Prologue

par malinalda

Deux choses sont nécessaires pour entrer à l'académie Ouran:

La fortune 
&
Une haute lignée.

L'oisiveté est un luxe réservé aux gens riches. 
Ainsi, 
Le cercle d'hôtes est un groupe de chamants garçons qui,
Durant leur temps libre,
Divertissent d'adorables demoiselles,
Tout aussi oisives.
C'est une distraction de luxe,
Unique à cette école pour nantis. 

 

_Baron, vous l’avez déjà dit ça ! Dit Hikaru en levant ses mains en signe d’incompréhension totale.

_C’est vrai, surtout qu’on sait parfaitement ce qu’est le cercle d’hôte, enchaîna Kaoru en bougeant ses mains de façon à faire comprendre que c’était inutile de le dire. Même Haruhi le sait maintenant !

Les trois compères, à savoir, Tamaki et les jumeaux, se retournèrent Haruhi afin qu’elle confirme les derniers dires de Kaoru. Mais à la place d’un hochement de tête positif, ils reçurent un regard lassé et un soupir venant de la jeune fille. Tamaki ouvra immensément les yeux vers sa « fille » d’un air appeuré et alla la secouer par les épaules.

-Haruhi ! Haruhi ! Ce n’est pas le comportement qu’une jeune fille devrait avoir ! Ton papa refuse de te voir ainsi malheureuse ! Ça ne va pas ? Tu veux quelque chose ? Des vacances nous feraient le plus grand bien, qu’en penses-tu ? A la plage ? A la montagne ? J’aimerai beaucoup aller à...

_Non, coupa net la jeune fille en regardant à sa droite pour montrer au jeune homme blond qu’elle se fichait pas mal de ce qu’il lui disait, la seule chose que je veux pour l’instant, c’est que tu arrêtes de me secouer comme un bourrin paniqué. En plus, tu n’es même pas mon père.

A ces mots, Tamaki lâcha immédiatement la jeune fille « je m’en foutiste » et se recula d’une souplesse qui lui était encore inconnue. Un bourrin ? Tamaki était anéantit... Le ciel venait-il de lui tomber sur la tête ? (en tout cas, il en était persuadé). Depuis quand Haruhi parlait elle de la sorte ? Depuis quand avait-elle des pensées néfastes au sujet de son père ? Dans un mouvement bref et rapide, il alla s’asseoir dans un coin de la pièce en boudant, faisant dos au reste du club.

_Eheh, bien jouée Haruhi ! S’exclamèrent les jumeaux en coeur. Pour te récompenser, on te propose un voyage en France ! Il paraît qu’il y a quelque chose qui s’appelle les soldes là-bas en ce moment ! C’est des réductions de prix pour les prolétaires, alors tu pourras t’acheter beaucoup plus de choses !

_Vous oubliez que Haruhi ne possède toujours pas de passeport, fit remarquer Kyoya en relevant ses lunettes. D’ailleurs, tu as pensé à aller en demander un ?

_Oui... Mais il fallait que je paie directement et je n’avais pas pris d’argent, alors j’y retournerai dans la semaine, répondit Haruhi en se retournant, indifférente, vers le roi des deux de tensions.

Dans un même mouvement, les jumeaux la prirent dans leurs bras avec un air de pitié et de compassion tout en marmonnant des « elle est trop mignonne » à tout bout de champ. Tamaki s’était joint à ses camarades qui l’avaient ouvertement repoussés. Ils voulaient la garder pour eux deux.

Nous voulons la garder pour nous....

Car elle est la première à nous différencier, nous la voulons dans notre monde. Ainsi, tout pourrait très bien se passer, tout les trois, nous pourrions être heureux. C’est tout du moins ce que Hikaru pense. Même si ma maturité n’est pas très développée, je sais qu’il est tout à fait impossible que la fille que nous aimons nous rejoigne tout les deux, mais je n’ose pas le dire à mon frère, je ne veux pas le faire souffrir en le ramenant à la réalité, lui, ma moitié, mon autre moi. Pour nous qui avons toujours vécu ensemble, il nous est impensable de devoir un jour se séparer et vivre indépendemment, même si au fond, nous savons très bien que ça se déroulera un jour ou l’autre. Alors nous faisons durer les moments où nous sommes ensemble et nous en profitons au maximum. C’est ainsi. Et la scène que je viens de vous narrer, un peu plus haut, c’est le quotidien que nous vivons toutes les fins de journée, au cercle d’hôtes. Le quotidien avant que tout commence. Mais pour ceci, il fait remonter à ma toute petite enfance, lorsque je n’avais que cinq ans.

 Hikaru et moi étions déjà inséparables et identiques, mais pourtant, nous étions déjà deux êtres distincts. Seulement ça, nous avions l’impression d’être les seuls à le comprendre. Personne ne réussissait à nous différencier, aussi bien qu’on nous avait rentré dans la tête que personne ne pourrait jamais faire la différence entre nous deux. C’est pourquoi nous nous sommes enfermés dans un monde, tout les deux, ou personne ne pouvait s’infiltrer. Néanmoins, alors que je n’étais qu’un petit enfant, il y a bien eu une personne capable d’ébrécher un des solides murs de ce monde. Son nom était... Levalia. Levalia Kumiko. Elle avait exactement le même âge que moi, seulement quelques mois nous séparaient. Je ne le savais pas à l’époque, mais elle était l’une des principales richesses du monde. Elle était la seule chose qui me séparait de mon frère, elle était mon seul secret vis-à-vis de Hikaru. Nous nous rencontrions seuls, les jours ou Hikaru devait aller chez un médecin particulier, c’est à dire très rarement. Les moments que Levalia et moi passions ensembles étaient comme magiques. Je ne lui avais pas dit que j’avais un frère jumeau, un double et une moitié. Peut être par peur de ne plus l’avoir à moi. Elle fut la toute première chose que j’ai refusée de partager avec Hikaru. Je culpabilisais énormément et pourtant, nos rencontres restaient secrètes, à tel point que nous en avions fait un jeu. Durant ces rencontres, nous passions la plupart du temps à s’amuser, mais je me souviens qu’elle aimait beaucoup regarder les nuages et les oiseaux. Alors, de temps à autres, nous nous allongions dans l’herbe et observions le ciel, en trouvant des formes aux nuages. Mais trois ans après que nous commençâmes à nous fréquenter, elle déménagea en France. Je fus d’abord triste de cette nouvelle, mais avec le temps, cette tristesse s’est atténuée, peut être même m’avait elle oublié. Hikaru s’était demandé pourquoi j’étais triste, mais je ne lui ai jamais révélé l’existence de ma camarade secrète. Je voulais et veux gagner le jeu « Qui sera dévoilé le premier ? ».

C’est pourquoi, encore aujourd’hui, elle est un secret dont Hikaru ne connait pas l’existance. Ni le barron, ni même Haruhi. Je soupsonne Kyouya d’être au courant, il aime bien fouiller dans le passé des gens, mais s’il est au courant, il garde bien ce secret, ce qui m’arrange, pour tout vous dire.