Dîtes moi que c'est un cauchemar ! (par Maka)

par Saiku-chan

Le petit quartier où j’habitais était réputé comme vivant et chaleureux. Il se situait au nord de Death City, ville que j’habitais depuis près d’un an, et que je n’étais pas prête de quitter. Cette ville, je l’adorais, tout simplement. Tout le monde se connaissait, ou presque. J’adorais me promener dans ses rues, sous le soleil tapant, en compagnie de mes amis, croiser les habitants, les saluer… J’aimais, vraiment, même si ça paraissait banal.
Par contre, je n’aimais pas courir à travers ces rues dans le noir. C’est vrai, alors pourquoi étais-je là, maintenant ? Seule, je courais, courais, sans m’arrêter, sans comprendre ce que je faisais là, dans cette rue, en pleine nuit, déserte, et silencieuse. Trop silencieuse à mon gout, d‘ailleurs. Le son de mes pas faisaient écho. J’avais l’impression que je faisais du sur place, le bout de la route semblait ne pas vouloir se rapprocher de moi. En fait, au fur et à mesure que j’avançais, j’avais de plus en plus la sensation que devant moi, le paysage reculait, comme si lui et moi se rejettions, semblables à deux aimants.
Soudain, une voix surgissant de nulle part m’interpella :
- Maka !
Cette voix, j’aurais pu la reconnaître entre mille. C’était celle de Soul. Soul, mon arme démoniaque, mais avant tout, mon ami.
« Soul ! Où es-tu ? » voulu-je crier. Mais bien que ma bouche fut grande ouverte, aucun son n’en sortit. Mes cordes vocales ne voulaient plus répondre, comme si elles faisaient grève.
- Maka ! Me rappela-t-il.
J’aurais tant aimé lui répondre, afin de le rassurer. La panique que contenait sa voix m’inquiétait, il avait comme peur. Mais j’étais toujours incapable de répondre. Sa voix ayant jaillie de nulle part, je ne pouvais même pas la localiser.
Tout à coup, il me rappela, mais cette fois, sa voix provenait de derrière. Je me retournai, soulagée de pouvoir enfin le voir. Cependant, je ne m’attendais pas à le voir comme ça.
Le spectacle qui s’offrait à moi me cloua directement sur place. Mon corps ne voulait plus répondre, mes jambes se mirent à trembler, je m‘effondrai à genoux. Mes mains se rapprochèrent de mes yeux humides et grands ouverts. Ce qu’il y avait là ne pouvait être réel.
Soul était là, devant moi, à terre, inerte, baignant dans son propre sang. Comme la fois où il m’avait protégé de Chrona. Sauf que cette fois, il n’y avait personne d’autre que nous deux.
- SOUL ! Parvins-je enfin à crier, SOUL ! Ré… réveille toi !
Mais il ne bougeait plus.
Que s’était-il passé ? Qui lui avait fait ça ? Qui ? Tête baissée, je me promis de tuer, si je le retrouvais, l’enfoiré, qui venait de m’enlever mon ami, mon colocataire, mon arme, mon…
« C’est toi, Maka, tout est de ta faute. » résonna dans mon esprit une voix inconnue.
- Qu… quoi ?
« C’est toi qui l’a tué. »
Là, mon visage mouillé par mes larmes se releva, et se tourna. Devant moi, se trouvait une faux, qui ne m’appartenait pas, couverte de sang. De celui de Soul.
- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! Me mis-je à hurler.
Je n’y croyais pas. Je ne pouvais pas y croire.
- C’est un cauchemar ! Dîtes moi que c’est un cauchemar !
- Maka ! Eh oh, Maka !