Début de l'entraînement ! On est au théâtre ou dans ma tête, ici ?

par cornila-san

CHAPITRE 13 : Début de l’entraînement ! On est au théâtre ou dans ma tête, ici ?

Karin papillonna des yeux pendant quelques secondes, persuadée d’avoir mal entendu. C’était la seule explication possible, n’est-ce pas ?

-Tu peux répéter ? demanda-t-elle, incertaine.

Toshiro soupira et déclara :

-Ichimaru Gin. Ce sera lui qui s’occupera de ton entraînement.

La footballeuse écarquilla les yeux. Un ancien traître…

En fait, elle savait peu de choses sur lui. Tout ce qu’elle avait compris, c’est qu’il avait rejoint Aizen, puis s’était retourné contre lui. Certains disaient qu’il était depuis le début prêt à le tuer alors que d’autres affirmaient qu’il avait changé de camp en voyant que le tyran était sur le point de perdre.

Toshiro n’avait pas voulu lui donner son opinion, mais avait avoué ne pas l’apprécier.

En tout cas, le fait que Gin ait voulu tuer Aizen lui avait valu de retrouver sa place de capitaine, bien que beaucoup de shinigamis soient contre.

Karin ne savait pas vraiment quoi penser. Mais une chose était sûre. Il était fort et sans pitié. Donc…

-GENIAL ! hurla-t-elle, faisant sursauter son ami qui ne s’y attendait visiblement pas.

-Quoi ?

-C’est super ! Avec lui, je suis certaine de progresser ! C’est trop bien !

Son visage était éclairé par la joie et ses poings serrés sous l’excitation. Toshiro cligna des yeux, ébahi, avant de soupirer. Comment cette fille faisait-elle pour toujours voir le bon côté des choses et pour le surprendre ? Elle était vraiment incroyable.

-T’es infernale, tu le sais, ça ?

Il n’obtint qu’un sourire en guise de réponse.

-Et bien… Il s’en passe des choses, ici.

Les deux amis tournèrent simultanément leurs regards vers la porte, où Shinji les observait narquoisement. En effet, suite à une discussion avec Shunsui, où ce dernier avait avoué ce qu’il avait trouvé en cherchant Toshiro, le blond avait voulu voir d’un peu plus près la relation qui unissait Hitsugaya et sa nouvelle protégée.

Au premier coup d’œil, on les prenait pour des jeunes aimant se taquiner, mais Shinji avait l’impression qu’il y avait plus. Et il n’était pas le seul. Kyoraku, Ukitake, Unohana…Même Soi Fon avait déclaré qu’ils semblaient bien proches pour de simples connaissances.

Donc, il y avait quelque chose. Et en bonne commère qu’il était, le capitaine de la cinquième division voulait savoir quoi. De plus, il était certain que plusieurs des inventions géniales de Kisuke s’échangeraient contre un seul potin sur la sœur d’Ichigo. D’ailleurs, Mashiro et Lisa aussi seraient prêtes à payer pour quelques informations. Et Shinji n’était pas contre un petit bonus.

Bref, tout cela pour dire qu’il était curieux, et qu’il était prêt à beaucoup de choses pour être mis au courant.

-Alors ? Puis-je savoir ce qui vous met dans un tel état ?

-J’expliquai à Kurosaki que ce serait Ichimaru qui l’entraînerait. répondit Toshiro.

-Je m’appelle Karin !

-Oh… Et qu’en penses-tu ? demanda Shinji sans se soucier de la remarque de la brune qui commençait sérieusement à en avoir marre qu’un oublie son prénom.

-Ben… C’est plutôt chouette, non ? Je vais devenir plus forte si c’est quelqu’un comme lui qui s’occupe de mon entraînement.

-Oui, c’est sûr… commenta le blond, l’air pensif.

En réalité, peu de capitaines avaient approuvé cette décision, beaucoup ne voyant en Gin que le traître qu’il avait été. Alors, le mettre à proximité de celle que Kahei recherchait… Personne ne comprenait pourquoi Yamamoto en avait décidé ainsi. Tout le monde l’avait dit, même si Kenpachi regrettait surtout que ça ne soit pas lui qui puisse lui taper dessus.

Le Soutaicho avait déclaré que ça serait comme ça, un point c’est tout. Mais il n’en voudrait pas à Shinji de la mettre en garde.

-Ecoute… commença-t-il. Il est vrai que tu vas pouvoir progresser avec lui, mais fais attention.

Karin releva la tête, intriguée.

-Personne ne sait ce qu’il pense, et quels sont ses objectifs, mais dans le passé, il n’a pas hésité à trahir le Gotei. Donc…

-Je sais tout ça.

Le capitaine de la cinquième division écarquilla les yeux. Il venait bien de se faire couper en plein milieu de sa phrase, là ?

Mais avant qu’il ne puisse s’offusquer, la jeune fille continua :

-Je sais très bien que je dois faire attention, que je dois être vigilante, que je dois guetter les ennemis… Ces trucs-là, on me les répète depuis que je suis gamine !

Elle marqua une pause et fixa son interlocuteur droit dans les yeux. Toshiro ne disait mot, se contentant de l’observer.

-Mais même si ça vous énerve, continua-t-elle. Je vous rappelle que je suis censée vaincre Kahei. Et il est loin d’être faible. Alors, comment voulez-vous que je devienne forte si je passe ma vie à faire attention à tout ce qui m’entoure ?! Un moment arrive où il faut bien prendre des risques !

Son regard était assuré, fier. Shinji la scruta quelques secondes, comme s’il cherchait une trace, aussi infime soit-elle, de peur ou de doute. Mais il ne voyait rien de tout ça dans les yeux de Karin.

-Bon. Je suppose que je n’ai pas à m’en faire, dans ce cas.

Après un dernier sourire, il sortit.

« Finalement, ça va être plus intéressant que je le croyais. En tout cas, une chose est sûre. C’est la sœur d’Ichigo, y’a pas photo. »

Dans l’infirmerie, Toshiro soupira.

-T’en rates jamais une.

-Ben quoi ? Il faut bien mettre les choses au clair de temps en temps, non ?

-Peut-être, mais je te rappelle que tu as affaire à des capitaines, donc modère un peu tes propos. déclara-t-il, les bras croisés.

-Qu’est-ce que ça peut faire ? Tu es un capitaine, et ça ne t’empêche pas d’être un gamin.

Une veine apparut sur le front du concerné, qui rugit aussitôt :

-QU’EST-CE QUE T’AS DIT ?!

-Gamin, gamin, gamin, gamin, gamin ! répéta Karin, d’humeur taquine.

D’accord, son comportement n’était pas très mature, mais elle avait trop envie de s’amuser.

-Je vais te…

-KARIN-CHAN !

Avant qu’elle n’ait pu réagir, l’interpellée se retrouva à moitié étouffée par quelqu’un qui avait décidé de la serrer dans ses bras jusqu’à lui rompre les os.

-De… l’air… parvint-elle à articuler.

-Hein ? Karin-chan ? Oh, désolée, je t’ai fait mal ?

-Qu… commença la brune, avant de s’exclamer : RANGIKU-SAN ?!

-Salut !

La vice-capitaine de la dixième division, souriante, lui fit un signe de la main.

-Matsumoto, qu’est-ce que tu fais là ? demanda Toshiro qui ne comprenait pas vraiment.

-Et bien, en fait… Notre mission de base était de découvrir d’où venaient tous ces hollows et de défendre Karakura contre eux. Maintenant, nous savons que c’était Kahei qui les envoyait, et ils ne sont plus aussi nombreux, ce qui fait qu’Ichigo peut s’en charger seul. Donc, nous sommes de retour ! expliqua la rousse.

-On aurait quand même pu me prévenir. maugréa Toshiro.

-Les autres sont là aussi ? s’informa Karin.

-Oui. Ikkaku et Yumichika sont allés à leur division et Renji est avec Rukia.

-Rukia ? Elle aussi est de retour ? s’étonna la brune.

-Oui, elle a dit que retourner à la Soul Society ne lui ferait pas de mal.

-Ah bon…

Un léger silence prit place, jusqu’à ce que Rangiku ne le brise en déclarant :

-N’empêche, quand je suis rentrée et que j’ai appris que tu t’étais battu contre Zaraki-taicho… Tu es vraiment pas croyable, toi !

-Oh, ça va…

Matsumoto rit un peu, puis demanda :

-Alors, vous faisiez quoi ?

-On discutait de mon entraînement.

Il valait mieux passer sous silence la dispute enfantine qu’ils avaient eu.

-Ah ? Et comment ça va se passer ?

-Ben, je sais juste que c’est Ichimaru Gin qui va s’en occuper.

Rangiku se tétanisa, les yeux vides. Toshiro fronça les sourcils. Même après tout ce temps, sa vice-capitaine ne parvenait pas à tourner la page.

-Quelque chose ne va pas ? s’inquiéta Karin.

-Non… Ce n’est rien…

La rousse tourna la tête sur le côté et se mordit doucement la lèvre inférieure. Elle était incapable de regarder la footballeuse en face.

-Bon, je vais y aller ! déclara-t-elle. J’ai des choses à faire !

-Euh… D’accord…

La vice-capitaine partit. Karin cligna des yeux, puis se tourna vers son ami :

-Dis donc, Toshiro… J’ai dis une bêtise ?

-Ce n’est rien.

-Ah bon…

Karin fronça les sourcils. Visiblement, elle ne savait pas tout. Mais si Rangiku ne voulait pas en parler, alors elle n’allait pas la forcer. Elle avait quand même quelques réserves.

-Bon… Il commence quand, mon entraînement ? s’informa-t-elle, impatiente.

-Certainement pas maintenant. Pour le moment, tu te reposes !

-Mais… gémit la brune.

-Tu n’as pas le choix !

-T’es chiant, Toshiro.

Celui-ci eut un petit sourire avant de déclarer :

-Je sais.

*******************

Kisuke fronça les sourcils.

-Mon chaton, viens voir ça ! s’exclama-t-il.

-Arrête de m’appeler comme ça ! s’énerva Yoruichi en s’approchant malgré tout, Qu’est-ce qui se passe ?

-Tu vois, je suis en train d’analyser les particules d’énergie spirituelle du Hueco Mundo, et j’ai découvert une chose intéressante…

L’ancien capitaine de la seconde division se pencha sur l’ordinateur, la mine sérieuse.

-C’est sur Kahei ?

-Oui… Et justement non. répondit Urahara, énigmatique.

-Comment ça ?

-Tu vois, je me doute qu’à un moment ou à un autre, il va bien falloir que Kurosaki-san et les autres s’y rendent, pour l’affronter, lui et les autres Fuerzas, alors je voulais les localiser le plus précisément possible, pour que je les envoie juste à côté, et pour éviter de perdre du temps comme avec Aizen…

-Jusque là, je te suis. Et alors ?

-Et alors il n’y a rien.

-Quoi ?

-Je n’ai trouvé aucune trace de leur reiatsu, de quelque chose s’en approchant ou quoi que ce soit d’autre. affirma le marchand, l’air sombre.

-Et ça veut dire quoi ?

-Soit ils ont trouvé une technique pour se dissimuler à la perfection, même si ça me semble étrange vu la puissance rassemblée là-bas, soit…

-Oui ? pressa Yoruichi, qui avait peur de comprendre.

-Soit ils ne sont tout simplement pas dans le Hueco Mundo.

-Qu… Mais dans ce cas, où seraient-ils ?

-C’est justement ça, le problème. Je ne vois aucun autre lieu où ils auraient pu se cacher suffisamment efficacement, mis à part un.

-A savoir ?

-L’Enfer…

**********************

Karin fronça les sourcils.

« Il a atteint le bankai en trois jours ? Fortiche le frangin ! »

La brune était actuellement en train de lire le livre qu’elle avait trouvé sur Ichigo à la bibliothèque. Elle n’avait aucune envie de rester à la quatrième division, mais les quatre fois où elle avait tenté de s’en aller, elle avait été rattrapée. La première fois par Rukia, qui l’avait tranquillement reconduite à sa chambre. Le seconde par Toshiro, qui avait semblé être à deux doigts d’exploser, ce qui avait, au passage, beaucoup amusé la footballeuse. La troisième, elle y était retourné toute seule après avoir croisé Kenpachi qui l’attendait. La quatrième, celle qui l’avait convaincu de rester, c’était quand elle est était tombée sur Retsu. En voyant le sourire de démon du meilleur médecin du Seireitei, Karin avait jugé plus prudent de ne pas la contrarier.

Mais elle n’avait pas pour autant prévu de s’ennuyer comme un rat mort pendant des heures, et avait donc demandé à ce qu’on lui amène les livres qu’elle avait emprunté. Rangiku avait d’ailleurs eut un grand sourire en voyant celui sur Toshiro. Mais Karin avait préféré commencer par celui de son frère.

« Donc, j’en étais où… Ah, voilà ! Alors que le Sôkyoku s’apprêtait à consumer le corps et l’âme de la condamnée, Kurosaki Ichigo parvint à le repousser en surgissant brutalement. Cet exploit est aujourd’hui reconnu comme étant l’une des plus grandes démonstrations de force de l’histoire de la Soul Society…  Ah ouais, quand même. »

La brune continua de lire quelques minutes, jusqu’à la victoire contre Byakuya.

A vrai dire, bien qu’elle en sache tout de même pas mal, Ichigo n’avait jamais raconté en détails le sauvetage de Rukia, cette dernière non plus. C’est pourquoi Karin ignorait qu’il avait accompli autant de choses.

« Sérieux, comment il a fait pour battre cette brute de Kenpachi ? Et Renji ? Et tous les autres… Tu m’étonnes qu’on me connaisse ici. »

Bien sûr, Karin se sentait fière de tout ce que son frère avait fait et réussi. Mais malgré cela, elle avait une sensation un peu amère. A la fois parce qu’il avait affronté des choses dangereuses sans jamais en parler, mais aussi parce qu’elle passait après tout ça. Avant, son frère avait été le héros, celui sur lequel tout le monde avait pu compter. Et aujourd’hui, elle, sa petite sœur, devait affronter une nouvelle menace, aussi grande, voir plus, que celle d’Aizen. Et elle ne pouvait s’empêcher de se demander si tous ces gens n’espéraient pas autant d’elle que d’Ichigo. Certes, elle était loin d’être faible, mais il y avait quand même de sacrées différences.

Pour commencer, quand la menace d’Aizen avait été dévoilée au grand jour, le rouquin était déjà shinigami remplaçant depuis quelques mois et possédait une plus grande expérience qu’elle. Il maîtrisait le bankai, avait appris énormément en se battant, tandis qu’elle… Elle ne possédait même pas de zanpakuto ! Ses seuls combats se résumaient au hollows qu’elle abattait avec des ballons de football et aux bagarres qu’elle provoquaient dans son établissement.

Pourrait-elle vraiment réussir et ne pas décevoir tous ces shinigamis qui voyaient en elle une personne bien plus puissante qu’elle ne l’était réellement ?

Ca, je me le demande.

Ah non ! Ca n’allait pas recommencer !

Et si. Bon, j’ai une question.

Karin ferma les yeux tout en inspirant. Elle ne devait pas laisser cette maudite voix sortie d’on-ne-sait-où influencer sur ses pensées. Les fois où c’était arrivé, ça s’était terminé en mauvais moments qu’elle espérait rayer de sa mémoire.

Qu’est-ce que tu fais encore là alors que tu es faible ? Hein ? Franchement, tu n’as pas l’impression de te rendre encore plus inutile que tu ne l’es déjà ?!

« On se calme, on se calme, on déstresse, zen… Il n’y a pas de voix, aucune, nulle part, d’ailleurs, je n’entends rien ! Absolument rien ! »

C’est pathétique.

Les mains de la jeune fille tremblèrent tandis qu’elle suppliait mentalement pour que cette voix s’en aille.

Tu sais quoi, la seule chose que tu mérites, c’est mou…

Ca suffit !

-Hein ?

Elle n’avait pas rêvé, une seconde voix, féminine, venait bien d’intervenir ?

« Me dites pas que je deviens schizo ? » se demanda la brune.

Va t-en ! Karin n’est pas faible ! Elle saura se battre !

Alors pourquoi est-elle incapable de me répondre ou de me contredire ?

Le doute est présent, mais elle saura affronter les obstacles présents sur son chemin ! Elle a toute ma confiance !

Ca y est, sa tête se transformait en théâtre. Et bien, elle n’était pas sortie de l’auberge !

« Je vous en supplie, dites-moi que c’est une blague ! »

Non, ça n’en est pas une ! Tu es parfaitement capable de vaincre tes ennemis. Il faut juste que tu apprennes à te faire confiance. Une fois que ce sera le cas, ton pouvoir deviendra immense.

Ca, c’est-ce que tu dis, mais la vérité sera bien différente. Nous ne sommes pas dans un conte de fées !

« Non, là, on est dans ma tête. » confirma Karin en soufflant.

Bon, deux voix avaient trouvé amusant de s’incruster dans son esprit et d’organiser un débat sur sa puissance. Jusque là, tout était normal. Ou pas.

« NON MAIS C’EST QUOI CE DELIRE ?! » hurla-t-elle mentalement.

Ne t’inquiète pas, elle est partie.

Tiens ? Ca, c’était la seconde voix, la féminine qui avait pris sa défense. Même si elle aurait aimer qu’il n’y ait personne, quitte à avoir un squatteur dans sa tête, elle préférait autant que ce soit celle-là.

« T’es qui, exactement ? » demanda-t-elle avec espoir.

Après tout, peut-être que pour une fois, elle aurait réponse à au moins une de ses questions ? Ben voyons !

Tu ne devines pas ?

« … Ma voix intérieure ? »

Raté. Ca aurait pu, mais c’est pas ça.

« Mon instinct ? »

C’est un peu la même chose, donc non.

« Ah, alors… Euh… L’âme d’un mort qui n’a pas trouvé le repos ? »

J’ai toujours admiré ton imagination. Mais mauvaise pioche.

« Je vois pas… Ah ! Frankenstein ? »

Là, tu te moques de moi.

« Oui. Sérieux, t’es qui ? Et pourquoi tu squattes dans ma tête ? »

Si tu incapable de le trouver pour le moment, c’est que tu n’es pas encore prête. Donc, je ne te révèlerai rien, pour l’instant.

« … Maître Yoda ? »

Cette fois-ci, il n’y eut pas de réponse. Karin attendit quelques secondes, pour s’assurer qu’elle était bien partie, puis se laissa tomber sur l’oreiller.

Là, elle était complètement perdue. Franchement, comment deux voix pouvaient arriver comme ça ? C’était… incroyable.

-Kurosaki ?

Elle se releva soudain, et en apercevant Toshiro, s’exclama :

-Mon nom, c’est Karin !

-Oui, oui…

Il arriva et s’installa sur le lit, puis jeta un coup d’œil au livre toujours ouvert sur les genoux de la brune.

-C’est quoi ?

-Un bouquin.

-J’avais remarqué, merci ! cria-t-il, Ce que je demande, c’est de quoi il parle !

-Faut préciser, aussi… C’est sur Ichi-nii.

-Ah ?

En fait, il ne s’y intéressait pas vraiment, mais il fallait bien meubler la conversation et la faire penser à autre chose qu’à s’échapper de la quatrième division.

-Je savais pas qu’il avait fait autant de choses pendant le sauvetage de Rukia… déclara-t-elle d’un coup.

Maintenant que son ami était de retour, elle avait envie de parler, et d’oublier la conversation qui s’était déroulée dans sa tête quelques minutes auparavant.

-Il a fait parler de lui, c’est sûr. confirma Toshiro. Au début, la plupart des shinigamis pensaient que ce serait juste un gêneur qu’on éliminerait facilement, mais au bout du compte, il a sauvé le monde.

-Ah… C’est… incroyable…

Le capitaine fronça les sourcils en voyant l’air perdu de Karin.

-Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il, soucieux.

En entendant la question, la brune redressa la tête d’un coup avant de la secouer doucement.

-Rien, j’étais juste dans mes pensées.

Il était hors de question qu’elle lui avoue sa peur. Elle était anxieuse à l’idée de passer derrière Ichigo et ses exploits, mais elle avait bien trop de fierté pour le dire. Bien qu’en y pensant, il y avait beaucoup de choses qu’elle ne disait pas par fierté.

-Dis, Toshiro… Tu en pensais quoi, toi, d’Ichi-nii ?

Il releva la tête, comme s’il réfléchissait, avant de répondre :

-Comme les autres, je pensais que c’était juste un fanfaron. La rumeur avait courut qu’il était là pour sauver Kuchiki, et je croyais vraiment qu’il rêvait. Mais à cette période, j’avais d’autres choses à régler.

-Lesquelles ? demanda Karin, curieuse.

-J’avais surpris une conversation entre Aizen et Ichimaru, et je pensais que la troisième division, enfin surtout son capitaine, cachait quelques secrets. Puis, il y a eu la fausse mort d’Aizen, et… Je ne vais pas tout te raconter en détails, mais j’ai compris qu’il fallait empêcher l’exécution de Kuchiki. J’ai donc été à la chambre des quarante-six de Chuô, mais ils étaient déjà morts… Et avant ça, Hinamori avait du mal à croire que son capitaine puisse mourir, et elle a lu une lettre qui faisait de moi le coupable. Elle est intervenue alors que je me battais contre Ichimaru, mais là encore, ce serait long à t’expliquer.

-Ah…

Karin baissa le regard. Tout ça lui semblait tellement étrange. Mais elle comprenait un peu mieux que Toshiro ait du mal à accepter que ce soit Gin qui l’entraîne. Visiblement, ils étaient loin d’être amis, ces deux là.

-Toshiro… Est-ce que… est-ce qu’il est dangereux ?

Elle n’avait pas besoin de préciser de qui elle parlait pour qu’il comprenne. Il ne répondit pas puis, dans un geste qu’il ne contrôla pas réellement, posa sa main sur la tête de son amie qui le fixa, surprise.

-T’inquiète, commença-t-il en détournant le regard, Ichimaru ne te fera pas de mal.

Comme pour la rassurer, il tapota doucement le crâne de Karin, sans pour autant la regarder. Ses yeux la fuyaient, mais ses joues arboraient une très légère couleur rosée. En voyant ça, la brune sourit. Il rajouta quand même :

-J’y veillerai personnellement.

En entendant ces mots, Karin sentit une vague de plaisir l’envahir. Oui, elle avait peur de tout ce qui pouvait lui arriver, de Kahei à Kenpachi, en passant par Hayao et Unohana. Oui, elle ne savait pas exactement les combats qu’elle devrait mener, et elle était parfaitement consciente du fait que tout pouvait basculer en un instant, que sa vie était perpétuellement en danger dès l’instant où elle avait mit les pieds dans cette histoire. Des voix inquiétantes organisaient des débats dans son esprit, la Soul Society espérait d’elle plus qu’elle ne se sentait capable de donner et les Fuerzas seraient prêts à la tuer à n’importe quel moment.

Mais elle avait confiance. Parce que, en voyant l’air gêné de Toshiro qui, à sa manière, essayait de la rassurer, elle savait qu’elle ne serait pas seule. Quoi qu’il puisse arriver, il serait à ses côtés pour l’aider à surmonter tout ça.

Ils n’avaient pas besoin de mot, en cet instant, ils savaient parfaitement que c’était une promesse. Certes, ils passaient leur temps à se chamailler, à se corriger ou parfois à se disputer, mais ils étaient ensemble. Et c’était tout ce qui comptait.

Derrière la porte entrouverte, Kyoraku sourit en remettant correctement son chapeau.

*********************

-Tu es prête ?

-Evidemment !

Karin sourit. A côté d’elle, Momo fixait la porte en face.

Une semaine était passée, et l’heure de l’entraînement avait sonné. Hinamori avait accompagné sa nouvelle amie jusqu’au terrain de la troisième division où se déroulerait l’entraînement. Gin n’était pas encore arrivé, et Momo hésitait à laisser Karin seule.

-Tu es sûre ?

-Mais oui, t’inquiète !

Elle était fière, assurée. La vice-capitaine ne pouvait s’empêcher de penser que ça restait dangereux. Quant à Karin, elle n’avait qu’une hâte : commencer !

Elle avait passé une semaine en alternant entre sa chambre, qu’elle partageait avec Rangiku, au grand plaisir de cette dernière qui s’amusait à la taquiner et à lui poser le plus de questions possible sur sa vie privée, et la quatrième division pour quelques examens de routine.

Sinon, elle avait visité le Seireitei de fond en comble avec Rukia ou Renji, et avait passé pas mal de temps avec Momo. Elle voyait plus rarement Toshiro, celui étant prit par ses obligations de capitaine. Mais Rangiku l’encourageait à l’embêter, et Karin devait bien avouer que le voir s’énerver quand il ne pouvait pas se concentrer quand elle le taquinait était plus qu’amusant.

Mais elle s’était rapidement lassée de cette routine, et l’entraînement pouvait enfin avoir lieu. Il ne manquait plus que son entraîneur, justement. Elle ne l’avait pas encore vu, juste croisé dans une rue. Il était passé sans la voir, du moins en faisant semblant de ne pas la voir.

Elle s’était sentie un peu offusquée sur le moment, mais après tout, il faisait ce qu’il voulait.

Elle se passa la main dans le cou, en regardant autour d’elle. Après tout, Gin pouvait très bien lui faire une attaque surprise histoire de la dérouter dès le départ. Elle avait bien compris que c’était son genre. C’est là que la porte de la salle s’ouvrit, laissant entrer le capitaine.

Aussitôt, Momo fronça les sourcils alors que Karin releva la tête, prête. S’il croyait l’impressionner juste parce qu’il arborait un sourire de psychopathe et qu’il était sans doute la seule personne au monde capable de voir les yeux fermés, il se trompait !

« N’empêche que c’est balèze de marcher sans se cogner alors qu’il ferme les yeux… » ne put s’empêcher de pense la jeune femme avant de secouer la tête.

Un jour, elle arriverait à rester concentrée sur une seule chose sans dériver à la première distraction. Enfin, elle espérait.

-Bonjour, miss. la salua-t-il de sa voix comme toujours reptilienne.

« En fait, ce type a été génétiquement modifié à sa naissance avec de l’ADN de serpent. C’est pour ça qu’il est aussi bizarre et qu’il arrive à faire des trucs techniquement impossibles. Comme marcher les yeux fermés sans se prendre tous les panneaux du coin dans la tronche. » philosopha Karin tandis que Momo saluait Gin.

-Tiens donc… Je n’étais pas au courant que je devait aussi entraîner la vice-capitaine de la cinquième division. commenta-t-il avec son habituel sourire perfide.

-Oh, je… Je l’accompagnais juste… Je m’en vais…

Aussitôt dit, aussitôt fait. Hinamori s’en alla en jetant un coup d’œil anxieux à la Kurosaki. Celle-ci semblait à la fois surprise et en colère. Dès que la porte fut refermée, elle s’exclama :

-Ce n’était pas la peine de la mettre à l’aise comme ça ! Elle n’a rien fait de mal, à ce que je sa…

Avant qu’elle ne puisse terminer sa phrase, elle fut plaquée contre le mur le plus proche, une lame froide pressée contre son cou. Gin, la tête penchée sur le côté, la regardait, l’air amusé. Karin en avait le souffle coupé. Elle n’avait rien vu venir ! A quel moment s’était-il déplacé ? A quel moment avait-il dégainé son wakizashi ?

-Je pense… que nous nous sommes mal compris, miss. commença-t-il lentement en articulant de sorte à ce qu’elle comprenne chaque mot. Ici, c’est moi qui décide. Peu importe ce que tu veux ou ce que tu trouves juste. Même si tu es considérée par beaucoup comme une sorte de princesse à protéger, si je juge que tu le mérites, je n’hésiterai pas à te mutiler. Quoi que je dise, quoi que je veuille, tu n’as pas à contester mes ordres. Sinon… Tu sais ce qui t’attend… Miss.

Alors, il se recula et rengaina. Karin les yeux vides, regardait droit devant elle. Ce ne fut qu’au bout de quelques secondes qu’elle releva la tête vers le capitaine qui la fixait, visiblement satisfait.

-Alors… On commence, miss ?

A cet instant précis, Karin comprit. Elle comprit à quel point il serait impitoyable. Elle comprit qu’il faudrait qu’elle donne plus que ce qu’elle possédait. Elle comprit qu’elle souffrirait plus que de raison.

Mais autre chose lui apparut. Même si les gens l’appréciaient, contre Gin, elle serait seule. Elle pourrait retrouver Toshiro et les autres après, mais pendant, malgré leurs promesses, malgré leur soutien… Il faudrait qu’elle se batte, et il n’y aurait personne pour la sauver.

« Mais dans quoi je me suis embarquée, moi… »