De Thriller Bark à Obscuria

par Linksys

- Maître Moria ! Maître Moria ! S'exclama une voix aigüe, courant les couloirs interminables de Thriller Bark.

Finalement, le petit être (un genre d'oignon ambulant vêtu d'une cape bleue) propriétaire de la voix, fit irruption dans une immense pièce. Une silhouette, immense aussi mais dans des proportions moindres, se tenait debout près de la fenêtre.

- Maître Moria ! Cria une dernière fois l'oignon, avant de se pencher en avant, les mains sur les genoux.

- Qui y a-t-il ?

- Un de nos feux de détresse ... Droit devant !

Le Grand Corsaire laissa échapper son rire caractéristique.

- Bien ! Qu'attendons-nous pour inviter ces pauvres malheureux à bord ? Cours prévenir Hogback et Absalom !

- Oui, Maître Moria !

L'oignon repartit à toute vitesse en sens inverse.


Et bientôt, une immense ombre apparut à l'horizon, en vue du navire pirate qui transportait Perona.

- Île en vue ! S'exclama la vigie. Terre à deux heures !

Le navigateur rétorqua, adossé sur le pont contre le mât :

- Il n'y pas d'île à moins de trente-cinq miles nautiques d'ici. Tu devrais arrêter la boisson !

- Lève-toi et regarde par tes propres yeux, bon à rien, mauvais en tout ! Tonitrua la vigie.

Il régnait une mésentente sévère entre ces deux-là, fort semblable à celle de Zoro et Sanji.

- Ouais, bon, je vais voir ...

Le navigateur se leva, et marcha lentement jusqu'au bastingage, du côté tribord. Il se pencha et plissa les yeux. En effet, loin sur l'horizon, était posée une grosse tâche d'ombre, qui grossissait à mesure que le bateau s'en approchait. Il ouvrit de grands yeux écarquillés, et laissa tomber à l'eau l'écharde de bois qu'il mâchonnait sans cesse.

- C'est vrai ... J'y crois pas ...

Entendant ce raffut, Jack sortit de sa cabine et s'approcha.

- Qu'est-ce qu'il se passe, les enfants ?

- Île à deux heures, capitaines ! S'exclama la vigie.

- Il n'y a pas d'île par ici, rétorqua un Jack sûr de lui.

Il s'approcha du navigateur, toujours estomaqué, et vit à son tour la tâche sombre sur l'horizon.

- C'est pas possible ! On a sillonné ces eaux autant de fois que j'ai de flingues, jamais une seule trace de terre de ferme !

Jack cracha dans l'eau, s'infligea une paire de claques, et regarda une nouvelle fois. Il y avait indéniablement quelque chose qui était sans doute une île.

- Cap sur cette chose, ordonna le capitaine. Les îles ne poussent pas en une nuit, allons voir ce que c'est.

- Vous êtes sûr ? Demanda le navigateur, hésitant.

- Si tu veux, on peut aussi essayer de voir qui court le plus vite, entre toi ou une balle de pistolet.

- Compris, capitaine.

Aussitôt, le navigateur courut à la barre, et héla les hommes qui étaient chargés de manœuvrer le gréement. Le navire vira efficacement de bord, et fit voile vers ce qui allait être la dernière aventure de l'équipage.

Il ne fallut qu'une ou deux heures pour atteindre cette fameuse île. Une immense muraille en faisait le tour, mais une large trouée donnait accès à un bras de mer, qui vraisemblablement entourait l'île. Le navire s'y engagea lentement, mais sitôt qu'il eut dépassé l'enceinte de la fortification, un grand bruit de tonnerre résonna derrière. Affolé, les pirates se ruèrent sur le gaillard d'arrière. Une immense bouche sculptée dans la pierre s'était affaissé, barrant la voie et leur coupant toute retraite. Perona, qui était elle aussi sur le pont, se prit à espérer que cette mésaventure lui permettrait de fausser compagnie à ses ravisseurs.

- Au point où on en est, autant jeter l'ancre et poser pied à terre, soupira Jack, à qui tout cela ne disait rien qui vaille. Tu bouges pas d'ici, lança-t-il à Perona.

L'ancre fut jetée et quelques chaloupes mises à l'eau, pour transporter l'équipage. Un nouveau rempart bloquait leur progression, mais qui affleurait à la surface de l'eau. Parfois, les vagues le surpassaient et s'écoulaient avec fracas dans une fosse de sept mètres, dont le sol semblait tapissée d'ossements. Jack et tout les hommes de la première chaloupe se mirent debout sur le mur, et entreprirent de positionner leur embarcation par-dessus le vide, de manière à créer un passage.

Depuis le pont du navire, c'était la dernière fois que Perona les vit. Mais pour le moment, son plan d'évasion était compromis. Toutes les chaloupes avaient été mises à l'eau, et elle se voyait mal flotter au-dessus de l'eau en portant avec elle une semaine de vivres. Résignée, elle s'assit contre le mât, puis croisa les bras et serra les jambes. Peu après, quelques cris d'effrois retentirent, et elle sut que c'étaient ceux des hommes de Jack. Mais qu'ils soient morts ou vifs, elle ne s'y intéressait pas le moins du monde.

Elle resta campée ainsi pendant une dizaine de minutes tout au plus, jusqu'à ce qu'un étrange bruit ne lui fasse dresser l'oreille. Attentive, elle cessa de respirer pour entendre au mieux.

C'était un bruit de pas. Or, elle était seule sur le navire, et assise, qui plus est. Soudain, elle vit s'ouvrir la porte de la cabine de Jack, quelques mètres en face d'elle. Interdite, elle fixa l'endroit, les yeux écarquillés. Elle voulut apostropher brusquement le phénomène, mais le cri gela dans sa gorge quand un tonneau, posé le long du bastingage, se renversa sans raison apparente. Sitôt après, un rugissement de douleur déchira l'air, et elle crut comprendre les mots : "ça fait mal !".

- Qui ... Qui va là ? S'enquit Perona qui s'était redressée, sur le qui-vive.

- Ooh ooh, mais que voilà une fraîche et jolie jeune fille, dit une voix suave, qui s'approchait d'elle.

Une main brutale et invisible lui saisit l'épaule droite. Ou plutôt, lui frôla l'épaule. Perona s'envola brusquement, et tira la langue avec une expression de triomphe.

- Je t'ai eu ! S'exclama-t-elle.

Elle roula sur elle même et se retourna.

- Negative hollow !

Aussitôt, un fantôme fusa vers le mât, et le traversa. Il y eut un lourd bruit, et Perona vit avec stupeur un homme, de grande carrure, sur les genoux et penché en avant, devenir de plus en plus visible.

- Je serais plus à ma place dans une cage au zoo, ou sur une piste de cirque ...

Intriguée, Perona s'approcha de sa victime, pour essayer de voir son visage. Mais, à peine s'était-elle approchée, que l'homme lui bondissait dessus. Elle crut voir un faciès félin, mais sentit une vive piqûre sur sa jambe droite, au-dessus du genou. Sa vue se troubla et elle s'effondra.

- Pff, bonne idée de toujours avoir des doses d'eau de mer sur moi, soupira Absalom en jetant la seringue vide qui avait servi à piquer Perona. En tout cas, voilà un joli brin de femme. (il rougit légèrement) Elle est encore jeune, mais je vais la garder au chaud, et je l'épouserai quand elle sera adulte ...

Il s'étira, avant de penser, abasourdi :

"Mais ? Ces pouvoirs ... (il revit en pensée le negative hollow) Ce sont les mêmes que ceux de Rowe ! Son pouvoir a déjà été recouvré ? Maître Moria sera content de l'apprendre."

Avec ménagement, il chargea Perona sur une épaule, et bondit souplement jusque sur la terre ferme, à plusieurs mètres de là. Il retourna tranquillement vers le manoir, en sifflotant.


- Pardon ? Tu as mis la main sur une fillette qui a récupéré les pouvoirs de Rowe ?

Moria venait d'apprendre la nouvelle.

- T'es sérieux, Absalom ? Renchérit Hogback.

Les têtes pensantes et l'élite des généraux zombies étaient rassemblés dans la chambre de Moria. Lequel et Hogback étaient au comble de la surprise.

- Oui, j'en suis sûr. Elle m'a même attaqué. Elle n'a sans doute que quinze ou seize ans, mais elle pourrait très bien faire l'affaire.

- Probablement, dit Moria, qui commençait à imaginer ce qu'il pourrait faire de la jeune fille. Est-elle la seule survivante ? Reprit-il.

- Oui, elle était restée sur le navire, je l'ai découverte en y cherchant des trésors.

- Eh bien, il faut croire que la chance nous sourit drôlement ! Rippe Rowe a été tué il y a à peine un an et demi, et voilà que nous retrouvons déjà la personne qui a récupéré son Fruit du Démon ! C'est décidé, elle fera partie des Quatre Mystérieux !

- Quoi ? S'étouffa Absalom. Mais je voulais attendre qu'elle arrive à la vingtaine, avant de l'épouser ...

- Tes intérêts personnels passent après ceux de Thriller Bark, Absalom. Tu n'as qu'à te trouver une autre fille.

Tout penaud, l'intéressé recula de quelques pas.

- Bien, si c'est tout pour le moment, j'ai quelques opérations de zombification à achever, lâcha Hogback avant de tourner les talons.

Moria l'autorisa d'un geste de la main.

Cindri le suivit, et jeta un regard à Perona, un regard presque curieux.

- Vous autres, allez aménager une grande chambre pour notre nouvelle venue ! Lança-t-il à une poignée de zombies de main, qui n'étaient jamais loin de lui. Et tâchez que ça lui plaise !


La jeune fille se réveilla dans une grande chambre. Elle avait chaud, et était allongée dans un immense lit moelleux, doté d'un baldaquin dont les rideaux étaient fermés. Avec le plaisant sentiment d'avoir passé une nuit reposante, elle repoussa de ses pieds l'épaisse couverture. Puis elle se rendit compte d'un changement. Ses habits lui avaient été ôtés, et elle portait à la place une large chemise de nuit, en coton blanc, et de facture luxueuse. De plus, on lui avait aussi ôté ses sous-vêtements, et cela l'inquiétait plus qu'un simple changement de tenue. Avec appréhension, elle tira les rideaux et sortit. Elle se trouvait dans une immense pièce, qui sentait le neuf. Çà et là, d'étranges petites créatures s'affairaient silencieusement à décorer la pièce, à l'aide d'articles typiquement féminins.

- Oh, elle est réveillée ! S'exclama un genre de raton-laveur couvert de cicatrices, dressé sur ses membres postérieurs.

Ne comprenant absolument goutte à la situation, Perona resta bête assise sur le bord de son lit, coite.

- Allez lui chercher ses habits, et ensuite, débarrassez le plancher ! Ordonna le petit animal.

Tous les spécimens présent ne dépassaient pas les soixante centimètres, et étaient très divers : souris, lapins, félins, renards, belettes ... Tous étaient bipèdes et parlaient, ce qui ne faisait qu'empirer l'état de confusion de la jeune fille, qui croyait au rêve éveillé. Sous ses yeux, la cohorte d'animaux quitta la pièce en file indienne. Cinq d'entre eux reparurent quelques minutes plus tard (Perona n'avait pas bougé), apportant de nouveaux vêtements. Ils furent déposés sur une chaise à bascule, et les animaux repartirent aussitôt en sens inverse. Un petit message avait été apporté. Avant toutes choses, elle le prit et le lut.


Bienvenue à Thriller Bark, jeune fille. Nous, les Mystérieux, avons à te parler. Rejoins-nous dans la chambre de Maître Gecko Moria. Le manoir étant très vaste, nous t'enverrons un guide pour te mener au rendez-vous. Nous t'avons fourni de nouveaux vêtements (en meilleur état que ceux que tu portais en arrivant ici), que tu trouveras joints à cette lettre. Nous attendons incessamment sous peu ta visite, et espérons que tu acceptera l'offre qui te sera faite.


"Encore des pervers !" S'exclama mentalement Perona.

Désemparée, elle décida de changer de sujet, et s'intéressa aux vêtements qu'on lui avait apportés. Tout d'abord, il y avait une lourde paire de bottes aux semelles épaisses, en cuir rouge. Des bas de laine noirs et blancs, et une jupe rouge à festons qui lui apparut bien trop courte, tenue par une ceinture dont la boucle était un cœur. Un tee-shirt blanc décolleté et à manches longues, orné d'un motif de tête de mort sur la poitrine, qui lui laissait à découvert le ventre et le bas du dos. Une petite capeline rouge bordée d'hermine blanche et tenue par un épais nœud rose. Deux chouchous noirs et blancs pour faire des couettes. Il y avait aussi des sous-vêtements simples, sans ornement, qui étaient parfaitement à sa taille. C'est de cette manière qu'elle commença à comprendre le talent des zombies-tailleurs de Thriller Bark. Lentement, elle s'habilla. Une grande glace avait été fixée non loin du lit, et une fois prête, elle s'y regarda.

"Je ressemble à une princesse ..." Pensa-t-elle, ébahie.

Jamais elle ne s'était trouvée aussi jolie. Alors qu'elle s'admirait inlassablement dans le miroir, on vint frapper à sa porte. Elle accourut pour ouvrir, et fut fortement encombrée par les lourds godillots.

"Plus simple de flotter ..."

Elle continua d'avancer en lévitant. Derrière la porte, il y avait une femme blonde aux formes généreuses, mais au visage de glace.

- Euh ... Bonjour ... Marmonna Perona, prise au dépourvu.

- Veuillez me suivre. On m'a ordonné de vous amener dans la chambre de maître Moria. J'espère que vous vous plairez, ici.

Dans la substance, ces dernières paroles auraient put être chaleureuses, mais aucune émotion ne transparaissait sur le visage de Cindri.

La traversée des couloirs du manoir fut assez longue, et très ennuyeuse. Aucun mot ne fut prononcé.

La chambre où on la mena n'avait rien d'une chambre, il n'y avait même pas de lit. Au milieu était une immense chaise travaillée, sur laquelle était assez un être difforme tout aussi immense, d'au moins six mètres de haut. Ébahie par ce gigantisme, Perona, resta bouche bée, et ne remarqua même pas la présence d'Absalom et Hogback. Le géant eut un étrange rire.

- Bien le bonjour, jeune fille ! Permets-moi de te demander ton nom ?

- Euh ... Perona Salem Amona Nelson Arnote, troisième du nom ...

- Pouah, c'est trop long, rétorqua Moria, avec une expression théâtralisée de dégoût. Perona Salem, ça te va ?

- Oui ...

- Tu possèdes les pouvoirs d'un Fruit du Démon, n'est-ce pas ?

- C'est vrai ... Le Fruit de l'Ectoplasme.

- Montre-moi comment tu te débrouilles.

Un instant, Perona songea à s'élever, pour se mettre à la hauteur de son interlocuteur. Mais elle préféra faire une démonstration plus significative, et généra une nuée de fantômes, qui montèrent en spiral jusqu'au plafond.

- Excellent !

Plus sérieusement, le géant se pencha en avant, et annonça, de but en blanc :

- Je suis Gecka Moria, un des Sept Grand Corsaires. Perona Salem, j'aimerais que tu rejoignes mon équipage pirate.

- Pardon ?

- Oui, tu m'as bien entendu. Mon troisième lieutenant, Rippe Rowe, a été capturé puis exécuté par la Marine, voilà un an et demi. Il possédait les pouvoirs du Fruit de l'Ectoplasme, et tout porte à croire que tu as récupéré ces pouvoirs. J'apprécierai fortement que tu acceptes la place que je t'offre, en tant que Mystérieuse.

En quelques secondes, tout un arbre de possibilités fleurit dans la tête de Perona. Devenir pirate. C'était tellement simple qu'elle n'y avait jamais pensé. Ses parents n'auraient jamais l'idée de la chercher parmi la masse grouillante de bandits qui pullulaient partout dans le monde. Et c'était très bien. D'autant plus qu'occuper une place importante parmi l'équipage d'un Grand Corsaire devait sûrement donner lieu à quelques avantages appréciables. Le choix fut rapide pour elle.

- Très bien. J'accepte votre proposition !

Et c'est ce jour-ci, habillée d'une drôle de manière, bizarrement coiffée par rapport à ses habitudes, que naquit la nouvelle Perona, celle qui allait déchaîner l'intérêt d'un certain escrimeur. (l'auteur vous informe que quelques informations seront données dans le commentaire de fin)


De retour dans le présent


Huit jours s'étaient écoulés depuis l'accident de Mihawk. La vie avait peu à peu repris son cours. Mais le Corsaire était toujours convalescent, et sa lame gisait toujours en trois parties. Zoro, pour sa part, donnait toute son énergie à l'entraînement. Si jamais Illjoe réapparaissait subitement, il voulait absolument le pourfendre de ses propres lames. Et puis, tout un tas d'ennemis tous plus forts les uns que les autres l'attendaient encore, dans la moitié de Grand Line qui lui restait à parcourir.

De temps à autre, Morinohito se déplaçait jusqu'au château, pour vérifier l'état de santé de Mihawk. Le huitième jour, cependant, il ne vint pas seul. Un autre Humandrille l'accompagnait. Ils arrivèrent à l'heure du déjeuner, et les trois occupants du château étaient réunis dans le salon. Mihawk était assis dans son sempiternel fauteuil. Perona et Zoro mangeaient face-à-face au bout de la table, autour d'un repas simple (salade, viandes, et quelques poissons) préparé par la jeune femme. Quand les deux primates entrèrent dans la pièce, sans même s'annoncer, le silence se fit et tout les gestes s'interrompirent.

- Eissen ... Dit Mihawk, presque surpris. Ça faisait longtemps.

- Trop peu pour moi. J'aurais préféré te revoir sous forme de poussière.

- Toujours aussi aimable.

- Naturellement, avec ceux qui ont failli nous détruire.

Eissen était un spécimen grand, doté d'une carrure imposante. Du reste, il ressemblait beaucoup à Morinohito, mis à part le fundoshi troqué contre un tablier de cuir souple et tanné, et un poil plus sombre. Il avait une voix grave, presque caverneuse.

- Ne te plains pas, Dracule, j'ai réussi à obtenir d'Eissen qu'il reforge ton épée, déclara le médecin.

Le forgeron laissa échapper un grognement sonore de dédain.

- C'est particulièrement surprenant, de la part de misanthropes comme vous.

- Ne t'y trompe pas. Nous faisons cela uniquement pour empêcher que l'homme-ballon ne revienne saccager l'île. S'il revient, il n'y a que toi qui pourrait lui faire faire demi-tour.

- L'homme-ballon ? Demanda Zoro, confus.

- Illjoe, répondit Mihawk. Par rapport à ses habits bouffants.

Il se retourna vers les Humandrilles, qui étaient restés à l'entrée de la pièce.

- Je vous suis infiniment reconnaissant de cette proposition, que j'accepte d'ailleurs avec joie. Mais je connais le caractère de votre peuple, il vous en cuirait trop d'aider des humains sans rétribution. Quel est votre prix ?

- Ton disciple aux cheveux verts, répondit abruptement Eissen.

L'intéressé se montra surpris, mais ne fut pas le seul. Il voulut protester, mais Mihawk prit les devants,

- Si c'est pour le sacrifier, je refuse, sans autre forme de procès.

Morinohito éclata de rire, et Perona laissa échapper un cri perçant à la simple idée de voir Zoro lié à un poteau, les pieds mordus par les flammes du bûcher.

- Nos guerriers l'ont déjà assez abîmé comme ça, Dracule ! Non, ce que nous voulons ...

Normalement, Eissen aurait dû finir la phrase, mais il se refusa à le faire. Un puissant coup de coude de son compère, en plein flanc, le décida à agir.

- C'est prendre en main pour quelques temps l'entraînement du arel-märh, dit le forgeron, presque à contrecœur.

Les derniers mots avaient une consonne gutturale marquée.

- Arel-märh ? S'enquit Zoro, qui savait que ce terme le désignait.

- "Cheveux-verts", c'est comme ça que nous t'appelons, expliqua Morinohito. Et la fille-fantôme, nous la nommons lodr-ancal'am, "Longues-boucles". Si tu veux savoir, nous nommons Mihawk mormegil, le "Noire-Épée".

Perona se montra assez flattée de ce surnom, qui lui correspondait. Zoro n'avait pas montré de retour aussi positif : il n'avait guère apprécié la référence à sa couleur capillaire.

- Hmm ... Commença le bretteur. Oui. J'accepte.