Chapitre 5: passion

par Atizumai

Mai errait dans la maison, tel un zombi, quand son père l’interpella. Elle le salua et l’observa, inquiète.

-          Ce matin, tu es étrange, Mai. On dirait que tu n’as quasiment pas dormi de la nuit. Verrais-tu quelqu’un la nuit ?

-          Humm, quelqu’un ? bailla t-elle, l’esprit embrumé.

Elle sentit une gifle cuisante entrer en collision avec sa joue. Soudain, elle eut les idées beaucoup plus claires.

-          C’est très impoli de bailler en présence d’une personne. Retire-moi cette mauvaise chose de ton comportement, jeune fille.

Elle hocha la tête, un peu sonnée.

-          Pour répondre à ta question, bien qu’elle soit stupide, je te demandais si tu voyais quelqu’un, un amant par exemple ?

Mai s’efforça de rester calme, même si elle sentait l’angoisse monter en elle. Savait-il ?

-          Bien sûr que non, Père ! C’est idiot, étant donné que je vais me marier prochainement !

Il eut l’air soupçonneux mais ne sembla pas être sûr de ce qu’elle avait avançait.

-          Je vais demander à Mau qu’elle te surveille, ce serais trop bête que tu tombes malade, si jamais tu l’es, déclara t-il.

Mai sentit son cœur tomber dans sa poitrine. Elle hocha tout de même la tête, ne laissant rien paraître.

 

Le soir venu, elle s’assit sur son lit et attendit Mau. Elle avait pris une décision décisive et dangereuse, mais c’était ça ou rien. Quand la jeune servante fit son apparition, Mai lui fit signe de s’approcher.

-          Mau, serais-tu capable de garder un très grand secret pour toi ?

-          Bien sûr, Miss, je vous dois bien ça. Mais attendez. Je suis sûre que vous voulez me confirmez que le Seigneur de Feu est votre amant, n’est-ce pas ?

Mai était stupéfaite, bien qu’elle n’en laissa rien paraître.

-          Comment le sais-tu ?

-          Votre père le sait et il compte sur moi pour l’en avertir. Mais il va surement mettre votre mère à votre chevet, après. Je ne pourrais vous couvrir qu’une nuit.

C’est ce que Mai avait craint. C’était la dernière nuit et elle allait tout faire pour montrer à Zuko tout son amour. Mais dans son geste elle lui prouverait aussi beaucoup de passion.

 

Zuko était allongé sur le lit, les bras derrière la tête, quand il entendit la porte grincer.  Il sursauta, rougissant. Mais il reconnut Mai et se détendit. Celle-ci observa son sexe avec une légère lueur de rose sur les joues et se passa la langue sur les lèvres.

-          Oh, heu, Zuko. Désolé d’être arrivé avec autant d’avance. Mais à quoi pensais-tu au juste pour provoquer ce….hem… cette réaction ?

-          A toi, dit-il simplement.

-          Ah, et bien, je prends ça comme un compliment.

Elle s’approcha et s’assit à califourchon sur lui. Il haussa les sourcils. Depuis quand Mai prenait-elle des initiatives ? Bien que ça ne lui déplaise pas, certes…

Elle s’allongea sur lui, enfouissant sa tête dans son cou. Bon…

Il passa ses mains sur ses cheveux, les passa dans son dos, la faisant frémir, pour rejoindre ses fesses. Elle gémit, sans même essayer de se retenir. Intéressant. Il remonta doucement ses mains, de façon à la faire gémir un peu plus. Ce qu’elle fit. Il ne savait pas ce qu’avait Mai ce soir, mais il n’allait pas s’en plaindre. Il défit ses cheveux puis ses habits. Il la laissa en sous-vêtements. Mai lui lança un regard interrogateur auquel il répondit par un sourire. Il se releva et s’avança vers sa commode. Mai avait le dos tourné et semblait réfléchir. A quoi ?

Avec un petit sourire amusé, Zuko fit le tour du lit et fit grincer la porte. Mai crut qu’il était partit. Mais celui-ci la prit par la taille et l’attira à lui avec brusquerie. Elle sursauta.

-          Bouh, fit-il, rieur.

-          Zuko…

Zuko sembla étonné. Qu’est-ce que c’était que cette menace dans le ton ? Soudain elle se jeta sur lui (oui, littéralement !) et le fit rouler sur le sol. Assise sur ses fesses avec un petit air triomphant, elle entoura sa tête de ses bras et se pencha à son oreille.

-          Tu es bien, là ? demanda t-elle avec un immense sourire.

-          Oh, alors toi…

Il saisit ses cuisses et remonta brutalement. Elle poussa un petit cri, déstabilisée, et Zuko en profita pour la mettre à terre. Encore heureux, sa porte atténuait le bruit…

Il se dévêtit à son tour, complètement nu et vit Mai suivre le mouvement. Son comportement l’amusait beaucoup. Il n’eut même pas le temps de faire un geste qu’elle se pressait contre lui. Il pouvait sentir son cœur au rythme effréné, sa respiration troublée par le désir, son corps devenu brûlant. Il l’embrassa dans le cou, et Mai se tendit brusquement, se cambrant pour mieux dévoiler son corps. Zuko commençait à devenir soupçonneux.

-          Mai, qu’est-ce qui…

Mais il n’eut pas le temps d’aller plus loin, elle l’embrassait, enroulant ses jambes autour de la taille de Zuko. Il sentit soudain tout le désir, l’attente et la passion de Mai. Il n’avait jamais vu Mai s’unir à lui avec autant d’ardeur, de plaisir. Et puis elle lui répétait sans cesse « je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime ».

Il était très touché. Après qu’ils aient séparés leur deux corps, haletants, elle avait à commencé de grosses larmes. Zuko avait été perturbé et cela lui faisait mal de la voir souffrir, mais elle refusait d’en parler. Il l’avait alors caressé, apaiser et Mai avait finalement séchée ses larmes et avait recommencé sa litanie d’amour. Zuko sentit la fatigue l’envahir. Il refusa de céder au sommeil. Dans le regard de Mai, il n’y avait aucune indifférence, aucune moquerie. Juste de l’amour et de la passion. Il ne pouvait compter combien de fois il avait plongé ses yeux dans les siens et où tous deux étaient restés là, émerveillés par le regard de leur partenaire. Mai caressa son visage et lui donna un baiser sur le nez, sur les yeux, sur toutes les cicatrices de son corps, comme pour éteindre à jamais le rappel de leur souffrance et de leur humiliation.

Finalement Zuko, céda au sommeil. Mai se releva et versa encore quelques gouttes salées. Elle serra Zuko dans ses bras, lui répétant qu’elle l’aimait. Puis elle écrivit ce mot et s’en fut, d’un pas pesant de douleur.

Quand Zuko se réveilla, ses sens lui firent immédiatement remarquer le mot. Ne réfléchissant plus, il se jeta dessus.

 Mon Zuko,

Mon père le sait et je ne veux pas prendre le risque qu’il puisse te faire du mal. Je suis désolée, j’aurais tant aimée que tout cela n’arrive jamais. Adieu, mon amour. Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerais toujours.

Je t’aime,

Mai

Zuko soupira. Il était sûr que ça allait arriver. Pourtant, la douleur n’en était pas moins vive. Il garda précieusement le petit bout de papier. Il aimait les « mon Zuko », « mon amour » et les « je t’aime ». Mai avait exprimée tout ce qu’elle ne pouvait pas à haute sur ce court message. Il lui faisait vraiment du bien. Une larme coula sur la joue de Zuko.

Adieu, Mai.

Moi aussi, je t’aime plus que tout et à jamais.