Parce que tout commence par la rentrée

par Florana

Chapitre 1 : Parce que tout commence par la rentrée

 

Dans l’une des somptueuses maisons de Konoha, une jeune fille se prélassait à la fenêtre, profitant des derniers rayons du soleil d’été. Les bras croisés derrière la tête, les jambes battant l’air, elle semblait attendre quelque chose. De temps à autre, elle laissait sa main jouer avec une mèche rose. Ses yeux verts jetaient de nombreux coups d’oeils vers la porte. Plus le temps passait et plus elle s’impatientait.

Soudain, on toqua.

– Entrez ! ordonna-t-elle d’une voix presque sèche.

La silhouette d’une jeune femme de ménage passa dans l’entrebâillement. C’était à peine si la jeune personne osait entrer dans le repère de sa maîtresse. Elle resta sur le pas de la porte pour lui parler :

– Mademoiselle Haruno, votre père est arrivé. Il désire vous parler dans le petit salon.

Sakura Haruno soupira de contentement. Enfin, elle allait savoir. Ce n’était pas trop tôt ! D’un geste machinal, elle referma le clapet de son ordinateur portable, sans prendre soin de l’éteindre.

– Mademoiselle, vous devriez peut-être éteindre votre ordinateur, suggéra la femme de chambre d’une petite voix. Vous pourriez ainsi économiser l’électricité…

Mais elle n’osa pas achever sa phrase car sa maîtresse venait de lui jeter un regard assassin. Aussitôt, la femme de chambre baissa les yeux, bredouillant des excuses incompréhensibles.

– Je ne vous ai pas demandé votre avis, Anko, répliqua Mademoiselle Haruno d’une voix cassante. Allez plutôt me commander un nouvel Ipod sur le net avec mon nom gravé au dos.

– Mais… Mademoiselle, vous en avez déjà eu un à votre dernier anniversaire, protesta Anko, il y a de cela tout juste cinq mois...

– Je n’ai pas à me justifier devant vous ! Mon Ipod s’est cassé hier parce que j’ai laissé Pakun jouer avec ! Maintenant, faites ce que je vous dis !

– Oui, Mademoiselle.

Affolée, Anko s’éloigna en baissant les yeux. Sa maîtresse était bien plus jeune qu’elle mais elle ne manquait pas d’arrogance. Sakura émit un geste d’agacement avant de se rendre dans le petit salon. Lorsqu’elle entra, elle adressa un « Bonjour, Père » à l’homme qui se tenait assis dans l’un des fauteuils de velours, un cigare à la main. Dans l’autre, il tenait une liasse de papiers qui semblaient réellement l’intéresser.

– Bonjour, ma chérie, répondit-il. Bon, j’ai réussi à m’arranger. Tu feras tes années de lycée dans un établissement public.

Sakura esquissa un sourire satisfait. Elle avait passé toutes ses années de collèges dans un établissement privé où se rendaient la plupart des enfants du quartier riche de Konoha. Etant fille de sénateur, Sakura Haruno n’avait eu aucun mal à y entrer mais, pour le lycée, elle avait besoin de changement. Dès le début des vacances, elle avait demandé à son père de l’inscrire dans une école publique. A présent, c’était chose faite.

– Où est-ce que je vais aller, Père ? demanda-t-elle.

– Dans un établissement de Konoha. Le lycée Sarutobi, cela te dit-il quelque chose ?

– Vaguement, répondit Sakura en jubilant intérieurement. Merci, Père. Puis-je retourner dans ma chambre ?

– Je t’en prie, ma chérie.

Sakura salua son père et quitta aussitôt la pièce. Elle ouvrit la porte de sa chambre mais s’arrêta net. Anko était assise à son bureau, devant son ordinateur.

– Qu’est-ce que vous faîtes là ? s’énerva Sakura. Anko, je ne vous ai pas permis de toucher à mon ordi !

– Excusez-moi, Mademoiselle, bredouilla Anko, devenue blême comme un linge. Je… je faisais les recherches pour votre Ipod !

– Et pourquoi n’êtes-vous pas allée sur l’ordinateur du bureau ? Il n’y a que celui-là que vous êtes autorisée à toucher !

– Je… je suis vraiment désolée… Mais la connexion ne fonctionnait pas et…

Sakura soupira. Anko se perdait une fois de plus dans des excuses incompréhensibles. Voulant mettre fin à ce babillage inutile, elle agita la main en signe d’agacement. Anko s’arrêta aussitôt.

– Sortez d’ici et demandez à Mitsumo de vérifier la connexion. Et tant que vous y êtes, dites-lui également qu’il m’accompagnera au lycée Sarutobi mardi prochain à neuf heures précises.

– Bien, Mademoiselle.

Anko ne se le fit pas dire deux fois et sortit de la chambre. Sakura s’installa devant son ordinateur et visionna quelques images de son futur lycée. Elle croisa les bras derrière la tête, satisfaite. Enfin, sa vie connaissait le changement.

 

Ce qui devait arriver, arriva. Le 2 septembre, jour de la rentrée scolaire, une voiture blanche étincelante déposa Sakura aux portes du lycée Sarutobi. Une jambe après l’autre, elle sortit du véhicule. On aurait dit une star de cinéma débarquant au festival de Cannes. Son jean, d’un bleu foncé, lui faisait des jambes longues et minces. Ses cheveux roses, coupés aux épaules, tombaient de façon à adoucir les traits de son visage. Un long débardeur rouge, une paire de ballerines noires et des lunettes de soleil complétaient la panoplie de la célébrité incognito.

Sur le parvis, un garçon regardait la scène d’un air désabusé. En réalité, tout chez lui reflétait l’ennui, de ses yeux marron cernés de fatigue à ses cheveux bruns rassemblés n’importe comment au sommet de son crâne.

– Oh, galère, soupira-t-il. J’savais pas qu’on accueillait les bourges ici. Sinon j’serais pas venu !

– Shikamaru, cesse donc de te plaindre, répondit la fille à ses côtés. Tu devrais être content, non ? Le lycée, c’est des nouveaux amis, des nouveaux profs, une nouvelle vie en perspective !

– Et un tas d’emmerdements pour compléter le tout ! Non, je sens que ces trois années vont être galères !

– Dommage, parce qu’il parait que les années de lycée sont les plus belles années de notre vie.

Shikamaru soupira à nouveau et dévisagea son amie, comme s’il ne pouvait la comprendre. Il avait beau connaître Ino Yamanaka depuis l’école primaire, il ne pouvait toujours pas déterminer d’où lui venait cette énergie presque envahissante. En tout cas, elle semblait ravie. Son visage, dégagé de toute mèche blonde grâce à une queue de cheval soigneusement élaborée, affichait un sourire rayonnant, malgré les soupirs de Shikamaru.

– Salut vous deux ! les salua une voix familière.

– Kiba, heureuse de te revoir ! répondit Ino, pleine d’enthousiasme.

– Salut, vieux, ajouta Shikamaru d’un ton morne. T’as pas changé d’un pouce.

En effet, Kiba était resté le même. Ses tatouages rouges sur les joues, ses yeux bruns pétillants de malice, son manteau à capuche couronné d’une fourrure noire, rien de tout cela n’avait changé.

– Toi non plus, répliqua-t-il. Toujours aussi fatigué à ce que je vois !

Pour toute réponse, Shikamaru se contenta de bâiller. Ino ne put s’empêcher de rire intérieurement. Malgré son côté rébarbatif, Shikamaru l’amusait beaucoup.

– Ah, voilà Sasuke et Naruto ! s’écria-t-elle au bout d’un moment.

Heureuse de retrouver ses amis, elle leur fit signe de la main. Le premier, blond, les yeux azurs, le visage aussi rayonnant qu’elle, accourut aussitôt.

– Ino, Shika, Kiba ! s’écria-t-il en se jetant littéralement sur eux. Ah, ce que vous m’avez manqué ! Les vacances ont été un peu longues, vous ne trouvez pas ?

– Fais attention, Naruto ! grommela Shikamaru. J’ai pas envie que tu me casses un bras dès le premier jour !

– Ouais, il ne manquerait plus que tu nous attires des ennuis comme l’année dernière ! ajouta Kiba.

– Mais, c’était drôle le coup de l’araignée dans le sac de la principale ! Non ?

Ino ne put s’empêcher de rire devant la scène. Il était bon de retrouver Naruto et sa joie de vivre. Le second garçon arriva peu après en traînant des pieds, les mains dans les poches. Ses cheveux noirs comme l’ébène contrastaient fortement avec son teint pâle.

– Bonjour, Sasuke ! le salua Ino. Alors, tu as passé de bonnes vacances ?

Hn, tu parles, Itachi a continué ses conneries.

Ino perdit son sourire un bref instant. Quelle idiote elle faisait ! Bien sûr que les vacances de Sasuke ne s’étaient pas bien passées ! Il avait probablement passé les deux mois d’été à Konoha à faire des petits boulots pas toujours très nets. Quant à son frère, Itachi, il valait mieux ne pas en parler.

– Excuse-moi, bredouilla Ino. J’aurais pas dû te demander ça.

– Pas grave, répondit Sasuke. Je t’en veux pas pour ça, t’inquiète.

Ino retrouva son sourire mais le cœur n’y était plus. Elle était réellement triste pour Sasuke. Sa condition misérable ne lui avait pas rendu la vie facile et elle le savait parfaitement. Elle l’avait connu des années auparavant sur les bancs de la maternelle. Sasuke était assis seul au fond de la cour et Naruto et elle avaient décidé d’aller le rejoindre pour essayer de l’aider à s’intégrer. Depuis, elle avait appris à le connaître, même s’il n’avait rien perdu de ses airs froids et distants.

– Bon, on va peut-être voir nos classes ? suggéra Shikamaru, lassé d’attendre. Naruto, cesse de sourire bêtement, c’est fatigant !

 

Un peu plus loin, sur le bord du trottoir, un jeune homme solitaire semblait attendre quelque chose. Son air complètement impassible ne laissait rien deviner de ses sentiments. De tout son être, ses yeux étaient les plus étranges. Presque transparents, comme si leur pupille n’existait pas et que leur iris se confondait avec le blanc. Néanmoins, cela ne l’empêchait pas d’être attirant. Il avait un corps fort et musclé et cela se voyait sous sa veste beige.

De l’autre côté de la route, un garçon tirait une fille par la main, l’air enjoué. Il avait la coupe au bol et d’énormes sourcils qui en auraient repoussé plus d’une, mais la fille qui le suivait semblait bien plus embarrassée par son attitude débordante d’énergie que par son aspect physique. Les cheveux coiffés de macarons, vêtue d’un baggy et d’un débardeur noir, elle ressemblait vaguement à un garçon manqué.

– Lee, cesse donc de me tirer comme ça ! protesta-t-elle. Je sais marcher toute seule !

Aussitôt, Lee la lâcha et se retourna vers elle, presque gêné.

– Excuse-moi Tenten, répondit-il. Mais, tu comprends, le lycée c’est nouveau et puis c’est tellement… excitant !

Tenten soupira avec amusement. C’était bien pour son enthousiasme qu’elle aimait Lee. Il lui redonnait le sourire en toute circonstance. Réchauffée par cette pensée, elle lui prit la main et traversa la route avec lui. Soudain, elle sentit une main lui chatouiller les côtes.

– Lee… Mais qu’est-ce que tu fais ? s’étonna-t-elle.

Comprenant qu’une fois de plus il s’amusait à la taquiner, elle commença à se débattre. Leur jeu s’arrêta lorsqu’un bruit sec attira leur attention. Tenten se retourna et vit que, dans sa fausse lutte, son téléphone portable avait glissé de sa poche. Il avait atterri au pied d’un jeune homme qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Elle leva les yeux à lui et découvrit avec surprise son regard de nacre. Cependant, au-delà de son étonnement, elle se sentit aussitôt attirée par ces yeux. Ils étaient si étranges, si beaux et si fascinants qu’elle ne pouvait s’empêcher de s’y perdre. Se rendant compte de sa pensée, elle rougit et détourna la tête.

– Excuse-moi, ton portable…

Tenten releva les yeux et vit que le jeune homme lui tendait son portable. D’une main presque hésitante, elle le prit et le rangea dans sa poche.

– Merci beaucoup, répondit-elle. Je suis Tenten. Et toi ?

Tenten se frappa intérieurement. Qu’est-ce qui lui avait pris d’engager ainsi la conversation ? Ce jeune homme, un parfait inconnu, n’avait fait que lui rendre son portable. Cependant, à sa grande surprise, il répondit :

– Neji, Neji Hyûga. Tu devrais faire attention, ton portable pourrait être vite volé ici.

– Oui, merci, répondit-elle en se retenant de rougir.

Ce fut ce moment-là que Lee choisit pour intervenir :

– Enchanté Neji ! Moi je suis Lee ! Rock Lee !

Surpris, Neji le dévisagea de la tête au pied. Pour sûr, il n’avait jamais croisé un tel énergumène. Les yeux ronds comme des balles de golf de Lee exprimaient une joie et une sincérité crédules. Ce type semblait être resté en enfance.

– Enchanté, Lee, répondit Neji.

Lee lui adressa alors sa fameuse position du « mec cool » : le poing tendu en avant et le pouce levé vers le haut. Tenten eut envie de disparaître sous terre. Elle aimait énormément Lee, mais détestait lorsqu’il se mettait à faire ça.

– Bon, on y va Tenten ? proposa-t-il, complètement inconscient de la gêne qu’il avait provoquée. Avec un peu de chance, nous serons dans la même classe !

Tenten accepta. Elle ne voulait pas rester plus longtemps en face de Neji, surtout avec la présence de Lee. Cet étranger l’intriguait d’une manière peu naturelle. Neji les regarda s’éloigner. Le garçon était étrange, mais semblait très sympathique. Quant à la fille, elle avait eu l’air timide, sous ses airs de garçon manqué. Neji se surprit alors à l’observer partir mais le bruit d’une voiture le sortit de ses pensées. Enfin, celle qu’il attendait était arrivée.

La portière s’ouvrit et une jeune fille de son âge posa un pied sur le trottoir. Son lien de parenté avec Neji était évident : elle avait les mêmes yeux que lui. Cependant, les siens semblaient plus craintifs et moins déterminés. Ses cheveux d’un bleu presque noir tombaient en deux mèches le long de son front. Elle s’était habillée sobrement, de sorte qu’elle pouvait aisément passer à travers la foule sans se faire remarquer. Neji lui adressa un sourire pour tenter de la réconforter. Il sentait bien qu’elle était inquiète.

– Salut Hinata, la salua-t-il. Prête pour ta nouvelle école ?

Hinata acquiesça, comme pour se rassurer. Neji soupira intérieurement mais n’en montra rien. Pourquoi sa cousine était donc aussi craintive ? Tout ce qui était nouveau lui faisait peur. Cependant, ce changement d’établissement ne pouvait que lui faire du bien. Dans son ancienne ville, elle avait eu beaucoup trop de mal à s’intégrer. Elle rasait les murs, n’osant pas aborder les gens de peur d’être rejetée. Neji espérait vraiment que Konoha et la vie au lycée lui donneraient la confiance dont elle avait besoin pour avancer.

– Allez, viens, on va aller voir les classes, décida-t-il en se tournant vers le lycée.

– Et… et si nous ne sommes pas dans la même ? suggéra Hinata en le rattrapant.

– Alors je compte sur toi pour te faire de nouvelles amies !

Hinata baissa la tête. Elle savait très bien que son cousin faisait tout cela pour l’aider et avait peur de le décevoir. Mais pourrait-elle vaincre sa timidité ? Elle n’en était pas sûre.

 

Sur le même trottoir, un peu plus loin, une autre voiture venait de s’arrêter. Une jeune fille blonde en descendit. Elle était grande et son expression toute entière affichait une détermination sans égal, que ce soit par les quatre couettes dressées sur sa tête ou ses yeux verts où régnait une confiance qui aurait pu parfaitement compenser celle d’Hinata.

– Temari, commença une voix venant de la voiture, tâche de ne pas te laisser avoir. Tu ne reviendras à Suna qu’une fois sur deux alors je compte sur toi pour ne pas récolter les problèmes !

– Je n’ai pas besoin de tes conseils, répliqua Temari. S’il y en a un seul qui m’embête, je lui botterai le cul en moins de deux !

– Eh bah ça va être joyeux à Sarutobi… Bon, je te laisse, à ce week-end, Tema !

– Oui, au revoir Kankurô ! Gaara, évite de te bastonner avec tout le monde, d’accord ?

– Mouais, répondit un garçon roux au fond de la voiture.

Temari soupira en songeant que son jeune frère risquait de ne pas retenir longtemps ce précieux conseil. Cependant, elle s’écarta de la voiture et la regarda s’éloigner avant de se retourner vers le lycée. Une nouvelle ville, de nouveaux amis et un nouvel établissement. Pour Temari, qui avait besoin de s’éloigner un peu de ses parents, c’était l’endroit idéal où elle pourrait essayer de commencer une nouvelle vie.