Chapitre treize « Petit frère bien trop protecteur ! ▬ Les Pocky, une famille de gagnants. »

par Jabberwocky

Dyo Crook : L'ascension du Diable ▬ Chapitre Treize.
« Petit frère bien trop protecteur ! ▬ Les Pocky, une famille de gagnants. »

« Lavy ?! »

S'il y avait bien quelqu'un parmi ce trio masculin qui ne comprenait rien à la situation, c'était bien Evan. Eh oui, il se sentait vraiment perdu, comme s'il avait un bateau de retard, et pour cause : Il avait suffi que ce garçon à la mâchoire carrée et aux multiples petites cicatrices sur le visage, aux cheveux lui arrivant à l'oreille sur le côté droit et jusqu'à l'épaule sur le côté gauche et au regard noir et dur se ramène pour que toute l'ambiance autour de lui change du tout au tout.

Et s'il ne comprenait pas tellement, il y avait quand même quelque chose qui lui avait sauté aux yeux à la première seconde : Crook et ce garçon se détestaient. Cela pouvait se voir rien qu'à la manière qu'ils avaient pour se toiser, se sentir rien qu'au climat autour d'eux qui se refroidissait de seconde en seconde, le faisant se sentir de plus en plus mal à l'aise.

Mais qui était ce garçon ? Que faisait-il là ? Comment connaissait-il son capitaine ? Pourquoi se détestaient-ils ? Voilà les questions qui flottaient encore dans son esprit. Enfin, heureusement pour lui, Crook reprit bien vite la parole. Croisant les bras, levant la tête pour regarder ce Lavy avec un dédain sans faille, il lâcha d'un air mi-platonique mi-cynique dans un léger sourire méprisant :

« Eh ben... Moi qui était comblé à l'idée de ne plus revoir ta stupide tronche de macaque, il a fallu que tu te pointes, histoire que j'me la coltine encore un peu, hein...
- La ferme, enfoiré ! Où est-elle ? Où est-ce qu'elle est ? Tu l'as enfermée, hein, c'est ça !
- … Bon, je sais que t'es con, mais quand même, avant d'me poser des questions tu pourrais au moins me dire de quoi tu causes, parce que tu vois, je suis pas dans ta tête, moi. Dieu merci, d'ailleurs.
- Te fous pas de ma gueule, hurla Lavy avec hargne, pointant un doigt tremblant de rage sur Crook. Je parle de ma sœur ! Ou est-elle ?! Qu'as-tu fait d'Elyna ?!! »

Elyna ? Alors ce garçon était son frère ?! D'un seul coup, Evan y voyait un peu plus claire... Même s'il ne savait pas que cette fille avait un frère. Un frère un peu timbré, apparemment. En tout cas, Crook, lui, après avoir entendu Lavy, n'eut comme seule réaction qu'une petite moue qui semblait à la fois surprise et dubitative, restant silencieux une ou deux secondes, avant de faire :

« Donc, tu veux savoir où est Elyna ?
- Et tu as intérêt à m'le dire ! Je suis certain que tu l'as gardée prisonnière sur ton bateau !
- Evan, soupira légèrement Crook sans lâcher Lavy du regard. Dis-lui donc où est Elyna.
- Euh ? Bah, j'en sais rien, moi, tu sais bien qu'elle est partie s'amuser avec Juliett...
- Exactement. Lavy, comme elle a déjà pu te l'expliquer à Frihanta, Elyna a décidé de son plein gré de m'accompagner dans mon voyage et de prendre la mer avec moi. Je peux même te dire qu'à la base, c'est elle qui en a eu l'idée.
- TU MENS !
- Et ben non. Accepte donc le fait que ta chère grande sœur ait pu partir avec un hérétique tel que moi, répliqua-t-il dans un reniflement arrogant.
- Je sais qu'Elyna n'aurais jamais pu partir avec toi de son plein gré ! Et c'est pour ça que je suis persuadé que tu lui a forcé la main d'une manière où d'une autre ! Et c'est aussi pour cette raison, que je t'ai suivi pour la sauver et la ramener à Frihanta ! »

Aussitôt à l'entente du jeune homme, Crook perdit son semblant de sourire arrogant, en même temps que son visage paraissait comme se voiler, devant plus taciturne que l'impassibilité même. Levant alors légèrement la main gauche, Crook fit apparaître son arme dans un halo de flammes, tout en déclarant doucement, d'une voix froide et glaciale, en faisant tourner avec agilité sa faux dans sa main :

« Alors dans ce cas désolé, mais je crois que tu vas devoir abandonner tes plans.
- Compte-là dessus, tiens ! »

Lavy, voyant que Crook comptait apparemment en venir aux mains, se mit en position de combat, poing serrés devant lui, regard noir fixé sur les prunelles impassibles du rouquin, tandis que du monde commençait à s'amasser autour d'eux, curieux de voir ce qu'il se passe. Se lorgnant méchamment quelques secondes, Lavy courut alors en direction de Crook qui se prépara à parer une éventuelle attaque lorsque d'un seul coup... Lavy s'arrêta en plein dans son élan, comme immobilisé. Crook aussi, du bien reconnaître qu'il était bloqué, ses yeux restant la seule partie de son corps qu'il parvenait à gouger. Regardant alors à terre, le jeune capitaine eut la surprise de voir qu'au sol, se trouvait écrit en grosse lettre pile sous les pieds de lui et de son adversaire le mot « Immobilisation ».

Bien vite, un homme se distingua de la foule autour d'eux, s'approchant pour s'arrêter entre les deux hommes. D'une taille assez grande et imposant, cet homme habillé d'un costume noir à la cravate grise aux cheveux courts d'une couleur mêlant le brun et le gris pâle avait un visage dur et marqué par les rides. Mais malgré tout, sa simple présence inspirait un respect des plus profonds. A ses côtés, un peu derrière lui se trouvait un jeune homme auquel lui, sentait la bonne humeur et la vitalité à plein nez. Assez grand et musclé, ce garçon avait un grand sourire malin montant jusqu'aux oreilles, lui créant ainsi deux pommettes qui rendaient son visage ovale. Un bandeau de sport maintenait ses cheveux turquoise en l'air, il portait une parfaite tenue de sport, laissant penser ainsi qu'il devait faire partie des participants au Décathlon.

En tout cas, si Crook avait remarqué quelque chose, c'était bien qu'aussitôt ces deux hommes étaient arrivés que le « public » s'était écarté pour les laisser passer, ce qui signifiait certainement qu'ils étaient des personnages assez importants au sein de tout cet événement.

« La bataille est interdite si elle n'est pas dans le cadre du jeu ! Tonna alors d'un seul coup le plus vieux des deux, d'un air mi-solennel mi-autoritaire qui ne faisait qu'accentuer son air imposant.
- Au pire, rigola le jeune homme, si vous voulez vous battre vous n'avez qu'à passer joueurs ! Je prends le plus fort, comme ça mon équipe gagnera au moins une épreuve !
- Squall ! Cria le premier en lui frappant la nuque. Stoppe donc tes sottises
- Aïe-euh ! Oui, grand-père... Rabat-joie... »

De nouveau, celui qui semblait apparemment être le grand-père du plus jeune corrigea son petit fils, mais cette fois en lui frappant le haut du crâne d'un coup de point dénué de toute délicatesse, provoquant ainsi une grosse grimace de la part du dénommé Squall.

« C'est bien beau, tout ça, rétorqua Crook, mais j'pourrais savoir pourquoi on peut plus bouger, hein ? Et vous êtes qui, au juste ?!
- Ah, rigola joyeusement de nouveau Squall. Désolé, mais c'est d'ma faute, si t'es coincé là ! J'ai mangé le Waado waado no mi ! Le fruit du mot ! La classe, hein ? Il a suffit que j'écrive « immobilisation » et hop, vous vous êtes retrouvés comme des lapins en cages !
- Un fruit du démon ?!! s'écria Lavy d'un air effrayé. Alors tu es aussi un être démoniaque !! »

Ce fut un gros silence qui suivit l'exclamation de Lavy. A présent, tout le monde le regardait d'un air étrange, quoi que plus perplexe et dubitatif qu'autre chose. Ce mutisme général dura quelques secondes, avant qu'il ne fut coupé par Crook, qui soupira d'un air las :

« Ouais, nan... faites pas attention c'est un taré, c'gars-là...
- Ah bah oui, j'vois ça ! Je suis pas démoniaque, moi, hé !
- Des fois c'est à se demander, pourtant, répliqua le grand-père.
- Heyy !!
- Enfin. Jeunes hommes, si vous me promettez que vous ne continuerez pas vos hostilités, je veux bien demander à mon petit-fils de vous libérer, puis après seulement je me présenterais à vous.
- Très bien, soupira Crook. Promis, je ne lui exploserai pas la tronche. Pas maintenant.
- Mmouais... Promis aussi... marmonna Lavy dans sa barbe.
- Parfait ! Squall ? »

Sans attendre, le dénommé Squall pointa son doigt sur le grand mot à terre puis, d'un geste du poignet, le mot se divisa pour libérer Crook, et seulement Crook. Voyant qu'il était toujours sous l'emprise du pouvoir du jeune homme, Lavy s'exclama, tandis que Crook s'étira comme un chat après avoir fait disparaître son arme.

« Hey ! Et moi, alors ?!
- Toi, non, tu m'as traité de démoniaque, alors le démoniaque se venge ! Méchant !
- Squall ! Tonna son grand-père.
- Mais papy ! J'l'aime pas, lui, sa tête me revient pas !
- Ne m’appelle pas « papy » ! Un peu de respect, espèce d’impertinent ! Et fais-donc ce que je te dis ! »

Tout en râlant, Squall obéit finalement à son grand père, ignorant le regard noir de Lavy qui lui même ignorait celui arrogant que Crook lui lançait. De suite après, le grand père de Squall, après avoir regardé alternativement Lavy, Crook et aussi Evan, fit :

« Je suis Pocky Grent, Président du Décathlon de West Blue, et anciennement dix fois champion de celui-ci avant cela. Lui, ajouta-t-il en posant sa main sur l'épaule de Squall, se prénomme Squall, il est mon petit-fils, champion de l'année précédente. Bien sûr, je compte bien sur le fait qu'il devienne mon digne successeur ! »

Chose qui ne manqua pas d'échapper à Crook, Squall, à l'entente du petit discours de son grand-père eut une petite grimace auquel il n'arrivait pas tellement à donner une signification précise. Il aurait d'ailleurs bien voulu le lui faire remarquer, mais il n'en n'eut pas le temps, car alors qu'il commençait à peine à ouvrir la bouche, une voix non-inconnue à son registre tinta à ses oreilles...

« La... Lavy ?!! »

L'appelé se retourna alors pour constater avec surprise que cette personne ayant exclamé son nom n'était autre qu'Elyna. Celle-ci paraissait vraiment surprise de voir son petit frère, et se dépêcha de rejoindre les garçons accompagnée de Juliett, en prenant soin de se placer entre son frère et son meilleur ami, comme si elle savait déjà ce qui l'attendait avec ces deux-là réuni à moins de trois-cents mètres.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demanda-t-elle, sourire aux lèvres. Tu es venu voir le décathlon ?
- « Voir le décathlon » ? répéta Crook d'un ton ironique. Voyons, Elyna, tu sous-estimes ton merveilleux frangin, là ! Il a une tâche beaucoup plus importante a accomplir !
- Euh... C'est à dire ?
- Elyna, fit Lavy en lui attrapant les épaules. Je suis venu te sauver, pour qu'on puisse retourner à Frihanta tout les deux ! Ne t'inquiète pas, je suis là, maintenant !
- Euh... Quoi ?
- Lyn, tu te souviens, toutes les fois où tu disais que c'était pas vrai, quand je te faisais savoir que ton frère était le pire des abrutis ?
- Et alors ? Demanda la jeune femme en se tournant vers son ami.
- Et alors tu avais raison. C'est pas le pire des abrutis. C'est encore pire que ça. Cet idiot croit que je t'ai enlevé, alors dans son courage infiniment grand, il est venu te sauver de ma dangereuse personne. »

Restant interdite quelques secondes, regardant Crook d'une manière silencieuse, elle se tourna alors doucement en direction de son petit frère pour le fixer lui aussi de la même manière, avant de faire d'un ton médusé :

« Moi ? Enlevée ? C'est une blague, j'espère ?
- U-une blague ? Mais bien sûr que non, Lyn-onee, je sais que tu n'aurais pas pu suivre volontairement ce... Ce... Ce démon !
- Je préférerais le terme « Diable», si ça ne te dérange pas, répliqua cyniquement le concerné. Après tout, quand on connaît mes origines...
- Toi, le démon, ferme-là ! Tu es maudit, tu n'attires que le malheur ! Et même si elle est venue de son plein gré, j’éloignerai Elyna de force, je ne veux pas qu'elle puisse côtoyer un un damné de la pire espèce !
- Lavy !! Je t'interdis de parler de Crook comme ça, tu ne sais rien, de lui ! »

Seulement, à l'entente de la petite tirade de Lavy, le regard de Crook s'était déjà assombri, tandis que son sourire arrogant disparut petit à petit. Son cœur, lui, se mit à battre étrangement, de la même manière si particulière qu'il battait à chaque fois qu'il percevait ce genre de propos à son égard. Et si étant petit il se défendait en niant fermement, aujourd'hui, il savait par expérience qu'il ne servait à rien de résonner les idiots.

Alors, en même temps qu'un grand silence régnait depuis ces dernières paroles, tout ceux présents à part Elyna se demandant ce que voulaient dire les propos de Lavy, Crook leva doucement son bras gauche pour de nouveau faire apparaître son arme. Et avant même que Monsieur Pocky et son petit fils purent réagir comme précédemment, Crook planta vivement d'une seule main la faux dans le sol, sans lâcher ce garçon qu'il haïssait tant du regard, ignorant le petit cri d’effroi qu'Elyna avait lâché en voyant quelle partie de l'arme il avait décidé d'utiliser.

Et à peine une seconde plus tard, Lavy poussa un hurlement de douleur, tout en s'agrippant le crâne de ses deux mains, avant de tomber par terre, sur les genoux, puis de se pencher jusqu'à ce que sa tête n’atteigne le sol. Autant dire que ce spectacle déconcertant intrigua plus d'une personne, et Evan en premier ! Qu'est-ce que Crook venait de faire à ce garçon ? De plus, le rouquin restait là, faux toujours planté dans la terre, fixant avec impassibilité Lavy avant qu'Elyna n’accourut vers son ami pour lui faire d'un ton suppliant :

« Crook, je t'en pris ! Je sais que ce qu'il t'as dit est horrible, et t'as sûrement fait du mal, mais il s'agit de mon petit frère ! Tu sais bien qu'il est naïf, qu'il se laisse facilement embobiner ! S'il te plaît, arrête, tu vois bien qu'il souffre !
- Il ne pourra jamais plus souffrir que moi j'ai souffert toutes ces années, souffla Crook d'un ton morne et sans sentiment.
- Oui, je sais, mais... Crook, s'il te plaît ! »

Crook tourna alors son regard sombre pour regarder Elyna, ce qu'il fit en restant silencieux une ou deux petites secondes, avant de fixer de nouveau Lavy se tordant de douleur. Puis, dans un soupire, il décrocha sa faux du sol avant de le faire disparaître. Aussitôt, Elyna se dépêcha de retrouver son frère pour l'aider à se relever, en même temps qu'Evan rejoignit son capitaine.

« Eh ben... T'aurais pas pu faire ça à Rusty dès le début, tout simplement ? Ca nous aurait évité des emmerdes !
- Je ne me sers presque jamais d'elles... De toutes les ondes que je peux contrôler, celles-ci sont celles que je maîtrise le moins, celles qui me font le plus mal, et les plus dangereuses. Je n'aime pas les utiliser.
- Bah, pourquoi tu l'as fait contre lui, alors ? »

Face à cette question, Evan eut tout d'abord droit à un blanc de quelques secondes, où Crook demeurait immobile. Et puis, après ce petit temps, et alors qu'Evan était presque sur le point d'abandonner sa question, le rouquin lui répondit :

« Je n'aime pas non plus entendre dire que je suis maudit. »

Avant de laisser son charpentier seul, et d'avancer tout droit, en direction d'Elyna et de Lavy. Ce dernier, en voyant Crook approcher, se mit aussitôt en garde, mais se détendit un peu en comprenant qu'il n'avait pas l'intention de se battre. Fort de cette constatation, le garçon reprit aussitôt confiance en lui, et il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour cracher à Crook avec arrogance :

« Eh bien quoi, Fils de Satan ? Il suffit que j'te rappelle quel être pesté tu es pour que tu perdes ta fierté ?
- Tu me parles de fierté ? Rétorqua Crook dans un reniflement méprisent. A moi qui a réussit à te mettre à genoux tant de fois de tant de différentes manières et occasions ?
- N'importe quoi ! Je ne serais jamais soumis à un démon !
- Tu faisais moins le malin, il y a quelques secondes...
- C'est parce que tu utilisais tes capacités démoniaques !
- « Capacités démoniaques »... T'es quoi, au juste, un prêtre ? Si c'est le cas, l'église est tombée bien b-
- JE TE DEFENDS DE PARLER D'EGLISE !
- Mais quel timbré, celui-là... »

Las, Elyna regarda les deux garçon s'aboyer dessus comme chien et chat sans même avoir le cœur à tenter de les séparer. Si d'habitude, à Frihanta, elle s'interposait tout le temps, là, il fallait bien avouer qu'elle n'en avait pas tellement envie. Elle avait eu si peur pour son frère ! Mais heureusement, Crook avait apparemment réduit les doses dans le degré d’intensité des ondes.

Et puis, soudainement, Elyna aperçut arriver derrière eux Evan et Juliett, tout deux accompagnés de deux hommes, un âgé qui semblait très respectable et un autre plus jeune aux cheveux turquoises et au grand sourire. Alors que les deux inconnus s'arrêtèrent en premier, Evan et Juliett, eux, continuèrent de s'avancer avant qu'Evan fit à Crook :

« Hey, capitaine, le vieux voulait te faire sav-
- Un peu de respect ! Tonna le-dit vieux avec autorité. Je n'autorise même pas mon petit fils à parler de moi ainsi alors ça ne sera certainement pas différent pour toi !
- Grand-père, du calme...
- Euh, oui, donc, reprit le brun. Monsieur Pocky, si vous préférez, te fait donc savoir que si tu fais encore du grabuge dans l'île, on pourra pas rester.
- Quoi ? Fit Elyna. Oh, non ! Mais d’abord, qui est-il ?
- Le président de c'machin, marmonna Crook en croisant des bras.
- AH ! S'exclama Lavy. Alors, démon, tu fais moins le malin, comme ça, hein !
- Ca vaut aussi pour toi, eh, crétin ! » s'exclama Squall, apparemment toujours vexé de s'être fait appelé ''être démoniaque''.

Se renfrognant aussitôt et à vue d’œil à ces paroles, Lavy lança un regard noir à Squall qui ne répondit qu'en agrandissant son sourire. Se tournant ensuite vers Crook, Lavy pointa du doigt le garçon pour s'exclamer contre lui avec véhémence :

« Toi ! Crois-moi bien que tu n'as pas fini de parler de moi ! Je ramènerais Elyna à Frihanta, coûte que coûte !
- Lavy, soupira cette dernière. Je n'ai PAS été enlevée !
- Ca c'est ce qu'il veut que tu crois ! Mais en vrai... Tu es ici contre ton gré !
- C'est vrai que je suis tellement maléfique...
- Tais-toi ! Tu verras ! T'as pas fini avec moi !
- Waw. Tu fais peur. Au secours.
- Arrête donc un peu, avec ton arrogance, démon !
- Non mais j'étais sérieux : Tu verrais ta tête. Je suis sûr que les enfants se cachent à ton passage...
- Espèce de... !!
- Laisse-moi deviner... ''de démon'' ? J'admire ton imagination, tête de pioche.
- Ne m'appelle pas comme ça !
- D'accord. Tu préfères peut-être troufion ?
- Arrête !
- Oh, bon, bon.. ''crétin de balafré'', alors ?
- JE T'AI DIS D'ARRÊTER !
- Bah tu vois moi au moins je fais preuve d'imagination pour définir ta tronche. C'est pas le cas de tout le monde. Crétin. »

Mâchoire et poings serrés, haletant, tremblant, il ne faisait aucun doute que Lavy, dont le regard noir et haineux était scotché sur un Crook désinvolte au sourire arrogant, faisait tout ce qui était possible pour ne pas lui sauter dessus et l’assainir de toutes sortes de coups afin de se soulager de sa colère. Finalement, la décision du jeune frère d'Elyna pour se calmer fut de rebrousser chemin sans même prévenir aux alentours, dans un pas lord et rapide. Néanmoins, Lavy prit tout de même la peine de se retourner une dernière fois pour faire face à son ennemi juré qu'il regarda d'un regard noir avant de le pointer du doigt, tout en s'exclamant avec hargne :

« TOI ! Je te promets... Que je ne partirai pas de cette île ! Tant qu'Elyna sera avec toi... Je ne te lâcherais pas ! Tu es prévenu, Dyo Crook ! »

Avant de se tourner de nouveau, pour partir on ne sait où au pas de course. Et quelques secondes plus tard, les passants avaient cessés de porter leur attention sur nos jeunes héros, vaquant de nouveau à leur occupations touristique. Par contre, du côté du petit équipage ainsi que des deux Pocky, le calme était encore plat, bien que l'ambiance qui en ressortait n'était pas si lourde. Finalement, ce fut Evan qui rompit le silence, lorsqu'il s'adressa à Elyna d'une voix faussement innocente, tout en s'approchant à ses côtés.

« Bah, 'faut lui pardonner, à ce p'tit là... C'est vrai qu'il est cinglé, mais quand on voit celle avec qui il a du vivre, j'suis sûr qu'un bon nombre d'homme aurait fini dans le même état que lui, à sa place. »

A l'entente de cette pique à peine cachée, Elyna, après avoir été prise d'un très léger rire jaune, écrasa soudainement et avec une certaine violence à peine contenue le pied d'Evan avec son propre pied, avant de s'éloigner tout sourire et comme si de rien était du jeune homme qui s'était mit à sautiller sous la douleur. Crook, pour sa part, ne fit même pas attention à ces nouvelles chamailleries entre deux des membres de son équipages, bien trop occupé à regarder Lavy s'éloigner d'un air froid et même presque vide, plongé dans ses pensées. Et d'un coup, c'est la voix de ce même Lavy mais cette fois lorsqu'il était beaucoup plus jeune qui résonna dans son esprit...

« Toi ! T'approche pas d'ma grande sœur ! T'es qu'un maudit, tout l'monde le dit ! »

Vraiment. Près de huit ans s'étaient passés depuis que Lavy avait prononcé ces mots et pourtant, son discours n'avait même pas changé. Il fallait croire qu'il était vraiment idiot, ce crétin d'imbécile. Pris d'un grand soupir suivi de multiples marronnages, Crook revient enfin à la réalité pour se tourner vers les autres et assister à un beau spectacle : Evan et Elyna se disputant, Juliett les regardant d'un œil hagard, l'autre vieux Pocky les sermonner afin qu'ils arrêtent leur grabuge et l'autre petit fils rire à cette scène comme un imbécile heureux. Eh beh. Il fallait croire qu'il était entouré d'un beau panel, lorsqu'on y pensait.

Soupirant de nouveau mais cette fois d’exaspération, Crook rejoint alors les autres pour s'arrêter juste devant Evan et Elyna, qu'il regarda une petite seconde se lorgner méchamment avant de lever doucement les poings... Puis de frapper ses pauvres camarades tout en abordant un faciès à la fois calme et lassé. Soupirant de nouveau en voyant que ces deux poings les avaient de suite calmer, le capitaine prit alors la parole plus pour lui même, tout en posant l'un de ses poings contre sa hanche :

« Et dire qu'il faut en arriver au mains pour vous faire taire...
- Crook ! S’insurgea alors Elyna en se massant la tête. Ca va pas, depuis quand tu frappes les filles ? Et ta meilleure amie, en plus !
- Frapper le filles ne m'a jamais freiné, tu le sais. Toi-même m'a prouvé beaucoup de fois qu'il fallait pas les sous-estimer. Et puis meilleure amie ou pas, quand on me saoule, je sévis. C'est aussi simple que ça.
- … Tyran, marmonna Evan en lui jetant un regard noir.
- Ooh, je suis désolé, mon petit, je t'ai fait mal ? Tu veux un bisou, peut-être ? Ou un petit massage ? N'hésite pas à me le dire, tu sais !
- C'est gentil de ta part de proposer cela, Crook, fit naïvement remarquer Juliett d'un air lointain.
- Vous voyez, c'est Juliett elle-même qui l'a dit ! J'suis un gentil capitaine.
- … Mouais... »

Ni Evan ni Elyna ne semblaient réellement convaincus, mais Crook n'en avait à vrai dire que cure, l'esprit trop occupé par l'arrivée soudaine de Lavy. Vraiment, lui qui pensait enfin être débarrassé de tous les crétins qu'il fréquentait tous les jours à Frihanta, voilà que l'un des pires de tous était carrément parti à sa recherche ! Autant dire qu'il n'avait réellement pas de veine. Surtout qu’il venait pour la raison la plus idiote de tous les temps. Elyna, enlevée ? Mais bien sûr. Il fallait vraiment être idiot, ou ne pas connaître cette furie blonde pour s’imaginer une seule seconde qu’une telle furie blonde se laisserait se faire enlever. Ne jamais se fier à son petit minois angélique, ça, Crook l’avait déjà intégré, mais apparemment, ce n’était pas le cas de tout le monde, même de son propre frère.

Enfin. Bien que conscient que le départ de l’autre idiot de service n’était certainement pas définitif, Crook savait également qu’il fallait profiter de ces instants de quiétudes, et ne plus penser à ce Lavy. Ainsi, le jeune homme porta de nouveau son attention sur ses camarades, avant de remarquer une chose : le vieux rabat-joie de Pocky Grent et son imbécile heureux de petit fils étaient encore là. Haussant alors un sourcil, le rouquin ne se gêna pas une seconde pour leur faire d'un ton mi-désinvolte mi-arrogant :

« Dites donc, vous deux, vous avez décidés de nous faire chier jusqu'au bout, ou vous avez rien d'autre à faire ?
- NON MAIS DIS ! Hurla aussitôt le doyen Pocky contre un Crook roulant des yeux et grimaçant. Je te demanderais un peu plus de RESPECT, jeune homme arrogant que tu es ! Sache que je fais ici ce que bon me semble, et je ne compte pas laisser de tels fauteurs de troubles seuls !
- Dis plutôt que t'as réellement rien d'autre à faire, papy, rigola Squall. On t'en voudra pas !
- LE RESPECT S'IMPOSE A TOI AUSSI ! Franchement, heureusement que j'ai repris ton éducation ! Comme je le pensais, ta stupide mère n'était pas à la hauteur ! »

Chose que les quatre pirates remarquèrent bien, aussitôt le grand père Pocky eut-il prononcé ces paroles que son petit fils, dans une moue boudeuse, sembla se braquer, perdant en un seul instant sa bonne humeur. Et si nos amis étaient on ne peut plus intrigués quant à cela, Grent, lui, ne sembla pas y porter grande attention, bien qu'il était on ne peut plus évident qu'il avait lui aussi remarqué la réaction de son petit fils, donnant ainsi l'occasion de voir son rude caractère.

Mais aucun d'entre eux n'eut le temps de s'épancher plus sur ce court événement car le vieux Pocky, toujours dans sa classe majestueuse et dans le respect qu'il imposait, reprit de nouveau pour son petit fils :

« Bien, Squall, tu as passé assez de temps loin de ton équipe. Il est temps que tu retournes à l'entraînement, tes camarades t'attendent très certainement !
- C'est toi qui m'a sorti de mes entraînements, en même temps...
- Quant à vous, poursuivit-il à l'attention des quatre autres, je vous demanderais de le suivre ! Peut-être que d'assister à leur préparation vous calmera un peu. ET QUE CA SAUTE ! »

Partant alors d'une marche autoritaire on ne sait où, Grent laissa son petit fils seul avec l'équipage de Crook, le laissant ainsi être le centre de leur regard. Mais celui-ci ne s'en offusqua pas, se contentant de soupirer bruyamment une fois sûr que son grand-père soit loin. Retrouvant instantanément son sourire après ce souffle, Squall, plaçant ses point contre ses hanches, s'adressa à la petite assemblée :

« BIEN ! Et ben puisqu'apparemment je vais être votre guide ou votre nounou, vous allez me suivre !
- Tu lui obéis toujours comme un p'tit chien, à ton grand-père ? demanda alors Evan sans même attendre une seconde.
- B'euh. Disons que je suis bien obligé, vu le type que c'est, l'papy. C'est que je tiens à ma vie, moi !
- C'est très étrange, fit alors Juliett qui jusqu'à présent était resté muette.
- De quoi ? lui fit Crook.
- Le Shimbut de cet homme ne correspond pas à la personnalité qu'il nous laisse voir, expliqua-t-elle. Comme s'il cachait son véritable caractère.
- Tu veux dire qu'en temps normal, c'est un tendre ? Rigola la jolie blonde.
- En tout les cas, son Shimbut ne semblait pas en accord avec lui.
- Euh... hésita Squall. C'est quoi, un "Shimbut" ?
- Laisse courir... » soupira alors Evan dans un mouvement de main.

Interrogateur, Squall lança un dernier regard sur Juliett avant de suivre le conseil d'Evan, et d'ignorer l'étrange discours de la brune. Leur indiquant par la suite le chemin à suivre, le petit groupe traversa mainte et mainte fois la foule pour finalement arriver dans un carré de terrain aménagé, se trouvant derrière le stade principal, à quelques mètres des gradins. Même à une vingtaine de mètre, tous pouvaient déjà voir les camarades de Squall, amassés en groupe dans un coin du terrain aménagé pour eux. Ceci sembla d'ailleurs instantanément inquiéter Squall qui fronça les sourcils tout en marmonnant dans sa barbe, avant d’appeler ses amis.

En entendant l'arrivée de leur capitaine d'équipe, tous semblèrent comme soulagés et inquiets à la fois, tandis que deux d'entre eux accoururent vers Squall tout en criant son nom pour attirer son attention. Voyant qu'on venait à sa rencontre, Squall, et très vite suivi par le groupe de pirates, s'arrêta dans sa marche pour attendre ses deux amis qui ne mirent pas longtemps à arriver.

« Squall ! Fit alors l'un deux, essoufflé. C'est terrible ! Vraiment terrible !
- Terrible ? répéta le concerné, interloqué. Et ben qu'est-ce qui se passe ? Quelqu'un est mort ?
- N-non, mais... Mais... »

Si Squall et même les quatre autres, curieux, attendaient la réponse de l'homme, celui-ci bien trop essoufflé, du tout d'abord reprendre le cours normal de sa respiration, faisant ainsi languir tous ceux qui ne connaissaient pas le pourquoi du comment de la situation. Mais heureusement pour eux, l'homme ne les fit pas trop attendre, et aussitôt son coeur avait reprit un rythme à peu près normal, qu'il se redressa pour dire à son capitaine :

« C'est terrible, Squall ! Conan est tombé gravement malade ! Impossible pour lui de bouger !
- DE QUOI ?!! »

Acquiesçant d'un coup de tête rapide, l'homme reprit alors, paniqué :

« Les épreuves commencent dans à peine trois heures, et il nous manque le joueur principal ! »