OS

par YumeK

 

 

Il planta sa fourchette dans le plat de spaghettis qu’avait préparé le meilleur cuisinier au monde d’après lui. Enroula les pâtes et leva sa fourchette au niveau de ses yeux. Observa longuement le fromage qui coulait doucement, d’une manière qui aurait pu allécher n’importe quelle personne et surtout lui en particulier. Il soupira. Posa sa fourchette sur son plat, abandonnant ses expériences gastronomiques.

-          Chopper, tu peux me rejoindre, quand tu auras fini ? Lança-t-il à son médecin de bord.

-          Bien-sûr, Luffy. Quelque chose ne va pas ? Tu es malade ? S’inquiéta un adorable petit renne, levant le nez, ou plutôt le museau de son plat de spaghettis à moitié englouti.

-          Non, ça va, t’inquiète pas, répondit-il, avant d’ouvrir la porte qui donnait sur l’infirmerie.

 

Chopper ne répondit pas, stupéfait. Oui, car il venait de baisser les yeux vers l’assiette de son capitaine.

 

Sur le Nouveau Monde, deuxième partie de Grandline, aussi appelée Route de tous les périls, l’équipage des Mugiwara, composé de Monkey D Luffy, ‘‘Luffy au Chapeau de Paille’’, capitaine, Roronoa Zoro ‘‘Zoro, le chasseur de pirates’’, sabreur et second, Nami ‘‘La chatte voleuse Nami ’’, navigatrice, Sanji ‘‘Sanji la jambe noire’’, cuisinier, Tony Tony Chopper  ‘‘Le fana de barbe à papa ’’, médecin, Nico Robin ‘‘L’enfant du démon’’, archéologue, Fanky, ou encore, Cutty Flam ‘‘Le Cyborg’’, charpentier, et enfin Brook, ‘‘Soul King Brook’’, ou anciennement, ‘‘Brook le fredonneur’’, musicien, venait de quitter l’île des Hommes-Poissons. Cependant, en cette belle soirée d’été, ils venaient d’assister à la plus incroyable des choses qu’ils avaient vus. Pourtant, ils en avaient bavé, et ils pensaient que plus rien ne pouvaient les surprendre sur Grandline, et encore plus dans le Nouveau Monde !

 

Mais non, ils s’étaient trompés. Car ce soir-là, aussi incroyable, impossible, improbable, abracadabrant (Et j’en passe) que cela puisse paraître, leur capitaine, Monkey D Luffy, oui, lui-même, et non, ce n’était pas une illusion, Usopp, venait de quitter de quitter la table sans avoir touché à son plat, une immense assiette remplie de spaghettis bolognaise et dont la délicieuse odeur d’ail, de parmesan, et d’huile d’olive remplissait l’air de la cuisine.

 

Un ange passa.

 

Puis un deuxième.

 

Puis un troisième.

 

Boum.

 

Les chapeaux de paille réagirent enfin, à la manière d’un volcan qui explose brutalement, sans préambule. Franky, les yeux exorbités, avait la mâchoire complètement décrochée. Usopp et Brook scandaient que c’était la fin du monde, et qu’ils allaient bientôt mourir (Même si je suis déjà mort, yohohoho !) et Chopper pleurait à chaudes larmes, en disant qu’il était content de les avoir tous connus. Robin avait les yeux écarquillés de stupeur (Et il en faut beaucoup à Robin pour qu’elle réagisse). A côté d’elle, Nami se massait les tempes, tentant de se convaincre que tout allait bien, même si la situation était, selon elle, grave, critique, affreuse, catastrophique. Sanji fixait le plat de Luffy, ne pouvant s’empêcher de penser que sa nourriture était la cause du comportement de son capitaine. Zoro demandait à Usopp, bon d’accord hurlait sur Usopp pour qu’il se taise enfin, même si il ne pensait pas moins que lui. Et bientôt, dans la cuisine de ce fier bateau, ne tarda pas à s’installer un tintamarre assourdissant, ce qui n’empêcha pas Luffy, allongé sur le lit d’infirmerie de la pièce d’à côté, de rester plongé dans ses pensées. (Attendez une minute… Luffy ? Qui pense ? Il y vraiment un problème, là ! Bon d’accord, je me tais).

-          Fermez-là ! Cria Nami, en abattant son poing sur la table, faisant ainsi sursauter toute l’assistance. Chopper, va le voir. Il doit juste avoir un peu mal au ventre, c’est tout. Donc, maintenant, tout le monde retourne à ses activités, compris ?!

 

Devant les paroles rassurantes et surtout le regard noir de Nami, tout l’équipage sorti de la cuisine, à part Sanji qui faisait la vaisselle.

 

Pendant ce temps, le petit renne à la truffe bleue entra dans son sanctuaire et endroit de prédilection. Il trouva Luffy installé sur le lit, les mains derrière la tête, les yeux rivés vers le plafond, plongé dans un moment d’intense réflexion, au point de lui donner d’affreux maux de tête.

-          Luffy ?

 

Ce dernier se redressa. Chopper avait attrapé son stéthoscope et s’approchait de son malade avec professionnalisme.

-          Tu as mal quelque part ?

-          Oui.

-          Où ça ?

-          A la poitrine. J’ais aussi des maux de tête.

 

Luffy répondait sans grand entrain. D’un coup d’œil, Chopper analysa la disposition physiologique de son malade. A part ses joues légèrement teintes d’une lueur rosée, et sa cicatrice géante à la poitrine, il semblait se porter comme un charme.

-          Tu peux enlever ta chemise ?

 

Luffy s’exécuta et Chopper posa son appareil sur le dos de Luffy. Il l’ausculta, puis prit sa température. Après avoir relevé une différence d’un demi-degré à la moyenne, il rechercha d’éventuels symptômes de grippe ou de rhume, ou de toute autre maladie se caractérisant par une température élevée. Après un moment, il du se rendre à l’évidence, le corps de son capitaine était en parfait état. Après tout, cela était peut-être psychologique ? Il jeta un coup d’œil à sa cicatrice en forme de croix, dernier vestige de son combat pour récupérer Ace, son grand frère. Il ne doutait pas que cela l’avait profondément atteint, pourtant, une inquisition lui disait que la mort de Poings Ardents n’avait rien à voir ici.

-          Luffy, pourquoi tu es venu me voir ?

-          Eh bien, j’ais ressenti tout plein de choses étranges ces derniers temps.

-          Comme quoi ? Demanda Chopper, en inclinant la tête sur le côté, signe d’incompréhension.

-          En fait…, commença Luffy. 

 

*                            *                                  *

 

-          Je vois, dit Chopper en souriant, après avoir écouté le récit de son capitaine. Tes maux de tête viennent du fait que tu réfléchis trop sans y être habitué. Pour le reste, ça m’a tout l’air d’une maladie hormonale.

-          Une maladie hormo-quoi ?

-          Ne t’en fais pas, ce n’est pas très grave. Je reviens tout de suite.

-          Où tu vas ?

-          Je veux juste demander l’avis de Robin, elle s’y connaît mieux que moi dans ce domaine.

-          Ah, d’accord.

 

Le jeune médecin sortit, le sourire toujours collé aux lèvres, laissant son capitaine dans l’incompréhension la plus totale. Il monta dans la bibliothèque et y trouva Nami, seule, occupée à dessiner la carte de l’île des Hommes-Poissons, qui se révélait d’une complexité incroyable, étant donné qu’elle se trouvait sous l’eau et qu’elle se composait de plusieurs niveaux. Chopper sorti sur le pont supérieur, et trouva Robin, profitant de la nuit pour arroser les plantes.

 

Après lui avoir rapidement exposé les grandes lignes  problème, Robin consentit à l’accompagner, et ils repassèrent par la bibliothèque pour descendre.

 

Une fois Chopper et Robin partis, la jeune navigatrice posa sa plume sur la table d’un air dépité. Ses mains tremblaient trop pour lui permettre de continuer son dessin. Elle posa son front sur la paume de ses mains et soupira, laissant libre cours à ses pensées. Elle était vraiment très inquiète pour son capitaine, et l’excuse qu’elle lui avait trouvée un peu plus tôt ne tenait absolument pas debout. Même lorsque Luffy ne pouvait plus bouger, même lorsqu’il dormait profondément, il ne pouvait s’empêcher de s’empiffrer, tel le morfale qu’il était. Et ça la rendait vraiment inquiète. Qu’est-ce qui pouvait bien occuper l’esprit de son capitaine au point de lui couper l’appétit ?

 

Et puis d’abord, pourquoi s’embêtait-elle autant à résoudre ce problème ? Une question jaillit soudainement des profondeurs de son cerveau : Et si elle ressentait plus que de l’amitié pour son capitaine ?

 

Nami chassa cette pensée incongrue et totalement stupide en se disant qu’elle faisait beaucoup plus attention à lui depuis qu’elle avait apprit la mort d’Ace. D’ailleurs, peut-être que c’était là, le problème ? A Weatheria, elle avait tellement pleuré en s’imaginant la douleur de Luffy. Elle aurait tant aimé être là, le serrer dans les bras, et lui dire que tout irait bien.

 

Mais voilà, elle n’avait pas été là pour lui, quand il avait besoin d’elle.

-          Nami ?

 

Nami sursauta et se retourna vers la voix de Robin. Elle se tenait là, souriante.

-          Alors, qu’est-ce qu’il a ? Demanda-t-elle d’une voix qui trahissait son anxiété.

-          Oh, ce n’est rien. Juste une petite broutille de rien du tout. Tout le monde dort, je crois que je vais y aller, moi aussi. N’oublie pas de réveiller Usopp pour qu’il prenne la relève.

-          Ah, ok. Bonne nuit, Robin, répondit Nami, se souvenant que c’était son tour de garde.

-           

 

Elle rangea ses cartes, se disant qu’elle n’arriverait à rien aujourd’hui ; mieux valait attendre de savoir ce qu’avait son capitaine.

 

*                            *                                  *

 

Une fois son tour terminé, Nami descendit à la chambre des garçons afin de réveiller Usopp. Mais lorsqu’elle ouvrit la porte, elle constata que Luffy n’était pas là. Elle ressortit, puis se dirigea vers la cuisine, sûre de le trouver là. Mais non.

 

Elle le chercha dans doutes les pièces, même la chambre des filles. Luffy n’était ni dans la cuisine ni dans les chambres, ni dans la salle de bain, ni dans les pièces du Soldier Dock System, ni dans l’atelier d’Usopp et de Franky, ni d’infirmerie, ni dans la vigie, et encore moins dans la bibliothèque.

 

Elle descendit alors dans la salle du vivier, mais ne le trouva pas. Elle s’approcha des poissons, et aperçu soudain un éclair rouge et jaune. Elle contourna l’aquarium, et l’aperçu à travers la fenêtre, accoudé à la rambarde*. Effectivement, on aura beau tourner dans tout le bateau, elle ne l’aurait même pas aperçu.

 

- Luffy ? Qu’est-ce que tu fais là ?

- Nami ?

 

Luffy se retourna. Nami avançait, frissonnant à cause du froid. Ils devaient probablement approcher d’une île désertique. Ce détail n’échappa aux yeux du capitaine, qui enleva sa chemise rouge pour la tendre à Nami.

- Je…réfléchissais, répondit-il en se retournant pour observer la pleine lune.

- Mmh ? Toi, tu réfléchis ?

 

Elle profita du fait qu’il avait les yeux rivés sur la lune pour l’observer discrètement. Ses muscles fermes et saillants, ses cheveux soyeux et doux qu’elle mourrait d’envie de caresser, sa cicatrice qui lui donnait un air viril malgré son visage adorablement enfantin…

 

Bon, autant dire qu’elle le matait carrément, hein !

 

Elle plongea le nez dans la chemise rouge de Luffy et huma son odeur, avant de l’enfiler. Elle secoua la tête, voulant chasser ses pensées pour le moins… perverses, et éviter ainsi un saignement de nez intempestif.

- Dis-moi… pourquoi tu as demandé à Chopper de t’examiner ? Tu es malade ? Il a pu te soigner ?

- Pour ça, lui et Robin m’ont de simplement arrêter de réfléchir.

- Je confirme. Ça ne te va pas de faire tourner tes méninges ! Commenta-t-elle en riant.

- Je me demande si c’est bon.

- Alors, tu n’as qu’à essayer. Le Luffy que je connais n’hésite jamais, il a plutôt un comportement impulsif qui nous attire souvent des ennuis, répliqua-t-elle avec un sourire malicieux.

 

Luffy se retourna vers Nami. Il observa attentivement ses formes magnifiques, sa poitrine voluptueuse, ses cheveux soyeux qui tombaient en cascade jusqu’au creux de ses reins, ses mains fines qui agrippaient sa veste, ses yeux où brillaient une lueur de malice, son sourire amusé, ses lèvres pulpeuses qu’il avait depuis longtemps envie de sceller aux siennes….

 

Alors, il leva une main, et attrapa Nami par la taille, l’approchant de lui, et posa son front contre le sien.

-          Depuis quelques temps, je n’arrête pas de penser que je veux te garder pour moi tout seul. Je ne veux pas que Sanji continue à te faire la cour comme ça. Je veux que tu m’appartiennes, je veux…

 

Luffy s’arrêta. Nami avait le visage cramoisi, le cœur battant tellement vite qu’elle s’étonnait que Luffy ne l’ait pas entendu. Elle voulait absolument entendre la suite.

-          Nami, ça va ? Tu es toute rouge. Tu veux que je révei-

-          Tu veux ? L’interrompit-elle, avide de connaître les désirs de son capitaine.

 

Il ne répondit pas. Il approcha encore plus son visage de celui de la navigatrice, qui avait l’impression que de la fumée aurait pu sortir de ses oreilles, tellement elle avait chaud. Il planta son regard perçant et inflexible dans les yeux de Nami. Elle n’arrivait pas à détourner son regard brûlant, tellement elle était attirée par ces yeux de braise qui semblaient lire son esprit, et connaître les pensées les plus profondes de son âme amoureuse. De son côté, Luffy n’en pensait pas moins, et son cœur battait la chamade dans sa poitrine, cette dernière collée à celle de Nami. Alors, enfin, il réduisit l’espace qui les séparait à néant, unissant leurs lèvres dans un baiser qui trahissait tout leur amour. Ce fut comme si le temps s’était arrêté, comme si le monde avait cessé de tourner en cet instant magique. Ils se lâchèrent enfin à regret, à bout de souffle. Luffy rit, puis lança un énorme sourire enfantin à sa navigatrice.

-          Merci, Nami, je me sens beaucoup mieux !

 

Et comme pour approuver ses dires, le ventre de ce dernier gargouilla.

-          Toi, alors ! Le gronda Nami.

 

Il rit à nouveau, et cette fois, Nami mêla son rire au sien.

 

 

* Représentez-vous l’arrière du Sunny. C’est bon ? Vous voyez la rambarde, à côté du canon du Coup de Burst ? Bah, c’est là-bas.