Poulet aux champignons et problèmes de douche

par Linksys

- C'est absolument fameux, décréta Mihawk, après s'être resservi une généreuse platée de la volaille aux champignons préparée par Perona.

- Ge chuis d'accord, renchérit Zoro, qui ne pouvait attendre la fin de la mastication pour affirmer son accord.

Flattée de ces compliments, la cuisinière se sentit fière d'elle. Elle n'était en général pas douée pour les tâches ménagères, mais au moins, la cuisine, elle savait y faire.

Le volatile avait été acheté la veille lorsque Mihawk était parti en mer pour acheter des vivres, et les champignons étaient bien évidemment ceux que Perona et Zoro étaient sorti cueillir en fin d'après-midi. La jeune femme avait aussitôt décidé de ce qu'elle allait préparer pour les "deux autres idiots incapables de survivre seuls" (qui n'étaient autres que Mihawk et Zoro). Il s'agissait en l'occurrence d'une vieille recette jadis enseignée par sa mère, et dont elle avait oublié certains détails d'accompagnement avec le temps. Mais le résultat fut tout de même très bon, ne serait-ce qu'à en juger par la propreté des assiettes et du plat à la fin du repas.

- On serait morts depuis longtemps, sans toi, commenta le bretteur après avoir repoussé son assiette.

- Vous ne seriez pas même nés, sans les femmes, fit observer la jeune femme.

Zoro ne releva pas la pointe d'esprit, et continua, s'adressant à Mihawk pour continuer.

- J'y pense, avant que Perona ne condescende enfin à nous préparer à manger, on ne mangeait que de la conserve, matin, midi, soir, et même au goûter, et ça fait au moins huit ans que vous êtes ici ... Depuis tout ce temps, vous vous contentez de patates et de pâtes à l'eau ?

Le Corsaire s'offrit bien le temps de siroter le restant de sa coupe de vin rouge, avant de prendre la parole.

- Les patates et les pâtes à l'eau, comme tu dis, m'ont mainte fois sauvé la vie, en pleine mer. Mais ici, je n'ai jamais eu à me rationner de la sorte. N'oublie pas que l'île civilisée la plus proche, Mirre, est à moins d'une demi-journée de navigation, il y a toujours à manger là-bas. Et puis, tu ne t'en est peut-être pas rendu compte, mais les eaux qui baignent l'île sont très poissonneuses, et la forêt abrite bien d'autres animaux que des Humandrilles. J'ajouterai que ...

Il hésita un quart de seconde avant de révéler cette information, mais cela n'échappa ni à Perona ni à Zoro.

- J'ai parfois disposé d'un service de cuisine particulier, à certaines occasions.

Pour signifier la fin de la conversation, il mit ses couverts dans son assiette, se leva et amena le tout dans la cuisine. Comme c'était son soir de vaisselle, Zoro et Perona lui amenèrent le restant des couverts.

Une fois la table entièrement débarrassée, Zoro commença de retourner au confort de son canapé en cuir, et Perona fit mine de vouloir le rejoindre pour s'installer sur ses genoux et se blottir contre lui. Mais cela fit rappeler au bretteur qu'il devait aller à la douche.

- Désolé, faut que j'aille me laver, dit-il en s'éclipsant.

Perona voulut protester contre ce départ intempestif, mais ne put rien changer à la volonté du bretteur, qui eut bientôt quitté la pièce. D'autres pensées fleurirent dès lors dans l'esprit de la jeune femme, qui s'efforça de les chasser. Pour ce faire, elle se plongea dans la lecture que Zoro avait abandonnée derrière lui, ouverte et retournée sur le bras droit du fauteuil. Elle ne fut guère surprise de lire le nom de plume de son père, Louis Walter, sur la couverture : avant même que Zoro ne sache que ce n'était que le pseudonyme du père de Perona, les livres dudit papa figuraient déjà parmi les préférés du bretteur. Le titre sur la couverture était ARRIVEDERCI (N.B. : cela signifie "au revoir" en italien) tout en majuscules. Elle l'ouvrit, car elle n'avait jamais lu auparavant ce que les critiques avaient unanimement considéré comme le dernier grand ouvrage de Louis Walter. Elle put lire, en première page, la dédicace suivante : "À P.S.A.N.A., ma fille, et comme toujours, à ma femme". Elle repensa un court instant à sa famille, pour la première fois depuis longtemps, sinon depuis sa crise de souvenirs. Elle savait, pour l'avoir lu l'an passé dans le journal, que son père n'écrivait plus, mais elle ne savait pas, au contraire, si sa mère était toujours la directrice du site de production Criminal de West Blue. Elle se demanda également un court instant ce que ses parents penseraient en la découvrant, devenue femme, pirate et femme de pirate. Son père se gonflerait d'orgueil, car même si cela allait à l'encontre de la philosophie de sa mère, il avait toujours souhaité que sa fille réussisse là où elle voulait réussir. Mais sa mère, justement, bien que n'ayant jamais eu aucune velléitè de contrôler l'avenir de sa fille, ne serait pas des plus heureuses de voir sa petite fille adorée devenue une dangereuse hors-la-loi. Et aucun d'eux ne le savait, mais le titre du livre que Perona lisait prendrait tout son sens bien avant la fin.


Une fois nu, Zoro se hâta de rejoindre la baignoire, et tira le rideau. Il hésita un court instant entre bain et douche, et opta pour le second choix, plus rapide. Il enclencha le mitigeur et se laissa submerger par le flux de l'eau brûlante. Il se sentit revivre alors que l'eau coulait sur lui. L'entraînement serait rude, demain, mais tel un mur sale sous la pluie, toutes ses pensées, qu'importe leur nature et leur objet, furent rincées par l'écoulement de l'eau. Il releva la tête, exposant son visage au jet de la douche. Sa cicatrice le picota. Il n'y pensait plus du tout, mais il était réellement devenu borgne suite à sa première rencontre avec Illjoe. Cependant, le globe oculaire en lui même n'avait été qu'endommagé en surface par la pointe effilée de la lame, et il gardait l'espoir de retrouver un jour la vue par cet oeil.


(L'auteur se permet de vous signaler aimablement que le lemon commence maintenant)


Il se passa une dizaine de minutes pendant lesquelles Perona resta assise sur le fauteuil de Zoro, trop occupée à penser pour pouvoir donner du sens aux suites de pictogrammes qui défilaient incessament sous ses yeux, à mesure qu'elle tournait inconsciemment les pages du livre. Que faire, que penser ? La moitié droite de son cerveau se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir faire comme bentô pour le lendemain, et la moitié gauche se demander ce qu'elle allait bien pouvoir faire à Zoro lorsqu'elle l'aurait rejoint dans la salle de bain. Imaginer cette première expérience externe à la douceur de la chambre la faisait frissoner d'excitation, même si la salle de bain restait assez classique comme endroit. Finalement, après avoir pensé qu'elle risquait d'arriver trop tard, elle se leva en trombe et courut à la salle de bain, ou plutôt en y lévitant, pour éviter de produire un bruit de course audible aux quatre coins du château. Une fois devant la porte, elle se posa doucement, et poussa l'épais battant de manière tout aussi délicate. Fort heureudement, Zoro était toujours sous la douche, ce qui non seulement ne contrariait pas les idées de la jeune femme, mais aussi lui permettait une approche des plus discrètes.

Elle eut un grand mal à ôter ses bottes rouges sans causer de cataclysme, mais une fois les chaussures enlever, elle s'effeuilla avec facilité, et bientôt, il ne restait plus que ses cheveux pour couvrir ses charmes, ce qui en fait en couvrait bien peu. Son coeur battait la chamade, comme avant de faire sciemment une bêtise. En passant devant le miroir, un détail l'interpella, un détail des plus anodins. Ses cheveux recommençaient à boucler, faute de les avoir tenus lisses ces derniers jours. Mais cela n'allait rien changer à ce qu'elle s'apprêtait à faire.

Zoro allait se saisir du shampooing quand soudainement, un bruit infinitésimalement supérieur au bruit de la douche le fit sursauter. Sur ses gardes, il se retourna, pour découvrir que Perona, toute nue, tirait le rideau pour se permettre d'entrer derrière lui.

- M-mais ... Qu'est-ce que tu fais ... Là ? Bredouilla-t-il, hagard.

- Je viens prendre ma douche avec toi, on gagnera du temps et de l'eau, se justifia-t-elle.

Et elle fut la première impressionnée par son aplomb. En temps normal, il ne lui en aurait pas fallu plus pour déguerpir à toutes jambes, mais il y avait trop de temps qu'elle fantasmait sur ça pour se permettre de se défiler ainsi.

- Et puis on pourra se frotter le dos, affirma-t-elle, en feignant de se presser contre Zoro après avoir enjambé le rebord de la baignoire.

- Tu voudrais pas frotter autre chose d'autre, toi ? Rétorqua suspicieusement le bretteur.

- Comme si ça te gênait !

Et sur ces mots, elle palpa sans ménagement la virilité de Zoro, qui s'érigeait déjà avant le contact.

- Non, ça ne me gêne pas, au contraire ...

Une telle perche ne pouvait être ratée.


Contre toute attente, et au grand dam de Zoro, Perona s'en tint tout du long à se savonner elle-même et à frotter le dos du bretteur.

Après avoir fini de se laver, Perona se tourna vers son chéri, et lui dit :

- À toi de me frotter le dos maintenant ...

Et rajouta, voyant qu'il prenait le gant de toilette :

- Avec tes mains !

Loin d'être décu, Zoro s'y plia avec une joie presque dissimulée. Après s'être versé un peu de savon-douche au creux de la main, il commença par de grands gestes circulaires entre les omoplates. Puis il descendit timidement le long du dos, et décida une limite à peu près à hauteur des reins, pour ne pas déborder de manière incontrôlée. Mais, alors qu'il lui frottait le bas du dos, au ras de sa limite imaginaire, il entendu Perona lui chuchoter :

- Tu peux frotter plus bas, aussi ...

N'y croyant pas au début, Zoro fini par s'enhardir, mais la gêne qui le dominait le fit déplacer ses mains jusque sur les hanches de son amoureuse, plutôt larges pour sa carrure frêle et toute en courbes. Amusée, Perona lui saisit les poignets et les dirigea plus avant, en direction de son bas-ventre. C'est alors qu'il se passa plusieurs choses en très peu de temps. Zoro fit pivoter Perona vers lui, la serra dans ses bras et l'embrassa, puis il l'adossa au mur, saisit sa jambe droite et la releva pour permettre l'union, étant déjà tout prêt à l'office. Le tout sans interrompre le baiser. Mais Perona le rompit, alors qu'elle sentait Zoro, trop hâtif, essayer de s'immiscer en elle. Alors, posant ses deux mains sur son torse, elle le repoussa doucement, d'un demi-mètre. Incompréhensif, il protesta.

- Cette fois, laisse-moi faire, dit-elle avec fermeté. Tu ne me laisses pas assez le dessus, alors j'ai décidé de le prendre moi-même, pour cette fois.

Zoro comprit ce qui allait lui arriver quand, le repoussant encore un peu, Perona s'agenouilla à ses pieds.

- Tu ne vas pas ... ?

- Si ... Je vais le faire ... Juste avec ma bouche.

Cependant, un genre de timidité la bloqua juste avant d'entamer le geste, presque comme la crainte inhérente à une première fois. Elle n'était pas impressionnée ni par la quinzaine de centimètres du désir de Zoro, ni par l'aspect de ce désir, car après tout elle l'avait souvent eu entre les mains, sinon entre ses cuisses, durant le mois écoulé. Mais le prendre dans sa bouche, ça, c'était totalement nouveau, et pour les deux.

Rien ne pressant, la jeune femme commença par quelques mouvrments de main le long du membre déjà rigide, puis elle passa ses doigts autour de l'épaisseur vert foncé - manifestement plus sombre que la courte chevelure du bretteur - qui dissimulait efficacement toute la peau de l'entrejambe.

- Tu sais, rien t'obli ... Commença le bretteur, lorsque sans prévenir, Perona posa les lèvres sur son gland. Aussitôt après, elle les avança de quelques centimètres, et Zoro apprécia tellement cette nouvelle sensation qu'il oublia sa phrase.

Le mouvement se réitéra mais en arrière.

Pour Perona, c'était une activité très spéciale et elle n'en retirait aucun plaisir autre que celui qu'elle trouvait en contentant le bretteur. Tout ce qu'elle sentait, physiquement, c'était la chaleur émise par le bretteur, et les tressaillements du membre lorsqu'elle avançait de nouveau. Pour peu de se concentrer, elle parvenait à sentir vaguement sur sa langue le compliqué réseau de veines qui couraient et battaient sous la peau. Pour Zoro, c'était moins doux et jouissif qu'un rapport normal, mais c'était mieux dans le sens où il était passif et où Perona avait tout pouvoir sur son plaisir. Il craignait pour le déroulement de la fin, mais préféra s'oublier au mouvement un peu plus rapide exercé par Perona.. Bientôt, il ne percevait plus que les sensations de son bas-ventre, qui irradiaient dans tout son corps. Par moments, également, il sentait la langue de Perona venir frotter contre son gland, ce qui, loin de lui déplaire, ne faisait que décupler l'effet prodigué.

Cependant, au bout de quelques minutes, il sentit Perona interrompre le mouvement. Intrigué, il voulut s'en informer, mais elle le devança ...

- Pardonne-moi ... Il faut que je m'habitue, c'est ... Pas évident.

Pendant les secondes suivantes, elle s'occupa de lui à la main avec application, avant de retrouver son courage et d'y revenir. En reprenant le geste, elle sentit les mains de Zoro, fébriles, venir se poser sur ses épaules. Alors, elle les prit dans les siennes et les plaqua au mur, de manière à empêcher toute intervention, de l'un, comme de l'autre. De plus, elle se permit d'augmenter l'amplitude du geste en acceptant quelques centimètres supplèmentaires, ce qui ne tarda pas à faire réagir le bretteur.

Après près de dix minutes de stimultion, Perona commença à songer à la fin de cet acte, et ce qu'elle ferait alors. Le livre avait été très clair sur les informations données. Recevoir directement la semence, au dénouement, lui semblait une idée assez étrange, mais la faire disparaître lui paraissait encore plus étrange. D'un côté, elle considérait ça comme un geste pervers et bizarre qu'elle ne pouvait se forcer à faire, mais d'un autre côté, il y avait cette curiosité presque malsaine qui l'avait déjà mise dans la situation actuelle, cette curiosité qui voulait savoit si Zoro allait apprécier, qu'elle le fasse ou pas.

Peu à peu, Zoro se sentait quitter le monde matèriel, à mesure que ses sensations s'intensifiaient. C'était différent de d'habitude, car d'habitude, c'était de lui que découlait leur rythme d'ascension (Perona, plus rarement, aimait à occuper le dessus). Or donc, en l'occurrence, il était totalement passif, seule Perona décidait de l'accomplissement. Et il s'y sentait arriver peu à peu. À mesure qu'il en approchait, il commença à gémir et à se tortiller, en quelque sorte. Cela n'échappa pas à la jeune femme, qui alternait main et lèvres sur ces dernières minutes. Elle le sentait se raidir plus encore dans sa bouche, et le souffle du bretteur se faisait de plus en plus court.

- Ça va ... Commença-t-il.

Il termina dans un grondement presque sourd, sans se soucier sur le moment de savoir où il s'était écoulé. Les sensations qui le parcouraient encore étaient trop intenses pour lui permettre de penser à autre chose que ce que Perona venait de lui faire découvrir. En se redressant, la jeune femme passa sa main sur les testicules de Zoro, puis enserra une dernière fois le sexe déclinant du bretteur, récupérant au passage d'ultimes traces de plaisir. Et elle se colla contre lui avant de l'embrasser sans lui demander son avis.

- Préviens-moi un peu avant, la prochaine fois, lui dit-elle, en souriant.

En se reculant de quelques centimètres, Zoro put voir la fin de son oeuvre répandue entre le haut de la poitrine et la gorge de sa partenaire, les premiers assauts ayant atteint l'angle du menton.

- Je ... Désolé ... Se répandit-il en excuses, confus.

- C'est bien la première fois que ça te gêne ! S'esclaffa Perona. Quand c'est sur ma main ou mon ventre, du moins.

Sans attendre de réponse, elle actionna le mitigeur, et un flot d'eau brûlante s'abattit sur eux.


(l'auteur se permet de vous signaler aimablement que le lemon se termine ici)


En quittant la salle de bain, Perona brisa enfin le silence réciproque qui s'était installé dès la fin de leur petit jeu.

- Tu ... C'était ... Bien ?

- Si j'avais eu à me plaindre, je l'aurais fait avant, répondit calmement Zoro, tout en faisant jouer la clenche de la porte pour refermer celle-ci discrètement.

Perona prit ça pour un oui (ce qui en était effectivement un), et, toute fière de cette première réussite, se promit de réitérer l'expérience ultérieurement.

Ils se rendirent rapidement à la chambre, et y entrèrent sans plus tarder. Perona, qui avait passé sa chemise de nuit pour sortir de la salle de bain, se glissa directement sous les couvertures, mais elle dût attendre Zoro, qui s'était refroqué rapidement pour quitter la pièce. Mais celui-ci ne tarda pas à ôter le fameux froc (du reste il était sorti torse nu) et à rejoindre la place qui était la sienne, sous les couettes, près de Perona. Et dire qu'il y a à peine six mois, alors qu'il dormait encore dans un coin avec son bon vieux hamac, Zoro n'aurait jamais osé espérer rêver de venir partager le lit avec l'occupante, même sous l'emprise de stupéfiants. Et dire que dans quelques instants, il allait sans doute être autorisé à retirer à cette même occupante sa chemise de nuit, pour continuer les activités de la salle de bain ...

Il n'y eu pas de suite véritable, car Zoro souhaitait se reposer avant la reprise de l'entraînement. Perona, n'étant pas de cet avis, dut attendre le sommeil du bretteur avant de remédier par elle-même à ses envies. Puis, sans avoir remis sa nuisette, elle se serra contre son amoureux, qui dormait déjà à poings fermés. Et elle pensa à son avenir à court et moyen terme avant de s'endormir.