Révélation (par Soul et Maka)

par Saiku-chan

Je me sentais mal. Très mal. Je ne savais pas ce qu’il se passait, ni en moi, ni à l’extérieur. Maka m’avait-elle lâché ? Était-elle partie comme elle me l’avait promis ? Que faisait mon corps actuellement ? Était-il manipulé, ou couché inerte sur le sol ? Et sous quelle apparence ? Toutes ses questions qui se bousculaient dans mon esprit, sans que je n’y trouve de réponses. Je ne savais rien. Rien. Et c’était ce qui m’effrayait le plus. Cet enfoiré de diablotin m’avait eu. Saleté de sang noir. Je n’aurais jamais dû accepter cette résonance d’âme avec Maka. Je n’aurais jamais dû la laisser quitter son lit d’hôpital. De toute façon, le dévoreur était imbattable. Notre présence au combat n’avait rien changé. Quel con. Mais quel con !

- Alors, Soul, on se lamente sur son sort ? résonna une voix qui m’était bien plus que familière.
- Où es-tu, enfoiré, que je te décapite ?
- Oooh, tu ne risques pas de me trouver, mon cher ami !
- Connard…
- Je trouve cela bien méchant d’insulter quelqu’un qui vient te donner des nouvelles de ta chère et tendre meister…

Je tressaillis. Si elles venaient du diablotin, ces nouvelles n’étaient certainement pas bonnes. Bon sang, Maka, tu n’es qu’une idiote !

- Elle est actuellement en train de te parler.
- Mais quelle abrutie, qu’elle se barre de là !
- Vous êtes vraiment trop mignons.
- C’est Médusa qui me contrôle à nouveau, n’est-ce pas ?
- Bien joué.
- …

Maka était face à Médusa. Et elle ne le savait peut-être pas. Cette sorcière allait très certainement profiter qu’elle soit sans protection pour la tuer, et cette fois-ci, il était sûr qu’elle ferait attention à ne pas louper son coup. Maka vivante constituait une réelle menace pour elle.

- Aha, j’aime la tête que tu fais quand tu t’inquiètes pour ta partenaire.
- Ta gueule.
- Elle veut t’avouer quelque chose.
- M’avouer quelque chose ?

***

Je ne voyais pas en quoi lui annoncer qu’il allait mourir s’il n’avalait pas d’âme humaine qui l’aiderait à être plus fort. A moins que… Si. Ce fut dur à admettre, mais pour une fois, Black*Star avait peut-être raison. Soul ne voudrait pas mourir sans avoir essayé de sauver sa vie. Il ne voudrait pas mourir sans essayer quoi que ce soit. Autant tenter.

- Soul, il faut que je t’avoues quelque chose.
- Ca ne sert à rien, ma pauvre, il ne t’entends pas, mais si ça peut te faire plaisir. Après ça, je te tuerai une bonne fois pour toutes.

J’avais envie de la tuer. La tuer. La tuer. C’était ce que je devais faire, selon Kid. Elle pouvait peut-être être la solution. Mais dans cette situation elle dans Soul, et moi sans Soul, il m’était impossible de le faire. Il devait m’aider. Il devait m’entendre. Il devait.

- Soul, tu… c’est… j’ai…

Non, il m’était impossible de lui dire. Avouer à l’une des personnes à laquelle on tient le plus au monde qu’elle va mourir n’était pas la chose la plus agréable à faire, loin de là. Je n‘arrivais pas à contrôler mon corps qui ne cessait de trembler. Depuis que je le savais, il ne se passait pas une journée sans que je n’y pense. A part lorsque j’étais sous l’emprise de Médusa. Quand j’avais repris mes esprits, ce avait été la première chose à laquelle j’avais pensé. Souhaitant oublier, j’avais simulé une amnésie un peu plus longue, ce qui était en soi un peu bête, car Kid m’en aurait très certainement reparlé.

- Soul, tu vas crever !

Mon visage se tourna d’un coup. Black*Star ! Ton tact légendaire ne t’avais manifestement pas quitté…

***

« Soul, tu vas crever. »

- C’est ce qu’a dit le petit vantard au cheveux bleus.
- Hein ? Black*Star ?
- Ouais, lui.

Pourquoi me sortait-il ça ? Il garda le silence un moment, ce qui me fit un peu stresser, je dus l’avouer.

- Oh, c’est intéressant… je viens d’apprendre quelque chose, continua l’affreuse bestiole rouge.
- De quoi tu parles ?
- Kruu kruu kruu…

Sa silhouette sortit alors de la noirceur du vide dans lequel je flottais, un rictus étirant son horrible visage ridé, mordillant ses longs et squelettiques doigts comme toujours. Le rire nerveux qu’il avait alors ne me plaisait guère. J’avais un mauvais pressentiment.

- Tu ne savais pas que tu étais condamné ?
- Pardon ?

***

- Si tu n’avales pas d’âme humaine, tu risques de mourir, fis-je au bord des larmes, ne laisse pas le sang noir se répandre davantage Soul, combat le démon, combat Médusa… reviens à toi…
- Comme c’est touchant, se moqua Médusa.
***

- Comme c’est touchant, se moqua le rouge, elle pleure.

Je n’arrivais pas à le croire. J’allais mourir ? A cause du sang noir ? J’allais… mourir ?!

- Il y a une solution pour faire reculer cette méchante « tumeur».

Sa solution, je la connaissais. Céder à la folie.
Cependant, il s’agissait d’une chose que je n’accepterai jamais, même si c’était pour sauver ma vie. Devenir fou se résumait à abandonner ma conscience, ce que je ne voulais surtout pas.



J’allais mourir ?!