Mélancolie

par KuroKeitaro

Les pétales des arbres en fleurs virevoltaient dans les airs, portées par la brise printanière. Leurs odeurs chaleureuses se répandaient, allant caresser les narines des promeneurs. La forêt, égayée par les bruits des oiseaux, s'ouvrait et délivrait l'innocence de la nature. Les coins s'embellissaient à la lumière du soleil qui transperçait aux travers des feuillages. Tout était si calme, tout était si vivant.

 

Assis au pied d'un arbre, un jeune homme observait la danse aérienne des pétales. Il ferma les yeux un instant et respira profondément l'odeur musquée qui dominait en ce lieu. Ce parfum le faisait encore rêver, il était si doux, si puissant à la fois. Comme le songe d'une nuit d'été, comme l'espoir d'un froid hivers. Il incarnait le renouveau, la beauté d'un cycle infini.

 

Le jeune homme se laissa aller contre l'arbre, profitant de la sérénité qui l'envahissait. Ici, les frémissements des feuilles vertes et le chant des ruisseaux lui rappelaient les rires légers des enfants. Il se sentait bien, sans rien pour le déranger, sans une parole humaine. Juste de l'harmonie.

 

L'odeur de l'humus montait depuis le sol et le jeune homme sourit mélancoliquement. Bientôt, elle en ferait partie. Bientôt, le parfum musqué aurait une odeur de terre. Il appuya sa tête contre ses genoux en soupirant. Ses mains s'enfoncèrent dans le sol humide et se crispèrent autour d'une poignée brune.

 

La fraîcheur de l'endroit l'envahissait bénéfique ment, elle le calmait, l'endormait. Il se laissait engourdir sans lutter, juste pouvoir s'abandonner, encore une fois. Être dans ses bras, en sécurité. Ce parfum…si vivant, si doux. Une larme glissa sur sa joue, salée et froide. La quiétude de l'endroit le submergeait et le détendait. Petit à petit, son chagrin put sortir. Doucement, sans vague, continu.

 

Les pleurs s'échappaient des yeux tristes qui ne se baissaient pas. Le jeune homme pleurait, les yeux ouverts, sans expression sur le visage. Juste pleurer, laisser sa peine partir, comme ça, sans réfléchir. Les chants des oiseaux continuaient, calmes ou bagarreurs. La forêt vivait, sans s'arrêter dans sa course folle.

 

La vie s'écoulait en son cycle continu. Pour lui, elle s'était tout simplement suspendue, à jamais. Il ne bougeait pas, avait cessé de pleurer. Il respirait, encore et encore, craignant de ne plus sentir cette odeur à sa prochaine inspiration. Ses cheveux s'agitaient et accompagnaient les pétales dans leur danse amoureuse. Tout était calme. Tout était fini.

 

Un souffle de vent agita le feuillage dense et la silhouette du jeune homme disparu, se fondant dans la nature. Posée par terre, une simple plaque de marbre. Un dernier salut.

 

 

 

Je n’ai pas mis de nom, c’est voulu. Tous mes One-Shot ne seront pas ainsi.

Sinon, certains me reprocheront peut-être la longueur et le manque d’expressions fortes. Ce chagrin est censé être calme, pas de passions, rien. Voilà, en sachant ça, vous pouvez maintenant me faire toutes les critiques du monde. C’est ce que je recherche. Par contre, cela ne veut pas dire que je ne veux que des commentaires construits. Je suis ouverte à tout.

 

Voilà, merci d’avoir lu,

 

Kuro