La découverte de Kid (par Maka)

par Saiku-chan

 

            - Maka, je peux te parler deux minutes ?

            - Oui, pas de problème.

 

 Je fis signe à Soul de rentrer sans moi et suivit le jeune dieu de la mort dans le couloir. C’est alors qu’il emprunta un chemin que je n’avais jusque là jamais remarqué. Mais où m’emmenait-il comme ça ? Était-ce si important que ça, ce qu’il avait à me dire, pour m’entraîner à l’autre bout de l’école ? De plus, cette expression si sérieuse qu’il avait et ces coups d’œil fréquents en arrière pour s’assurer que nous n’étions pas suivis ne faisaient qu’accroitre ma curiosité mais installaient aussi en moi un mauvais pressentiment. Très mauvais.

 

            - Kid ? On va où là ? Je ne connais pas ce coin de l’école.

            - Chut, tais-toi. Ne t’inquiète pas.

 

 Ne pas m’inquiéter, qu’il était drôle.

 Ce couloir qui paraissait interminable déboucha enfin sur une vieille porte en bois qui semblait donner sur un débarras ou un placard à couverture, mais je me doutais bien qu’il ne s’agissait pas de cela. Kid sortit une clef rouillée de sa poche et la mit dans la serrure. Dans un petit grincement, la porte s’ouvrit, découvrant ainsi une pièce complètement noire qui ne tarda pas à s’illuminer dés que mon ami trouvât l’interrupteur. J’ouvris grand mes yeux lorsque je vis tout ce qui était entassé dans cette salle. Aucun autre mot que magnifique ne pouvait convenir à ce spectacle s‘offrant ainsi à moi. D’immenses étagères surchargées de livres que je n’avais jamais vus se tenaient là. Quelle était donc cette mystérieuse pièce ?!

 

            - Cette pièce n’était jusqu’au jour connue que de Stein, nos pères, et moi, fit mon ami.

 

 Mes yeux ne quittaient pas ces bibliothèques un peu poussiéreuses que je mourrais d’envie de dévorer. Maintenant, je savais où venir lorsque je n’avais rien à faire. Ces livres avaient l’air de dater, vu la couleur jaunie du papier que je pouvais distinguer sur certains ouvrages. Un paradis, j’étais au paradis !

 

            - Comment ça se fait ?

            - Il s’agit de vieux livres qui ne sont pas nécessaires aux étudiants.

 

 Peut-être ne m’étaient-ils pas nécessaires, mais rien ne m’empêchait de les lire maintenant que je connaissais cette pièce secrète.

 

            - D’ailleurs, tu n’es pas censée être au courant de l’existence de cette salle, donc garde la pour toi et n’y reviens pas, c’est plus prudent.

 

Et merde.

 

            - Si mon père savait, je serai un homme mort, continua-t-il.

            - Plutôt original pour un dieu de la mort.

            - Maka, j’ai quelque chose d’important à te montrer. Je l’ai découvert alors que je faisais quelques recherches.

            - De quoi tu parles ?

            - Tu dois me promettre que ce que je vais te dire ne sortira pas de ces murs.

            - Qu’est-ce qu’il y a ?

            - …

 

 Je dus me contenter de son silence comme réponse.  Il me faisait peur, quand il prenait ce ton là. Ce genre de ton que l’on prend lorsque l’on a une mauvaise nouvelle à annoncer à quelqu’un. Qu’avait-il donc fait, comme trouvaille ? Soucieuse, je le fixais alors qu’il était en train de monter sur l’échelle pour trouver la fameuse découverte qu’il avait manifestement caché sur l’étagère la plus haute qui, au passage, se trouvait en plein milieu de la pièce. Kid et sa maniaquerie commençaient à devenir inquiétantes.

 

            - Kid, tu me fais peur là. C’est quoi, cette trouvaille ?

            - Je pense qu’il faut que tu saches, après tout, tu es concernée.

 

 Le fait qu’il ne réponde pas correctement à mes questions commençait à me taper sur le système. Il sauta du haut de l’échelle au lieu de la descendre comme tout le monde, et me présenta un énorme grimoire pourri, dans lequel étaient coincés plusieurs marques-pages. Je lus le titre, qui n’éclaira pas ma lanterne comme je l’avais espéré une minute plus tôt.

 

            - « Les globules rouges dans toute leur splendeur » ? Je ne suis pas sûre de saisir.

            - Ca reste entre toi et moi, ok ? Je pense que les autres ne doivent pas le savoir.

            - D’accord, à condition que tu me dises enfin de quoi il s’agit, au lieu de tourner autour du pot !

            - Surtout Soul. C’est mieux pour lui de ne pas savoir, malgré le fait qu’il soit le premier concerné.

 

 Mon cœur bondit dans ma poitrine.

 

            - Le premier concerné ?

            - Ce livre fut écrit par un allemand, le docteur Kansler, en 1823. Il est ici depuis pas mal de temps, quand je l’ai trouvé, il était tellement recouvert de poussière que je n’arrivais pas à lire la couverture.

 

 Il ouvrit le vieux livre et fit tourner les pages. Je les contemplais, le regard vide. Je commençai réellement à avoir peur. Et ce silence pensant qui régnait dans cette pièce ne me mettait pas plus à l’aise non plus.

 

            - J’ai trouvé, dit-il finalement, approche et lis ça.

 

 Je m’exécutai et me mis à lire le passage qu’il m’indiquait. Le titre de ce dernier me fit enfin comprendre toute l’histoire.

 

Le Sang Noir.