Chapitre 5

par Katsu

Après cette journée où ils avaient pu profiter d’un peu de temps au calme à faire ce qu’ils aimaient, Tezuka et Echizen n’eurent plus l’occasion de réitérer l’expérience. Comme s’il voulait compenser pour l’absence d’Echizen la journée précédente, Kikumaru passait son temps à le coller. Même Fuji n’y pouvait rien. C’était limite s’il ne le suivait pas aux toilettes ou n’allait pas dormir dans son lit – heureusement Oishi réussissait à le raisonner suffisamment pour lui faire comprendre que ce n’était pas un comportement approprié.


Aussi agaçante que pouvait être l’expérience pour Tezuka, bien vite celui-ci se raisonna du mieux qu’il le put en se disant que c’était mieux ainsi. Avec un peu de chance, ça pourrait l’aider à tirer un trait sur ses sentiments futiles. Voir Echizen jouer contre des adversaires d’exception pourrait peut-être même lui permettre de se reconcentrer sur ce qui devrait lui importer le plus : le tennis. Dans tous les cas, c’est ce qu’il espérait.


Puis, vint le jour tant attendu du match d’Echizen. Echizen étant parti assez tôt au stade pour se préparer et s’entrainer, il était le seul de l’équipe de Seigaku qui ne se trouvait dans la salle à diner de l’hôtel pour le déjeuner. Heureusement pour les autres clients présents, aucun des joueurs n’était suffisamment réveillé pour être vraiment dérangeant.


Lorsqu’il descendit de sa chambre, Tezuka eu donc la chance de les trouver tous assis à manger et parler tranquillement. Il hésita un moment en regardant le buffet avant de se décider à aller les voir avant de prendre son petit-déjeuner.


« J’ai les billets. Il semblerait qu’Echizen et le coach aient réussi à nous procurer d’assez bonnes places pour tout le monde. »


« Ochibi va pouvoir nous entendre, hein, quand on va l’encourager? » fit Kikumaru dans un regain d’énergie.


« Même si on était dans la dernière rangée, je suis sûre qu’il arriverait quand même à t’entendre, » le taquina gentiment Oishi.


Manque d’énergie oblige, Kikumaru se contenta de lui répondre par une petite moue boudeuse qui fit rire le vice-capitaine.


« On part dans une demi-heure, donc assurez-vous d’être prêts à temps sinon on n’aura pas le temps de voir Echizen avant son match, » leur annonça Tezuka.


La partie concerna Echizen sembla avoir un effet magique, parce que les joueurs n’ayant pas fini de manger engouffrèrent en quelques secondes le reste de leur déjeuner tandis que ceux qui avaient déjà fini filèrent à leur chambre pour se préparer. Tezuka eu donc la chance de déjeuner calmement en compagnie de Fuji et de Takashi, les deux seuls joueurs à être déjà prêts – exception faite d’Oishi qui, même s’il était prêt, avait décidé d’accompagner Kikumaru à leur chambre pour s’assurer qu’il ne cause pas de problèmes.


-°-


Une fois dans les vans en direction du stade, l’état léthargique dans lequel était l’équipe le matin disparu instantanément. Ils étaient tous très excités d’avoir l’occasion de voir un match en tournoi professionnel. De plus, le fait que ce soit l’un de leur coéquipier qui y participe doublait leur enthousiasme – et leur fierté.


Lorsqu’ils arrivèrent enfin à destination, c’est donc un Kikumaru surexcité qui sortit en trombe du van, attendant à peine que celui-ci se soit complètement arrêté. Avant qu’Oishi n’ait eu le temps de le retenir, il accouru devant l’entrée du stade et pila net devant pour admirer l’établissement et la foule qui s’y amassait la bouche ouverte et les yeux grands ouverts.


« Wouah! »


« "Wouah", en effet, » approuva Oishi en rejoignant son compagnon avant de se tourner vers lui pour l’avertir. « Mais il va falloir que tu te tiennes tranquille pendant le match, par contre, sinon ils vont nous expulser du stade. »


Kikumaru répondit en bougonnant un peu, mais accepta finalement de se calmer un minimum, soit seulement d’arrêter de courir dans tous les sens sans attendre les autres. Tezuka, qui les avait rejoints avec tous les autres membres de l’équipe, se dit alors que c’était sans doute le mieux qu’il pouvait espérer de la part de la boule d’énergie que constituait ce membre de la Golden Pair. Et puis, il devait bien les laisser s’amuser un peu. Ils étaient là pour ça. Et il devait avouer que lui-même était aussi très fébrile à l’idée de voir Echizen jouer contre un joueur professionnel.


Dans un calme tout relatif, les joueurs de Seigaku se dirigèrent vers le court d’entraînement sur lequel ils étaient censés retrouver Echizen. Quand ils arrivèrent sur le terrain, ils furent assez étonnés de voir que beaucoup de personnes étaient présentes dans les gradins pour observer l’entraînement du jeune joueur japonais. Ils se doutaient cependant que la grande majorité devait l’observer à cause de la curiosité qu’entraînait la participation d’un si jeune joueur.


Tezuka repéra immédiatement Echizen, mais tiqua. Malgré toutes ses bonnes résolutions, il devait avouer qu’il n’était pas tout à fait satisfait de la scène qui se déroulait devant ses yeux : son jeune joueur se trouvait devant les gradins, mais il n’était pas seul. Évidemment, Dany se trouvait avec lui et se montrait beaucoup trop familier à son avis. Dany serrait le plus jeune contre lui dans une poigne ferme et, ayant réussi à lui enlever sa casquette, avait enfoui son nez dans ses cheveux.


« C’est qui? » questionna Kikumaru en repérant Echizen lui aussi, gonflant les joues d’indignation devant la proximité que Dany se permettait d’avoir avec le plus petit.


« Un ami qu’il s’est fait en arrivant, » lui répondit son capitaine, car il était le seul à connaître la réponse.


Après avoir reçu l’information qu’il désirait, Kikumaru descendit les gradins en trombe pour rejoindre Echizen. Une fois arrivé, il le percuta violemment dans une tentative de câlin servant autant à lui montrer tout son amour qu’à faire comprendre à son rival de câlin qu’Echizen était sien.


Sous la surprise, l’américain s’éloigna de quelques pas. Il sourit néanmoins quand il remarqua que Tezuka arrivait, les autres membres de son équipe à sa suite.


« Hey, mais c’est Kuni! » s’exclama-t-il sur un ton familier qui fit subtilement tiquer l’interpellé. « Et j’imagine que vous êtes la team de Ryoma? Je m’appelle Dany! Je suis son ami. »


« Dany! » l’interpella Billy depuis l’une des entrées du terrain.


Dany leva la tête vers son ami, lui faisant un grand signe enthousiaste de la main avant de reporter son attention sur la team de Seigaku.


« Apparemment, on ne va pas pouvoir faire connaissance tout de suite, mon devoir m’attends! Mais on se verra pendant le match, hein, » fit-il en faisant un clin d’œil à Echizen. « Bonne chance pour le match. »


Dany quitta finalement le terrain, laissant ainsi la chance aux coéquipiers de Seigaku d’encourager leur plus jeune joueur. Tous y allèrent de leur petite remarque, multipliant les encouragements et les tapes dans le dos.


Puis, ce fut finalement le tour de Tezuka qui était resté en retrait pendant tout ce temps. Sous l’incitation de Fuji et Oishi qui avaient fait remarquer qu’il serait temps qu’ils aillent prendre leur place, Tezuka et Echizen se retrouvèrent seuls. Pendant un moment, ils se regardèrent dans les yeux, aucun d’eux ne brisant le silence qui s’était installé entre eux. Puis, Tezuka posa simplement une main contre l’épaule de son cadet et dit avec un air sérieux et confiant :


« Bonne chance. »


Echizen eu un petit sourire moqueur avant de répliquer avant tout autant d’éloquence que son aîné :


« Mouais. »


Sur ces bonnes paroles dignes des plus grands orateurs de ce monde, Tezuka tourna les talons pour rejoindre son équipe et laisser son joueur finir de se préparer pour son match. Il fut cependant intercepté à la sortie du terrain d’entraînement par Fuji qui l’attendait.


« Une main sur l’épaule? Il y a mieux comme encouragements. Tu penses qu’il va gagner seulement avec ça? »


« Echizen n’a jamais eu besoin de mes encouragements pour gagner ses matchs, » lui fit remarquer simplement Tezuka.


« Si tu te contentes de ça, tu vas te le faire voler, » rétorqua le prodige en indiquant Dany du menton tandis qu’ils descendaient les marches pour rejoindre leurs places, la place de l’américain se trouvant – malheureusement ? – juste en arrière de celle de joueurs de Seigaku.


Pour Fuji, c’était plus qu’évident que Tezuka ne croyait pas à ses chances avec Echizen. De plus, il était beaucoup trop sérieux. Il ne cessait de se rabâcher lui-même les oreilles avec le fait que le cadet était plus jeune et aussi qu’il était responsable de lui en tant que capitaine, s’empêchant par le fait même de nourrir de l’espoir pour une relation future.


Se doutant qu’il n’arriverait à rien pour le moment, Fuji abandonna. Il descendit les gradins en compagnie de son capitaine, rejoignant leur place et l’enthousiasme débordant dont faisait preuve les autres. Bientôt, le match commença, calmant aussitôt la foule ainsi que le petit groupe d’adolescents.


Le match dura longtemps. Il ne fut pas interminable, mais dura assez longtemps pour qu’on ne doute pas que les deux joueurs donnaient tout ce qu’ils avaient pour remporter la victoire. Malgré tout, Echizen fini par perdre. Si le match fut assez serré pendant les deux premiers sets que le joueur de Seigaku avait gagnés de justesse, son adversaire avait ensuite repris le dessus pour finalement battre Echizen qui lui montra tout de même une bonne résistance.


Lorsque le coup de sifflet annonça la fin du match, le plus jeune alla serrer la main de son adversaire avant d’ensuite se diriger vers les vestiaires où il entra sous les applaudissements de la foule qui félicita les joueurs du bon match.


Cependant, dans les gradins, toute la team de Seigaku était inquiète de la défaite d’Echizen. Étant un joueur d’exception, Echizen n’était pas du genre à perdre. Ou du moins, pas souvent. C’était sûr que son opposant était tout de même un joueur professionnel et que c’était déjà assez impressionnant qu’il se soit rendu si loin et même qu’il ait été accepté dans le tournoi, mais une défaite restait une défaite. Ce n’était jamais vraiment agréable. Surtout quand on était habitué à gagner.


Quand Kikumaru fut le premier à décider qu’ils devaient aller voir le jeune joueur pour lui remonter le moral aussitôt soutenu par les autres, Fuji et Oishi les en empêchèrent. Echizen n’avait certainement pas besoin qu’une bande d’énergumènes – avec toutes les bonnes intentions du monde, mais quand même – vienne essayer de lui remonter le moral de manière plus que discutable. C’est donc pour cette raison que Tezuka fut le joueur désigné pour aller voir Echizen.


Se servant de la pass qu’Echizen avait réussi à procurer à ses coéquipiers, Tezuka réussit à entrer dans les vestiaires pourtant interdits au public. C’est un Echizen immobile sur un banc et avec une serviette sur la tête qu’il y trouva. D’abord, Tezuka fit assez surpris de le voir si affecté par sa défaite, mais rapidement son inquiétude prit le dessus. C’est cependant avec son allure professionnelle de capitaine qu’il le rejoignit.


Le capitaine s’approcha du banc pour ensuite s’asseoir à côté de son joueur. Ce dernier n’eut aucune réaction à son arrivée, restant immobile, la tête toujours baissée et cachée par sa serviette. L’aîné dû donc se pencher pour finalement croiser son regard. Il n’eut cependant que le temps de croiser deux orbes noisette qu’il sentit deux lèvres se presser contre les siennes.


Face à cet acte totalement inattendu de la part de son cadet, Tezuka n’eut aucune réaction. Son cerveau sembla se reconnecter seulement quand Echizen se décida à mettre fin au baiser qui était resté très chaste, simplement un pressement de lèvres. Si Tezuka ne savait pas comment réagir, il savait encore moins comment interpréter le sourire mutin qui étirait maintenant les lèvres du cadet alors qu’il l’observait avec amusement.


« Ce n’est pas ce que tu voulais faire? Pour me remonter le moral? » proposa le jeune joueur.


Encore en train d’essayer d’analyser la situation dans laquelle il se trouvait et qui semblait sortir tout droit de la quatrième dimension, Tezuka prit un temps avant de répondre. Ses sentiments se bousculaient encore dans son esprit quand il répondit :


« Hum, non… »


« Ah, d’accord, » répondit simplement Echizen en haussant les épaules. « De toute manière, ça aurait été inutile si ça avait été que pour cette raison. Je ne suis pas déprimé. J’ai fait un bon match et j’ai appris de nouvelles choses pendant ce tournoi. »


« "Si ça n’avait été que pour ça"? » répéta Tezuka qui avait tiqué sur ce détail.


« Eh bien oui, » rétorqua le cadet comme si c’était évidence. « Tu as des sentiments pour moi, non? Si tu m’avais embrassé pour déclarer tes sentiments, alors là, ça n’aurait pas été inutile. »


Echizen ponctua sa dernière phrase d’un sourire et d’un regard qui ne laissaient pas de doute sur le fait que si Tezuka l’aimait bel et bien, alors ses sentiments lui étaient retournés.


C’est ce sourire, ce regard et cette phrase qui finirent de griller le cerveau du capitaine, rendant l’assimilation de l’information dure à faire. Echizen l’aimait? Pourquoi? Il était pourtant reconnu pour ne se soucier que du tennis, exception faite de Karupin qui occupait une grande place dans son cœur. Aussi, il était très jeune. Il n’était pas encore rendu à l’âge où on commençait à regarder les autres sous un jour différent, à vouloir développer avec eux une relation dépassant les limites de l’amitié. Tezuka commençait lui-même à peine à penser à ce genre de choses, bien que sa priorité reste le tennis.


Mais aussi pourquoi lui? Déjà, Tezuka était un homme – ou plutôt un très jeune homme. Pour les premières expériences amoureuses de son cadet, il ne se serait pas douté qu’il porte son choix sur quelqu’un du même sexe que lui. Il aurait plutôt cru que sa première relation aurait été avec la petite Sakuno Ryuzaki qui lui tournait autour. Ensuite, il y avait aussi que Tezuka n’était clairement de son âge. À leur âge, une différence d’années était considérable même si ce n’était que de deux ou trois années. Bien sûr, ce n’était pas comme s’il avait l’âge de leur coach – là, ça aurait été plus que déplacé comme relation –, mais tout de même. Sur tous les points, Tezuka ne comprenait pas pourquoi le choix d’Echizen ne s’était pas porté sur Sakuno qui remplissait tous les critères.


Pendant que Tezuka pensait à toutes ses choses qu’Echizen aurait jugé complètement inutiles s’il pouvait lire ses pensées, ce dernier le regardait avec malice. À voir l’air un peu perdu de son capitaine, il devinait que celui-ci devait encore avoir de la misère à comprendre parfaitement ce qui se passait. Il se décida alors à continuer, espérant le faire réagir un peu plus :


« Je crois bien que ça n’aurais jamais abouti si je ne m’étais pas décidé à agir. Tu t’empêchais de faire quoi que ce soit, parce que tu es mon capitaine et que tu aurais eu l’impression de faire de l’abus de pouvoir, hein? » devina facilement Echizen.


Tezuka n’osa pas ajouter à sa dernière réplique que c’était aussi parce qu’Echizen avait l’air tellement jeune à cause de sa petite taille – quoiqu’il était réellement très jeune – qu’il avait l’impression de faire également du détournement de mineur. Sachant que le plus petit n’aimait pas qu’on le considère comme un gamin, il préféra se taire pour ne pas plomber l’ambiance. D’ailleurs, c’était peut-être même pour prouver qu’il n’était pas si jeune qu’il avait pris les devants dans leur… relation?


« Même le comportement de Dany n’a pas réussi à te convaincre d’agir, » poursuivit le cadet en sortant le capitaine de ses pensées.


« Tu t’es arrangé avec lui pour me rendre jaloux? » fit Tezuka, sceptique du fait que le plus jeune puisse avoir décidé d’organiser toute une machination pour lui faire avouer ses sentiments.


« Dany? Non, il est toujours comme ça, mais j’ai seulement cru que ça pourrait peut-être te faire réagir. »


Tezuka hocha simplement la tête. Puis il sembla se replonger dans une réflexion intense et Echizen commença à s’impatienter. Il comprenait le choc de la révélation, bien sûr. Surtout qu’il était évident que Tezuka s’était jusqu’alors mis en tête de réprimer ses sentiments au point de les faire disparaître. Mais quand même. Il ne pourrait pas arrêter de réfléchir à tout avec tant de sérieux et simplement profiter du fait qu’Echizen lui avait révélé ses propres sentiments?


Une moue ennuyée étirait doucement ses traits tandis qu’il attendait une réponse ou au moins une réaction. Il finit cependant par se décider à agir encore une fois pour compenser l’inaction de son vis-à-vis :


« Bon. Si tu es pour ne pas réagir et profiter de l’occasion, je vais voir les autres, » conclu le plus jeune avec désinvolture en attrapant son sac de sport et en faisant mine de quitter les vestiaires.


« Non, attends! » réagit soudainement Tezuka en voyant son cadet lui échapper, l’attrapant par le poignet pour l’arrêter.


Ce dernier s’immobilisa et se tourna vers son capitaine, planta son regard dans le sien. Tezuka frisonna légèrement devant l’intensité de son regard combiné avec le toucher de sa main contre son poignet si frêle.


« Une dernière question, » lui promit Tezuka.


Echizen pinça encore un peu les lèvres dans une moue contrarié pour faire bien comprendre son agacement avant d’hocher de la tête, lui permettant de poser sa question.


« Comment tu as deviné? Pour mes sentiments pour toi. »


« C’est Fuji qui t’a trahis, » répondit-il avec un petit sourire. « Il a beau être difficile à lire avec ses yeux et son sourire, mais j’ai bien remarqué qu’à chaque fois qu’il est dans les parages, on se retrouve toujours étrangement seuls. Après, c’est pas difficile de faire un plus un. »


À ce moment, Tezuka ne savait pas s’il devait remercier ou maudire Fuji pour sa détermination à se mêler de ses affaires personnelles et son absence apparente de subtilité. Il décida de choisir la première option bien qu’il n’était pas encore certain de le lui dire à haute voix. Des plans pour qu’il recommence.


Puis il se décida à se concentrer plutôt sur la personne devant lui. Il détailla encore un moment les traits de son visage avant de prendre l’initiative de se pencher vers lui pour capturer ses lèvres, sa main libre venant se glisser dans son cou. Echizen se prêta au jeu sans protester, enfin satisfait que Tezuka arrête d’être si constipé des sentiments.


Le baiser restant encore une fois assez chaste puisqu’ils n’avaient quand même pas l’âge de commencer à se plaquer contre les casiers pour se faire l’amour avec passion – quoiqu’Echizen avait quand même osé glisser sa langue contre les lèvres de son vis-à-vis –, ils se séparèrent après un moment. Tezuka frémi encore quand il remarqua les lèvres et joues rougies de son cadet en plus de son regard pétillant d’une malice à la fois enfantine et érotique. Ce n’était définitivement pas un bon mélange pour le cœur de l’aîné qui manqua un battement, mais réussit tout de même à calmer suffisamment ses ardeurs pour paraître naturel.


« Je crois que je peux dire que je n’ai pas tout perdu aujourd’hui, » fit remarquer Echizen avec un sourire mutin en coin.


Tezuka lui répondit d’un simple sourire, mais Echizen ne sembla pas s’offusquer du manque d’éloquence de son nouvellement petit-ami. Il s’écarta un peu de lui et reprit son sac qu’il avait laissé tomber par terre. Il fit quelques pas vers la sortie avant de se retourner vers son capitaine pour lui faire une proposition :


« Maintenant que j’ai en fini avec le tournoi, ça te dit un vrai match cette fois? »


« Bien sûr. »


Sur ces dernières paroles toutes simples, les deux joueurs quittèrent finalement les vestiaires. Ils retrouvèrent bien vite les joueurs de Seigaku qui, dès qu’ils les repérèrent, se précipitèrent vers eux pour s’enquérir de l’état d’Echizen.


« Hey, les gars, je crois que la fin du monde approche. Echizen perd un match et Tezuka se met à sourire, » fit remarquer Momo avec un air complètement effaré en voyant ledit sourire de son capitaine.


« Tezuka! C’est méchant d’être heureux alors qu’Ochibi a perdu! » geint Kikumaru en remarquant le sourire que Tezuka tentait tant bien que mal – mais surtout mal – de cacher.


S’en suivit alors d’une avalanche de commentaires sur le sujet de la part des membres de la team. Tout le monde venait mettre son grain de sel, chacun profitant de l’occasion pour charrier un peu leur capitaine. C’était si rare que Tezuka ne les remettait pas rapidement à leur place d’un seul regard qu’ils en profitèrent largement, installant une atmosphère bon enfant au sein du petit groupe.


De leur côté, Echizen et Fuji, qui s’étaient retirés de l’agitation de leurs coéquipiers, regardaient leur capitaine en souriant, bien que ce soit plus discrètement pour le plus jeune. Echizen, parce qu’il était simplement heureux et amusé de la tournure des évènements, n’ayant plus à attendre que son handicapé des sentiments de capitaine. Fuji, parce qu’il était plus satisfait que ses plans aient fonctionnés – quoique le résultat était aussi grandement dû à l’initiative du cadet.


Tandis que le regard d’Echizen restait sur son capitaine et maintenant petit ami, celui de Fuji dériva lentement vers Kaido et Inui. Un discret sourire machiavélique étira ses lèvres tandis que son cerveau commençait déjà à imaginer de quelle manière il pourrait réussir le même exploit avec ses prochaines victimes.