A force de la voir avec son cousin, elle avait fini par la connaître un peu. Ino arriva dans le rayon peu de temps après.

– Tiens, salut Neji ! le salua-t-elle avec son entrain habituel. Tu tombes bien, je crois que Shikamaru s’ennuyait, ajouta-t-elle avec un sourire moqueur pour le principal concerné.

Puis elle observa les deux filles qui l’accompagnaient. Elle avait le vague souvenir d’avoir fait une brève connaissance avec l’une d’elles le jour de la rentrée et, d’après ses souvenirs, elles faisaient toutes les deux partie de la classe de Sasuke et de Naruto. D’ailleurs, elle les avait déjà vues plusieurs fois en compagnie de Sakura.

– Oh, tu es la cousine de Neji, ajouta-t-elle en direction d’Hinata.

Hinata acquiesça et, alors, le regard d’Ino, d’ordinaire si pétillant de joie, devint beaucoup plus grave. Hinata était celle dont lui parlait Kiba depuis quelques jours. A l’entendre, elle l’avait complètement charmé. Ino avait tout de suite remarqué qu’il n’utilisait plus ce ton sarcastique pour la faire enrager. Elle avait même remarqué que, lorsqu’il parlait de cette fille, il était beaucoup plus sérieux et beaucoup moins frivole que d’habitude et cessait durant un moment de trouver le meilleur moyen pour la faire enrager. Ino en ressentait un certain pincement au cœur qu’elle ne savait pas vraiment interpréter. Etait-ce de la jalousie ? Bien sûr que non, elle aimait Sasuke. Alors le sentiment d’être délaissée ? Oui, peut-être. Kiba était un très bon ami et elle n’avait certainement pas envie de le perdre.

– C’est ton copain, la tête d’ananas ? lui demanda Temari en coupant net ses pensées. Il n’a pas l’air très réveillé !

Ino écarquilla les yeux, sans doute impressionnée par le cran de la fille qui lui faisait face.

– Quoi ? Mais… non, pas du tout !

Shikamaru arqua à nouveau un sourcil et baissa les yeux pour s’examiner. Certes, il n’était pas le plus beau de tous les garçons mais ce n’était pas une raison pour le rejeter ainsi. Cependant, la conversation venait de s’établir entre les filles et il décida de s’écarter légèrement, sans doute désireux d’échapper aux yeux verts de Temari.

– Bon, on va pouvoir attendre tous les deux, conclut Neji en le rejoignant.

Shikamaru acquiesça et ils restèrent quelques minutes en silence. Aucun d’eux n’était particulièrement bavard mais cela ne les gênait aucunement. Shikamaru, lui, ne pouvait s’empêcher d’observer Temari. Cette dernière lui avait paru si franche, si directe et si têtue qu’il en avait été impressionné. Pour sûr, cette fille ne devait pas se laisser marcher sur les pieds.

– Tu peux m’expliquer ce que tu faisais avec une fille pareille ? demanda-t-il au bout d’un moment.

Neji haussa un sourcil, devinant le soudain intérêt qu’avait Shikamaru pour son amie.

– Elle a un sacré caractère mais elle dit ce qu’elle pense. Je la trouve plutôt sympathique et puis elle est gentille avec Hinata.

– Elle m’a plutôt l’air d’une féministe hors pair, grommela Shikamaru en se remémorant ses premières paroles.

– Ah oui ? C’est étrange, je ne l’ai pourtant pas vue particulièrement agressive envers les autres gars.

Shikamaru quitta son air endormi l’espace d’un instant. Le coin des lèvres de Neji s’était légèrement relevé et il savait parfaitement qu’il n’était pas dans les habitudes de ce dernier de sourire. Qu’est-ce que la situation avait de comique ? Il venait d’avoir une vive discussion avec une inconnue, rien de plus. Finalement, ne sentant pas l’énergie de questionner Neji, il reposa sa tête sur sa main et attendit que les filles aient terminé.

 

De leur côté, Temari et Tenten s’étaient retrouvées toutes les deux assises l’une à côté de l’autre pour essayer des paires de chaussures. Avec son naturel avenant, Temari avait entamé la conversation, bien qu’elle ne connaisse pas réellement Tenten :

– T’as fait une drôle de tête en voyant Neji. On dirait que ça t’a pas fait plaisir de le voir.

Tenten se figea brusquement, les mains crispées sur les lacets. Temari était non seulement perspicace mais en plus elle ne passait pas par quatre chemins.

– Ce n’est pas vraiment que ça ne me plait pas mais plutôt que ça me gêne un peu.

Temari releva la tête et observa Neji quelques instants.

– Je ne vois pas ce qu’il a de gênant, fit-elle remarquer.

– Je ne sais pas, avoua Tenten, de plus en plus mal à l’aise. Je crois que ce sont ses yeux…

Le regard de Temari s’illumina le temps d’une seconde. Sans doute parce qu’elle ne la connaissait pas assez, elle n’avait envisagé pas que Tenten puisse être amoureuse. A première vue, cette fille paraissait un peu garçon manqué et Temari avait jugé qu’elle devait avoir un caractère semblable au sien. Apparemment, la vérité était tout autre.

– Tu sais, je me suis toujours dit qu’il n’y avait aucune raison de s’en faire pour un garçon. Si tu veux mon avis, tu ferais mieux de seulement ne pas y penser et puis ça passera.

Ce fut au tour de Tenten de s’étonner. Elle jeta un bref coup d’œil à Temari et, finalement, finit de lacer ses chaussures.

– T’as peut-être raison, je me fais des idées toute seule, conclut-elle.

Tenten avait prononcé ces paroles bien plus pour se rassurer que pour répondre à Temari. Finalement, elle jugea sa rencontre avec cette dernière intéressante. Cette brève conversation venait de la remettre sur pieds. Au diable le beau Neji, elle avait Lee et ne demandait rien de plus. Rassérénée, elle se leva et fit quelques pas dans le magasin.

– Qu’est-ce que t’en penses ? demanda-t-elle à Temari, comme si elles avaient été amies depuis longtemps.

– J’aime bien le style mais, personnellement, je les préfère en noir.

 

Hinata, elle, se sentait complètement perdue. Tenant une chaussure à la main, elle jetait des coups d’œil furtifs autour d’elle. Son esprit était bombardé de questions qui s’entrechoquaient en créant une étrange cacophonie. Ce qui la dérangeait n’était pas réellement de savoir si cette chaussure lui plaisait mais, au contraire, de savoir ce que les autres penseraient de son choix. C’était en apparence un problème assez banal mais qui revenait régulièrement dans son quotidien. Sans Temari à ses côtés pour l’orienter et la conseiller, elle n’osait pas réellement prononcer son avis de peur de décevoir les autres ou, pire, d’attirer leur mépris.

– Tu veux que je t’aide, peut-être ?

Hinata faillit sursauter en entendant la voix d’Ino à côté d’elle. Le temps de quelques secondes, elle ne put s’empêcher de l’admirer. Cette fille avait un style, des idées, un caractère et elle savait le suivre sans craindre l’avis de son entourage. Cela se voyait dans ses vêtements : ils étaient de couleur vive, presque excentrique, mais s’accordaient parfaitement bien à sa personne, comme s’ils avaient été faits pour elle.

– Fais voir ce que tu as là, ordonna Ino en tendant une main.

Hinata tressaillit en la sentant s’emparer de la chaussure. Ino l’observa quelques instants avant de la lui rendre.

– Elle te plait ? demanda-t-elle.

Hinata baissa la tête, sentant le rouge lui monter aux oreilles. L’assurance de cette fille ne la mettait pas du tout à l’aise et elle cherchait un moyen de s’en sortir. Que devait-elle répondre ? Ino allait-elle la juger sur ce qu’elle dirait ? Finalement, sous le regard insistant de cette dernière, elle se décida à ouvrir la bouche.

– Je… je ne sais pas trop en fait…

Ino haussa les sourcils avant de rire franchement. Hinata en fut d’abord étonnée avant de sentir la gêne revenir au galop. Ino se moquait d’elle, c’était sûr. Voilà qu’elle avait fait une gourde. Elle n’avait plus qu’une seule envie, celle de s’enfuir à toutes jambes.

– Désolée, je ne m’attendais pas à cette réponse, avoua Ino en se reprenant. Et tu avais un air si troublé ! Si tu veux mon avis, ce n’est pas trop ton style les ballerines. Et puis, honnêtement, c’est un bon truc pour se faire des ampoules. Viens plutôt par là !

N’ayant pas la force de protester, Hinata se laissa entraîner dans le magasin. Elle se sentait honteuse de sa réaction mais Ino semblait l’avoir déjà oubliée.

– Tiens, regarde plutôt ça, ajouta cette dernière en lui mettant sous le nez une paire de converses. Sympa, confortable et puis assez discret. Par contre, il faut aimer faire les lacets. Sinon, tu as les tennis en toile qui ne sont pas plus mal et moins chères.

Ino débitait à une vitesse telle que Hinata avait peine à enregistrer tout ce qu’elle disait. Pourtant, elle sentait qu’elle apprenait là des éléments essentiels pour sa culture générale féminine. Sans qu’elle ne sût comment, elle se retrouva bientôt assise à côté d’Ino qui lui faisait essayer une paire de bottes en prévision de l’hiver.

– Pas mal, conclut celle-ci en admirant le résultat.

Hinata acquiesça. Elle qui n’avait jamais osé porter de bottes, considérant ces chaussures comme trop voyantes, elle était surprise de voir qu’elle ne se trouvait aucunement laide ainsi parée. Finalement, après avoir fait quelques pas dans le rayon, elle se rassit sur le banc et commença à les retirer. Ino l’observa quelques instants d’un air insistant avant de finalement s’asseoir à son tour.

– Kiba m’a beaucoup parlé de toi, dit-elle brusquement.

Hinata se figea, perplexe devant une telle révélation. Elle avait certes croisé Kiba de nombreuses fois dans le lycée – et il l’avait alors gratifiée d’un sourire qui l’avait faite rougir jusqu’aux oreilles – mais elle ne pensait pas du tout l’avoir marqué. Pour elle qui trouvait toujours le moyen de passer inaperçue, cela paraissait impossible.

– Oh, heu… Je… Je ne savais pas…

– Tu l’aimes bien ? la coupa Ino.

Hinata déglutit. Depuis qu’elle avait évoqué Kiba, Ino paraissait bien moins gentille. Sa voix avait un ton de reproche et Hinata, facilement influençable, se sentait déjà coupable de quelque chose qu’elle n’arrivait pas à définir.

– Heu… oui, il m’amuse… et puis il est gentil.

Ino acquiesça. Kiba savait se montrer très gentil et elle le savait. Il avait malgré lui une tendance à aider les plus faibles que lui, une qualité admirable qu’il cachait par un côté crâneur et frivole.

– Oui, Kiba est gentil, soupira-t-elle.

Hinata releva la tête, loin de se douter du combat intérieur qui perturbait Ino. Cette dernière avait des appréhensions envers la cousine de Neji à cause de l’écart qu’elle creusait progressivement entre elle et Kiba. Pourtant, d’un autre côté, elle n’arrivait pas à la détester car Hinata était bien trop timide et son air innocent, voire naïf, ne faisait pas d’elle une personne détestable.

– Viens, on va rejoindre les autres, décida subitement Ino. Tu les prends ou pas ?

Hinata jeta un coup d’œil à ses bottes, ne sachant ce qu’elle devait répondre.

– Si tu veux, je te suggère de repasser pendant les soldes, ça sera moins cher, ajouta Ino.

Hinata accepta, bien plus parce qu’elle ne savait pas se décider que par souci d’argent. En tant qu’héritière du groupe Hyûga, elle n’avait pas de problème de ce côté-là.

Les quatre filles se retrouvèrent aux caisses et, quand Temari et Tenten eurent payé leurs achats, elles rejoignirent Neji et Shikamaru qui n’avaient pas prononcé un seul mot depuis leur conversation sur Temari.

– Bon, vous voulez rentrer ? demanda Shikamaru, cachant mal son espoir.

– J’aimerais bien je me sens fatiguée, avoua Ino. Vous nous accompagnez en bas ? demanda-t-elle en se tournant vers Neji.

Celui-ci n’ayant pas d’avis sur la question, il se décida à accepter pour le simple plaisir d’observer le trouble de Tenten. Cependant, il ne put s’empêcher de froncer les sourcils en s’apercevant qu’elle ne faisait même plus attention à lui. Au contraire, elle était plongée dans une conversation avec Temari et Ino. Déçu, il reporta son attention sur Hinata qui, à l’arrière du groupe, gardait ses yeux rivés sur ses pieds.

– Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il en remarquant sa mine renfrognée.

– Ce n’est rien, mentit-elle en accélérant le pas.

Neji soupira. Il avait espéré que cette sortie détende sa cousine mais elle semblait avoir eu l’effet inverse.

Arrivé en bas du centre commercial, le groupe sortit sur le trottoir. Adossé contre la façade du bâtiment, Kiba les attendait. A côté de lui, deux scooters avaient été posés en équilibre.

– Ah, vous voilà, j’ai failli attendre ! s’exclama-t-il. Alors, Shikamaru, cette sortie ? ajouta-t-il d’un air narquois.

Le principal concerné ne répondit rien tandis que ses épaules s’affaissaient davantage. Kiba n’avait pas été aussi fou que lui, préférant aller promener son chien plutôt que d’accompagner les filles.

– Tiens, bonjour Hinata ! la salua-t-il en lui adressant un signe de main.

Hinata rougit violemment, songeant que les propos d’Ino se confirmaient. Elle sentit clairement le regard désapprobateur de cette dernière fixé dans son dos et commença à se tordre les mains pour répondre un vague « Bonjour Kiba », alors que celui-ci était déjà en train de saluer Neji et Temari.

– Tenten, tu vas monter à l’arrière de Tête d’Ananas ? fit remarquer cette dernière. Si j’étais toi, j’aurais pas confiance.

Shikamaru, malgré son air endormi, sentit sa fierté masculine piquée au vif. De quel droit cette fille se permettait-elle de le ridiculiser ? Il empoigna son scooter, mit le moteur en marche et ordonna à Tenten de monter.

– J’ai pas eu mon permis pour rien, répliqua-t-il en défiant la grande blonde du regard. Kiba, cesse donc de draguer et viens !

Kiba, qui avait commencé à demander à une Hinata rouge pivoine comment elle se portait, leva les yeux au ciel et enfourcha son scooter avant d’inviter Ino à monter. Celle-ci, satisfaite que l’attention du garçon revienne sur elle, mit ses bras autour de sa taille et jeta un dernier regard à Hinata. Mais sa satisfaction disparut dès que Kiba reprit la parole :

– Au fait, Hinata, ça te dirait qu’on se voie demain après les cours ?

Hinata entrouvrit la bouche, prise de court. Elle ne s’attendait certainement pas à une telle demande. Elle sentit ses jambes se dérober, comme si l’émotion était trop forte. Cependant, son cousin coupa rapidement cet étrange effet qui se produisait en elle en utilisant un ton calme et froid.

– Elle te répondra plus tard, assura-t-il d’un air insistant.

Kiba déglutit, sentant que Neji, même s’il était calme, ne laisserait pas n’importe qui s’approcher de sa cousine. Il esquissa alors un sourire gêné et démarra, sans doute pressé de s’éloigner du regard blanc qui le fixait sans ciller.

– Je n’aime pas ce type, conclut Neji en regardant les deux scooters s’éloigner dans les rues de Konoha. Il est trop sûr de lui.

– Il est un peu dragueur mais il n’a pas l’air méchant, répondit Temari. Pourtant, crois-moi, j’en ai vu des gars pas nets !

– Ça m’a l’air bien fréquenté Suna, ironisa Neji.

– Attends de voir mon petit frère et tu comprendras !

Neji ne laissa paraître aucune réaction et son regard se tourna brusquement vers Hinata.

– Hinata, tu es sûre que ça va ?

Hinata, encore sous le choc, avait le regard perdu dans le vide et ne pouvait s’empêcher de se mordiller les doigts, une façon pour elle de se détendre. La réaction de Neji l’avait perturbée pratiquement autant que la demande de Kiba et elle ne savait plus ce qu’elle devait décider.

– Neji, c’est mal d’accepter une telle demande ? demanda-t-elle subitement.

– Non, du moment que je suis d’accord, répondit-il.

Temari ne put s’empêcher de rire franchement. Sous ses airs indifférents, Neji était le parfait grand frère protecteur et son attitude l’amusait réellement.

 

Dans un petit bar enfumé à la fréquentation plus ou moins douteuse, les frères Uchiwa partageaient un café après une journée plus que harassante, en particulier pour Itachi. Pourtant, ce dernier avait l’air très calme et c’était son frère, dont les mains tremblaient de rage, qui, pour une fois, paraissait réellement en colère.

– Comment ça, tu as été viré ? s’exclama Sasuke.

– Je te l’ai déjà expliqué, répondit Itachi avec lassitude. Deïd’ s’est fait arrêté par les flics pour excès de vitesse et puis moi je les ai un peu engueulés.

– Et évidemment, il a fallu que tu fasses ça pendant tes heures de travail, soupira Sasuke comme si la fatalité s’était abattue sur lui. T’es au courant au moins que tu nous fous dans la merde ?

Itachi ne répondit pas de suite et fixa la tasse posée entre eux. Un café pour deux, ça commençait vraiment à faire minable. Son frère avait raison, leur situation n’était pas des plus brillante.

– Si Papa se bougeait un peu plus pour retrouver du boulot aussi…, commença-t-il en évitant le regard accusateur de son frère.

– Je ne te parle pas de Papa, je te parle de toi, fit remarquer Sasuke. Alors, tu vas t’y prendre comment ?

– Deïd’ et moi on va recommencer nos petites combines.

Sasuke soupira alors que Itachi relevait la tête, sûr de lui. Il savait parfaitement que les « petites combines » de son frère étaient loin d’être légales mais, au point où ils en étaient, la loi passait au second plan, loin derrière le remboursement des factures.

– Tu seras bien payé au moins ? demanda-t-il.

– Ouais, faut juste que je trouve une bagnole.

– Et tu vas la trouver où ta bagnole ?

Itachi sourit légèrement, amusé par l’agacement de son frère. Finalement, il fit un mouvement de tête vers la rue avant d’ajouter :

– Il y en a plein par là, je vois pas où est le problème.

Sasuke suivit son regard avant de s’énerver davantage.

– Idiot ! s’exclama-t-il. Je te parle sérieusement, ne me dis pas que tu vas en voler une ?

Il avait ajouté cette phrase assez bas pour que seul son frère l’entende. Il préférait ne pas se faire repérer, surtout si Itachi s’apprêtait à faire une bêtise.

– Je verrai bien si je n’ai pas d’autre solution, répondit celui-ci en avalant une gorgée de café.

Le silence s’installa alors entre les deux frères. Durant quelques minutes, ils restèrent l’un en face de l’autre, la face voilée, ruminant leurs pensées. Leur situation était pénible et Sasuke sentait ses nerfs se fatiguer.

– Et tu vas faire quoi l’année prochaine ? demanda-t-il brusquement à son frère.

– J’irai à la fac, répondit celui-ci. J’y ai déjà beaucoup réfléchi et je crois que je ne peux pas me permettre autre chose.

– La fac ? répéta Sasuke en se penchant vers Itachi. Mais c’est quand que tu vas bosser ? Je te signale que t’auras moins de temps libre !

– Oh là, doucement, petit frère ! Je serai livreur de pizza le soir, ils doivent bien chercher du monde pour ce boulot.

– Livreur de pizza ? Et avec quel permis ?

Itachi esquissa un autre sourire face à l’air sceptique de son jeune frère. Finalement, il plongea une main dans sa poche et en ressortit une petite carte plastifiée.

– Avec ce permis, déclara-t-il non sans une certaine fierté.

Sasuke s’empara de la carte et commença à l’examiner. Il haussa les sourcils en la reconnaissant.

– C’est le faux que t’as fabriqué Kabuto, fit-il remarquer en la lui rendant.

– Et alors ? répliqua Itachi en rangeant le faux permis dans sa poche. Je n’ai pas besoin de cette petite carte pour apprendre à conduire une moto. Et puis d’ailleurs, t’es au courant du prix qu’elle coûte ?

Sasuke se renfrogna. Cette fois-ci, son frère avait raison. Le permis était loin d’être gratuit et ils ne pouvaient pas se permettre de le passer.

– Au fait, c’est quand que tu vas t’y mettre toi ? reprit soudainement Itachi.

– Me mettre à quoi ? demanda Sasuke.

– A apprendre à conduire ! Ton pote Naruto, là, il n’a pas un scooter ?

– Non, il n’en a pas, soupira Sasuke en comprenant où son frère voulait en venir.

– Et alors ? Tes autres potes, ils n’en ont pas ?

Sasuke pensa évidemment à Kiba et Shikamaru qui avaient tous les deux ce genre de véhicule. Il était certain que Kiba ne lui permettrait pas d’apprendre sur le sien, il aurait bien trop peur qu’il l’abîme. Par contre, il avait peut-être une chance avec Shikamaru. Après tout, apprendre à conduire pourrait lui être utile.

– D’accord, je vais voir, accepta-t-il.

Satisfait, Itachi n’ajouta rien et laissa son regard se balader dans le bar. Il était plus de six heures et l’endroit n’était pas encore plein. Cependant, un détail marquant attira son attention : une chevelure rose venait de passer près de la porte.

– Tiens, regarde qui voilà, dit-il en donnant un léger coup de coude à Sasuke.

Celui-ci se retourna et cacha mal son agacement en reconnaissant Sakura qui se dirigeait vers eux.

– Oh non, pas celle-là, grommela-t-il.

– Moi je la trouve mignonne, répliqua Itachi avec un sourire narquois pour son frère.

– C’est une bourge !

– Et elle a une bagnole.

Sasuke fixa son frère d’une mine désespérée. Il aurait dû se douter que la richesse de Sakura avait tout de suite attiré son attention.

– Bonjour les garçons, dit-elle en s’asseyant à côté d’Itachi. Qu’est-ce que vous faîtes là ?

– Je pourrais te retourner la question, jolie demoiselle, répondit Itachi en employant un ton plus suave qu’à l’ordinaire.

– Je vais voir Naruto, conclut Sasuke en se levant.

Sakura le regarda sortir du bar, plutôt satisfaite de se retrouver seule avec Itachi. Celui-ci en profita pour la dévisager réellement. Elle avait des boucles d’oreilles et une chaîne d’argent autour du cou, sans oublier son chemisier de marque. Il ne s’était donc réellement pas trompé sur son compte.

– Il dit toujours ça quand il est énervé, expliqua-t-il en jetant un dernier regard à son frère.

– Ah, je l’énerve vraiment ? demanda Sakura, un peu vexée.

– Ne t’inquiètes pas, il a un sale caractère, la rassura Itachi. Mais moi tu ne m’énerves pas du tout.

– Ah, je suis contente de le savoir ! Alors, qu’est-ce que tu fais là ?

– Je prends une pause après le boulot, expliqua Itachi en vidant son café. Et toi, qu’est-ce qui t’amènes dans le coin ? Ce n’est pas un endroit pour les jeunes et jolies demoiselles.

– Je passais dans la rue et je vous ai vus toi et ton frère.

– Tu étais à pied ?

– Non, en voiture.

Une étincelle s’alluma brusquement au fond du regard d’Itachi. Il reposa sa tasse de café, plus déterminé que jamais.

– Viens, sortons d’ici, il fait trop chaud et puis ce n’est pas vraiment le meilleur endroit pour discuter.

Sakura accepta avec joie, heureuse de voir Itachi s’intéresser ainsi à elle. Ils se levèrent tous les deux et sortirent du bar. Une fois à l’extérieur, Itachi sortit une cigarette avant de jeter un coup d’œil à Sakura.

– J’espère que la fumée ne te dérange pas mais là j’en ai vraiment besoin, expliqua-t-il.

– Non, ne t’inquiète pas, assura Sakura en souriant.

De toute façon, elle ne se sentait pas l’envie de lui refuser quoique ce soit. Itachi lui plaisait de plus en plus. Il était beau, charmant, plein d’attentions et en plus il avait cet air à la fois sûr de lui et sans vantardise. Ce qu’elle ignorait, c’était qu’Itachi, parfaitement conscient de l’effet qu’il produisait sur elle, cherchait des yeux la fameuse voiture qui avait dû la déposer.

– C’est là-dedans que tu es venue ? demanda-t-il en désignant un véhicule rouge et brillant, à l’apparence luxueuse.

– En effet, confirma Sakura, impressionnée par son sens de la déduction. Tu veux que je te dépose quelque part ?

– Non merci, répondit Itachi en crachant une bouffée de fumée. C’est juste que j’aurai peut-être besoin d’une voiture pour mon prochain boulot et je cherche quelqu’un pour m’en prêter une. Mais celle-là est beaucoup trop belle pour que je risque de l’abîmer.

Sakura regarda sa voiture, où son chauffeur s’ennuyait à mourir, désolée de ne pas pouvoir aider Itachi. Pourtant, si elle y arrivait, il lui en serait sans doute reconnaissant et elle aurait une raison de plus d’entrer dans son cercle d’amis. Tandis que son plan se dessinait dans son esprit, elle se retourna vers lui avec un petit air satisfait.

– Tu as raison, celle-là est beaucoup trop belle, avoua-t-elle. Mais si tu veux j’en ai une un peu plus vieille que je pourrais te prêter pendant tes heures de boulot.

Itachi en fut tellement surpris qu’il lâcha sa cigarette. Il ne s’attendait pas à une réponse aussi simple. Il savait que Sasuke n’allait pas apprécier et, pourtant, il ne pouvait pas refuser.

– Ça serait super sympa, répondit-il. Tu me passes ton numéro et je t’appellerai si j’ai besoin de ton aide ?

Sakura se sentit immédiatement aux anges. Itachi lui demandait son numéro, elle n’avait pas espéré arriver aussi loin. Depuis qu’elle l’avait rencontré un lundi matin, elle l’avait à peine croisé dans les couloirs et avait eu l’impression de faire du sur place. Tout à coup, sa situation faisait un grand pas en avant.

– Tu ne me passes pas le tien ? demanda-t-elle après lui avoir énoncé le sien.

– Désolé, jolie demoiselle, je n’ai pas de portable. Mais je peux toujours te passer mon fixe.

Sakura, quoique un peu déçue, accepta tout de même. Tout en énonçant les numéros, Itachi pensa à la tête de son frère quand il apprendrait la nouvelle : Sakura Haruno, la fille qu’il ne pouvait pas supporter, avait leur numéro de téléphone.

– Et voilà, c’est enregistré ! conclut Sakura en rangeant son téléphone. Tu as ton permis au moins ?

– Evidemment, répondit Itachi en sortant la carte plastifiée qui faisait la fierté de Kabuto. Je n’aurais pas pris le risque de t’apporter des ennuis.

Sakura fut beaucoup trop charmée par cette attention pour se douter de quoique ce soit. De toute façon, elle était loin de s’imaginer qu’il était possible de fabriquer un faux permis.

– Bon, je suis vraiment désolé de te laisser là mais il faut vraiment que je rentre, reprit Itachi en jetant un coup d’œil vers le soleil qui baissait peu à peu. On se verra sans doute au lycée.

– Oui, j’espère, répondit Sakura, déçue de le voir partir si vite. A demain alors !

– A demain, Sakura.

A ces mots, Itachi se pencha vers elle et déposa une bise sur sa joue avant de s’éloigner. Sakura resta un instant sur place, heureuse de cette journée. Voilà que le garçon le plus beau de son lycée venait de lui faire la bise. Le feu lui montait discrètement aux joues alors qu’elle rentrait dans sa voiture où elle ordonna à son chauffeur de la ramener chez elle.