Combat endiablé ! Un instinct à toute épreuve ?

par cornila-san

CHAPITRE 12 :

-Comment ça, disparue ?!

-Calmez-vous, Hitsugaya-taicho. Ordonna Kisuke à travers l’écran qui lui permettait de communiquer avec la Soul Society sans se déplacer.

-Mais enfin…

Un regard de Yoruichi, à la droite du marchand, le convainquit d’écouter.

-Bien, commença Urahara, Juste après votre départ, Amu est sortie en prétextant avoir quelque chose à faire. Depuis, plus de nouvelle et plus d’énergie spirituelle.

-Hum…

Yamamoto semblait réfléchir. Il n’avait pas fait arrêté la Fuerza en se disant qu’elle pouvait être utile, et qu’elle ne s’éloignerait pas des cibles de Kahei, étant ainsi sous contrôle. Mais apparemment, il s’était trompé.

-Vous avez une idée de l’endroit où elle se trouve ? Demanda Shinji, songeur.

-Kuchiki-san a fait une hypothèse, comme quoi elle se serait introduite à la Soul Society afin de surveiller Kurosaki-san de plus près. répondit Kisuke.

-Vous y croyez ?

-Et bien… Je pense qu’il y a des chances pour que ce soit le cas, mais à mon avis, la probabilité la plus forte, ce serait qu’elle soit retournée auprès de Kahei.

Un silence accueillit cette déclaration.

-Alors, depuis le début…commença Jushiro.

-Elle n’a jamais été de notre côté. Termina Shunsui.

-Je ne vois pas en quoi c’est surprenant. commenta Soi Fon avant d’expliquer, On savait qu’elle était son bras droit, et aucun de nous n’a cru en sa sincérité. Pourquoi est-ce que ça a l’air de vous étonner ?

-On n’est pas étonné ! Démentit Kensei, C’est juste qu’on pensait qu’elle agirait plus discrètement et qu’elle ne montrerait pas son vrai visage aussi facilement !

-C’est quand même bizarre…murmura Toshiro.

Le visage de la blonde le suppliant de prendre soin de Karin lui revint à l’esprit, et il fronça les sourcils.

« Elle jouait la comédie ? Pourtant… »songea-t-il avant qu’une remarque d’Urahara l’interpelle.

-Je n’en suis pas si sûr.

-Qu’est-ce que vous voulez dire ? Questionna Komamura, qui s’était fait discret jusqu’à présent, tout comme Gin, Retsu et Byakuya.

Kenpachi et Mayuri n’étaient pas présents, le premier certainement perdu dans un recoin du Seireitei, et le second ne voulant pas se déplacer pour une affaire qu’il jugeait inintéressante.

-Et bien…J’ai observé le comportement d’Amu pendant ces dix jours, et j’ai été frappé par…son amitié avec Kurosaki-san. Annonça Kisuke.

-Comment ça ? Interrogea Yamamoto.

-Jamais je n’avais vu Amu se comporter de cette manière avec quelqu’un, elle se montrait surprotectrice avec Kurosaki-san, s’inquiétait tout le temps pour elle…Si vous aviez vu la scène qu’elle a fait avec Madarame-san, vous n’en reviendriez pas !

Toshiro acquiesça.

-Où voulez-vous en venir ?

-Elle respecte Kurosaki-san, et je pense qu’elle s’est vraiment attachée à elle. C’est pour cela que je pense qu’elle est partie. Pour ne pas trop devenir amie avec elle, et pour la protéger en essayant de convaincre Kahei. Même si j’imagine qu’elle doit se sentir écartelée par ses sentiments vis-à-vis de lui…

Toshiro réagit immédiatement :

-Comment ça, « ses sentiments » ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

-Vous n’étiez pas au courant ? S’étonna Retsu, Amu était la fiancée de Kahei.

Hitsugaya se figea quelques secondes avant de murmurer d’une voix mal assurée :

-C’est…une blague ?

-Non. Je pensais que vous le saviez. Déclara Shinji.

Le capitaine de la dixième division ne répondit pas, trop occupé à ressasser ce qu’il venait d’apprendre. Finalement, il s’exclama :

-Et malgré ça, vous l’avez laissée en liberté ?! Elle est la plus susceptible d’être dangereuse !

-Hitsugaya-taicho ! Vous n’avez pas à juger ses décisions ! Le réprimanda Soi Fon.

Il se stoppa, avant de baisser la tête.

-Vous avez raison, excusez-moi.

Yamamoto lui fit un signe de tête.

Toshiro baissa le regard, embarrassé par son attitude, mais surtout par ce qu’il ressentait. S’il s’était énervé, ce n’était pas parce qu’Amu pouvait attaquer le Gotei. Ce n’était pas parce qu’elle les avait trahi. C’était parce qu’elle aurait pu blesser Karin.

Pendant dix jours, il avait pensé qu’il était possible que le blonde apprécie la footballeuse. Sincèrement. Et quelque part, ça lui avait fait un peu plaisir. Il connaissait Karin depuis plusieurs années, et savait qu’on pouvait facilement trouver plus sociable. Alors, même si Amu était une ennemie, il s’était dit que c’était mieux que rien. Et franchement, il préférait la voir avec Amu plutôt qu’avec Rangiku, vu les idées que la dernière aurait pu lui mettre dans la tête.

Mais à présent…Il comprenait deux choses : Karin aurait pu être blessée à n’importe quel moment, et surtout, elle serait triste. Parce qu’elle s’était réellement attachée à Amu, parce qu’elle l’appréciait vraiment. Si elle apprenait que la blonde était parti, elle irait mal, c’était certain.

Il soupira.

« Franchement, cette fille me fera penser n’importe quoi… »

*********************

Karin déglutit très fort en cherchant une échappatoire. Malheureusement, aucune issue ne lui était visible. Seule la mort semblait lui tendre les bras.

Ou plus particulièrement, la mort sous la forme de Zaraki Kenpachi qui la fixait, son zanpakuto sur l’épaule, avec un sourire malsain qui ne plaisait pas du tout à la brune.

« Mais pourquoi moi ?! » hurla-t-elle mentalement.

Tout ça parce qu’elle avait voulu se montrer gentille…Ca lui apprendrait, tiens ! La prochaine fois, elle serait égoïste, méchante et imbuvable ! Au moins, ça l’empêcherait de se retrouver coincée par un malade mental qui avait décidé qu’elle ferait une bonne cible à découper !

Et ce n’était même pas sa faute ! Simplement, elle était allée se promener après avoir fait moult promesses à Nanao. Puis, après une dizaine de minutes de marche durant lesquelles elle avait admiré le Seireitei, elle était passé devant une ruelle d’où elle avait entendu un : « P’tain…Me suis encore paumé…Fait chier… ».

Curieuse, et pas du tout méfiante, elle s’était approché, prête à aider l’inconnu qu’elle distinguait mal à cause de la pénombre. Elle avait proposé ses services, et l’homme s’était retourné. Au moment où elle avait aperçu son visage, Karin avait su que ça se finirait mal. Et elle ne s’était pas trompé.

En effet, le capitaine, constatant l’absence de Toshiro, avait décidé qu’engager un combat serait une bonne idée.

Et voilà comment on obtenait une situation d’urgence.

-Bon…commença Kenpachi en levant son sabre.

La footballeuse déglutit une nouvelle fois en tentant de se remémorer les dix jours d’entraînement qu’elle venait de vivre. Mais pour une raison qui lui échappait et qu’elle maudit, ses souvenirs à ce sujet s’étaient volatilisés aussi simplement que l’on écraserait un insecte. Bien que dans certains cas, les insectes étaient très rapides et pas très faciles à écraser. Karin avait toujours eu du mal avec les mille-pattes, surtout. Ils ne payaient pas de mine, mais c’étaient des bestioles très vives.

« Mais c’est pas le moment de penser à ça ! » songea-t-elle en ramenant ses pensées sur Zaraki.

Celui termina sa phrase :

-On y va ?

Il abattit son sabre.

Une traînée de sang jaillit.

**************************

Rukia jura en donnant un coup dans le mur face à elle, ce qui eut pour résultat de provoquer un léger saignement.

« Et zut ! J’ai sûrement quelques phalanges cassées. »

Ca ne fit que l’énerver davantage.

Après sa dispute avec Ichigo, elle était sortie, craignant de laisser sa colère exploser devant Yuzu et Isshin, revenus de leur visite au cimetière.

Si sur le moment elle s’était sentie triste, à présent, elle était enragée. Après tout ce qu’elle avait fait pour lui, cet abruti de rouquin ne la traitait que de cette manière ? Elle n’avait fait que s’inquiéter, et il lui répliquait qu’elle était horrible avec lui ! Bon, ce n’était mot pour mot ce qu’il avait dit, mais l’intention était bien là.

Elle s’adossa au rempart de briques et se laissa glisser par terre, presque entièrement vidée d’énergie.

Maintenant qu’elle était seule, il lui était plus facile de se calmer. Mais elle ne digérait pas pour autant. La voix d’Ichigo lui revenait en tête, plus cruelle que jamais.

Et depuis quand t’es gentille ?!

Rukia soupira. Elle n’avait pas l’impression d’être aussi méchante, pourtant. D’accord, elle le taquinait souvent, mais c’était un jeu auquel il participait et qu’il provoquait même, parfois.

Quand ils étaient tous les deux, pendant quelques minutes, ils laissaient tomber le visage sérieux qu’ils montraient aux autres, et s’amusaient comme de simples enfants.

Une scène en particulier lui revint en mémoire.

Elle habitait avec eux depuis un peu plus d’un an et s’était tellement bien intégrée qu’il arrivait à Yuzu de l’appeler « Grande sœur ».

Dans la chambre de son shinigami remplaçant préféré, elle lisait un roman, tranquillement installée sur le lit.

Ichigo était assis au bureau en train de potasser, ses sourcils se fronçant plus qu’à l’accoutumée de temps à autres.

Rukia délaissant son ouvrage, l’observait, un petit sourire sur les lèvres. Cela faisait presque deux heures qu’il travaillait sans relâche, et elle jugea qu’il était temps pour lui de se détendre un peu.

A pas de loups, elle se glissa derrière lui en essayant de ne pas se faire remarquer, bien qu’Ichigo était tellement concentré qu’il ne lui prêtait pas attention.

Elle retint son souffle, saisit son arme…et l’abattit sur la tête du rouquin. Celui-ci sursauta et se retourna pour découvrir une Rukia hilare tenant un oreiller à la main.

-Non mais t’es pas bien ?! S’exclama-t-il, un peu hébété.

-Ben quoi ? C’était trop tentant, comment tu voulais que je résiste ? Se justifia-t-elle en s’empêchant d’éclater de rire.

Le Kurosaki la fixa quelques secondes avant de laisser un sourire espiègle apparaître sur son visage.

La brune ne comprit pas tout de suite, mais quand elle le vit s’approcher d’elle avec un air de prédateur, elle commença à regretter son geste.

-Euh…Ichigo ? Tenta-t-elle, hésitante. Je peux savoir ce que tu fais ? …Non…PAS CA !

Trop tard. Le shinigami remplaçant s’était jeté sur sa colocataire et utilisait la pire des techniques possible : les chatouilles.

L’après-midi s’était ainsi terminée en un combat acharné à coups d’oreillers et de chatouillements dans d’innombrables éclats de rire.

En soupirant, Rukia revint au présent. Combien de moments comme celui-là avaient-ils partagé ensemble ? Combien de fois s’étaient-ils abandonnés au simple plaisir d’être tous les deux, sans se soucier de ce que les autres pensaient ? Tellement de fois.

Elle rentra la tête dans ses épaules. A présent, il lui semblait évident qu’elle avait toujours été amoureuse d’Ichigo. Bon, peut-être pas depuis leur première rencontre. Les coups de foudre, ce n’étaient pas son truc, et de toute façon elle n’y croyait pas. Non, mais elle l’avait aimé petit à petit, lui qui avait tant fait pour elle, qui l’avait sauvée, dans tous les sens du terme.

Et maintenant, elle ne pouvait que se fustiger pour ne pas s’en être rendu compte avant.

« Peut-être que les choses auraient été différentes si je le lui avait dit… »pensa-t-elle.

Elle secoua la tête. Elle avait décidé d’attendre que cette histoire de Fuerzas se calme pour se déclarer, et il n’y avait aucune raison que ça change.

Une pensée en amenant une autre, et voulant chasser Ichigo de son esprit pour le moment, elle songea à Karin, qui devait à l’heure actuelle découvrir la Soul Society.

« Je me demande comment elle va, en ce moment… »

*********************

Karin haleta tout en remerciant ses réflexes. Elle se tenait son bras droit, ensanglanté. Elle avait pu éviter le coup d’extrême justesse, ses pieds ayant miraculeusement décidé de bouger à nouveau. Bon, d’accord, la blessure lui faisait un mal de chien. Mais entre un saignement et la mort, le choix était vite fait !

Kenpachi la regardait, une lueur intéressée dans l’œil.

La brune le prit comme un défi. Le coup lui avait remis les idées en place.

Elle se baissa et arracha un bout de l’uniforme de shinigami qu’elle avait emprunté, avant de le bander autour de sa blessure. Puis, elle se mit en position de combat.

Ses pensées étaient de nouveau claires, et elle put réfléchir.

Aucune issue n’était possible, il fallait qu’elle devienne plus forte pour affronter Kahei, son entraînement avec Amu lui était revenue en mémoire et elle avait besoin de se défouler, quitte à se prendre quelques mauvais coups.

Conclusion : un combat s’annonçait.

**********************

-Je vous demande pardon ?!

-Vous avez bien compris.

Toshiro se tenait, droit et fier, face à Yamamoto. Shinji, qui s’était exclamé juste avant, continua sur sa lancée :

-Mais pourquoi ? Au contraire, il faut l’avertir le plus vite possible !

-Non. De toute façon, ce n’est pas à vous de le décider, Hirako-taicho.

Hitsugaya n’avait même pas regardé son interlocuteur et gardait son regard fixé sur le capitaine général. Cependant, il expliqua sa démarche :

-Comme l’avait dit Unohana-taicho, il est possible que Kahei fasse pression sur l’esprit de Kurosaki. D’ailleurs, un peu avant que l’on vienne me chercher, j’en ai eu un aperçu. C’est pourquoi je ne pense pas qu’il soit judicieux de la fatiguer et de la préoccuper encore plus.

Il marqua une pause avant de continuer :

-Yamamoto-taicho, je vous le redemanda une nouvelle fois : interdisez à quiconque de révéler à Kurosaki qu’Amu a disparu.

Un silence se fit durant lequel chacun des capitaines réfléchissaient. Finalement, Yamamoto répondit :

-Vos arguments sont valables et je comprends que cela permettra à Kurosaki-san d’être au mieux de sa forme, et donc d’avoir plus de chances de vaincre Kahei. C’est pour cela qu’à chacune des personnes ici présentes, qui êtes les seules à savoir pour la désertion d’Amu, j’ordonne de ne rien dire à ce sujet. Est-ce clair ?

Il y eut quelques acquiescements, et Toshiro se permit un soupir de soulagement. C’était toujours ça de gagné.

-Maintenant que ce point est réglé, il y a une chose que je voudrais demander. Intervint Kisuke en déployant son éventail.

-Laquelle ?

-C’est toujours au sujet de Kurosaki-san…Je pense qu’il vaudrait mieux l’entraîner, pour la préparer au combat contre Kahei. Proposa le marchand.

Ce à quoi le soutaicho répondit :

-Ne vous en faites pas. J’ai déjà confié cette tâche à l’un des capitaines.

Toshiro releva la tête. Il n’était pas au courant, et l’identité de celui qui allait s’occuper de Karin l’inquiéta un peu. Si elle tombait que Soi Fon, Kenpachi ou Mayuri, elle ne reverrait pas la lumière du jour de sitôt.

-Et…Puis-je savoir de qui il s’agit ? S’informa-t-il.

Yamamoto donna un nom.

Toshiro écarquilla les yeux, et sentit son sang se mettre à bouillir.

********************

Hanatarô Yamada ne comprenait pas. Mais alors, pas du tout.

Alors qu’il était tranquillement occupé à balayer l’une des nombreuses rues du Seireitei, une explosion avait retentit non loin de lui.

Abandonnant son balai, il s’y était dirigé en courant, craignant une attaque surprise ou quelque chose comme ça.

Lorsque le jeune shinigami arriva sur les lieux, il n’en crut pas ses yeux.

Le capitaine Zaraki Kenpachi en personne affrontait une jeune femme qu’il n’avait encore jamais vu. Elle semblait d’ailleurs en difficulté. Elle respirait mal, ses vêtements étaient en lambeaux et maculés de sang. Sans compter toutes ses blessures apparentes.

Immédiatement, et malgré la peur que le capitaine lui inspirait, Hanatarô avait voulu se précipiter vers elle pour lui venir en aide.

Mais à sa grande surprise, la jeune femme le repoussa et repartit immédiatement se battre. Enfin…Se prendre des coups aurait été plus exacte.

Bien que sa vitesse et ses réflexes ne soient pas mauvais, elle ne parvenait pas à esquiver la totalité des attaques de son adversaire, et n’arrivait pas non plus à répliquer.

Elle était trop faible, surtout en comparaison à un homme tel que Kenpachi, qui se régalait.

Lorsqu’il vit la jeune femme se prendre un coup de sabre au niveau de la cuisse, Hanatarô n’hésita pas une seconde, et se mit à courir en direction du bâtiment de la première division. Il savait par Isane que les capitaines y avaient une réunion d’urgence. Mais tant pis. Ce qui se passait était bien trop grave pour laisser faire.

Et depuis le sauvetage de Rukia, il avait prit un peu plus d’assurance. Bon, pas énormément, mais quand même.

Enfin, il vit le lieu qui cherchait, juste au moment où les personnes qu’il voulait trouver sortaient.

Alors, sans se préoccuper de la bienséance, il hurla :

-TAICHO !

Retsu et le restant des capitaines, se tournèrent vers lui, surpris.

-Hanatarô ? Que veux-tu ? Demanda-t-elle, intriguée.

-L…L…F…Pfiou…

Le jeune membre de la quatrième division reprit son souffle en appuyant ses mains sur ses genoux. Il faudrait qu’il songe à s’entraîner davantage, ça ne lui ferait pas de mal.

-Il…Fille…Zaraki…Combat…

-Calme-toi, et prend le temps de respirer. Conseilla doucement Unohana en lui souriant.

-Qu’est-ce qu’il veut ? Demanda sèchement Soi Fon, qui commençait à s’impatienter, comme les autres, d’ailleurs.

Enfin, Hanatarô parvint à se reprendre et expliqua clairement :

-Le capitaine Zaraki est en train de se battre dans le Seireitei.

-Ca ne m’étonne pas de la part de cette brute. Commenta Shinji, l’air à moitié endormi.

-Et qui est son adversaire ? Demanda Shunsui, curieux.

-Je ne sais pas, c’est la première fois que je la vois. C’est une jeune shinigami brune avec une queue de cheval. Elle est en mauvais état. Pourtant, quand j’ai essayé de l’aider, elle m’a repoussé et y est retourné.

-Vraiment ? S’étonna Jushiro.

-Visiblement, elle n’a pas froid aux yeux. Déclara Komamura.

-Mais il faut l’aider ! Implora Hanatarô, tremblant.

-Tu ne sais rien d’autre d’elle ? Se renseigna Retsu, en ignorant sa supplique.

-Ben…Maintenant que j’y pense…

Il ne dit rien pendant quelques secondes, comme s’il réfléchissait, puis avoua :

-Elle ressemble à Ichigo-kun. Dans le côté tenace, et puis…Il y a comme un air de famille.

A peine eut-il fini sa phrase que Toshiro partit comme une fusée.

-Ben… balbutia Hanatarô, stupéfait.

-Il n’aurait pas peur pour sa copine, lui, des fois ? Demanda Shunsui en souriant tranquillement.

-J’avoue que là…Il est rapide.

-Allons-y aussi. Ordonna Soi Fon.

Pendant ce temps, Toshiro poussait les limites de son Shunpo au maximum. Il se moquait bien des objets qu’il renversait sur son passage ou des shinigami auxquels il faisait peur.

La seule chose qu’il voyait, c’était le visage de Karin. Karin qui se battait. Karin qui le taquinait. Karin qui jouait au football. Karin qui souriait doucement. Karin qui riait.

Ses poings se serrèrent. Il était hors de question que Kenpachi lui fasse du mal.

Mais malgré sa course folle, une part de lui se permettait d’espérer qu’Hanatarô se soit trompé. Que ce soit une autre shinigami ressemblant à son amie. Pourtant, au fond de lui, Toshiro savait très bien qu’il s’agissait réellement d’elle.

C’était comme un instinct. Quand l’adolescente se trouvait en danger, il le ressentait, dans sa chair, dans son âme. Chaque fois que la jeune fille était en danger, il le savait.

Combien de fois s’était-il réveillé au beau milieu de la nuit, une sensation de malaise grandissant s’emparant de lui, avant d’apprendre le lendemain qu’une attaque d’hollows avait eu lieu sur la maison Kurosaki ? Combien de fois avait-il eu l’impression que quelque chose n’allait pas avant de la voir arriver et lui annoncer en souriant qu’elle s’était encore battu ?

Et pendant la réunion, il avait éprouvé cette inquiétude, bien qu’il l’ait habilement caché aux yeux des autres. Mais intérieurement, il avait su qu’elle était en danger.

Et maintenant, il apprenait que Kenpachi avait décidé qu’elle serait un bon punching-ball.

Non. Jamais il ne laisserait faire cela. Il tenait bien trop à elle pour la voir disparaître, que ce soit des mains de Zaraki, d’Hayao ou de Kahei. C’était hors de question. Il ne pourrait pas supporter de vivre sans elle, et ses remarques sur sa taille ou sur son caractère grognon. Sans cette aura qu’elle émanait, qui donnait le sourire à tout le monde.

Il en était incapable. Ce serait trop dur. C’était pour cela qu’il allait la trouver et la sauver. Peu importe ce qu’elle dirait. De toute manière, elle lui ordonnerait forcément de s’en aller, vu la tête de mule qu’elle était.

Enfin, il arriva sur le champ de bataille.

Des murs étaient effondrés, d’autres carrément explosés. Mais ce qui retint davantage l’attention du capitaine, c’était les traces de sang.

Et un peu plus loin, ils étaient là.

Kenpachi. Grand, imposant, le regard fou et l’air aussi amusé qu’un enfant qui découvrait des feux d’artifice pour la première fois.

Karin. Recroquevillée sur elle-même, épuisée, à bout de souffle, blessée, mais malgré tout déterminée.

Sur le moment, le contraste entre les deux adversaires fut si saisissant que Toshiro se figea. Mais il se reprit aussitôt et se plaça entre eux.

-Toshiro ? Que…commença la jeune fille, éberluée.

-Tais-toi, Kurosaki. Déclara-t-il simplement.

-Mon nom, c’est Karin !

Il ne prit même pas la peine de répondre.

Quant à Kenpachi, il enrageait. Certes, cette gamine était loin d’avoir le niveau d’Ichigo. Mais elle savait se défendre, avait de bons réflexes et n’abandonnait pas. Elle était parvenue à aiguiser son intérêt.

Pour cela, il voulait continuer de l’affronter, et voir ce qu’elle valait réellement. Mais ce stupide nabot se mettait encore une fois en travers de son chemin.

-Dégage, Hitsugaya ! Hurla-t-il.

-La ferme, Zaraki.

Il se figea.

Ce n’était pas le ton glacial qu’il avait employé, ni l’aura menaçante qui s’échappait de son corps. Non, il en fallait bien plus que ça pour impressionner le redoutable capitaine de la onzième division.

Ce qui l’avait stoppé, c’était le regard de son interlocuteur.

En ce moment, Hitsugaya semblait prêt à l’assassiner de sang froid, sans le moindre remord. Ca n’impressionnait pas Kenpachi, au contraire. Il sut que le combat s’annonçait très amusant.

-Intéressant…Voyons ce que tu vaux…

Alors qu’il levait son sabre, une main l’arrêta dans son mouvement. Les yeux du capitaine remontèrent le long du bras mince et musclé jusqu’à l’épaule maigre et vit enfin le visage agacé de Soi Fon.

-Ca suffit, Zaraki.

-Qu’et-ce que tu fous ? Je veux me battre contre le nabot.

Le concerné sentit une veine palpiter sur sa tempe, mais prit sur lui et ne répondit pas.

Alors que Kenpachi allait engager un nouveau combat contre le commandant des forces spéciales, il vit les autres capitaines arriver vers eux.

-Tsss… pesta-t-il.

Se battre dans ces conditions, ce n’était pas amusant. C’est pourquoi il rengaina son épée.

Voyant que la brute en chef du Gotei treize s’était enfin calmée, Toshiro se retourna vers Karin.

Ce fut à ce moment précis qu’elle s’effondra dans ses bras.

***********************

Hayao pesta contre cette garce de Fukuko. Juste parce que Madame était plus gradée que lui, elle se permettait de lui griller une oreille ! Mine de rien, ça faisait mal.

Il passa une main sur son bandage. Avec les pouvoirs de la rouquine, il lui faudrait attendre quelques heures avant de pouvoir se régénérer. Et c’était énervant.

Il en avait marre d’être sous-estimé. Après tout, il était fort, rusé, stratège et intelligent.

Alors se faire mener à la baguette par une femme…C’était extrêmement humiliant. Bon, certes, il avait le physique d’un enfant. Mais sa fierté, elle, dépassait largement celle de certains adultes.

Et Fukuko l’avait bien compris. C’était pour cela qu’elle se permettait de lui rappeler à la première occasion qu’elle était plus forte que lui. Parce qu’elle savait qu’il ne le supportait pas.

Un jour, il se vengerait. Mais pour l’instant, il ne le pouvait pas encore.

En soupirant, il continua sa route. Il ne croisait personne, ce qui n’était guère étonnant. Kahei détestait profondément Aizen, et c’était pour cela qu’il avait décidé de tout faire mieux que son prédécesseur. C’est pourquoi son palais était trois fois plus grand que Las Noches.

« A quoi ça sert, franchement… » pensa Hayao.

Il pouvait comprendre l’envie de Kahei de dépasser Aizen, mais à quoi servait-il d’agrandir un lieu déjà immense à la base ? C’était incompréhensible.

Le point positif, c’était qu’au moins, il ne risquait pas de croiser quelqu’un d’indésirable. Eita et son admiration sans borne pour Fukuko, par exemple. Ou Aika et Himeka et leurs disputes incessantes. Ou pire, Fukuko en personne.

Cependant, la malchance semblait être de son côté, puisqu’il aperçut une silhouette à l’autre bout du couloir.

Mais heureusement, ce n’était que Chigiru.

Il devait être le seul Fuerza qu’Hayao tolérait un tant soit peu. Il était calme, discret, ne parlait que quand c’était utile et pour dire des choses sensées, et surtout, il était moins fort que lui.

Bref, tout ce que le plus jeune des Fuerzas appréciait.

Mais contrairement aux autres fois, le blond s’approcha de lui, dans l’intention manifeste de lui parler.

Hayao haussa un sourcil. Chigiru ne cherchait jamais le contact. S’il voulait engager la conversation, c’était important.

Enfin, ils se croisèrent, et le plus âgé des deux commença :

-Kahei a donné des ordres.

Il était direct et ne tournait jamais autour du pot. C’était une qualité qu’Hayao estimait agréable et utile.

-Lesquels ? Se renseigna-t-il.

Il fallut moins de trois secondes pour que la réponse ne se fasse entendre :

-Nous allons envahit la Soul Society et capturer la Gardienne Lunaire.

*********************

-IDIOTE !

-Pardon…

-IMBECILE !

-Désolée…

-CRETINE !

-Je m’excuse…

-ABRUTIE !

-Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus ?

-TETE DE LINOTTE !

-Ca, c’est un peu vieillot, comme insulte…

Karin soupira. Depuis environ dix minutes, Toshiro ne cessait de la réprimander pour avoir répondu à la provocation de Kenpachi. Elle avait bien essayé de lui expliquer qu’elle n’avait pas le choix, rien n’y faisait. Il ne l’écoutait même plus, continuant de vociférer tout ce qui lui passait par la tête.

Mais il ne venait même pas à l’esprit de la jeune fille qu’il ne faisait qu’évacuer la tension qu’il avait accumulé à force de trop s’inquiéter.

Quand elle s’était effondrée, il avait été pris de panique et avait appelé à l’aide, sous les regards narquois de Shunsui et de Shinji. Heureusement, Retsu avait emmené la Kurosaki dans sa division et s’était occupé d’elle. Puis, Karin s’était réveillé une vingtaine de minutes auparavant.

Après un rapide examen pour vérifier qu’elle n’avait rien, Isane avait autorisé le capitaine à venir la voir. Et maintenant, il évacuait la tension accumulée depuis le moment où il avait appris de la bouche d’Hanatarô qu’elle était en danger. Mais Karin devait avouer que s’il le faisait moins bruyamment, elle ne se plaindrait pas. De plus, Retsu avait déclaré qu’elle avait besoin. Ce dont elle n’avait, au passage, rien à faire.

Seulement, l’idée de s’en servir comme argument et ainsi ne plus subir la colère de son ami était terriblement séduisante.

Mais en même temps, elle savait qu’elle ne le ferait pas. Elle avait bien trop de fierté pour avouer qu’elle désirait se reposer, même si c’était faux. Et surtout, on prendrait ses paroles au pied de la lettre. Du coup, elle allait risquer de rester dans une chambre entièrement blanche (sérieusement, ils ne connaissaient pas le papier peint ou la peinture, au Seireitei ?), à ne rien faire. Horrible.

Heureusement pour la jeune fille, Toshiro sembla retrouver un semblant de calme et s’assit sur son lit.

-Te gêne pas, surtout. Lança-t-elle.

-C’était bien mon intention. Répliqua-t-il du tac-au-tac.

Elle sourit. Son capitaine grognon était de retour !

Un silence prit place entre les deux amis, jusqu’à ce qu’Hitsugaya ne le brise en déclarant :

-J’ai un truc à te dire.

-Je t’écoute.

-Tu vas être entraînée durant ton séjour.

-Encore heureux ! S’exclama la jeune femme.

Toshiro la regarda, mi-surpris, mi-amusé.

-Comment ça ? S’enquit-il.

En vérité, il savait déjà la réponse, il désirait juste une confirmation.

-Je suis poursuivie par un malade mental que je suis apparemment la seule à pouvoir vaincre, je n’arrive même pas à tenir contre un capitaine et on me surprotège ! C’est quand même normal que je progresse, non ? Et il est de toute manière hors de question que je me tourne les pouces !

« Pourquoi, pourquoi Matsumoto n’est-elle pas comme elle ?! » soupira intérieurement le capitaine.

Il secoua légèrement la tête et reprit :

-D’accord. Mais ce n’était pas ça dont je voulais te parler, à la base.

-Ah ?

-Le Soutaicho a choisi la personne qui s’occupera de ton entraînement.

-C’est qui ? Toi ? Demanda Karin, impatiente.

-Non.

-Qui, alors ?

Toshiro pinça les lèvres, et finalement, le nom fut prononcé :

-Ichimaru Gin.