Quand on se fait justice soi-même

par sasusaku82

 

Un amour de vampire

 Quant on se fait justice soi-même 

            Hanabi avait été obligé de suivre Tsunade. Les deux corps étaient dans une pièce gardée vingt quatre heures sur vingt quatre, dans le manoir des Hyuga. Ils faisaient parti de ce clan. La jeune fille était à bout de force. Pain, qui ne la lâchait pas, avait été obligé de la porter. Il fallait d’abord qu’elle se repose, c’est pourquoi elle fut emprisonnée dans une pièce très spéciale chez Tsunade. Pain restait avec elle.

Cela faisait plus d’un jour que la Hyuga pensait ses blessures comme elle le pouvait. Tout était fini. Pain avait rompu le sort, Kyubi était mort mais Sakura toujours vivante. Ce n’était plus un problème, maintenant que le « renard » n’était plus. A cette pensée, un sourire apparut sur son visage. C’est alors qu’une mèche de ses cheveux se leva pour s’enrouler autour d’un doigt. Ce dernier appartenait au rouquin qui s’amusait avec les cheveux bruns de sa protégée. Elle le regarda. C’était grâce à lui que cette histoire était terminée.

-          Pourquoi ce sourire ? demanda le rouquin.

-          Je me dis que je n’ai plus rien à cacher c’est tout.

-          Ce n’est pas tout. Ne m’oblige pas à lire tes pensées, dit-il.

-          Je ne peux vraiment rien te cacher…

Son regard se faisait plus insistant. Tellement, que la brune détourna les yeux. Après un soupir qui en disait long, elle lui avoua tout.

-          Je vais devoir tout expliquer, au Sénat, à Tsunade et aux autres. Je me disais que j’allais sans doute être condamné… à la mort. Le lien que j’ai avec toi ne pourra rien changer.

-          C’est vrai…

Ses yeux devinrent vides. Hanabi, un peu choquée, changea de sujet.

            Dans le manoir des Hyuga, Neji entrait dans une pièce où deux corps étaient dans deux lits séparés. Des souvenirs apparurent dans sa tête. Souvenirs dont il ne voulait pas voir les images. Il s’assit sur le lit de  l’homme. Alors qu’il était perdu dans ses pensées, des petits grognements l’en sortirent. Il sursauta. Ses yeux s’ouvrirent en grand. L’homme cligna plusieurs fois des yeux puis, en voyant le garçon, sourit.

-          Est-ce que la première image que je dois voir après quinze ans d’absence est mon fils triste ? demanda-t-il le sourire aux lèvres.

-          Je….

-          Je sais, mon fils, j’ai tout vu.

-          Comment savez-vous que je suis votre fils ?

-          Je n’ai besoin de rien pour te reconnaître.

Les larmes qui s’étaient formés dans les yeux de Neji coulèrent enfin. Cela l’étonnait tellement qu’il sursauta une seconde fois. Il n’avait pas pleuré depuis que l’on lui avait dit, lorsqu’il avait trois ans, que son père était mort. Le garçon avait toujours cru ce mensonge, et s’était même dit que c’était à cause de lui. Le fait qu’il soit là, devant lui, à lui parler le sourire aux lèvres et qu’il le reconnaisse fit disparaître le fardeau de sa mort. Un poids qui s’était accrut de  jours en jours. Le cœur léger, il autorisa toutes les larmes retenues pendant ces années à couler. Hizashi le prit dans ses bras. Neji tremblait, et ne savait pas comment réagir. Jamais il n’avait été enlacé de la sorte.

-          Laisse toi aller. Tout est fini, Neji, lui expliqua son père.

-          …..Papa !

Ses mains tremblantes s’agrippèrent au haut de son géniteur, en le froissant, tellement il le serrait. La porte s’ouvrit laissant voir Tsunade. Neji s’écarta de son père. Elle salua Hizashi, souriante, puis se dirigea vers Hinata. Son état n’était pas très bon. La vieille blonde mit une main sur son cœur. Ses sourcils se baissèrent un peu, signe qu’elle était contrariée.

-          C’est dans  ses pouvoirs qu’Hanabi a le plus puisé sa force, affirma Hizashi.

-          … Je m’en doute, répondit après quelques instants Tsunade. Au faite, désolé d’avoir interrompu un moment aussi … enfin, ce moment entre vous deux.

-          Il n’y a pas de mal, répondit Hizashi, amusé.

Neji avait des rougeurs sur ses joues. Il avait honte que la vieille Tsunade ait tout vu.

            Trois jours plus tard, la bande vint à la rencontre d’Hanabi. Celle-ci était d’une beauté incomparable. Elle était assise sur son lit, en simple kimono blanc. Elle avait un regard indifférent à la bande même quand elle vit Naruto. Ses cheveux noirs aux reflets violets tombaient en cascade dans son dos et s’étalaient derrière elle, sur la couverture. Ses mains étaient magnifiques. Ses ongles manucurés. Pourquoi tant de beauté ? Simplement parce qu’aujourd’hui pourrait être le dernier jour de sa vie. Tsunade s’avança vers elle.

-          Je ne vais pas m’éterniser, je dois m’occuper de ta sœur. Dis-moi la vérité sur La tragédie du clan Hyuga.

-     Vous savez qu’Hinata et moi n’avons qu’un an de différence. Il y a quinze ans de cela, je marchais dans le couloir de chez moi quand j’ai entendu une voix d’homme dans la chambre à ma sœur. J’ai entrouvert la porte, et j’ai vu Naruto blessé gravement, et Hinata en train de le soigner de son mieux. Déjà, il est interdit aux Purs d’utiliser leurs pouvoirs sur les humains mais en plus, le pire, c’est que quand je lui ai dit, elle a simplement dit «  Je m’en fou. Je l’ai secouru, c’est tout. »

-    Quel rapport avec ce que t’as fait il y a quinze ans ?! s’énerva Sasuke.

-     Calme-toi, j’y viens, répondit-elle. J’ai remarqué que Naruto venait lui rendre visite de plus en plus souvent. Elle est même allé jusqu’à lui révéler sa nature de vampire ! Si mon père avait su cela, il aurait banni Hinata de la famille. Du coup, j’ai commencé à la protéger car il se posait des questions sur ses absences la nuit. Enfaite, je savais qu’elle allait le voir, mais je disais qu’elle sortait avec Tenten. Puis au bout de quelques mois, j’ai surpris une conversation. Ma chambre étant à côté de la sienne, j’entendais tout. Ils parlaient de ne plus se quitter. Hinata disait que cela lui était impossible, car sa nature de Pur la faisait vivre éternellement, mais que comme c’était un humain, il mourrait dans quelques temps. Je n’ai pas pu entendre ce qu’il a répondu, mais je sais qu’ils ont fait des… choses.

-   Quelles choses ? demanda Kiba.

Il se tut après que les personnes présentes le regardèrent désespérées. Hanabi continua.

-          Petit à petit, j’avais développé des sentiments à l’égard Naruto, et c’est seulement pour lui que je protégeais leur secret. J’ai commencé à avoir de plus en plus de haine envers Hinata, mais en les entendant faire l’amour, ça m’a complètement dégoûté d’elle. Les jours qui ont suivi, j’ai cherché un moyen de voir Naruto sans qu’elle le sache, mais je ne trouvais aucune opportunité. Le jour où ce que vous appelez « la tragédie du clan Hyuga » eut lieu, est le jour où ma sœur a fait la plus grosse erreur de sa vie. Elle était dans le jardin, avec Naruto, vers minuit. Soit disant qu’elle ne pouvait plus se passer de lui, et c’est pour cela qu’elle lui proposa de faire…

-          Une « promesse de sang », l’interrompit le blond.

Les regards se posèrent sur lui. Neji vint vers lui, demandant si le révélait était la bonne solution. Il eut comme réponse un simple sourire, plein d’assurance. Sasuke vint à la rencontre de Pain.

-          Je sais que vous êtes au courant. Vous n’avez pas condamné Naruto pour avoir accepté la proposition d’Hinata, alors il est bien évident que le fait qu’il l’avoue ouvertement maintenant ne le condamnera pas aujourd’hui, n’est-ce pas ? dit-il.

-          Je ne l’ai pas fait uniquement car Hanabi me l’interdisait. Même si je le voulais, aujourd’hui, la peine qu’il recevrait serait moindre comparé à celle d’Hanabi. Cela ne m’apporterait donc aucune satisfaction.

-          Bien, nous sommes d’accord alors.

Le blond regarda le ténébreux. Le geste qui il avait fait lui avait probablement permit de passer le reste de sa vie en dehors d’une prison. Encore une reconnaissance envers son ami. D’un regard qui voulait tout dire, il le remercia. Sasuke ne le vit pas, il attendait juste que la suite arrive.

-          C’est quoi une promesse de sang ? demanda Tenten.

-          Lorsqu’un être humain boit le sang d’un Pur, et qu’il est ensuite mordu par ce Sang-Pur, le sang bu auparavant devient une sorte de bouclier. Il scelle l’humanité du vampire autrefois humain, afin qu’un jour ce vampire puisse redevenir humain. Cela lui empêche aussi de sombrer dans la folie d’un nouveau-né, et lui permet d’être sain d’esprit. Seul le Pur à qui appartient le sang peut lever le sceau. S’il l’a fait, Naruto doit avoir une marque sur son ventre, répondit Tsunade.

L’Uzumaki leva son haut et une grande marque était présente. Enfin, presque plus, elle s’effaçait très doucement. Sa partie d’humanité, Kyubi, ayant été définitivement anéantie, la marque n’avait donc plus de raison d’être. A cette vue, Sakura sourit. Naruto n’avait plus rien à craindre. Il continua ensuite l’histoire.

-          J’ai bu son sang, puis elle m’a mordu. La transformation a était lente. C’est à ce moment qu’Hanabi est intervenue. En colère, elle s’est ruée sur Hinata, et l’a tapé. Hinata savait que tu étais là.

Les yeux d’Hanabi s’ouvrirent en grand.

-          Elle savait à quoi s’attendre, mais il faut que tu sache que c’est moi qui aie voulu devenir un vampire. Ta sœur voulait que je garde une part d’humanité, au cas où je changerais d’avis. C’est simplement pour cela qu’on a fait cela.

-          Pourquoi s’est-elle laissé faire alors ?! s’énerva la jeune Hyuga.

-          Parce que je savais que tu voulais Naruto, et je pensais tout t’expliquer. Seulement, je n’avais pas prévu que la haine que tu me portais à ce moment-là était si forte, que tu viendrais à m’absorber pour me faire disparaître de ta vie, lui répondit une voix faible.

Tout le monde se retourna. Hinata se tenait au mur, les jambes tremblantes. Son état n’était pas stable. Tsunade vint la rattraper avant qu’elle ne tombe au sol. Naruto se sentit fléchir. Quinze ans qu’il ne l’avait pas vu. Cependant, il n’eut pas le temps de penser autre chose qu’un craquement au sol l’interrompit. Des piques sortirent et s’arrêtèrent à trois centimètre du visage de l’ainée.

-          Pourquoi t’être laissé faire ?! Si tu savais que j’avais des sentiments pour Naruto, que je vous espionnais à chaque fois qu’il venait, et que je te détestais, pourquoi ?!

Elle devenait hystérique. Hinata sourit, cela l’énerva encore plus. Elle se leva alors, mais Pain la retint.

-          Si j’avais résisté, tu aurais pu t’en prendre à Naruto, et te blesser par la même occasion. Tu ne maîtrisais pas complètement tes pouvoirs à cette époque, j’avais peur que quelque chose t’arrive.

-          Pourquoi t’inquiétais-tu pour moi, alors que j’aurais pu te tuer ?! cracha Hanabi.

-          Tu es ma petite sœur. Je ne peux pas me battre contre toi. Tu n’aurais pas été capable de me tuer. Nos liens étaient, et sont, beaucoup plus forts que la haine que tu as accumulée envers moi.

Elle disait cela avec tant d’assurance. Pourtant ce n’était pas faux. Même avec tous les pouvoirs du monde et la haine la plus forte qu’il soit, elle n’aurait jamais pu la tuer. Jamais elle n’avait été méchante avec elle. Elles jouaient même très souvent ensemble quand elles étaient petites. Ses yeux la piquaient mais aucune larme ne coulait. Toute cette haine pour quelque chose de stupide. Quinze années gâchaient par une jalousie maladive.

-          Excusez-moi, mais quel est le rapport avec le deuxième corps ? demanda Sakura.

-          Lorsque que j’ai absorbé Hinata, le père de Neji est intervenu pour m’en empêcher. Mais il m’a touché, ce qui fait que mon pouvoir a commencé à l’absorber à lui aussi, expliqua Hanabi, confuse. En aucun cas, je n’avais prévu d’absorber oncle Hizashi. Mais, à l’époque, mes pouvoirs étaient parfois incontrôlables, et cette fois c’est ce qu’il s’est produit. Je te prie de bien vouloir m’excuser. Sache que je n’ai utilisé aucun de ses pouvoirs. Il peut te le dire lui-même. Son état le justifie car il n’a rien.

-          Je…

-          Ne t’inquiète pas, je comprends très bien que tu ne me pardonne pas. Je t’ai enlevé ton père, c’est normal.

Hanabi réfléchissait. Toute cette histoire était finie. Elle connaissait déjà la peine qu’elle recevrait, à savoir la mort. Malgré tout, elle savait qu’elle irait en Enfer. Quand on connaît la destination finale, pourquoi se faire accompagner par un bourreau, quand on peut y aller toute seule ? Un sourire apparut sur son visage. Hinata croyant se sourire bienfaiteur, se rapprocha pour la serrer dans ses bras. A peine l’eut-elle effleurée que le bras de sa sœur commença à se fragmenter. Tout le monde fut choqué.

-          Que se passe-t-il ?! s’écria Pain. Hanabi, qu’est-ce que tu … ?

Au vu du sourire qu’elle affichait, tout le monde comprit la suite. Le corps de  la jeune fille était de plus en plus fragmenté. Ino qui, malgré tout, lui portait une grande affection, vint à sa rencontre en s’écriant :

-          Tu ne peux pas te suicider ! Il y a d’autres moyens. Hinata t’as pardonné, n’est-ce pas ce qui compte ?! Kyubi est mort, tu connais toute l’histoire ! Tu n’as pas à mourir ! Ne te fais pas justice toi-même !!!

-          Ino. Tu dois savoir que le pardon se mérite. Je ne le mérite pas. Sache que j’irais en Enfer quoi qu’il arrive. Je préfère y aller par moi-même. Tu es une des personnes que je considère le plus dans ce monde. Même quand tu étais une marionnette, tu étais là pour moi. Je crois qu’au final, une de mes plus grosses erreurs fut de t’enlever ton âme, car tu es beaucoup mieux avec.

La Yamanaka pleurait. Elle ne voyait rien.

-          Tu ne peux pas me laisser ! Je dépends de toi, j’ai besoin de toi ! hurla-t-elle.

-          Tu dépends d’Hinata, car je t’ai mordu avec son corps, pas avec le mien. Je suis…désolé…

Elle suffoquait. Pain utilisé tout ses pouvoirs de guérisons, mais rien ne fit. Tsunade utilisa des techniques de niveau très élevée, mais rien ne se passa. Hanabi les en empêchait avec ses pouvoirs. Ses pupilles se dirigèrent vers Pain. Il n’arrêtait pas de lui dire d’arrêter. Des souvenirs avec le rouquin lui revinrent en mémoire. La seule personne avec qui elle aurait voulu mourir… Sa main droite se dirigea sur sa joue. Pain ouvrit grand ses yeux. Sasuke prit Sakura et lui cacha ses yeux avec son bras, tout comme Kiba fit de même avec Ino. Le corps d’Hanabi explosa en milliers de morceaux de verres, qui devinrent poussières ensuite.