La solution.

par Vincent Aguila

10. La solution.

 

Kourei reprit conscience en fin d’après midi alors que le soleil déclinait doucement à l’horizon. Elle avait si mal à la jaùbe comme si une hache y avait élu domicile. La forte fièvre due à l’infection ne lui permettait pas de voir clairement. Néanmoins, elle réussit à distinguer Reishin près d’elle. Ce dernier posa sa main sur le front de sa petite fille. Il fallait dire que les rares contacts physiques qu’il avait quelqu’un, n’étaient réservés qu’à Kourei. La jeune adolescente finit par se rendormir. Pendant ce temps, Shouka cherchait un remède dans ses archives pendant que Kurou était allé quérir le médecin du palais car après tout, pour lui, c’était de la faute à l’empereur si l’héritière des Kou avait participé à la course et donc qu’elle avait été blessée.

 

Sakujun s’était discrètement glissé dans la propriété des Kou comme Kourei lui avait appris. L’adolescent finit par arriver en dessous de la fenêtre à la blessée. Il surprit alors un entretien. Le jeune homme devina quatre voix. Pour en savoir plus, il prit un petit miroir dans sa poche et le maintint devant lui à la hauteur de la fenêtre. Le reflet des personnes présentes dans la chambre de Kourei vint se mettre sur le morceau de verre et d’argent (ces deux matières constituent le miroir). Sakujun reconnut deux des frères Kou, une autre personne semblait être un miroir et la troisième personne semblait être un homme d’une trentaine d’années, il avait l’air très noble. L’adolescent le reconnut enfin car il avait vu son visage sur des gravures, il s’agissait de l’empereur en personne.

«Alors? Demanda Ryuuki.

_Je suis désolé votre majesté, cette jeune fille, si elle vit jusqu’à demain, mourra de toute manière dans la semaine. Quand bien même, elle survivrait, elle garderait une séquelle à sa jambe toute sa vie, occasionnant une boiterie plus que gênante. Voulez vous que j’abrège ses souffrances? Les familles nobles ont l’habitude de me demander de mettre fin aux douleurs de leurs mourants, ce n’est pas une honte.

_Il en est hors de question! S’exclama alors Reishin.

_Trouvez un remède ou je vous fais exécuter!» S’emporta Ryuuki.

Le jeune empereur avait d’abord perdu son amour en la personne de Shuurei, ainsi que son ami, en la personne de Kouyuu, il ne voulait pas perdre la personne qu’il considérait comme sa nièce.

En entendant ces mots, le médecin devint livide et se retira rapidement dans son cabinet pour faire des recherches.

 

Sakujun avait été secoué par la conversation, ainsi Kourei allait mourir. Il ne voulait pas, une voix en fond de son cœur hurlait sa douleur. Le jeune garçon ne comprenait pas car sa mère lui avait appris à être froid, dénué de sentiments alors pourquoi avait il si mal? Pour la première fois de sa vie, des larmes roulèrent le long de ses joues avant de s’écraser par terre. Il resta amorphe jusqu’à ce que la nuit soit tombée. Le froid de ce moment de la journée, le ramena sur terre, il décida de partir avant de se faire prendre par quelqu’un.

Alors que le jeune ami de Kourei reprenait la route vers «chez lui», quelqu’un lui sauta dessus. Tous deux roulèrent à terre puis au moment où Sakujun se relevait son agresseur lui mit un coup de poing dans la figure puis un autre et un autre. Le jeune homme finit par se dégager et pousser son agresseur. Le jeune homme le reconnut alors il s’agissait de Tsubasa que Kourei lui avait présenté quelques jours avant le départ de la course.

«Teme! Je savais que t’étais pas clair! S’exclama le fils de Tsubasa.

_De quoi tu parles?!

_Je t’ai vu parler à des types louches et maintenant, Kourei va mourir, c’est de ta faute!»

 

Tsubasa contionua de frapper Sakujun qui se laissa faire, la douleur physique l’aidait à oublier sa douleur morale. Le jeune adolescent arrêta ses coups quand son aîné eut les joues d’un hamster, c’est alors que Sakujun eut une idée.

«Hé gaki(gamin)!

_Yakamashi (tais toi)!

_Je crois que je connais un remède.»

 

Kaze tournait furieusement dans son boxe et pour cause, on l’avait brusquement séparée de sa cavalière et mit dans un boxe alors qu’elle avait encore envie de courir. De plus, elle s’était montrée si agressive que les palefreniers avaient renoncés à lui enlever la selle. Soudain, la porte de l’écurie s’ouvrit et la jument hennit en reconnaissant les odeurs de Tsubasa et Sakujun. Le premier entra dans son boxe où la jeune animal vint à sa rencontre, il lui enleva sa selle et lui mit une bride. Curieuse, les oreilles dressées et le regard profond, Kaze se laissa faire. Elle commença même à piaffer d’impatience en voyant que les deux nouveaux venus, la menait dehors. Ils la menèrent jusqu’à une porte dérobée. Une fois en dehors de la ville, les deux garçons grimpèrent sur son dos, Tsubasa tenait les rênes. Sakujun effleura alors légèrement les flancs de la jument avec ses talons. Cela suffit et Kaze s’élança comme une flèche dans la direction indiquée par la position des mains de Tsubasa.

 

Tous trois parvinrent bientôt à une montagne. Quand le chemin devint escarpé, les deux garçons descendirent du dos de la jument.

«Alors, que cherche-t-on? Demanda Tsubasa d’une voix froide.

_Une fleur couleur feu, elle est réputée avoir de grandes vertus, peut être qu’elle pourra guérir Kourei.»

Ils cherchèrent longtemps puis…

«J’ai trouvé. Là en bas, à mi-hauteur du gouffre. Déclara Tsubasa en pointant l’endroit d’une main.

_J’y vais, tu es trop petit. Fit Sakujun en descendant sur une paroi du ravin.

_Teme!»

 

Sakujun parvint jusqu’aux fleurs, en prit quelques unes et remonta. Il posa les fleurs en haut puis se hissa mais l’une de ses prises se déroba et le jeune garçon tomba dans le vide laissant les fleurs aux pieds de Tsubasa.

 

Un convoi de la guilde des marchands cheminait le long des cols de la chaîne de montagne près de la capitale. Ce moment de l’année était l’une des plus important pour ce clan car comme le riz était récolté, il fallait voir les différents producteurs, fixer les valeurs, les coûts, s’assurer des commendes et des livraisons. Ce convoi là était dirigé par un jeune garçon de quinze ans. Il avait fait ses preuves en tant que négociant mais aussi en tant que combattant, c’est pourquoi on n’hésitait pas à lui confier le commandement de caravanes de la guilde. Celui-ci décida de donner une pause aux hommes et aux chevaux. La moitié des hommes prirent les chevaux pour les rafraîchir dans la rivière toute proche, pendant que l’autre moitié surveillait la marchandise. Le jeune chef, lui, monta sur un promontoire pour aller voir les alentours. Soudain, il entendit un bruit comme quelqu’un qui tomba dans l’eau, il tourna la tête et vit la tête d’un adolescent dépasser brièvement avant de s’enfoncer dans l’eau.