Processus

par Linksys

Ce fut une nuit exceptionnelle, pour l'un comme pour l'autre. Ils dormirent peu, et Perona se réveilla une heure avant le lever du soleil. Elle se rhabilla, sans oser repenser à ce qui venait de se dérouler là, sur le sol de la caverne. L'eau du cénote brillait d'un éclat peu commun, et elle fut éblouie tout au long de sa remontée. Malgré elle, à chaque marche, elle se rappelait une minute de sa nuit.

Perona n'avait pas perdu sa virginité, cette nuit-là. Itô n'avait pas parlé une seule fois d'une véritable relation charnelle, et la jeune fille n'avait pas eu le courage de le proposer. Au final, elle ne s'en plaignit pas, car elle s'était elle-même imposé de se préserver jusqu'au mariage, et pour l'instant, cette résolution était intacte.

Une fois à la surface, Perona courut presque jusqu'à chez elle, pour y être avant l'aube. Le soleil commençait à éclaircir l'horizon et à réchauffer le monde.

Perona sentit son cœur s'emballer, quand elle eut enfin le courage de repenser, en accéléré, à sa nuit. Puis, elle regarda sa main droite.

Une fois dans sa chambre, la jeune fille se déshabilla et enfila le tee-shirt qui lui servait de pyjama. Elle tenta d'aller dormir un peu, mais elle était trop excitée pour ça. Alors, elle se leva et alla s'assoir à son bureau. Elle entreprit de coucher sur le papier ce qu'il s'était déroulé pendant la nuit. Toutefois, elle n'alla que jusqu'à la moitié du récit. Après, ça devenait trop érotique pour Perona, et elle ne pouvait plus rester lucide. De toutes manières, il ne restait plus grand chose à dire.

Fort heureusement pour Perona, ses parents ne s'étaient absolument pas rendus compte de sa disparition nocturne.


Le séjour se termina bien vite. Itô venait rendre visite à Perona tout les soirs. En général, ils allaient se balader une heure ou deux, se donnaient un peu de plaisir avec leurs mains, puis se séparaient, et le même manège recommençait le lendemain soir.

Ce fut ainsi jusqu'au dernier jour. Les parents de Perona s'absentèrent toute la soirée : il allaient fêter, en couple, leur quinzième anniversaire de mariage, dans un restaurant huppé de l'île. Perona, elle, devait rester seule à la maison de vacances. Et cela l'arrangeait vraiment.

Dès que ses parents furent loin, la jeune fille se jeta sur l'escargophone, et composa frénétiquement le numéro d'Itô. Celui-ci décrocha rapidement.

- Tu peux venir chez moi ce soir ? Demanda-t-elle, avant même qu'Itô n'aie pu dire "allô".

- Euh ... Dès que j'ai fini de manger, ouais ... Mais mes parents ne doivent pas me voir. Je serais là vers vingt-deux heures. Pourquoi ?

- Parce que je suis toute seule chez moi ce soir !

- Ah, super ! Écoute, j'essaye de voir ça, à tout à l'heure !

Folle de joie, Perona courut jusqu'à sa chambre. Elle s'y enferma à double tour et enfila, sans une seconde d'hésitation, ses sous-vêtements de dentelle.

Mais, le soir venu, Perona attendit longtemps. Elle guetta la haie longuement, dans l'attente des signaux lumineux annonciateurs. Itô ne se présenta pas. Le magnifique plan de la jeune fille tombait à l'eau.


Dès que la famille Arnote fut rentrée à la maison, Perona vit immédiatement sa punition disparaître, et elle fut de nouveau libre d'aller et venir. Son premier réflexe fut d'appeler Itô, avec son escargophone personnel, qu'elle n'avait pu emmener avec elle. Le jeune homme ne décrocha qu'au deuxième appel.

- Allô, Itô ?

- Perona ?

- Oui. Pourquoi t'es pas venu, hier soir ?

- Mes parents ont su, que j'avais passé ma nuit avec une fille. Ça les a rendus fous. Si la fille en question n'est pas ma fiancée ou ma femme, ça leur sort par les yeux, et j'ai droit à des nouvelles du pays.

- Oh, je connais ça, compatit la jeune fille. Ma mère est un peu pareille, sur les bords.

- Et donc, j'ai été privé de sortie jusqu'à la fin des vacances. Chouette, nan ?

- Quoi ? C'est pas vrai ...

- Perona ?

- Itô ?

- Je t'aime.

- Moi aussi.

Lassée, la jeune fille coupa la communication. Elle n'aurait jamais cru autant s'ennuyer en appelant son amoureux.

Le lendemain, quinze juillet, Perona fêta son anniversaire en famille, et avec ses amies proches, celles qui l'avaient accompagnée à la piscine. Le soir, Itô l'appela pour lui souhaiter bon anniversaire.

Les vacances se terminèrent trop rapidement au goût de Perona, et il fut temps de reprendre le chemin de l'école. Hamarrow n'avait pas reparu depuis longtemps.

Au fil des jours, Itô se faisait de plus en plus distant. Sa punition levée, il ne vint pas immédiatement chez Perona, ce qui attrista grandement la jeune fille. Mais ce passage à vide fut de courte durée, et bientôt, leur idylle reprit de plus belle. Ilsh n'aimait pas du tout ça, et elle et Perona en vinrent plusieurs fois aux mains durant le mois de septembre.

Cette situation plusieurs mois. Les deux tourtereaux se voyaient régulièrement en dehors de l'école supérieure, à l'extérieur ou alors chez eux. Dans le deuxième cas, ils se cloîtraient dans leur chambre et satisfaisaient à leurs besoins charnels. Perona soulageait Itô avec ses mains, et Itô soulageait Perona avec ses mains. Jamais ils n'allèrent plus loin, ni même ne l'imaginèrent.

À part ces petites séances régulières, et divers accrochages avec Ilsh, il ne se passa rien de passionnant jusqu'au mois de décembre.


Un soir enneigé et froid, où Perona se promenait dans les rues de la ville après être allée faire une course pour sa mère, il advint qu'elle rencontra un groupe de fortes têtes de l'école supérieure, de véritables caïd de vingt-deux ans, qui ne devaient encore leur présence à l'école qu'à l'argent de leurs parents. Ils étaient quatre, et passaient leur temps à pourrir la vie des autres, voire plus. Deux d'entre eux avaient déjà fait quelques mois de prison pour harcèlement sexuel. Le meneur était aussi le plus imposant du groupe, il mesurait près de deux mètres. De toute évidence, ils en voulaient à la jeune fille. Perona, campée sur ses positions, ne se montra absolument pas intimidée, et se permit même de remettre en place son écharpe, alors que les gêneurs s'approchaient. L'un d'eux, un branleur lambda, s'approcha de trop près, et avec un regard trop lubrique, qui ne trompait pas.

- Alors, ma cocotte, on se pro ... Commença le gars.

Mais Perona n'était pas (à cette époque, du moins) une faible fille qui se laissait faire et qui avait peur des cafards. Son sang ne fit qu'un tour et, dans un formidable mouvement de rotation des hanches, elle lui écrasa son poing en pleine face. Elle sentit l'os du nez céder sous le coup. Il aurait été malvenu de sous-estimer ses capacités défensives. Le type bascula en arrière et s'écroula dans la neige. Son visage ruisselait de sang, et il se tenait le nez à deux mains.

- Ramassez votre pote et cassez-vous, ou je crie, avertit la jeune fille.

Elle commença de se masser les jointures endolories.

- Ha ha ha ! Ricana le meneur. Tu fais de la résistance ? Ça me donne encore plus envie de voir ce que tu caches sous tes fringues !

Perona prit peur, et recula d'un pas. Le meneur le remarqua immédiatement.

- Tu peux encore te rouler par terre et implorer mon pardon en léchant mes godasses. Si tu le fais maintenant, je mettrai de la vaseline.

Mais Perona soutint sans ciller le regard vicieux du meneur. Celui-ci ne put le supporter plus longtemps. Il saisit la jeune fille par les épaules, et la traîna jusque dans une petite rue transversale, toute proche. Il plaqua Perona contre un mur, et commença à palper allègrement ses formes. Il s'attarda particulièrement sur les fesses. Toute la belle assurrance de Perona s'était envolée, et elle tremblait comme une feuille. Elle sentit deux grosses mains lui saisir les jambes et remonter le long de ses épais bas de laine. C'en fut trop pour elle. Elle hurla de toutes ses forces, ce qui fit taire les ricanements débiles des trois acolytes (celui qui avait été frappé s'était relevé). Une sensation glaciale la parcourut, qui s'intensifia dans ses mains. Quelque chose de blanc et translucide en sortit, alors qu'elle appuyait ses mains sur le torse de son agresseur pour le repousser. Deux petits fantômes traversèrent le voyou. Ses copains se répandirent en injures de surprise, et il tomba sur le dos.

- Je mérite même pas une cellule dans la prison la plus pourrie du monde ... Marmonna-t-il.

"Mais qu'est-ce qu'il lui arrive, à la fin ?" S'interrogea Perona, qui put s'éloigner un peu.

La bande détala sans demander son reste. Sans le savoir encore exactement, Perona venait d'inventer le negative hollow, ou plutôt, de l'utiliser. Les deux ectoplasmes volèrent vers elle et la traversèrent. Elle se sentit heureuse, malgré le fait qu'elle venait d'échapper de peu au viol. Mais cela était dû aux fantômes.

"Je peux faire apparaître des fantômes qui font déprimer, ça m'a l'air chouette !"

Et Perona ne repensa plus jamais à cet épisode.

Le soir, elle se dépêcha de rouvrir son Encyclopédie des Fruits du Démon. Avec les nouveaux critères qu'elle avait découvert, elle put affiner sa recherche. Il ne lui fallut pas longtemps pour faire la découverte.


Fruit de l'Ectoplasme

Type : Paramecia

Notes : Permet de voler

Description : ce Fruit confère à son utilisateur la capacité de générer diverses sortes de fantômes. Il en existe deux variétés : les ectoplasmes passifs, qui n'ont d'autre utilité que de distraire, et les ectoplasmes négatifs, qui font invariablement déprimer de manière immédiate toute personne atteinte. Ce sont les seules utilités connues de ce Fruit, mais il en existe sans doute d'autres.

Possesseurs connus : Perona Salem Amona Nelson Arnote (première du nom), Rippe Rowe.


Perona faillit s'étouffer quand elle lut le nom de son ancêtre éponyme à la ligne des possesseurs connus. Ce fut la première fois qu'elle put vérifier à quel point le dicton "l'histoire se répète" était vrai. Au moins, maintenant, elle connaissait son pouvoir. Et puis, c'était un pouvoir plutôt marrant. Elle se rendit alors compte qu'elle avait grandi, car, ne serait-ce que six mois plus tôt, elle n'aurait pas du tout trouvé son pouvoir "marrant". Maintenant, il allait falloir annoncer cette découverte à ses parents, et elle connaissait déjà leur réaction.


Et elle ne s'était pas trompée. Son père se montra ravi.

- Magnifique ! Tu pourrais entrer dans la Marine, avec ça ! S'était-il exclamé.

Mais sa mère ne voyait pas tout ça du même œil. En soi, l'idée ne la gênait pas, mais accueillir un tel phénomène de foire sous son toit risquait de froisser son goût pour le calme et le repos. Un peu comme une tante qui reçoit chez elle un neveu particulièrement turbulent.

- Tu connais ton pouvoir, au moins ? Demanda Lisbeth, qui voulait plus de renseignements avant de se prononcer.

- Oui, dit Perona.

Elle posa sur la table du salon le tome quatre de l'Encyclopédie des Fruits du Démon, et l'ouvrit à la page dont elle avait replié un coin. Puis, elle tourna le livre vers ses parents. L'expression de surprise totale qu'elle vit sur le visage de son père ne la trompa pas.

- Mais ... C'est le même pouvoir qu'avait la première Perona de la famille, la femme de Louis Arnote ! S'exclama-t-il, littéralement estomaqué.

- Oui ... C'est écrit là, dit-elle en indiquant le paragraphe "possesseurs connus".

- Incroyable ... Marmonna Carlh. En plus de partager le même prénom, vous partagez le même pouvoir. Mais, est-ce que la ressemblance s'arrête là ? Ça, on n'en sait rien. En tout cas, si l'histoire est vouée à se répéter, de la première Perona à toi, tu te marieras avec quelqu'un qui aura fait un demi-tour du monde pour te retrouver.

Perona se montra assez intriguée par cette tirade, et préféra n'y apporter aucun crédit.

- N'importe quoi ... Tu écris trop de livres, papa.

- Peut-être, peut-être pas.

Quand Carlh devenait à la fois mystérieux et évasif, comme là, c'était qu'il venait de mettre le doigt sur une formidable idée pour un récit.

Par respect pour son amour-propre, Perona ne revint pas sur l'incident du matin.


L'hiver fondit dès le mois de mars, pour laisser fleurir un printemps éclatant, mais entrecoupé de lourdes averses (l'auteur précise que ce n'est absolument pas un clin d’œil au temps magnifiquement pourri du premier semestre de l'an de grâce 2013). Lentement, Perona poursuivait sa métamorphose de jeune fille en jeune femme. Ses courbes s'amplifiaient, elle grandit de quelques centimètres, et elle commença à être à l'étroit dans son chemisier d'uniforme. C'est alors que commença le processus qui allait aboutir à un des événements les plus décisifs de son existence, et permettre sa rencontre avec divers personnages qui changeraient sa vie. Gecko Moria, Roronoa Zoro, Nico Robin, pour n'en citer que quelques-un.

Fin mars, il y eut un nouvel élève dans la classe de Perona, et qui n'était autre qu'Hamarrow. La jeune fille l'avait totalement oublié, car il y avait presque six mois qu'elle ne l'avait pas vu. Il n'avait guère changé, mis à part son uniforme impeccable et ses cheveux soigneusement gominés, raie sur le côté. Perona se demanda comment il avait pu dompter autant de mèches rebelles, et surtout, comment il avait pu s'inscrire dans une école aussi huppée, et aussi chère. Comment un simple vagabond pouvait-il entrer dans l'une des écoles les plus réputées de West Blue ?

Ilsh trépigna quand Hamarrow vint s'assoir près d'elle. Perona, pour sa part, sentait bien que le jeune homme essayait de capter son regard. Mais, en retour, elle fit de son mieux pour éviter ledit regard.

Toutefois, lors de la pause, elle ne put l'éviter plus longtemps. Alors qu'elle déambulait avec ses amies entre les tables du réfectoire pour trouver où s'assoir, Hamarrow vint directement à sa rencontre.

- Ça faisait longtemps, dit-il.

- Ouais, peut-être. Je m'en fous.

Perona fit volte-face brusquement, et s'éloigna à grandes foulées.


La bande d'amies se trouvait au réfectoire de l'école.

- Ouais, si on veut, répondit Perona en posant sa fourchette. Un vagabond, que j'ai rencontré l'été dernier.

- Un vagabond, ici ? Il a un oncle dans la mafia ou quoi ?

Le silence s'installa quelques instants, jusqu'à ce que quelque chose d'inattendu se produisit. Une petite boule compacte vola vers le décolleté de Perona (elle avait ouvert deux boutons en haut) dans une courbe parfaite, et se logea exactement entre les deux seins de la jeune fille. À la table d'en face, où étaient assis uniquement des garçons, on s'extasiait de ce coup de maître.

- Ouais, les mecs ! Visez-moi un peu l'homme de précision ! Dit l'un d'eux, qui se leva les bras en l'air.

De toute évidence, c'était lui le coupable. Perona se leva, ôta la boulette indésirable et marcha d'un pas décidé vers le fautif. Le silence se fit dans toute la cantine. Depuis que tous savaient que Perona possédait les pouvoirs d'un Fruit du Démon, plus personne n'osait se frotter à elle, même si c'était déjà le cas avant. Sauf que, le garçon qui avait si bien visé avait lui aussi mangé un Fruit du Démon. Perona s'approcha de lui, et lui tapota l'épaule. Quand il se retourna, elle le saisit fermement par le col. Tout le monde avait les yeux tournés vers eux.

- Dennis, t'as pas intérêt de recommencer, compris ? Dit-elle, agressivement.

- Penche-toi, je vois pas ta tête, avec tes seins, dit l'intéressé, qui s'était à peine retourné.

- C'est ça, joue au plus fin. Tu te crois à l'abri parce que t'as aussi les pouvoirs d'un Fruit, hein ?

- Pas exactement. C'est plus le fait que je suis un Logia, et toi une Paramecia, qui me conforte dans l'idée que je suis supérieur.

Dennis se leva, et se redressa. Il était de carrure assez fine, mais était très grand : il mesurait un mètre quatre-vingt-dix-huit.

- Tu peux faire douze mètres, je serais toujours aussi grande que toi, dit-elle.

Elle ferma les yeux un court instant. Elle s'éleva du sol, en tremblotant un peu, jusqu'à hauteur de Dennis. Elle se bénit d'avoir mis une jupe un peu plus longue que d'ordinaire.

- Si tu veux, on peu régler ça à la fin de la pause, derrière le stade, proposa Dennis.

- Avec plaisir, répondit Perona d'un ton revêche.

Elle se laissa retomber doucement au sol, en tenant les plis de sa jupe. Aussitôt, le brouhaha reprit comme si de rien n'était. Un attroupement se forma non loin de la table de Dennis, autour d'un certain Lemore, qui faisait office de book maker quand un conflit éclatait.


- T'es folle ou quoi ? S'exclama une amie de Perona, quand celle-ci fut revenue à table.

- Absolument pas. Au cas où, je te rappelle que c'est Dennis qui a ouvert les hostilités. Je ne lui ai rien demandé, moi. Il n'avait qu'à réfléchir avant de me balancer une boulette de mie de pain entre les seins.

Elle avale une fourchette de son assiette.

- J'espère juste qu'Itô ne viendra pas me faire la morale ... Il a horreur de ça. Quand je me bagarre.

- Ça se comprend, si j'étais un garçon, j'aurais pas envie de voir se battre ma petite amie.

La nouvelle de la confrontation imminente se répandit dans toute l'école comme une traînée de poudre, et quand Perona se présenta au lieu de rendez-vous, il y avait plus de deux cents élèves, toutes classes confondues, qui attendaient le début des hostilités.

- Le public est au rendez-vous, comme d'habitude, commenta une amie de Perona.

- Je vois ça.

La jeune fille posa son sac de cours au sol, et s'avança d'un mètre vers l'espace dégagé formé de la masse d'élèves. On s'écartait sur son passage, et certains des plus hardis lui tapotaient l'épaule en l'encourageant. Il y avait aussi les amateurs de risque qui avaient parié sur elle, et qui l'exhortaient à gagner. Perona détestait cela, car elle avait horreur qu'on parie sur elle.

Finalement, Dennis arriva avec vingt minutes de retard, suivi d'une cohorte d'admiratrices et d'amis. Il était tout à fait détendu, et pour cause, c'était la troisième fois en deux mois qu'il allait affronter Perona. Pour l'instant, il y avait deux victoires et aucune défaite pour le jeune homme. À chaque fois, il avait emporté le duel de manière écrasante.

Perona sentit avec dégoût un contact sur son postérieur. Elle réagit avec force, car elle savait que c'était Dennis, qui venait de lui pincer les fesses. Son bras fila vers le visage du malotru, et le traversa sans lui causer le moindre dommage.

- Prête à perdre ? Demanda-t-il, en continuant sa route.

- Je te retourne la question, lança amèrement Perona.

- On va bien rire !

Les deux belligérants avancèrent en se tournant autour, vers le centre de l'arène improvisée.

- Negative hollow ! S'exclama la jeune fille, sans prévenir.

Une volée de fantômes surgirent de ses paumes.

- Pff, soupira Dennis.

Il souffla les fantômes d'un simple geste de la main.

- Tu sais, franchement, t'es bonne, lâcha-t-il. On peut encore arrêter ça. Ouais, sors avec moi, et j'oublierai tout ça.

- Crève. Avec toutes les catins qui te suivent, tu devrais déjà être occupé.

Dennis fonça vers elle, l'air ennuyé.

- Tu portes quoi comme culotte, aujourd'hui ? Dit-il, en arrivant à sa rencontre.

Perona ne comprit qu'au moment où Dennis orienta ses paumes vers le sol. Un peu de poussière s'en éleva, et une formidable colonne d'air naquit sous Perona. Et sa jupe anormalement longue n'y ferait rien.


Perona sentit les larmes couler, et elle ne put rien pour les arrêter. Elle interrompit le baiser, et recula son visage de quelques centimètres. Zoro, qui comprenait de moins en moins la situation, clignait des yeux quand une larme lui tombait dessus. Il lui fallut plusieurs secondes pour interpréter ce phénomène, et comprendre que la jeune femme pleurait. Mais il ne comprenait pas pourquoi, et cela l'inquiétait. Les sanglots redoublèrent d'intensité, et Perona se laissa aller contre Zoro. Intimidé, celui-ci posa une main hésitante dans le dos de la jeune femme.