Sunako's Life

par Maggie31



Sunako's Life



Depuis que je vis avec les quatre rayonnants, ma vie n'est plus tout à fait la même. Habituellement, j'aime rester dans ma chambre regarder des films d'horreur avec les rideaux fermés. Ma chambre est mon seul sanctuaire. Cependant, ces êtres lumineux qui ne supportent pas les ténèbres, viennent sans arrêt m'ennuyer avec des futilités ! Ils m’empêchent de faire ce que je veux dans mon propre lieu de vie.

Ces gens là ne savent rien des personnes comme moi. Ils ne comprennent pas que les ténèbres me suffisent amplement ainsi que ma petite vie tranquille avec Hiroshi, Joséphine et Akira.

Ma Tante aussi perturbe ma petite vie tranquille. Elle essaye par tous les moyens de me faire devenir une lady. C’est tout à fait impossible ! Ma parente utilise le chantage (un loyer gratuit pendant un an dans sa somptueuse demeure) sur les quatre rayonnants. Cela fonctionne très bien puisque le jour même de mon arrivée, ils m'ont forcée à couper ma frange. Celle-ci avait poussée pendant deux ans ce qui me permettait de me protéger les yeux de la luminosité extérieure. À cause de cet incident, j'ai du laisser exposer mon visage à la vue de tout le monde. Ensuite, j’ai subi à plusieurs reprises des séances de maquillage et d’habillage pour diverses occasions. Plus le temps passe, plus l’espoir de ma Tante grandit en elle. Je ne comprends pas pourquoi … Mais je l'aime beaucoup alors j'essaye de lui plaire.

Avant de venir vivre dans cette maison, je pensais que c’était impossible pour moi de supporter de vivre aux côtés de gens aussi beaux. Lors de mon arrivé, je me mettais à saigner du nez lorsque je m'approchais trop près d'eux. Et mes yeux me brulaient. Mais, par la force des choses, je me suis plus ou moins adaptée à cet univers si éblouissant.

Désormais, les garçons ont arrêtés de me forcer à me maquiller ou m’habiller comme une lady. Ils ont compris que je ne deviendrai jamais une lady et ils m'acceptent comme je suis. Ma Tante aussi a abandonné l’idée (enfin pas complètement) puisqu’elle s’est aperçu que les quatre rayonnants sont incapable de remplir la mission qu'elle leurs a confiée. Même les habitants du village se sont habitués à moi. Ils ne sont plus effrayés quand je m’approche d’eux et me considère comme la fille bizarre mais gentille du quartier. Mes camarades de classe m’appellent tout le temps et me parlent comme à une fille normale. C’est souvent « Sunako ! » par ci, « Sunako ! » par là. Parfois, j’en assez !

Soudain, quelqu’un vient interrompre mes pensées en frappant à la porte de sa chambre.

- « Sunako ! J'ai fais à manger. Tu as faim ? »

C'est Yuki. Sa cuisine est un vrai supplice. Personne n’en veut même par respect pour lui. Le pauvre ! (et même si j'ai pitié pour lui et que j'ai faim, je n'en mangerai pas. Je ne me ferais pas avoir une deuxième fois !)

- « Non merci.

- D'accord. Si tu changes d'avis, j'en mets dans le frigo. »

Les pas s'éloignèrent et je pu enfin retrouver le silence qui m'est apaisant.

****************************************************************************************************************************

Les années ont passées depuis mon arrivée dans la maison et des liens forts se sont créés entre nous tous. Je parle, bien sûr, de Yukinojo Toyama, de Takenaga Oda, de Ranmaru Morii, de Noï Kasahara, de Tamao Kikunoi et surtout de Kyohei Takano. En effet, cela fait quelques temps que je ressens quelque chose d’étrange quand il s'approche de moi. Une sorte de papillonnement dans le ventre. Et mes joues prennent feu. Je n'ai pas ressenti ça depuis trois ans. Je suis amoureuse de Kyohei.

La dernière fois que j'ai déclaré mes sentiments au garçon que j'aimais, il m'a rejeté en me traitant de thon. C'est pour cela que je me suis jurée à ne plus tomber amoureuse et que j'ai renoncé à ressembler à une fille. Apparemment les sentiments sont plus forts que les promesses …

Pour en revenir à la source de ce changement, c'est plutôt rare que je m'attache à une personne mais lorsque c'est le cas je ne peux plus me la sortir de la tête. Cependant, je préfère ne rien dire et profiter de l’incapacité de Kyohei à voir les choses qui sautent aux yeux de tout le monde.

Parfois, je me demande pourquoi je suis tombée amoureuse de ce type. Il est bagarreur (enfin je suis un peu pareil…), brute, égoïste, morfale, un peu je-m'en-foutiste, … Bref, tout ce que détestent les filles. C'est vrai que je ne me considère pas comme une vraie fille mais beaucoup de choses nous rapprochent.

Les autres êtres lumineux se sont aperçus de mes sentiments et tentent de le faire remarquer à Kyohei qui ne s’aperçoit de rien. Quel imbécile ! Les rayonnants nous lancent souvent des perches totalement révélatrices. Je rougis et je bégaye mais rien n'y fais ! Kyohei est complètement stupide. Il ne comprend rien ce pauvre garçon !

****************************************************************************************************************************

Un jour, alors qu'ils rentraient du lycée, Kyohei et Sunako traversèrent un passage clouté qui menait à la rue opposée. Les autres n’étaient pas avec eux. Etrangement, ils avaient tous trouvé une excuse et avaient disparus.

- « Tiens ! Et si on allait à la salle d'arcade ? Ça fait longtemps ! s’exclama Kyohei.

- Pas question. J'ai autre chose à faire. Sur ce ... »

Sunako n’avait aucune envie de jouer avec lui et elle devait finir de rédiger un devoir pour le lendemain. Elle tourna alors les talons. Mais comme à son habitude, Kyohei ne lui laissa pas le choix et la tira par le bras vers la salle d’arcade.

Lorsqu'elle fut à l'intérieur, Sunako scruta les alentours. Des souvenirs lui revinrent. Ses yeux se posèrent sur la machine qu'elle avait utilisée la dernière fois.

N’ayant aucune envie de faire une nuit blanche pour terminer son devoir, la jeune fille scruta les alentours afin de sortir de la pièce sans que le jeune homme ne s’en aperçoive. Ce dernier avait déjà repéré un jeu et s’évertuait à battre son record Alors, elle se retourna mais son regard tomba sur une autre machine flambant neuve.

Sunako s'approcha d'elle et prit les pistolets dans ses mains.

Trop tard ! Elle avait déjà mis une pièce dans la fente et l'appareil commençait à expliquer les règles du jeu.

Finalement, Kyohei et elle rentrèrent chez eux pour l'heure du dîner. Les autres leur lancèrent les remarques habituelles et Sunako alla préparer à manger. Après le repas, elle réussit à finir son devoir et ce, avant deux heures du matin.

Le lendemain, Sunako se leva de bonne heure pour aller au lycée. Elle s'habilla de son uniforme et alla préparer le petit-déjeuner. Lorsqu'ils eurent fini de manger, ils allèrent à l'école. Les cours du jeudi matin se déroulèrent normalement. La pause déjeunée arriva et Sunako entreprit de trouver un petit coin tranquille. Elle s'installa derrière un bâtiment où personne ne venait. Cependant, quelques minutes plus tard, des pas approchaient et Sunako se tenait prête à disparaître avant que la ou les personnes viennent l'importuner.

Elle se calma bien vite en voyant de qui il s’agissait.

- « J'étais sûr de te trouver là !

- Comment tu peux le savoir ? C'est la première fois que je viens ici, répondit Sunako, du tac au tac.

- Bien sûr que non ! La dernière fois que tu es venu c'était quand tu te faisais poursuivre par le gars du journal, dit-il en soulevant les sourcils.

- Tu t'en souviens ? Ça fait longtemps pourtant, répondit-elle, surprise.

- Bien sûr que oui. Je peux m'asseoir ? Demanda-t-il.

- Vas-y. »

Un silence s'installa. Une brise douce vint agiter les cheveux des deux jeunes gens. Soudain, Kyohei se tourna brusquement vers Sunako et se mit à rougir.

- « J'ai quelque chose à te demander.

- Je t'écoute... bégaya Sunako de plus en plus étonnée par l'attitude du jeune homme.

- Je ... Je ... Euh...

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tout va bien ?

- Euh oui ... Mais ... En fait ... J'avais envie de te dire quelque chose ou plutôt à demander ... Euh ... »

Sunako l'observa avec des yeux ronds.

- « Sunako, dit-il en la prenant par les épaules, je t' ... »

La sonnerie retentit les interrompant. Kyohei se releva d'un bond.

- « Je te le dirai ce soir. A plus tard !

- D'accord à plus tard » répondit Sunako.

La fin de la journée s'écoula lentement. Sunako n'arrêtait pas de penser à ce qu'il s'était passé à la pause déjeunée. Le soir, au dîner, Kyohei semblait absent. La jeune fille perdit l’espoir de savoir ce qu'il avait à lui dire.

Lorsque Sunako entra dans sa chambre, elle se changea en pyjama. Puis elle décida de regarder une cassette de son film d'horreur préféré, histoire d'oublier un peu tout ce qui s’était passé.

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsque Kyohei entra en trombe dans son sanctuaire. Celui-ci s'approcha d’elle rapidement et s'agenouilla à côté d’elle sous ses yeux surpris. Il tenait quelque chose derrière son dos. Ses joues étaient rouges et son visage prenait un étrange air niais.

- « Tiens, Sunako ! C'est pour toi ! »

Il lui tendait une poupée de style gothique. Elle mit du temps à comprendre. Puis au bout de quelques instants, elle se rendit compte que c'était la poupée qu'elle avait eu l'intention d'acheter quelques jours plus tôt.

- « Eh bien ... Merci ....

- Attends je voulais aussi te dire quelque chose ... »

Son visage devint légèrement flou. La poupée se mit à bouger dans sa main. Tout autour de la poupée et Sunako avait disparu. La jeune fille reporta son attention sur l’objet. Son visage avait prit un air sévère et sa bouche s’était déformée en un rictus mauvais.

- « Il ne t'aimera jamais ! Il n'aime pas les thons ! Vas mourir ! Sale garce ! Crèves espèce de thon ! Crèves ! Crèves !!! Crèèèèèèèves !!! »

****************************************************************************************************************************

- « Aaaaaaaaaaargh ! »

Sunako se réveilla en sursaut. Elle passa sa main sur son front ruisselant de sueur. Puis elle se pinça le bras pour vérifier si elle ne rêvait pas encore. Peu à peu, la jeune fille reprit conscience de la réalité. Plus, elle se remémorait les choses et plus, elle trouvait cela ridicule. Premièrement, Kyohei ne rougissait pas en sa présence. Deuxièmement, il n'était pas aussi attentionné. Troisièmement, les poupées ne parlent pas. Et quatrièmement, Sunako n’était pas amoureuse de Kyohei ! (Enfin, c’est ce qu’on dit …)

Après s'être rassurée et remise en question, elle se leva. Ensuite, la jeune fille ramassa ses vêtements pour aller prendre une douche. Soudain, la porte s'ouvrit à la volée.

- « Sunako, j'ai faim ! Prépares-moi des takoyaki ! »

La voilà rassurée ! Le Kyohei que Sunako connaissait était toujours le même imbécile qui venait l'embêter pour qu'elle lui fasse à manger. Cela la soulageait mais en même temps, cette attitude l'énervait. Il l'a prenait encore pour une bonniche. Elle en avait assez de faire tout à sa place et de se faire hurler dessus lorsque ce qu'il lui ordonnait n'était pas fait.

- « Vas donc te les préparer tous seul. J’ai d’autres choses à faire, dit-elle en lui fermant la porte au nez.

- Sunako !! »

Ainsi une nouvelle dispute éclata. Ils ne changeront jamais demandes-tu ? Et bien non !!! Eh eh ! Et pour notre plus grand plaisir !