Des nouvelles vies

par Fan-manga

Chapitre Un : Des nouvelles vies

Avec Naruto

Le sentiment était oppressant, presqu’étouffant. Il avait l’impression de mourir une seconde fois, il avait l’impression d’être étranglé. C’était étrange comme les portes de la mort attendaient de le reprendre malgré qu’il soit propulsé dans un nouveau monde, dans une nouvelle mentalité. Il ignorait ce qu’il lui arriverait réellement, mais il n’avait pas l’envie de découvrir maintenant, pourtant, il savait qu’il allait devoir vivre avec, qu’il allait devoir survivre à son nouveau lui. Allait-il être le même enfant, oui ou non? Kami avait elle-même spécifié qu’il serait toujours le porteur du Kyuubi, mais serait-ce suffisant pour lui permettre de découvrir qui il serait? Il flottait dans un espace vide, sans vie, jusqu’à ce que des souvenirs le submergent et que d’autres s’effacent.

 

Une jeune fille blonde regardait Konoha, une jeune fille emplie de haine. Trois marques de moustaches lui faisant offices de cicatrice. Elle ne devait être qu’une fillette de 7 ans, une fillette très jeune. Ses yeux azures ne représentaient rien, qu’une terrible haine glaciale, il n’y avait rien de plus dans ce regard. Konoha riait la mort du Kyuubi, mais elle savait mieux, elle savait beaucoup mieux qu’eux. Ces incapables! Sur son bras, un bandeau pendait, un bandeau de Konoha, un bandeau de shinobi, elle était devenue shinobi rapidement, graduant au même rythme que le prodige Uchiwa, Itachi, son nouveau sensei.

 

Elle sauta du bâtiment où elle regardait la ville qu’elle détestait, dans quelques heures, son sensei devrait devenir criminel, elle ne pourrait pas suivre étant l’arme vivante du pays du feu. Elle était la jinchûriki du Kyuubi, elle avait eu le malheur de naitre le 10 octobre. Son bandeau bien en vu sur son bras, elle partit faire son travail de genin, nettoyé derrière les citoyens…

 

Quelques années plus tard

Elle avait vieilli, la jeune fille tenait ses cheveux longs, elle avait des yeux d’un shinobi, elle venait de graduer chuunin, à 10 ans, comme son sensei. Elle était du même calibre, une fillette qui était forcée à grandir plus rapidement que les autres. Elle avait sa place dans l’ombre de Konoha, elle était déjà une Anbu malgré tout. Tous les Anbus devaient suivre deux voies, la voie de l’ombre et la voie de la lumière, Naru devait, elle aussi, vivre les deux voies. Après tout, en tant que jinchûriki, c’était son devoir, protéger Konoha au péril de sa vie. Son nom était déjà craint, Naru Uzumaki alias Kitsune, une assassine qui ne restait rien derrière elle sauf une tâche de sang.

 

Elle était devant l’académie, les chuunins devaient venir régulièrement travailler et faire de la paperasse, peu importe leur âge. Naru n’était pas exempté de cette règle. C’est donc avec résignation que la jeune fille mit la main sur la porte et l’ouvrit. Cela faisait un moment depuis qu’elle n’avait pas mis les pieds dans ce bâtiment en question. La jinchûriki devait se rendre au bureau d’Iruka, un chuunin qui lui donnerait son travail pour qu’elle puisse commencer. Il enseignait à un groupe d’élève de son âge, malheureusement. Naru devait le trouver à l’intérieur de la classe pendant l’heure de la pause.

 

Elle franchit les corridors déserts rapidement, la cloche sonna lorsqu’elle atteint la porte désignée. Elle se décala quelque peu, attendant que la horde d’élève passe. Elle ne fut pas longue, des enfants partir à courir, des enfants de son âge qui ne connaissait même pas la vie d’un shinobi. Certains la regardaient, mais ils ne voyaient même pas le bandeau sur son bras. Une fois que le calme revint, la jeune fille entra sans toquer. Entre chuunin, ils n’avaient pas besoin de ce genre de chose.

 

Iruka était installé à son bureau, quelques élèves étaient restés installés à leur bureau, sûrement punis. Par leur regard, Naru savait qu’ils étaient les principaux fouteurs de troubles dans cette classe. Elle laissa son aura avertir le chuunin de sa présence.

-     Je t’attendais plus tôt, avoua-t-il. Mais bon, il est préférable de le faire pendant la pause, n’est-ce pas Naru?

 

Elle acquiesça silencieusement. Naru se rapprocha légèrement le temps qu’il lui explique ce qu’elle devait faire. Elle allait corriger les copies des élèves dans un coin de la classe pendant qu’Iruka donnait son cours, elle n’avait pas encore le droit de toucher aux véritables documents administratifs puisqu’elle n’avait que dix ans. C’est donc avec résignation qu’elle prit le bureau libre que le chuunin lui pointait. Elle venait tout juste de commencer la correction lorsque la cloche avait de nouveau sonné. La journée allait être longue. La jeune fille aux cheveux blonds ne leva même pas le regard lorsque les élèves franchirent la porte.

-     Iruka-sensei, s’exclama un enfant. Qui est-elle?

-     Ça ne vous concerne pas, prenez place et laissez-la tranquille.

 

Elle avait corrigé toute la journée, certains élèves tentaient de la déranger, mais elle était habituée d’omettre les détails qui l’entouraient. La correction se passait rapidement, efficacement. Lorsqu’elle finit, la jeune fille se releva, la cloche sonna à ce moment. Sans donner un regard à la classe, elle rendit les copies à Iruka avant de sortir, sa paperasse était finie pour la semaine. C’est donc avec un certain enthousiasme que la jeune fille se rendit jusqu’à son repère, la tête des Hokage. La journée était bien entamée, les marchands tentaient d’attirer le plus de client possible alors que les autres ne cherchaient qu’à faire ce pourquoi ils étaient sortis de leur lit. Elle s’étendit, observant le ciel bleuté… Sa vie était si monotone.

 

Deux ans plus tard

Naru venait tout juste de graduer jounin, elle avait suivi le même chemin que son sensei. Elle était devant l’Hokage, recevant les hommages d’être jounin à un si jeune âge. Ses yeux étaient froids, impassible comme le demandaient le travail d’un shinobi. La jinchûriki venait aussi d’apprendre qu’elle serait un jounin instructeur malgré son âge. Avec Kakashi qui faisait échouer tous les genins à sa charge, Konoha ne pouvait plus se permettre de perdre des futurs combattants de cette façon, Naru avait donc été choisie pour remplacer le ninja copieur, malheureusement.

 

Elle devait rencontrer son équipe dans quelques jours…

 

Naru se releva, la respiration courte. Sa main alla essuyer son front de sueur, elle avait rêvé du passé. La jounin de 12 ans se leva de sa position, il y avait quelques choses de différents avec elle, elle le sentait dans tout son être. Inconsciemment, elle savait déjà qu’elle devrait protéger quelqu’un, qui? C’était la question qu’elle se posait maintenant. Elle se regarda dans l’eau du lac, toujours ces cheveux de couleur blond doré, toujours ces mêmes marques en forme de moustache sur ses joues, toujours cette même taille. Seul ses vêtements avaient changé, elle ne portait plus l’habit standard des jounins, elle avait simplement un chandail standard de shinobi noir, une paire de pantalon de même couleur ainsi que des bottes de combat noirs. Ses cheveux ressortaient davantage dans cette habit, Naru avait toujours préféré les couleurs sombre, cela démontrait à quel point son esprit était celui d’un shinobi. Dans son dos, il y avait son Katana, une lame que lui avait donnée son premier sensei, Uchiwa Itachi.

 

C’est en soupirant que la jeune fille partit vers le village, sa chevelure volant au rythme du vent. Sur sa manche, il y avait le bandeau de Konoha. La jinchûriki ne prit pas de temps, elle se dirigea vers l’académie, elle était en retard pour prendre son équipe, elle le savait d’instinct. La blonde ne voulait pas d’équipe, ça ne ferait que la ralentir dans son rythme de mission. Ses pas la menèrent rapidement dans les rues du village des feuilles. La kunoichi ne prit même pas le temps de saluer quiconque ni même de regarder la beauté de son village natale. Elle le détestait de tout son être comme elle détestait l’humanité en tant que tel.

 

Elle arriva devant un bâtiment de grande taille, l’académie. C’est avec assurance qu’elle entra dans le bâtiment, des groupes de trois suivi de leur sensei sortaient des classe, la jeune fille atteignit finalement la porte de la salle de classe où elle devrait prendre son équipe. Une jounin sortit à ce moment, Naru la regarda partir avec ses élèves, c’était Kurenai et l’équipe huit. Elle entra à son tour, dans la salle, Iruka veillait sur les élèves.

-     Équipe sept, dit-Naru de sa voix froide.

 

Elle tourna les talons laissant une classe éberluée, Iruka l’arrêta de sa voix.

-     Après ta petite présentation en équipe, l’Hokage veut te voir, Naru.

 

Elle hocha la tête sans même le regarder et partit. L’équipe sept se leva rapidement et la suivit, ils n’arrivaient pas à croire qu’elle était leur sensei. Certains entendaient déjà le ricanement de leur camarade. Naru les conduisit sur le toit, elle s’installa tranquillement, adossé à la barre de métal. Ses yeux azures regardaient le duo, son regard était froid, glacial même. La jeune fille de l’équipe avec des cheveux roses et des yeux verts pétillants, pétillants pour l’Uchiwa. Naru n’avait même pas besoin de le regarder pour comprendre qu’il voulait se venger de son frère. Elle savait parfaitement qu’il avait des cheveux ébène et des yeux noirs, un noir moins profond que celui de son frère.

-     Présentez-vous, fit-elle, impassible.

-     Sensei, comment voulez-vous que nous nous présentons, demanda la rose.

 

«Génial, une imbécile…» pensa distraitement la jounin.

-     Nom, prénom, âge, aime, n’aime pas, hobbies et rêve, haussa-t-elle.

-     Pouvez-vous faire un exemple, demanda à nouveau la genin.

-     Uzumaki Naru, 12 ans. Je n’aime pas grand-chose, je déteste Konoha et l’humanité. Je n’ai pas de hobbie et mon rêve, je n’en ai pas, tout simplement. À toi, pinkie!

 

Sa voix décelait une haine glaciale, presque plus froide qu’un glacier. La jeune kunoichi frissonna, elle ne pouvait pas imaginer une vie sans aimer quoi que se soit.

-     Haruno Sakura, 12 ans. J’aime… enfin celui que j’aime… *Regard vers l’Uchiwa. Je déteste Ino-pig! Mes hobbies sont de magasiner et de lire, mon rêve est… *Regard vers l’Uchiwa*

 

La rose finit sa présentation avec un petit rire, Naru roula des yeux, elle regarda son dernier élève espérant que sa présentation serait mieux que l’autre.

-     Uchiwa Sasuke, 12 ans. Je n’aime pas grand-chose et en déteste beaucoup. Mon hobbie est l’entrainement et je ne peux pas réellement appeler ça un rêve, mais j’ai une ambition. La résurrection de mon clan et tuer un certain homme.

 

«Je m’en doutais, bon, je vais mettre les points au clair immédiatement dans ce cas.» pensa-Naru sadiquement.

-     Je t’avertis immédiatement, Uchiwa-san. Peu importe ton travail acharné, tu n’arriveras pas à le tuer s’il ne le veut pas, rit-Naru. Je connais très bien celui que tu veux tuer et je peux te garantir que les capacités qu’il t’a montrées à l’époque ne sont rien face à ses véritables capacités.

-     Et comment fais-tu pour le savoir, répliqua violemment Sasuke.

-     Cet homme que tu veux tuer a été mon sensei, fit-Naru sérieuse. Je le connais mieux que toi, c’est certain. Ensuite, je vais vous le dire tout de suite, je n’ai jamais voulu avoir d’équipe genin, on me l’a imposé. Finalement, j’ai l’honneur de vous annoncer que vous n’êtes pas officiellement genin.

 

Naru sourit sadiquement. Les yeux des genins s’élargirent en état de choc.

-     Comment? On a passé l’examen, répliqua-Sakura, insultée.

-     Cet examen? Vous croyez réellement qu’un petit examen comme celui de l’académie suffit à vous faire devenir des meurtriers, demanda calmement Naru. Vous êtes naïfs, incroyablement naïfs.

-     Nous ne devenons pas des meurtriers, mais des shinobis, se rembrunit Sasuke.

-     Le travail d’un shinobi est d’obéir à ses supérieurs pour garder la paix, répliqua-Naru. Pour garder cette paix, le shinobi tue, c’est la réalité. Ne croyez pas qu’être un ninja, c’est être respectable. Au contraire, nous sommes que des meurtriers, nous tuons pour un pays parce que nos supérieurs nous l’ont demandé. Cette réalité, on ne vous l’a dit pas, on préfère vous remplir la tête en disant que vous protégez Konoha. Rien n’est plus faux, si notre supérieur est légèrement paranoïaque, les prochains ordres de missions qu’il nous donnera seront simplement des meurtres inutiles.

 

La jounin s’arrêta, laissant les certitudes des genins se détruire sous leur pied. Oui, elle ne devrait pas leur annoncer de cette façon, mais elle ne peut pas les laisser devenir des meurtriers s’ils ne sont pas prêts à tuer. Naru savait quelle douleur que pouvait faire un premier meurtre, le sien avait été à sept ans et c’était seulement pour se défendre. Personne ne s’en remet complètement, c’était un fait.

 

Sasuke releva soudainement la tête, il était prêt depuis longtemps, prêt à tuer parce que son but était de tuer un homme. Il ne baisserait pas les bras déjà qu’il avait comme sensei une personne de son âge, c’était hors de question qu’il abandonne dès maintenant. Elle les testait, tout simplement.

-     Et? Le meurtre reste le meurtre, un shinobi tue, c’est vrai, fit-il froidement. Je n’aurai aucun honte à tuer si ça peut me rendre où je veux être!

-     Et toi, pinkie, se pencha-Naru. Es-tu prête à abandonner ton innocence au profit d’un village exécrable? Es-tu prête à survivre jour après jour.

-     J’ai choisi ma voie, j’ai décidé d’être une kunoichi tout seul, alors pourquoi abandonner?

-     Demain, à 10h, au terrain d’entrainement numéro 7. Le test qui décidera si vous restez genin se passera là-bas. Je vous conseille d’observer, ça peut parfois porter chance.

 

Naru partit pour sauter lorsque la voix de Sasuke l’arrêta.

-     Je peux savoir pourquoi tu as été choisi pour être jounin instructeur? De mon avis, tu es simplement une genin qui veut nous faire une farce.

-     Tu veux réellement savoir, sourit sadiquement Naru en se retournant.

 

Son regard était glacial, aucune vie n’était représentée dans ses prunelles.

-     Simplement parce que l’autre jounin n’a fait passer aucun genin, je compte bien continuer son œuvre. Et en passant, je suis jounin et non une simple genin. Tu regarderas demain si tu ne me crois pas. Pour ton information, je suis Uzumaki Naru alias la démone invisible.

 

Sur ces mots, la blonde disparut via le shunshin. Elle réapparut en face de la tour du Hokage, sans perdre de temps, la jeune fille gravit les marches jusqu’au bureau du vieillard, du sandaime Hokage, l’unique être qui la rattachait à Konoha. Elle s’arrêta devant la secrétaire, celle-ci ne fit qu’hocher la tête, la jounin toqua légèrement et entendit le «entré» habituelle. Elle ouvrit la porte dévoilant un vieil homme avachi sur la paperasse. Elle entra de quelques pas attendant que son Hokage décide de lever la tête ce qu’il fit avec empressement.

-     Ah, Naru, celle que j’attendais, s’exclama-t-il heureux de fuir son enfer personnel.

 

Elle roula des yeux avant de s’installer calmement sur la chaise devant son Kage. Elle le connaissait trop bien, elle savait parfaitement qu’il l’avait appelé pour savoir comment était sa première équipe, comment c’était d’avoir des élèves.

-     J’espère que tu n’as pas détruit leur rêve avec la présentation, commença-t-il.

-     Je ne leur ai dit seulement la vérité et c’est quoi l’idée de me donner le petit-frère d’Itachi, répliqua-Naru en plissant des yeux.

-     C’est pour ton bien, il faut que tu oublies Itachi, il est maintenant un déserteur, Naru, murmura-Hiruzen. La vie n’est pas simplement bâtie sur la haine comme tu sembles le croire, tu dois y voir autre chose.

-     Y voir quoi? On m’a battu, violé et même tenté de me tuer. N’est-ce pas normal que je déteste ce village qui m’a vu naître même si mon père a tout fait pour le sauver? Oui, c’est normal! Regarde-moi, est-ce que je suis réellement une enfant?

 

Hiruzen plissa des yeux, la jeune fille avait certainement raison, son corps était celui d’un enfant, mais son esprit était celui d’un adulte. La voir comme ça le faisait souffrir, il était habitué de voir une jeune fille souriante et maintenant, depuis ces événements, c’était à peine s’il retrouvait la Naru qu’il connaissait en face de lui. C’était une étrangère, elle n’était plus l’enfant qu’il avait appris à aimer, elle était maintenant une kunoichi redoutable.

-     Peut-être as-tu raison, Naru. Tu n’es certes plus une enfant, mais es-tu obligé de détruire l’enfance des autres en leur disant la vérité?

-     S’ils ne savent pas le travail d’un shinobi, comment vont-ils obéir, coupa la jinchûriki. Crois-tu que la meilleure solution est de leur remplir la tête d’imagerie folle de la vie d’un shinobi. Nous sommes l’ombre de ce pays, nous combattons pour vos idéaux, justes ou non. Ils sont genins, mais ils doivent savoir ce qui les attende.

-     C’est ce que tu crois…

-     Alors, vous préférez attendre qu’il soit trop tard comme avec Uchiwa Sasuke? Il veut le tuer, c’est pratiquement son rêve, Hokage-sama. Il ne veut rien d’autre, que le meurtre. Il veut tuer, il est assoiffé de son sang, mais il ne comprend même pas ce que signifie tuer. Un shinobi est un meurtrier, c’est la vérité. Nous tuons des personnes peut-être innocentes pour le bien d’un pays, je préfère les avertir pour qu’ils renoncent avant qu’il soit trop tard. Ce n’est pas avec les mains tâchés de sang qu’ils pourront redevenir normaux après ce qu’ils auront commis.

 

Naru apportait de bons points, elle avait passé par là, elle savait en quoi s’en tenir, mais le Hokage savait aussi qu’il ne fallait pas trop pousser la chance trop loin. Naru avait eu une équipe instable, une fille-fan et un vengeur, elle savait bien ce qui l’attendrait dans le futur.

-     Je demande à ce que Uchiwa Sasuke aille une évaluation psychologique avant que je décide de mon test, fit professionnellement Naru. Je n’ai pas besoin d’une personne capable de sacrifier sa coéquipière simplement pour vivre et atteindre son objectif. De là, je déciderai si l’équipe sept passe ou non.

-     Ta demande est accordée, soupira le Sandaime. Tu peux partir… En passant, il y a une mission qui peut t’intéresser, elle ne prend pas de temps, mais je crois qu’elle pourra t’aider un peu. Tu n’as qu’à demander à Iruka la mission C-4.

 

Naru hocha la tête malgré le niveau bas de la mission. Elle se dirigea vers la salle où les shinobis recevaient les missions. Si le Sandaime lui disait que cette mission pouvait lui faire changer les idées, qui était-elle pour la refuser? Elle entra dans la salle, il y avait une équipe genin de l’année dernière, l’équipe de Gaï. Cet homme extraverti qui avait une coupe ras bol et des gros sourcils. Selon les informations qu’elle avait, il avait un élève identique à lui. Elle n’eut même pas le temps de dire un mot qu’elle dût attraper un parchemin au vol. Iruka la regardait avec un petit sourire.

-     Sandaime-sama nous a dit que tu pourrais venir chercher la mission C-4, dit-il en souriant.

-     Merci, Iruka-san.

 

Elle ouvrit le parchemin et le lut, un sourire malsain apparut sur ses minces lèvres.

-     Vous direz au Hokage que je l’adore, s’écria-t-elle, folle de joie.

 

Sans un mot de plus, la jeune fille disparut via le shunshin, elle avait des nouvelles de Tsunade, d’Orochimaru et de Jiraya! Les trois autres êtres à qui elle tenait. C’était plus qu’une bénédiction. La kunoichi ne prit pas de temps, elle alla ramasser son matériel avant de partir vers la porte du village en sautillant. Lorsque Kotetsu la vit arriver, il eut un mince sourire.

-     Combiens de temps?

-     Je vais être de retour pour demain, répondit-elle. Je vais les voir!

-     Pourquoi je m’en doutais, murmura-Kotetsu. Tu peux y aller, je n’ai pas besoin de tes papiers, il n’y a que toi pour arriver ici avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles.

 

La jounin haussa des épaules avant de partir… Elle allait enfin revoir son parrain et sa marraine sans oublier ce vieil Orochimaru qu’elle adorait.

 

Une journée plus tard, 10h du matin

Naru sortit à l’extérieur de son appartement, un mince sourire éclairant ses traits naturellement impassible. Même si elle n’aimait pas sa nouvelle équipe, elle était jounin, elle se devait de les considérer comme des futurs genins. La jinchûriki se dirigea donc en sautillant vers le terrain d’entrainement de son équipe. Elle avait rarement eu de terrains privés puisqu’elle pratiquait habituellement dans le secteur Anbu avec ses coéquipiers.

 

La blonde n’était, certes, plus un membre active de la branche Anbu au vu de son équipe, mais elle pratiquait encore avec eux parce qu’elle serait toujours une Anbu protégeant son Hokage. En arrivant sur le terrain, elle remarqua immédiatement que les deux autres étaient en forme, avait-elle oublié de spécifier de ne pas manger? Sûrement, mais même avec l’estomac plein, ils ne pourraient pas passer s’ils ne comprenaient pas le but réel.

-     Pratiquement en retard, commenta-Sasuke. Pas digne d’une jounin.

-     Tu dis ça à moi, s’étonna-Naru avec un sourire de renard. Alors, je peux encore faire revenir le jounin qui était censé vous entrainer, il a minimalement 4 heures de retard pour tout.

 

Sakura et Sasuke blanchirent, Naru, elle, sourit. L’Uchiwa tentait de trouver un moyen pour changer de sensei. Il ne supportait pas l’idée d’avoir une jounin de son âge comme instructeur.

-     En passant, Uchiwa-san, tu n’as pas des papiers à me remettre, fit-elle sournoisement.

 

Le ténébreux se rembrunit avant de sortir les documents, Naru les cueillit avec un sourire. C’était Inoichi Yamanaka qui l’avait évalué.

-     Tendance narcissique, extrêmement orgueilleux, risque de trahison, risque de tuer sa coéquipière pour sauver sa vie. À surveiller de près, si jamais il devient un danger pour sa propre équipe, le sortir des rangs shinobis. Sera évalué régulièrement, subira des thérapies pour l’aider, lit tranquillement la jinchûriki. À Naru Uzumaki, le garder à l’œil, ne pas lui donner des techniques meurtrières et éviter de l’envoyer en mission de rang C jusqu’à ce qu’Inoichi Yamanaka évalue qu’il soit prêt mentalement. Tu es chanceux, Uchiwa-san, très chanceux.

-     Pourquoi? Vous avez demandé une évaluation psychologique, la voilà. Que voulez-vous d’autres?

-     Simple, comportes-toi bien et tu pourras devenir shinobi, sais-tu pourquoi je dis que tu es chanceux, demanda calmement la blonde.

-     Non!

-     Parce que tu es un Uchiwa, rigola-Naru. Quiconque avec ses traits psychologiques passeraient sa vie en thérapie sans avoir la chance d’avoir une arme entre les mains. Bien entendu, je suis aussi une exception à cette règle. Mon ancien coéquipier a développé ses traits, sais-tu où il est maintenant?

-     Cessez d’intimider Sasuke-kun, s’indigna la rose.

-     Il est dans un hôpital psychiatrique dans l’asile de fou, fit la jounin sans prendre compte de l’intervention de Sakura. Il est devenu de cette façon après son premier meurtre pour survivre. Il n’a pas le droit à de la visite et il est maintenu dans une chambre insonorisé pour éviter de déranger les autres patients. Il passe la plupart de son temps à gémir en se berçant en position fœtus.

 

Sasuke déglutit, Naru voulait lui montrer le travail d’un shinobi, elle l’avait drôlement bien. C’était la première personne à vérifier ces détails le concernant. Lui-même, jusqu’à hier, ignorait totalement les dégâts psychologiques qu’il avait subi après le massacre. Personne n’avait pris le temps de lui faire passer ces tests croyant qu’il pourrait surpasser aisément le massacre perpétré par son frère.

-     Bon, j’ai l’autorisation que j’attendais, soupira finalement Naru. Le test est simple, vous devez réussir à me blesser légèrement, une petite éraflure chacun et vous passez.

-     Mais, contesta-Sakura. Nous pourrions vous blesser sérieusement.

-     Crois-tu vraiment pouvoir me blesser, moi, une jounin, coupa rudement la jinchûriki. Je suis une kunoichi depuis l’âge de sept ans quand même! Ce n’est pas une genin à peine sortie de l’Académie qui pourra me blesser sérieusement, même certains jounins peinent à réussir ce que je vous ai demandé!

-     Dans ce cas, pourquoi nous le demander si tu sais que l’on va échouer, questionna l’Uchiwa en plissant des yeux.

-     À vous de le deviner. Dans 3 – 2 – 1 - 0!

 

À peine qu’elle eut dit le dernier chiffre que les deux genins partirent à courir pour se cacher, Naru baissa la tête vers la droite en remarquant qu’il se séparait. Elle soupira mentalement, elle n’avait pas laissé assez d’indices?

«Je vous jure, les genins deviennent de plus en plus bêtes» pensa-t-elle distraitement.

 

Naru secoua la tête dans le découragement, maintenant, il ne fallait qu’elle attende la suite des opérations. Sakura ne l’attaquerait pas immédiatement, la jounin en était certaine, il ne restait donc que l’Uchiwa. Combiens de temps avant qu’ils comprennent le véritable but? Naru n’en avait aucune idée. Elle avait oublié de donner une limite de temps, mais cela n’allait être que plus amusant.

 

La première attaque vint de Sasuke comme elle l’avait prévu, elle esquiva les kunais qu’il lui lançait avec seulement quelques pas de coté. Il avait fait sa première erreur, se dévoiler immédiatement au lieu de prendre le temps de faire un plan pour la vaincre. Elle attrapa le dernier au vol et le lui lança avec une précision mortelle…

 

Sasuke blêmit et perdit l’équilibre, c’est avec aucune grâce qu’il tomba de l’arbre, sous le choc. Sa propre sensei n’y allait pas de la main morte, elle l’avait pratiquement touché, un poil de plus et il aurait été touché par son propre Kunai. La blonde se tourna vers lui, ses deux yeux froids lui firent frissonner. Elle avait le même regard que son frère cette terrible nuit. Le regard d’un shinobi.

-     Quoi? Tu as peur de ton propre kunai, demanda-t-elle hypocritement. Ce n’est pas de cette façon que tu m’auras, Uchiwa-san.

 

Sasuke se releva, elle jouait avec lui, s’amusait à le torturer psychologiquement, s’amusait à le briser mentalement. Pour elle, il n’était qu’un jouet, rien de plus, rien de moins. La jinchûriki s’amusait à le tester, à tenter de lui montrer la voie d’un shinobi en lui montrant bien ce qu’était la haine. Parce que oui, la jeune fille le haïssait, elle haïssait la vie en tant que telle. Ça se voyait de la façon dont elle regardait les humains avec dégout, la façon dont elle le regardait comme s’il n’était rien.

 

Sakura glissa de sa cachette, son instructrice n’était pas normale, elle riait complètement des efforts qu’ils mettaient pour atteindre leur objectif. C’est avec une froide détermination que la rose partit à courir vers Sasuke, elle ne pouvait pas parler avec le Hokage, il avait lui-même choisi de prendre cette jeune fille comme un instructeur. Elle empoigna l’Uchiwa et partit vers la forêt. Elle s’arrêta lorsqu’elle fut sûre et certaine d’être seule avec son coéquipier.

-     Elle est folle, s’exclama-t-elle, sous le choc. Notre jounin instructrice est folle! Tout simplement folle.

-     Non, Sakura, fit-Sasuke encore sous le choc. Elle n’est pas folle, elle est envahie par la haine. Je croyais connaître les abysses de la haine, mais je me trompais, elle déteste l’humanité, nous déteste. Ça se voit, ça se ressent. Il n’y a rien, aucun sentiment bienveillant, l’Humain est son fléau et elle a pour but de le détruire comme ils l’ont détruit.

-     Mais il faut la blesser pour devenir Shinobi!

-     Le but n’est pas de la blesser, je m’en suis rendu compte dans son petit discours. Elle tente de nous forcer à travailler ensemble pour la vaincre, tout simplement.

-     Hein?

-     Elle a dit que je ne l’aurai pas de cette façon, que je ne l’aurai pas en l’attaquant en solo, expliqua calmement Sasuke. C’est vrai, je m’en rends compte, elle est vraiment une jounin, elle est vraiment expérimentée contrairement à nous. Elle nous a dit qu’il y a des jounins qui ne réussiraient même pas à la blesser, pourquoi nous a-t-elle demandé de le faire? C’est simple, elle veut qu’on travaille ensemble pour réussir. Vois ça dans le cadre d’une mission, elle est l’ennemie. Nous sommes en supériorité numérique, mais à elle seule, elle est capable de nous tuer en claquant des doigts. L’unique moyen pour la vaincre est de la surpasser numériquement parlant. Contre 100 shinobis, elle se ferait vaincre facilement puisqu’elle est seule. C’est la même chose maintenant même si je sais qu’elle peut nous battre facilement.

 

Sakura hocha la tête, surprise. Elle ne s’attendait pas que ça soit Sasuke qui arrive avec ce genre de raisonnement là même s’il était la recrue de l’année. Elle attendait plus ce genre de raisonnement de Shikamaru, l’unique Nara de leur classe et aussi, l’unique paresseux de leur année.

-     Qu’est-ce qu’on fait, alors?

 

Sasuke sourit avant de commencer à lui expliquer le plan qu’il venait de penser.

 

Naru soupira silencieusement, elle s’était assise sur une roche attendant ses élèves. Elle savait que Sasuke venait de comprendre, c’est donc sans étonnement qu’elle sentit venir la première attaque suivie de la seconde. Ils manquaient de coordination, mais cela serait réparé par l’entrainement. Elle usa de sa petite taille pour se faufiler jusqu’à eux, elle atterrit en face d’eux.

 

Sasuke se sentit immédiatement plus petit que cette jeune fille blonde. Le regard à lui seul suffisait à l’effrayer au plus haut point. Naru se baissa tranquillement et dit l’unique mot qu’il ne s’attendait pas.

-     Vous passez, fit-elle.

-     QUOI, s’écria-Sakura.

-     Vous passez, répéta-t-elle. Le but était de voir votre travail d’équipe. De savoir si vous étiez capable de mettre vos différents de coté pour vous attaquer à un ennemi commun. Je n’ai pas besoin de voir vos compétences, je les verrai demain lorsque vous ferez vos premières missions. Profitez de la journée.

-     Attend, s’exclama-Sasuke. Pourquoi nous détestes-tu autant?

-     Je ne vous déteste pas, réfuta tranquillement la jinchûriki. Je déteste l’humanité, je déteste ma vie, je déteste mes parents, je déteste mon statut, mais je ne vous déteste pas. Vous êtes des enfants qui n’ont pas encore vu l’autre coté de la médaille. Le massacre de ton clan n’est rien face à la vraie vie, ce n’est qu’une facette d’une réalité que vous ignorez.

 

Sur ce, la jeune fille disparut via le shunshin laissant deux genins éberlués derrière elle. Elle apparut devant la tour et entra, elle devait dire si les deux genins passaient ou non. La kunoichi entra dans la salle où la réunion avait lieu. Les autres jounins étaient présents dont un certain ninja copieur.

-     Équipe un, échoué, commença un jounin.

-     De même pour les équipes deux jusqu’à six, soupira finalement un jounin en représentants ses amis.

-     Équipe sept, réussie, soupira-Naru.

-     Équipe huit, réussie, fit-Kurenai.

 

Elle avait des cheveux de jais et des yeux rouges malgré qu’elle ne faisait pas partit d’un clan en tant que tel. Elle avait gradé jounin en même temps que Naru.

-     Équipe dix, réussie aussi, dit-Asuma, le fils du Sandaime.

 

Il avait les cheveux bruns et des yeux d’un noir profond. Il était l’un des seuls jounins à avoir de la barbe. C’était aussi un grand fumeur.

-     Dans ce cas, vous êtes tous rejetés sauf nos élus, soupira-Hiruzen.

 

Avec Yagura

Il paniqua légèrement lorsqu’une lumière l’entoura, il ne comprenait pas ce qui se passait. C’était la première fois qu’il reprenait réellement conscience de ce qui se passait autour de lui depuis sa mort et maintenant, il était enveloppé dans une lumière sensé le transporter ailleurs. Son esprit tentait de mettre les morceaux du casse-tête dans le bon ordre, mais il n’arrivait à rien. Ce fut donc avec stupéfaction qu’il sentit des souvenirs prendre place dans sa mémoire.

 

Un jeune garçon, âgé de 5 ans minimalement, se tenait devant un homme de haute stature. L’enfant était effrayé par cette personne qui n’était autre que son propre Kage, le Sandaime Mizukage. Une terrible peur s’introduisait en lui tel un serpent. Le coup partit frappant sa joue, les larmes lui montèrent aux yeux.

-     Je t’ai dis de rester ici, Yagura, lui cria pratiquement l’homme fort de mauvaise humeur. J’en ai assez de toi qui désobéis tout le temps! Tu restes ici peu importe ce qui arrive! Tu tentes de quitter à nouveau et je peux te garantir que je ne serai plus aussi clément pour toi. Mangetsu te surveillera!

 

Sur ces mots, il quitta laissant l’enfant seul dans une maison de taille petite. L’enfant releva légèrement la tête, les larmes aux yeux. Il ne voulait que vivre, il ne voulait que s’amuser comme tous les autres. À la place, il était cloîtré sur une île, seul, à devoir entrainer son maigre corps au-delà de ses capacités physiques simplement parce qu’il était le jinchûriki du Sanbi. Une arme pour Kiri.

 

L’enfant avec des cheveux grisâtres malgré son âge, ses yeux étaient de la couleur de l’améthyste, ce n’était pas rare qu’il pleurait, seul, sans personne avec qui parler. Il n’avait pas fait grand-chose, seulement allé explorer un peu l’île pour trouver une certaine civilisation, ça n’avait pas pris de temps, on avait appelé son père, le Sandaime et Yagura avait été ramené de force dans la maison qui l’accueillait depuis qu’il était assez vieux pour s’en rappeler.

 

Il se laissa glisser sur le sol, entourant ses genoux de ses bras frêles avant de commencer à pleurer. Il n’avait rien pour se raccrocher, il n’était même pas considéré comme un être humain, seulement une possible arme vivante. Sa mère, il ne la connaissait même pas, Yagura ne se rappelait même pas d’avoir vu un jour son visage. Son père, c’était un homme exécrable qui ne pensait qu’à son pays et qu’à la puissance sacrifiant même ainsi la vie de son unique fils.

 

L’enfant ne se releva pas du reste de la journée, personne n’était là pour lui. On venait lui donner de la nourriture et s’occupait de garder la maison en ordre, mais Yagura n’avait aucun contact. Il se réveillait le matin, seul, dans une maison pratiquement abandonnée et ce, depuis qu’il s’en souvenait. La solitude était sa vie, rien de plus, rien de moins.

 

Quelques années plus tard

C’était le même enfant qu’on retrouvait, plus vieux, mais toujours le même. Il n’avait pas vraiment grandi dans ses dernières années, mais mentalement, il n’était plus le même. Dans son regard, il n’y avait rien, qu’un vide infini, qu’un gouffre qui avalait la moindre émotion. Ni joie, ni peine, ni douleur, rien, comme une marionnette sans vie. Yagura était maintenant genin, il venait de graduer. Ses mains étaient tâchées du sang des élèves qu’il avait dû tuer pour devenir un shinobi. L’ordre était clair : Ne restez aucun survivant. C’est ce qu’il avait fait, il serait le seul enfant à graduer comme le voulait son géniteur.

 

Les corps sans vie étaient sur le sol, des parents affolés tentaient de sauver leur progéniture déjà morte. Un homme de grande taille arriva, le Sandaime. Cet homme qui avait ordonné ce massacre, qui ordonnait ces massacres, jour après jour. Ça n’avait pas été difficile, Kiri était maintenant en pleine guerre civile. L’enfant leva les yeux de ses mains rougeâtres, observant son supérieur.

-     Beau travail, Yagura. Va, tu peux partir, je t’appellerai lorsque j’aurai besoin de toi.

 

Le jinchûriki tourna les talons devant les yeux horrifiés des parents. Un shinobi arriva, des cheveux blond presque blancs et des yeux violets. Il était un membre des sept épéistes, Mangetsu Hozûki, l’unique à maitriser les sept épées et à devoir s’occuper du jinchûriki du Sanbi. Il mit la main sur l’épaule de l’enfant et disparut via le shunshin, Yagura ne devait pas marcher dans les rues avec les mains ensanglantés, il effraierait la population déjà instable.  

 

C’est donc de cette façon que l’enfant retrouva la maison qu’il habitait. L’adulte le conduisit dans la maison et lui nettoya les mains, l’épéiste le regarda quelques minutes, il leva une mèche de ses cheveux dévoilant les pupilles du genin nouvellement promus.

-     Tuer est mauvais, Yagura… Même si ordonné, tu ne dois pas tuer sans raison.

 

C’était les mots que l’épéiste lui disait régulièrement. Yagura ne les comprenait pas, ce n’était pas ce qu’il avait été forcé d’apprendre. Loin de là, on lui avait dit qu’il devait tuer, qu’il devait obéir à son géniteur, le Sandaime. L’enfant rejoignit sa chambre sans comprendre, il glissa sous les couvertures et ferma les yeux…

 

Deux ans plus tard

Il avait maintenant dix ans, il était de grade chuunin. La rébellion commençait à se faire sentir, les épéistes avaient fait un coup d’état contre le Sandaime. Yagura avait dû éliminer celui qui s’occupait de lui. Ça n’avait pas été facile, il ne comprenait pas le sentiment de perte qu’il ressentait. Son père lui avait ordonné de le tuer, mais pourtant, il n’avait pas été réellement capable. C’était une autre personne qui s’en était occupée en faisant à croire que c’était le porteur du Sanbi qui l’avait tué.

 

Le gris était important pour Kiri, le peuple le savait. Les shinobis loyaux au Sandaime le savait aussi, c’était pour ça qu’ils tentaient de le protéger du mieux qu’il pouvait. Yagura avait déjà les mains tâchées de sang, chaque nuit, les morts revenaient le hanter, il avait fini par comprendre ce que Mangetsu voulait dire. Il n’arrivait pratiquement plus à dormir, on lui donnait des somnifères pour ne pas qu’il finisse par devenir insomniaque.

 

L’enfant était assis devant le Sandaime, les Kaguya tentaient une attaque contre l’autorité de son père. Sa mission à lui était simple, les éliminer. Il serait accompagné d’un détachement de jounin pour faire cette mission. Maintenant, il n’attendait que le mot pour qu’il puisse quitter la salle.

-     Tu peux partir, va faire ta mission et reviens seulement lorsqu’elle sera accomplie.

 

La voix était moins sévère qu’à l’ordinaire. On aurait dit que la vieillesse rattrapait le pauvre Mizukage. Le jinchûriki se leva, obéissant à l’ordre. Il ne reviendrait que lorsque le massacre serait fait…

 

Yagura ouvrit brusquement les yeux, il se sentait différent, légèrement différent. Il tenta de se relever, un gémissement de douleur lui échappa… Les souvenirs revinrent, l’attaque surprise des rebelles, la mort de ses coéquipiers, la douleur qui l’avait assailli pendant un bref instant.

 

Le bruit des chaines le surprit soudainement, il tourna la tête vers ses poignets et ses jambes, il était enchainé dans ce qui semblait être une tente. Il avait un peu de possibilité de mouvement, mais seulement le strict nécessaire.

 

Son regard balaya la tente, un poteau où les chaines étaient attachées, la tente était circulaire par contre. Par les chaines, il ne pourrait pas se rendre à la sortie où il devinait deux shinobis. Il baissa la tête regardant le bandage qui lui encerclait les abdominaux. On l’avait soigné, pour quelle raison? Yagura l’ignorait. Il était étendu sur un lit de fortune près du poteau où il était enchainé, ça signifiait que l’on le voulait vivant.

 

La lumière envahit soudainement son regard, il plissa des yeux tentant d’omettre la clarté. Il voyait une forme féminine à l’entrée de la tente, elle était grande, nettement plus grande que lui. Yagura devinait que c’était la chef des rebelles, qui viendrait le voir sinon?

-     Il vient tout juste de se réveiller, madame, dit une voix d’homme.

-     Tant mieux, ça va nous éviter d’attendre davantage.

 

Sur ces mots, elle s’avança laissant la mince voile cachant la sortie. C’était une femme rousse assez grande avec des yeux vert pétillant. Le gris se releva sous ses coudes omettant le bruit des chaines. Son regard était sérieux, très même.

-     Donc, le fils du Sandaime décide enfin de se montrer sur notre territoire, sourit-elle. Dommage que tu n’es pas capable de rejoindre ton maitre.

-     Que voulez-vous, demanda-t-il froidement. Je ne crois pas que vous me laisserez vivant simplement pour me narguer.

 

Elle sourit sinistrement, elle se rapprocha davantage appuyant fermement sur sa blessure. Yagura se mordit la lèvre pour éviter de crier de douleur, ses coudes le lâchèrent et il s’effondra sur le lit de fortune. Elle maintint la pression pendant qu’elle lui parlait. Le gris avait de la difficulté à comprendre ce qu’elle disait, la douleur demandant son attention immédiate.

-     Je ne croyais pas que tu serais si facile à capturer pour être franche, commença-t-elle. Je croyais réellement n’avoir aucune chance à t’amener ici vivant. En fait, la guerre a trop duré, c’est pour ça que je ne t’ai pas fait tuer lorsque tu t’es effondré, épuisé et blessé.

-     Pourquoi moi? Vous auriez pu prendre un autre et cela aurait amené le même résultat, dit-il difficilement en retenant ses gémissements de douleur.

-     Parce que tu es son fils, s’exclama la jeune femme. Tu es le seul que nous savons qui peut l’approcher assez prêt pour faire ce que nous voulons.

-     L’éliminer, comprit-Yagura.

 

La kunoichi sourit en relâchant la pression sur sa blessure. Le corps du jinchûriki se détendit et sa respiration redevint régulière. Yagura se releva à nouveau, regardant la femme qu’il savait être Mei Terumi, chef des rebelles.

-     Vous voulez me faire l’éliminer, dit-il. C’est pour ça que vous m’avez capturé, de gré ou de force, vous allez me faire éliminer mon propre père.

-     Tu comprends vite pour une arme vivante, répliqua-Mei.

 

Yagura plissa des yeux, son père avait cessé de le considérer comme une arme vivante après le massacre des Kaguya où il avait manqué mourir pour la première fois de sa vie. C’était il y a cinq ans, il était maintenant âgé de 15 ans, vivant maintenant avec son père qu’il avait appris à apprécier malgré son enfance difficile. C’était la raison pourquoi Yagura comprenait les émotions, le Sandaime avait cessé de détruire ce qu’il ressentait, au contraire, il avait commencé à encourager l’enfant qu’il était à rire ou à pleurer.

-     Où devrais-je dire une ancienne arme vivante, se corrigea la jeune femme. De toute façon, que tu saches ce pourquoi on t’a gardé en vie ne sert à rien. Tu vas le tuer au final. Kiri ne peut plus se permettre de rester en guerre civile encore quelques années, ça serait la fin de notre nation. Inconsciemment, tu es au courant de ses faits. Pour terminer la guerre, il faut éliminer celui qui l’a déclaré, le Sandaime.

-     Et tu crois vraiment que la population arrêtera de perpétrer les massacres envers les clans, contredit-Yagura. Êtes-vous devenue folle? Une guerre civile ne s’arrête pas aussi facilement, un autre va prendre sa place et va continuer ce qu’il a débuté parce que le peuple est partagé entre deux fronts. Ceux qui sont avec vous et ceux qui sont contre vous.

 

La chef de la rébellion soupira et se dirigea vers la sortie.

-     Il vaut mieux essayer, sourit-elle.

 

Yagura plissa des yeux, il tenta de s’asseoir, la douleur le fit recroqueviller contre lui-même. Il serra son abdomen en se mordant la lèvre jusqu’au sang pour éviter de vocaliser la douleur qu’il ressentait. Il entendit vaguement le bruit de pas venant vers lui, on lui empoigna durement les cheveux et lui leva la tête. Son regard rencontra celui d’un homme, il était incapable de dire quelle couleur ses yeux étaient.

 

Il le força à s’étendre à nouveau, un autre vint l’immobiliser, et le dernier qu’il n’avait pas vu le força à tourner la tête de coté libérant ainsi son cou. Yagura tenta de se débattre contre la force, mais il était épuisé et blessé, il ne pouvait pas se battre contre des shinobis en pleine santé. Il sentit un chatouillement au niveau du cou et pour la première fois, le gris se rendit compte qu’il n’avait plus le col vert qu’il mettait habituellement.

 

Les hommes le maintinrent sur le lit pendant quelques minutes le temps de finir leur travail, Yagura se doutait qu’ils étaient entrain de lui mettre un sceau d’obéissance pour le forcer à tuer son père. Il le savait, mais ça ne voulait pas dire qu’il était capable de leur résister.

 

C’est donc avec une certaine soumission que Yagura ressentit les premières ruées de douleur dans son corps affaibli. Ses yeux s’ouvrir sous le choc, son dos s’arqua alors que le sceau était activé sur la jonction de son cou. Ses pupilles perdirent tranquillement cette lueur, cette lueur de vie au fond de ses prunelles démontrant ainsi sa perte de volonté. On le relâcha, il resta immobile, attendant des ordres.

-     Relèves-toi, ordonna une voix.

 

Obéissant comme un chien, le gris se releva, la douleur totalement oubliée. C’était des gestes mécaniques, se lever, rester stable, obéir. Yagura n’était plus lui-même, la sensation d’être lui avait disparu, il n’était qu’une poupée de porcelaine obéissante à son nouveau maitre.

-     Le sceau tiendra, dit la même voix. Il est totalement sous notre contrôle, Mei-sama. Il vous obéira comme il m’obéit.

-     Tu peux partir, sourit la jeune femme. Yagura, lève les yeux.

 

Le gris obéit à nouveau, son regard entra dans celui de la chef de la résistance. Elle était debout devant la sortie. Elle venait tout juste de revenir dans la tente. Le jinchûriki sentit qu’on lui enlevait les chaines, pourtant, il ne bougea pas. La kunoichi s’avança, elle lui leva légèrement le menton de ses doigts fins.

-     Remettez-lui son col, le plan commence dès maintenant, ordonna-t-elle en quittant. Vous savez ce que vous avez à faire.

 

On lui empoigna les bras, lui força dans le dos et les y attacha. Son col lui fut remis efficacement. Sans perdre de temps, on le traina à l’extérieur de la tente, ses yeux vides se plissèrent de la luminosité soudaine, Yagura se laissa mener jusqu’à un petit groupe. De toute façon, il ne pouvait rien faire, totalement sous le contrôle des membres de la résistance.

-     Nous partons, n’oubliez pas, il faut faire à croire que l’on vient de le capturer, sourit-Mei. Le reste va se faire tout seul.

 

C’est donc sans délicatesse qu’on le força à avancer. Dans son esprit, le vrai Yagura tentait de reprendre le contrôle sur son corps, il était enchainé par des chaines le maintenant dans un état obéissant.

-     Il te faudrait de l’aide extérieur, Yagura, fit une voix. Le sceau est trop puissant pour que tu puisses t’en sortir tout seul.

-     Et comment veux-tu que j’aille de l’aide si personne n’est au courant de mon état, répliqua l’adolescent.

-     Ils vont sûrement s’en rende compte, ton père n’est pas un imbécile, il va pouvoir détecter s’il y a des problèmes avec toi…

-     Ou il va me faire enfermer comme cette époque, génial ton idée, Isopu. Vraiment, génial, ironisa le concerné. Ça ne va pas être différent de maintenant, enfermer dans ton propre esprit à regarder ton corps obéir à une bande de fou!

-     Qu’est-ce que tu veux? C’est ce que la guerre crée, ils veuillent la paix, mais ils ne l’ont pas. Penses-tu réellement qu’ils veuillent se servir de toi? Tu es un adolescent, un enfant dans leur vocabulaire, c’est seulement le dernier moyen qu’ils ont pour terminer enfin ce massacre.

 

Le jeune enchainé soupira et se laissa choir dans l’eau qui faisait son esprit. C’était un lac, un grand lac. La créature qui partageait son corps avec lui créant une masse sombre dans l’eau. Il était enchainé à un arbre, enchainé par des chaines ainsi que des écritures autour de lui. Impossible de bouger hors de la zone, impossible de reprendre le contrôle de son corps déjà faible, il n’était qu’un spectateur. Yagura ne faisait qu’observer son corps être mené dans une direction précise, celle où avait eu lieu la bataille.

 

Dans la réalité, Mei dirigeait tranquillement la petite troupe, ils arriveraient bientôt près du lieu de l’affrontement. Selon ses espions, des troupes du Sandaime patrouillaient la zone pour retrouver des traces de survivants. D’un simple mouvement de la main, elle ordonna qu’on fasse avancer le jinchûriki davantage. Elle lui murmura seulement deux petits mots.

-     Tu te débats.

 

L’ordre atteint les oreilles du concerné, comme ordonné, il tenta de se libérer. Les hommes augmentèrent la force de leur poigne sur lui, on finit par l’assommer, mais le travail était fait, le groupe sentait des shinobis venir dans cette direction.

-     On l’abandonne comme prévu, de toute façon, ils sont trop nombreux pour que l’on puisse l’emmener et dépêchez-vous, ordonna-Mei.

 

Elle se baissa au niveau de l’adolescent inconscient et murmura quelques mots.

-     Tue-le dès que tu es seul avec lui, c’est un ordre. Tue ton père dès que tu es seul avec lui, lui murmura-t-elle avant de partir.

 

Le corps de l’adolescent ne réagit pas, des shinobis apparurent dans la zone.

-     Fouillez la zone, ces kidnappeurs ne doivent pas être très loin, ordonna une voix.

 

Le jounin en charge se rendit jusqu’au corps de Yagura, il vivait, mais il était inconscient. L’enfant était toujours ligoté, signe que ses agresseurs ont quitté la zone rapidement, l’unique détail qui fit froncer les sourcils au jounin fut le bandage couvrant l’abdomen du jinchûriki.

-     Le sandaime va être heureux, murmura un autre à coté de lui.

-     Je ne crois pas, regarde le bandage, il n’était pas là quand Yagura a quitté pour accomplir la mission, on tente de nous faire à croire qu’il vient juste d’être capturé. De plus, selon les corps, ça fait au moins une journée depuis l’attaque.

-     Tu veux dire…

-     Yagura a été aux mains de l’ennemi pendant un temps indéterminé, qui sait ce qu’ils lui ont fait.

 

Sur ces mots peu encourageants, le jeune homme détacha les mains de l’adolescent et le leva. Il se tourna vers ses sous-filtres avant d’ordonner d’une voix claire.

-     Je veux que vous faites le tour de la zone, trouvez les coupables! Je ramène Yagura à son père.

 

Quelques heures plus tard

La poupée ouvrit faiblement les yeux, une douleur aigue à l’arrière de la tête. Il était étendu sur un lit moelleux.

-     Il est réveillé, fit une voix.

-     Laissez nous seuls, demanda une autre.

-     Mais, Sandaime-sama, nous ne savons pas ce qu’il a subi…

-     Croyez-vous réellement que je ne peux pas me défendre contre mon propre fils? Sortez, j’ai dit.

 

Yagura se releva lorsque le bruit de la porte se fit entendre. Il regarda la salle avec des yeux morts, remarquant immédiatement qu’il était seul avec le Sandaime, son père. Des mots revinrent dans son esprit : Tue-le dès que tu es seul avec lui, c’est un ordre. Tue ton père dès que tu es seul avec lui.

 

Son corps réagit, il fut facilement immobilisé contre le lit. Ses yeux sans vie scannant le moindre fait et geste pour réussir à obéir à l’ordre donné. Ses poignets se firent bloquer au-dessus de sa tête, la voix du Sandaime dans ses oreilles.

-     Tu n’es pas toi-même, Yagura, réveille-toi, lui somma-t-il.

 

La poupée resta sans vie, le Sandaime plissa des yeux. Ça ne lui prit que quelques minutes à le remarquer, mais le col n’était pas dans le bon sens. Sa main droite alla enlever le vêtement indésirable, il soupira en voyant le sceau de contrôle. Son fils était contrôlé, tout simplement.

-     Ça va faire mal, murmura-t-il.

 

Il se concentra légèrement, déposant deux doigts sur le sceau visible. Le corps de Yagura s’arqua dans le sien sous la douleur subite. Il plissa des yeux augmentant la quantité de chakra qu’il y mettait, d’un coup, le sceau se brisa, il ne restait plus que de l’encre. Le Sandaime baissa les yeux, rentrant les siens dans ceux de son fils. L’adolescent clignait des yeux, hébété et sous le choc.

-     Papa, murmura le jinchûriki en fermant les yeux. Je suis…

-     Tu n’as pas besoin de t’excuser, Yagura, coupa le Mizukage. Tu n’es pas imbattable, c’est normal de se faire battre de temps en temps. Le sceau n’est qu’une conséquence de ton emprisonnement, rien de plus, rien de moins.

 

Yagura ouvrit les paupières, des larmes voulaient lui échapper. Son père le releva, il gémit de douleur, sa blessure n’était pas encore guérie, malheureusement. Il se sentit être étreignit, le gris réagit instinctivement, renvoyant l’étreindre, se perdant dans la chaleur paternelle. Il n’était pas habitué aux élans d’affections de son géniteur, ça ne faisait que cinq ans depuis que son père avait appris à le traiter en humain.

-     Rendors-toi, lui murmura le Sandaime. Tu en as besoin.

 

Le jinchûriki hocha faiblement la tête, son père quitta la pièce en amenant les armes de l’adolescent avec lui. Qui sait si la résistance avait seulement créé un seul sceau? Il ne voulait pas prendre de chance, c’est pour ça qu’il ordonna que les accès de la chambre de son fils soit verrouillé. Yagura n’aurait pas à faire un geste qu’il ne veut pas.

 

Le gris vit les shinobis entrer, il se dirigeait vers la salle de bain adjacente à la sienne. Yagura baissa les yeux en comprenant, il se nettoya les mains, la face et le cou. Lorsqu’il revint dans sa chambre, les shinobis entrèrent dans la salle de bain et firent leur travail. Le jinchûriki attendit qu’ils sortent et verrouillent la porte pour se changer. Il enfila un simple pyjama avant de rejoindre son lit et de s’y étendre…

 

Le jinchûriki ferma les yeux laissant le sommeil venir le prendre.

 

Le Mizukage se dirigea vers son bureau, en entrant, des shinobis l’attendaient.

-     Que devrions-nous faire maintenant, demanda celui qui avait amené son fils. La résistance est introuvable et utilise maintenant votre propre fils pour essayer de vous tuer.

-     C’est pour ça qu’il vivra à Nami à partir de demain, informa le Sandaime. Je ne peux permettre que la résistance utilise ses capacités pour me tuer et la guerre s’éternise. On le prend maintenant pour cible.

-     À Nami? Il ne sera pas vraiment content.

-     Je sais, mais il ne peut me contredire. Il a essayé de me tuer il y a quelques minutes, contrôlé par un sceau. Il vivra à Nami à partir de demain et quelques shinobis l’accompagneront pour le protéger. Leurs signes d’appartenance à Kiri leur seront pris, ils n’auront que leurs armes. Ils devront vivre comme de simples citoyens.

-     Yagura est un jinchûriki, il ne voudra pas abandonner Kiri en pleine guerre.

 

Le Sandaime soupira avant de s’asseoir.

-     C’est pour ça qu’il sera voyagé cette nuit, je lui installerai une restriction pour l’empêcher de rejoindre Kiri jusqu’à la fin de la guerre, soit ma défaite, soit ma victoire. Suigetsu et Utakata seront ses protecteurs. Le premier pour l’éloigner de Kiri, le second pour le protéger des possibles attaques.

-     Donc…

-     Avertissez-les et je veux que dans une heure, ils soient en route vers Nami sans exception!

 

Le jounin hocha la tête avant de disparaître via le shunshin. Le Mizukage soupira, il avait une petite maison qui lui appartenait à Nami, il enverrait son fils là-bas.

 

Un jour plus tard

Yagura ouvrit les yeux. Immédiatement, il se redressa, ne reconnaissant pas l’endroit où il se trouvait. Ses oreilles captèrent des voix familières, il se leva de son lit et se dirigea discrètement vers le bruit. Il descendit les marches et découvrit… Suigetsu et Utakata en train de discuter.

-     Hé, tu es réveillé, remarqua le premier. Tu dois te demander ce que tu fais ici, je me trompe?

-     Pas vraiment, secoua-Yagura en descendant.

-     Ton père a pensé à t’éloigner quelques temps de Kiri après ta capture, il ne veut pas que tu sois utilisé pour le tuer, expliqua-Utakata. Il nous a ordonné de te protéger le temps que tu passeras à Nami.

-    

-     N’essaie même pas de retourner à Kiri, il t’a restreint, soupira-Suigetsu comme s’il lisait ses pensés. Aussi longtemps que la guerre n’est pas terminée, tu resteras ici à vivre comme un citoyen, un peu comme nous deux. Tu seras libéré soit à sa victoire ou à sa défaite. Dans les deux cas, tu vas pouvoir retourner à Kiri, mais pour le moment, tu es cloîtré à Nami.

 

Yagura soupira avant de rejoindre la cuisine, il y avait une douce odeur dans l’air. Utakata prit un air moqueur avant de parler.

-     J’ai fait à déjeuner si tu as faim…

-     Est-ce seulement mangeable, s’indigna le gris.

-     Mangeable, oui, répondit-Suigetsu. Bon, pas nécessairement. Il n’est pas un maitre de la cuisine, mais il est mieux que moi…

-     Génial, soupira le fils du Sandaime.

-     Tu crois que tu peux faire mieux, répliqua le jinchûriki du Rokubi, insulté.

-     Nettement.

 

Sur ces mots, Yagura gouta le plat préparé par son comparse jinchûriki. Sa face se transforma en grimace de dégout. Il secoua la tête avant de commencer à se faire à déjeuner. Utakata se mit à bouder devant la mine étonnée de l’Hozûki. Le jeune porteur du Rokubi était efféminé, il avait des cheveux châtains et un regard noisette. Élancé et loin d’être costaud, il paressait frêle et faible. Suigetsu, lui, avait des cheveux blond presqu’aussi blanc que son frère ainé, Mangetsu. Ses yeux étaient de la même couleur que son frère, mauve. La différence entre les deux était la taille et l’âge, pas une très grande différence en fait.

 

Le porteur du Sanbi termina rapidement son repas et le déposa sur la table. Ses deux compagnons forcés se tournèrent soudainement en sentant la délicieuse odeur venant de ses plats.

-     Tu permets que je goute, demanda-Suigetsu avec des yeux pétillants.

-     Non!

 

Le jeune shinobi sourit et vola une bouché pendant que Yagura s’occupait de Utakata. Ses paupières se fermèrent sous le délice pur…

-     Tu fais nos repas, décréta-t-il après avoir savouré sa bouché.

-     Je fais mes repas, pas les vôtres. Arrangez-vous avec vos maigres talents de cuisinier, contredit le gris.

-     Dans ce cas, tu hérites du canapé et je prendrai ton lit, coupa-Utakata. Dans cette maison, il y a une seule chambre, on te l’a laissé puisque tu étais le blessé, mais nous pouvons la reprendre si tu ne veux pas nous faire à manger.

-     C’est du chantage et je pourrai même dormir sur le sol, ça ne me dérangerait. Je suis habitué de toute façon, haussa le concerné.

-     Ton père t’a laissé tes armes si tu voulais t’entrainer, nous pouvons tes confisquer, essaya le blond platine.

-     Il est facile de s’entrainer sans arme…

 

Utakata fronça des sourcils, il empoigna le gris par le col et le força à regarder dans ses yeux.

-     Je suis patient, Yagura, mais j’ai mes limites. Nous sommes ici parce que tu as été capturé par la résistance, ait au moins la bonté de nous faire notre repas. C’est à cause de toi que nous sommes ici au lieu d’être sur le front. Tout simplement parce que tu as tenté de tuer ton propre père sous les effets d’un sceau de contrôle!

-     Tu n’as qu’à partir, répliqua le concerné. Crois-tu réellement que je suis fier d’avoir été capturé? Je suis le seul survivant de l’escouade qui a été envoyé, les autres ont tous été massacrés, genins à jounins sans exception! Ils étaient trop nombreux, on aurait dit un détachement d’une armée, une trentaine d’hommes minimalement. Nous étions huit, seulement huit et là-dessus, il y avait trois genins et deux chuunins, nous étions trois jounins contre une trentaine de jounins. Nous n’avions aucune chance de les vaincre! J’aurai préféré finir parmi les corps froids qu’être forcé à leur obéir!

 

Le silence s’abattit sur la petite maison, le gris se mit à manger malgré que son appétit ait soudainement disparu. Il mangea rapidement et nettoya sa vaisselle. Cinq minutes plus tard et le gris gravissait les marches quatre à quatre pour quitter la cuisine au plus vite.

 

Il rentra à nouveau dans la chambre et se dirigea vers le lit. Un élancement soudain à l’abdomen le fit plier en deux. Il grinça des dents en comprenant que sa blessure venait tout juste de se rouvrir.

«Génial, ne manquait plus que ça. Isopu, combien de temps avant que je sois guéri complètement?»

«Je dirai une à deux semaine, la blessure est profonde et même si mon chakra t’aide, elle prendra du temps à guérir.»

«Fantastique!» pensa ironiquement Yagura.

 

Le gris se dirigea vers la salle de bain et leva son chandail, son bandage était empli de sang, il serra les dents en le détachant. Il remarqua immédiatement que sa blessure s’était infectée malgré les soins reçus. Yagura fouilla dans l’armoire à pharmacie, il n’y avait rien pour le soigner. Il retourna dans la chambre pour trouver son propre matériel. Utakata entra à ce moment.

-     Que veux-tu, demanda-Yagura froidement.

-     Te soigner, haussa le concerné en se rapprochant.

 

Le porteur du Rokubi mit une main sur l’épaule du gris et le força à s’asseoir sur le lit, il revint avec le matériel de désinfection.

-     Couche-toi, somma-t-il.

 

Son comparse jinchûriki obéit, se couchant sur le dos. Il ouvrit une bouteille de désinfectant et versa le contenu sur la plaie. Immédiatement, Yagura se crispa, se mordant la lèvre pour s’empêcher de crier. Il était maintenu fermement sur le lit alors qu’Utakata désinfectait la plaie béante sur son abdomen. Le gris griffa tentant de juguler la douleur. Ça se calma légèrement. Son comparse mit une main brillante de chakra sur sa plaie et commença la guérison. Yagura en profita pour observer la chambre. C’était une simple chambre avec un meuble, une porte pour rejoindre la salle de bain, une armoire et un lit. Pas de très grand changement avec sa chambre à lui.

-     Tu devras éviter de bouger pendant la prochaine semaine. Je vais venir voir la blessure à tous les jours pour éviter qu’elle se réinfecte, soupira-Utakata. Je suis désolé pour les mots de toute à l’heure, j’étais simplement énervé d’être enfermé ici jusqu’à la fin de la guerre.

-     C’est la vie, soupira le gris en se relevant.

-     Attends que je te mette un nouveau bandage, soupira le porteur du Rokubi avec un mince sourire en reconnaissant la manie du gris d’être impatient.

 

En quelques minutes, le gris portait à nouveau son chandail, il fouilla dans le matériel qu’on lui avait laissé et trouva facilement ses habits standards. Il les mit de coté préférant s’habiller comme un simple civil pour le moment.

 

La blessure aurait dû le tuer, Yagura le savait, il ne l’avait pas dit à Utakata de peur de l’énerver. Elle aurait vraiment dû le tuer, elle était trop profonde et avait atteint ses organes. C’était un miracle qu’il s’en était sorti, c’était comme si une puissance supérieur avait empêché la mort de venir le chercher. Ce sentiment était accompagné d’une certitude qu’il ne comprenait pas. Quelqu’un le protégerait à l’avenir…

Une première réalité, une première résurrection. Ce monde sera-t-il celui qui empêchera Madara de vaincre ou non?