Révélations et vengeance

par TanatoKinabe

 

 

 

Avec un regard suspicieux, Naruto repartit en direction de la cache de la Sabishii où ses compagnons l’attendaient. Au bout de quelques temps, Naruto arriva à destination.

 

 

Keitetsu le fixa avant de prendre la parole.

 

 

-Tu en as mis du temps, je t’ai connu plus expéditif face à Akatsuki, lui fit-il remarquer.

-Une discussion vaine et inutile avec un ninja borné et sans scrupules, fit Naruto. Et dire qu’il fut mon senseï et qu’il fait partie des puissants ninjas de ce monde.

-Sachant que tu adores ce genre de parlottes, je suppose que tu l’as tué, continua Keitetsu, sourire aux lèvres ce qui eut le don d’exaspérer Kitashi.

-Je l’ignore, répondit simplement Naruto. Je l’ai laissé pour mort mais Sakura est arrivée donc je suppose qu’il va s’en sortir.

-Tu perds tes habitudes, Naruto-kun, fit Noki faiblement.

-Hn !

 

 

Naruto venait de partir après s’être débarrassé de Kakashi et Neji, Shikamaru et Sakura étaient restés quelques minutes comme paralysés au milieu de la forêt à moitié brûlée et calcinée par le combat. Neji repéra alors Kakashi avec son Byakûgan.

 

 

-Vite Sakura, suit moi là-bas, fit le Hyûga en montrant de son doigt la direction à prendre.

 

Ils foncèrent dans une sorte de couloir naturel façonné dans la forêt où les branches étaient brisées et pendaient le long des troncs, quelque soit leur taille. La nature avait été oppressée et en réponse à cela, Kakashi gisait au fond du couloir, encastré dans un énorme tronc encore fumant. Son thorax était enfoncé alors que du sang dégoulinait de son front, de sa bouche et de son torse formant une marre rouge sur le sol.

 

 

-Merde ! cria Neji.

-Il est dans un état catastrophique, s’exclama Sakura.

-Je m’occupe de le ramener à l’Hôpital, je suis le plus rapide, fit Neji.

-Mouais, fit mollement Shikamaru.

 

 

Une fois arrivés à Konoha, ils se dirigèrent évidemment directement à l’hôpital alors que Shikamaru alla prévenir l’Hokage qui se rendit auprès de Sakura pour commencer l’opération de Kakashi.

 

-C’est Naruto qui a fait ça ? l’interrogea Tsunade.

-Oui, répondit Sakura. Et il était seul.

 

Sakura fixa alors le sol en silence avant de reprendre.

 

-Comment peut-il être si fort ? Kakashi est un ninja fabuleux, le meilleur du village.

-Tu l’as vu à l’œuvre face à Akatsuki puis face à toi, répondit Tsunade. Tu comprends alors tout. Et puis il a ça dans le sang.

-Que voulez-vous dire, Tsunade-sama ? fit Sakura.

-Rien, se rattrapa-t-elle. Nous allons en savoir plus sur Naruto, j’avais dit à Kakashi de prendre un micro et il a tout enregistré, et on est en train d’analyser la bande.

 

 

Peu après, et heureusement pour le village de la feuille, le ninja copieur fut tiré d’affaire par les médecins. Un Chuunin de l’unité spéciale de décryptage vint alors annoncer à la Godaime Hokage que la bande était désormais lisible. Ils l’écoutèrent alors en silence. Ce silence se prolongea à la fin de la diffusion avant que Sakura n’explose :

 

 

-Il ne comprendra donc jamais qu’on regrette tous ? s’exclama la rose.

-Sakura ! Nous le savons depuis le début, fit Tsunade sous le regard triste de sa disciple. Il ne reviendra jamais durablement à Konoha et encore moins pour nous.

-Pourquoi se préoccuper de lui alors ? Continua Sakura irritée.

-Tu n’es pas objective, Sakura ! La réprimanda Tsunade. C’est un nukenin de rang S classé dans le bingo Book de toutes nations et qui a tué des dizaines d’Anbu des différents villages ninjas. On ne peut le laisser en liberté sans surveillance.

-Je sais, approuva Sakura en baissant la tête.

-Néanmoins…

 

Sakura releva alors la tête.

 

-…Il a malheureusement raison, fit Tsunade.

-Raison ? Comment ça ? demanda Sakura.

-La plupart des dirigeants politiques sont contre la paix ou tout du moins, ils ne la souhaitent pas. En effet, la paix serait une catastrophe économique pour les pays s’appuyant sur les ninjas. Sans nukenins, nos différents villages ninjas n’auront plus aucune source de revenus et ils s’effondreront un à un, fit Tsunade.

-Alors, vous voulez dire que la base de l’idéologie de paix des ninjas n’est qu’une illusion qui va à l’encontre de tous nos principes ? fit Sakura.

-C’est malheureux à dire mais oui, répondit la princesse. Le système n’est, à l’origine, pas mauvais, mais au fil des années, voire des siècles, les shinobis sont devenus une manne financière. Certains d’entre eux sont devenus incontrôlables. Des guerres ont éclaté, des clans se sont affrontés et ainsi sont nés les villages cachés. Mais aujourd’hui, ce système est dépassé. De grands guerriers ont cherché la paix et alors que nous étions près de la trouver, que des êtres exceptionnels tels que Naruto, Gaara ou le quatrième étaient capables de ramener la paix, d’autres shinobis ont tout fait pour les faire échouer. C’est ainsi que Madara a influencé Sasuke, qu’Orochimaru a changé de voie. Et Naruto le sait et ça le répugne. Il est devenu très intelligent et par conséquent dangereux, continua Tsunade avant de marquer une pause. Il nous a déjà échappé trois fois en un lapse de temps très court. Il a toujours un coup d’avance sur nous. Il a étudié toutes nos possibilités avant de prendre une décision. Son intelligence le met en position de force constante. Son but est louable, ses intentions merveilleuses mais la manière n’est pas à un niveau égal. Il se perd lui-même dans sa propre cause. Mais il reste quasiment insaisissable.

 

Sakura serra les poings.

 

-Pourtant…Pourtant je le ramènerais, cria-t-elle.

-Ne fais pas les mêmes erreurs que lui et que nous par le passé, fit Tsunade. Et moi-même je ne ferais pas l’erreur de te laisser partir. Je ne te laisserai pas aller le chercher.

-Mais Pourquoi ? fit Sakura.

-Il te tuerait, répondit froidement Tsunade. Tout comme Sasuke l’aurait fait si Naruto ne t’avait pas protégée ce jour-là.

-Pourquoi continuer de le poursuivre s’il est insaisissable ? D’après l’enregistrement il n’aspire pas au pouvoir.

-Il est un nukenin, ce qui règle la question, répondit l’Hokage. Il possède également un objet précieux qui appartient aux Hokage. Maintenant tais toi, nous n’en reparlerons pas, fit Tsunade alors que Sakura avait de nouveau ouvert la bouche.

 

 

Soudainement, Tsunade entraperçut un petit crapaud qui se tenait sur le rebord devant la fenêtre. Ce dernier pénétra dans  le bureau de l’Hokage et apporta un message à la princesse.

 

 

-Ce message, Tsunade-san vous est adressé à toutes les deux, fit le crapaud. Mon maître tient également à préciser que l’objet qu’il possède lui est légitime puisque avant lui il appartenait à son père avant même d’appartenir aux Hokage.

 

 

« Il en sait plus long qu’il ne veut nous le faire croire … » pensa Tsunade en ayant un regard vide posé entre ses mains, comme à son habitude.

 

 

-Oui, il sait des choses, continua le crapaud en devinant les pensées de la grande blonde. Il se rappelle aussi que la seule véritable personne qui a tenté de le dissuader de faire la bêtise fut son  regretté parrain.

 

Après avoir saisi le message, le crapaud salua l’Hokage avant de disparaître dans un nuage de fumée. Elle ouvrit le cachet et déroula la lettre.

 

 

« Tsunade-san, encore une fois, vous me décevez. Cessez d’être hypocrite car personne ne veut de moi et d’ailleurs, je ne veux de personne. Je ne veux rien à Konoha, et je ne connais même pas Konoha, ce cher village que mon père aimait tant. Laissez-moi tranquille et je n’abîmerai plus vos ninjas en carton. Akatsuki ne sera bientôt plus et vous n’entendrez bientôt plus parler de moi.

Vous savez que rien ne me fera revenir à Konoha, sauf s’il était encore là. Je vous pardonne de votre bêtise mais en contrepartie, je souhaite que vous cessiez de croire que vous avez un quelconque intérêt pour moi, car jamais plus je ne vous verrai en tant qu’ami.

 

Votre cher Nukenin, Naruto Namikaze Uzumaki »

 

 

-Son…Son père ? Bégaya Sakura. N’était-il pas orphelin ?

-Sakura !! s’indigna Tsunade. Ne connais-tu toujours pas l’enfance de Naruto ?

-Si, bien sûr et je me reproche encore mon attitude passée et la manière dont je l’ai traité pendant des années, répondit Sakura. Mais je me demandais juste qui cela pouvait être d’important.

 

 

Tsunade eut alors un regard vide et elle fixait le sol de son bureau. Elle avait un visage inexpressif, vide de toute joie. Elle resta ainsi pendant cinq bonnes minutes, oubliant tout son environnement, jusqu’à la présence même de son disciple. Puis, elle tourna futilement la tête et fixa furtivement le quatrième portrait en partant de la gauche.

Ceci n’échappa malheureusement pas à Sakura qui avait fixé son maître pendant tout le temps de la scène. Sakura ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Elle regarda successivement Tsunade, la photo de Naruto qu’elle avait toujours avec elle et le portrait du quatrième.

 

 

-Ne me dites pas que… Je… commença la rose.

-Et si ! répondit Tsunade se rendant compte de son erreur. Et personne ne l’a jamais su à part le vieux Sarutobi et Jiraiya.

-Le fils du Yondaime, murmura Sakura pour elle-même. Quelle ressemblance étrange. Ils sont aussi beaux l’un que l’autre et il dégage chacun une impression de noblesse, même en photo. Ils sont des êtres à part.

-L’aimes-tu, Sakura ? L’interrogea Tsunade sourire aux lèvres.

-Quoi ? Qui ? Naruto ? Non, bien sûr que non, s’exclama la rose gênée. Il m’est cher, voilà tout. Il ne me manque pas à ce point.

-Tu ronges ton frein depuis que tu as seize ans Sakura. Aujourd’hui encore alors qu’il n’est plus là, tu continues à te mentir à toi-même. Il est devenu plus que ton coéquipier ou que ton meilleur ami, fit Tsunade. J’ai vu comment tu as regardé la fille brune qui était avec lui.

-C’est faux, répliqua Sakura.

-Fais ce que tu veux, mais Yamato t’avait déjà mis au courant il y a longtemps, répondit l’Hokage avec malice.

-A plus tard, Tsunade-sama, ajouta simplement Sakura mal à l’aise avant de disparaître dans un nuage de fumée.

 

Tsunade soupira bruyamment en se replongeant dans ses dossiers.

 

 

Deux jours plus tard, au cœur du pays de l’eau, au-delà de la mer. C’était la fin de la nuit à Kiri no kuni, le village caché de la brume. Il était cinq heures du matin, et le village était endormi. La pluie tombait abondamment sur le village endormi à cette heure avancée de la nuit. De fines ribambelles de pluie serpentaient dans les sillons de la route alors qu’ici et là, quelques animaux nocturnes profitaient de l’aubaine pour se déplacer habilement pendant le sommeil des hommes.

 

Néanmoins, tous ne dormaient pas car un homme encapuchonné, tout de blanc vêtu, se déplaçait silencieusement et rapidement dans la rue principale du village. On pouvait distinguer une longue épée dans son dos ainsi qu’une cigarette allumée qui pendait au bout de ses lèvres.

Son bandeau frontal barré horizontalement montrait qu’il était un ninja déserteur. Soudainement, l’homme s’arrêta de bouger, jeta un coup d’œil à droite puis à gauche avant de sauter en l’air pour atterrir sur une terrasse d’un bel immeuble beige. Un éclair illumina le ciel, loin au nord, dévoilant, l’espace d’un instant, l’inconnu perchait sur les barreaux de la terrasse, tel un aigle en chasse. De l’aigle, il n’avait ni le bec, ni les ailes, mais l’homme était bien en chasse. Le tonnerre gronda.

 

La pluie lui martelait le visage et les vêtements qui ne s’en souciait pas du tout. Trempé, il s’approcha d’une fenêtre bien précise en faisant bien attention de ne pas faire le moindre bruit.

Le son de la pluie frappant le sol et les tuiles couvrit le bruit de l’objet métallique fendant le verre autour de la poignée de la fenêtre. Puis l’homme retira le bout de verre avant de passer délicatement sa main par le trou. Il tourna alors la poignée. Dehors, l’orage était désormais lointain et la pluie commençait à se calmer avec l’émergence de l’aube grandissante, au-delà des mers, à l’Est.

 

L’inconnu pénétra alors dans un petit appartement faiblement meublé et se rapprocha du lit où un homme dormait paisiblement en compagnie de deux superbes blondes complètement dénudées. Une fois au pied du lit, l’homme abaissa sa capuche révélant par la même occasion un beau et jeune visage aux yeux bleus azurs encadré d’une abondante chevelure blonde.

Naruto fumait tranquillement sa cigarette en regardant l’homme au milieu des deux femmes. Puis, il tira une nouvelle bouffée sur sa clope avant de la saisir de la main gauche. Un rayon de soleil perça à travers les nuages qui se dispersaient après l’orage et passa par la vitre montrant que l’aube était arrivée.

Naruto dans un geste lent baissa sa main tenant la cigarette avant de plaquer le côté brûlant sur le dos de la main de l’homme. Ce dernier se réveilla en sursaut avec un cri de douleur tout en jurant, ce qui réveilla par la même occasion les deux femmes de bonne compagnie. L’homme eut un regard horrifié en apercevant son agresseur. Sans un mot et dans un éclair digne de déclencher le tonnerre, Naruto transperça les deux femmes de son épée. Puis, avec un calme déconcertant, il se pencha vers l’homme. D’une voix douce et mielleuse, Naruto dicta à l’homme sa vision de la loyauté :

 

 

-La loyauté, dit-il, je l’admire même chez mes ennemis, mais la trahison est le pire des maux pour un Nukenin. Tu comprends ?

 

Le calme de son maître fit paniquer de plus en plus Goshi.

 

-Pa…Pardonne-moi, bégaya-t-il. Ils auraient tué toute ma famille et mes parents, s’écria Goshi. Je n’avais pas le choix.

-Quand je t’ai engagé, je t’ai demandé de changer de nom, tu as refusé, répondit Naruto agacé. Je t’avais prévenu mais tu n’as rien voulu entendre. Et je te retrouve là, en charmante compagnie. N’as-tu donc aucune cervelle ? Tu devais bien te douter que je n’en resterai pas là. A moins que tu aies pensé qu’ils allaient me prendre. C’est bien mal me connaitre, fit Naruto avec un sourire qui s’agrandit. Désormais, l’erreur est faite et tu me connais. Par conséquent, il est temps pour toi de payer tes erreurs.

-Mais, Naruto-sama, je…

 

 

L’homme n’eut pas le temps de finir car Kusanagi l’avait transpercé de part en part au niveau du cœur. Dans un dernier regard, l’homme contempla l’arme avant de rendre un dernier souffle. Il resta là, inerte, baignant les draps de son sang, en compagnie des deux prostituées, compagnes d’un soir ou plus et qui avaient abandonné leur triste vie.

 

Naruto récupéra sa cigarette et tira une nouvelle fois dessus avant de la jeter sur le torse du traître. Avec un mépris apparent, il retira l’épée et saisit un pan du drap avec lequel il essuya la lame ensanglantée de Kusanagi, une nouvelle fois. Il remit l’arme dans son fourreau puis avec élégance, il se dirigea vers la sortie. Il sauta dans la rue et atterrit à côté de cinq corps d’Anbus qui gisaient aux pieds de trois autres ombres blanches.

Les victimes avaient toutes un signe marqué par le feu sur le torse. Le Kanji « Sabishii ». Ils avaient accourus quand ils avaient perçu l’envie de meurtre de Naruto, ce à quoi s’était attendu le blond. Ses hommes avaient ainsi été postés en soutien. Kitashi semblait passablement énervée face à la mine tout à fait réjouie de Keitetsu. Noki était impassible comme toujours.

 

-C’est quoi ça ? fit Naruto en désignant les marques inscrites sur les corps.

-Une idée de Keitetsu, répondit Kitashi avec dédain.

-Je trouve ça classe de signer nos actions, surtout par le feu, fit l’intéressé en raillant sa coéquipière. Vous ne trouvez pas ça beau ?

-C’est vrai que c’est artistique, répondit Naruto en riant avec son compagnon.

-C’est ça, passe de son côté. De vrais gamins, continua Kitashi exaspérée.

-On devrait filer rapidement, les interrompit Noki qui sentait un danger arriver.

-Heureusement que tu es là Noki, fit Naruto. Sans toi nous formerions une bien piètre équipe.

 

 

Noki le gratifia d’un sourire enjoué.

 

 

-Bon après notre action de ce soir, je pense qu’il est plus sage d’essayer de passer inaperçu pendant quelques semaines, reprit le blond. Ça va nous donner du temps pour chercher des informations supplémentaires sur Akatsuki mais aussi pour nous reposer.

 

Ils acquiescèrent avant de disparaîtrent dans la nature. Quelques secondes plus tard, le Mizukage apparaissait en compagnie de 30 Anbus, ne retrouvant que les cinq corps inanimés des Anbus, celui d’un Jounin du village ainsi que celui de deux jeunes femmes. Un brin de colère passa sur le visage du chef du village de la brume. Il s’en retourna pensif et fulmina en silence.