Tsukimi pour les fans de résurrection

par tookuni

 

 

 

Tsukimi pour les fans de résurrection

(Non, je ne vous dis pas qui c’est, ça gâcherait le plaisir)

 

 

 

Tout était calme et tranquille à Konoha, en ce jour de fête paisible appelé Tsukimi. Les familles, liées par le sang ou par le cœur se réunissaient, on riait un peu, discutait gentiment, préparait le riz pour la soirée et faisait des projets en tous genre… Mais quelque chose vint troubler la paix du village, sous la forme d’un cri inhumain :

 

« Uchiha Sasuke ! Reviens ici tout de suite espèce de…. »

 

Le reste du hurlement fut noyé par une cacophonie de chaises, bureaux et autres meubles éclatés contre les murs et gémissant en s’écrasant lamentablement au sol.

 

Sasuke se sauvait à travers Konoha, poursuivi par un Hokage déchaîné. Il n’aurait vraiment pas du se lever ce matin là, à présent, il en était certain. Il sentit une main l’attraper et le tirer dans une pièce éclairée où une odeur familière régnait. Malgré tout ce qu’il ait jamais pu dire, il aimait beaucoup cet air goût ramen. Il trébucha sur un pied, tomba en arrière et s’écroula, alors que la Godaime passait devant lui en courant et en beuglant comme quatre.

 

« Naruto tu me sauves la vie ! s’exclama presque l’Uchiha.

– Bon sang, vieux, qu’est-ce que t’as fait pour mettre la vieille dans cet état ? demanda Naruto, ahuri.

– J’ai utilisé le jutsu d’Orochimaru d’invocation des morts », répondit placidement le brun.

 

Naruto fit une tête se six pieds de long puis hurla :

 

« Mais t’es malade ! Pas le jour du Tsukimi ! ‘Faut jamais s’occuper des morts le jour du Tsukimi chez les ninjas ! Ca porte malheur ! Même moi je sais ça !

– Peuh, ça fait tellement d’années que je ne le fête plus que j’avais complètement oublié quel jour c’était…

– Ah… hésita Naruto. La prochaine fois je te préviendrais et on pourra le fêter tous les deux, je suis toujours tout seul. »

 

Sasuke acquiesça d’un hochement de tête, un peu navré.

 

« Par contre, ajouta le blond, tu n’es pas très lourd, mais ce serait bien que tu te relèves… »

 

Sasuke réalisa qu’il écrasait Naruto, un pied dans sa mâchoire, et que le fourreau de son épée devait menacer de près la virilité de son ami.

 

« Il ne fallait pas me tirer si fort. Je ne serais pas tombé sur toi, fit-il sèchement en se relevant.

– Tu préfèrerais être encastré dans un mur par mamie Tsunade ?

– Heu… Non.

– Bon. Et donc… Il s’est passé quoi ? »

 

Pendant ce temps, la Godaime courait toujours. Dans la demeure des Uchiha, trois personnes se regardaient, hébétées.

 

« Dites les jeunes… Qu’est-ce qu’on fou ici ?

– Vous avez remarqué qu’on était plus jeunes du tout ?

– Euh, Rin a l’air d’avoir l’âge qu’elle aurait maintenant si elle était en vie, moi aussi, mais toi, tu n’as que trois ans de plus a tout casser… C’est peut-être que les « morts naturelles » qui vieillissent comme il faut… suggéra le plus grand des trois.

– Parce que se faire bouffer par un renard a neuf queues ou le spectre de la mort tu appelles ça une mort naturelle ? s’offusqua le plus jeune.

– Dis, on ne parle pas à son maître comme ça ! C’est l’inverse ! Toi tu es mort « naturellement », par la nature elle même en fait, donc tu as les années déréglées, mais pas nous ; mais ça n’explique pas ce qu’on bricole dans la maison de ce…

– Uchiha Sasuke, c’est ça ?

– Uchiha Sasuke ? s’exclama encore le petit brun. C’est mon neveu ! Il était tout petit quand je suis mort !

– Eh bien dis donc ! Ca lui fait combien là, à vue de nez ? Dix sept ans ?

– Ouais, il a bien grandi ! s’enthousiasma le jeune homme.

– Et il est beau gosse, ajouta la femme aux cheveux châtain.

– Hé ! Depuis quand tu t’intéresses aux mecs plus jeunes que toi ?

– J’avais son âge quand je suis morte, je te signale ! rétorqua-t-elle, vexée.

– Bon, Obito, Rin, ça suffit, il faudrait aller voir quelqu’un de confiance, mais Tsu-chan est partie en furie, et personnellement, même si elle est belle en colère, je ne préfère pas la croiser maintenant…

– On peut chercher Kakashi ! déclara Rin. Tu crois qu’il a toujours son ignoble masque sur le visage ?

– On s’en fou ! » grogna Obito, qui reconnaissait de moins en moins sa camarade.

 

Avait-elle tant changé après sa mort qu’elle était devenue cynique et imposante ?

 

« Moi je ne m’en fou pas ! râla la jeune femme, confirmant les peurs de son ami.

– Arrêtez de vous disputer, ordonna le grand blond. On va voir Kakashi… Ah non ! Moi, j’ai quelque chose à faire avant tout ! s’exclama-t-il finalement. Il faut que je retrouve ma progéniture !

– Maître, vous avez des enfants ?

– Un, et grâce à lui Konoha est encore debout.

– De quoi vous parlez ?

– Laissez tomber, Kakashi vous expliquera. Moi j’y vais, et tâchez de pas trop vous faire remarquer ! »

 

Le Yondaime disparut dans un éclair.

 

La Godaime avait finalement abandonné sa recherche de Sasuke, jurant que si elle le revoyait elle le tuerait. En réalité, c’était tout de même plutôt bien. Kakashi serait immensément heureux pour Obito et Rin. Konoha gagnait trois ninjas supplémentaires, dont un de renom. Si le jutsu de Sasuke était bel et bien permanent, elle aussi en était heureuse. Le Yondaime était la seule personne qui avait su gentiment l’approcher, lui rappelant un peu Dan et son rêve inaccompli. Mais Yondaime, lui, avait réussi. Elle se rappelait bien de ce jeune homme enthousiaste que Jiraiya lui avait présenté. Dire que Naruto avait suivi la même voie, des années plus tard, et l’avait tout autant séduite. Un sourire éclaira soudain son visage alors qu’elle se dirigeait vers le quartier des Uchiha pour y retrouver les trois ressuscités. Il pourrait redevenir Hokage… et remplir la paperasse à sa place…

L’esprit féminin est décidément compliqué… Cela lui faisait simplement plaisir qu’il soit revenu, et elle se noyait dans des idées ridicules pour ne pas sentir son cœur battre un peu plus vite alors qu’elle entrait dans la maison de Sasuke, qu’elle trouva… vide.

Le hurlement de Godaime fit s’effondrer un vieux bâtiment tout proche.

 

Chez Naruto, le brun s’était assis sur le canapé et expliquait :

 

« J’avais envie de faire plaisir à quelqu’un…

– Bravo !

– Hein ?

– C’est que ce n’est pas souvent !

– Je t’emmerde Usuratonkachi !

– Moi aussi je t’aime ! Et ?

– J’ai fait mon invocation en pensant aux personnes que certains aimeraient revoir ou voir…

– Et tu as invoqué qui ?

– Je crois qu’il y avait un membre de mon clan, Obito, une fille, Rin, qui semblait être de son équipe. Ca devait être pour Kakashi, je l’ai surpris il y a peu devant la stèle, j’ai du y penser inconsciemment…

– Et le dernier ?

– Heu… rougit Sasuke.

– Alors ? C’est qui ? s’impatienta Naruto.

– Le Yondaime Hokage

– Quoi ! hurla le blond, d’abord surpris. Sasuke ! Je t’adore !

– Heu, pourquoi ? demanda-t-il, étonné que Naruto semble connaître la raison de cette invocation.

 – Tu as ressuscité mon héros !

– Si tu savais… Heu… hésita Sasuke, réalisant ce qu’il allait dire.

 – Si je savais quoi ? demanda Naruto en regardant Sasuke d’un air curieux.

– Rien.

– Tu es sûr ? demanda Naruto, se rapprochant dangereusement se Sasuke qui reculait au fur et a mesure pour finalement se faire étaler sur le canapé par le blond.

– J’ai dit ça sans m’en rendre compte… articula l’Uchiha alors que l’autre se rapprochait encore, s’allongeant à moitié sur lui pour parvenir à quelques centimètres du visage pétrifié de Sasuke.

– Je ne suis pas convaincu… ronronna Naruto d’un air malicieux.

– Mais je te dis que…

– Punition pour le menteur ! » s’exclama Naruto, sourire aux lèvres, franchissant les derniers millimètres qui le séparaient de la bouche du jeune homme.

 

Un baiser violent avait empêché le brun de protester, il sentit une langue chaude passer sur ses dents qu’il ne voulu desserrer pour rien au monde.

 

 « Oh, je vois qu’on s’amuse bien ici ! »

 

Les deux jeunes gens relevèrent la tête pour tomber nez à nez avec un homme aux cheveux blonds et aux yeux bleus, affichant un sourire victorieux et malin aux lèvres, et qui ressemblait étrangement à Naruto. Il observa la position des deux garçons et se mit soudain à crier en prenant Naruto dans ses bras et le faisant danser une espèce de ronde bizarre :

 

« Mon fiston est seme ! Mon fiston est seme ! »

 

Sasuke, toujours étalé à moitié sur le canapé, les joues en feu, regardait d’un air ahuri les deux blonds tournoyer dans le salon. Naruto ne semblait pas comprendre ce qu’il lui arrivait et demandait, avec tout le calme dont il pouvait faire preuve dans un moment où un parfait inconnu débarque chez vous pour fêter vos fausses prouesses amoureuses, ce qu’il ce passait. Le Yondaime s’arrêta enfin de tourner quand Naruto parvint à se dégager.

 

« Mais qu’est-ce que… » commença Naruto en se figeant lorsqu’il aperçu leurs deux reflets dans le miroir, et comprit que le fou furieux qui se tenait devant lui était sans aucun doute le Yondaime, avec quelques années en plus difficilement visibles.

 

L’homme, tout excité qu’il était, regarda Sasuke d’un air inquisiteur, fit quelques tours autour de lui, lui demanda de se lever et de se tenir droit, ce que fit Sasuke sans comprendre, réajustant son kimono blanc. Au bout de quelques instants, alors que Naruto avait fini par arrêter son tournis, il se mit de nouveau à crier :

 

« Mon fiston se fait une bombe ! Mon fiston se fait une bombe ! » Tout en se précipitant sur Naruto pour le serrer dans ses bras, lequel, prévenu cette fois-ci, s’écarta juste à temps pour que le pauvre fou s’écrase par terre.

 

Naruto venait de réaliser quelque chose.

 

« Vous… Je… Mon père c’est…

– C’est moi », déclara Yondaime en se relevant aussi rapidement qu’il était tombé.

 

Naruto sembla si choqué qu’il déconnecta de la planète Terre.

 

« Naruto ? Ca va ? »

 

Le blond ne répondit pas.

 

« C’est malin ! Vous l’avez traumatisé ! râla Sasuke, se demanda à quel point Naruto pourrait devenir impossible s’il restait dans cet état.

– Mais non, il s’en remettra ! C’est bien, t’es déjà aux petits soins pour lui, tu sera vraiment un super beau-fils.

–Je ne suis pas votre « beau-fils » ou je ne sais quoi ! Et je refuse tout lien de parenté avec un taré comme vous ! s’énerva Sasuke.

Fiston ! pleurnicha l’autre, s’amusant beaucoup de la situation. Ton petit ami est méchant avec moi !

– J’avais bien dit qu’il fallait lui dire doucement !

– Fiston ? Ton chéri d’amour s’inquiète pour toi !

– Mon fiston, tu m’entends ?

– Ton canard en sucre attend que tu te réveilles…

– Quand vous aurez fini de me trouver des surnoms stupides vous me préviendrez ! »

 

Naruto, au bout de dix minutes, s’éveilla d’un long rêve où il vivait avec son père, où tout le monde l’apprenait, où plus rien ne l’empêcherai de devenir Hokage. La raison de son réveil fut un plaquage au sol de Sasuke par un Yondaime déchaîné.

 

« Fiston, ton mec est très fort ! Pas autant que moi, mais tu as vraiment chopé le gros lot ! On a toujours été des séducteurs dans la famille.

– Heu…

– Ta maman chérie est morte quelques instants avant moi. Je t’expliquerai tout ça un autre jour. Dire que c’était la plus belle femme de tout le pays… Ah ! Non, corrigea-t-il, toujours joyeux, il y en a une qui la vaut presque, mais avec un sale caractère aussi gros que ses seins…

– Je crois que je sais de qui tu parles… commenta Naruto.

– C’est la Godaime n’est-ce pas ? demanda Sasuke.

– La quoi ? s’esclaffa le grand blond.

– Elle est devenue Hokage après la mort de Sarutobi-sama.

– Qui est le malade qui vous l’a collée Hokage ? questionna alors l’homme, estomaqué.

– De quoi, Minato ? grogna une voix menaçante s’élevant de la fenêtre.

– Heu… rien Tsu-chan Heu… C’est juste que… Je me disais…. Ca ne doit pas être facile pour toi… bégaya le précité, se grattant la tête dans un geste bien familier. Heu, j’y vais les enfants, toujours aussi belle Tsu-chan, et pas une ride ! Salut les jeunes ! Vais retrouver mes élèves ! »

 

Tsunade s’effondra littéralement de désespoir sur le canapé de Naruto. Elle s’était doutée qu’il irait voir son fils et elle était arrivée à temps, mais elle savait très bien qu’il fuyait en riant dès qu’elle était en colère. C’était le seul à qui elle ne pourrait jamais en vouloir. Personne ne pouvait lui en vouloir, elle ne savait exprimer cela clairement, mais c’était comme ça… Décidément, elle ressentait quelque chose d’étrange pour ce Yondaime d’outre tombe, qui semblait avoir hérité du caractère surexcité de sa défunte épouse en plus de son enthousiasme habituel.

 

Pendant ce temps, Obito et Rin étaient allés voir Kakashi. Il était chez lui en train de lire le paradis du batifolage, et après avoir ouvert puis refermé la porte au nez des deux arrivants, il s’était dit qu’il devrait vraiment arrêter si cela lui donnait de telles visions. Mais les coups à la porte furent de nouveau frappés. Méfiant, Kakashi s’arma d’un kunai et ouvrit. Quelques secondes plus tard, il recevait une tête brune et une tête châtain autour du cou. Le kunai s’envola de sa main, et un hurlement effrayant pour le pauvre Kakashi se fit entendre :

 

« Kakashi-kun ! »

 

Tout ce petit monde tomba au sol. Dix minutes plus tard, nos trois amis se trouvaient dans le salon de Kakashi, discutant du jutsu de Sasuke. Ce jutsu établi en ce jour de Tsukimi, il était impossible que les trois invoqués puissent disparaître. C’est ainsi qu’il fut décidé que Rin resterait vivre avec Kakashi et qu’Obito vivrait chez les Uchiha. Kakashi fut renversé par Rin sur le canapé tant elle était contente de rester avec lui et Obito les regarda d’un air las… Cette Rin là, il le l’aimait décidément pas… Où était donc passée cette gentille jeune fille au caractère bien trempé mais effacé qui l’éblouissait tous les jours ?

 

Sakura ouvrit la porte à ce moment là. Ce fut le coup de foudre. Elle cru un instant revoir Sasuke dans le Sharingan allumé d’Obito, puis Naruto avec son sourire gêné alors qu’il se levait pour cesser de camoufler Rin et Kakashi qui visiblement ne souhaitaient pas se défaire l’un de l’autre. Lui-même se demanda qui était cette jeune fille ravissante qui arrivait si bien à éclipser sa partenaire… Quelques instants plus tard, Kakashi et Rin étaient toujours avachis sur le divan après qu’un masque ait volé pendant qu’Obito et Sakura se présentaient timidement.

 

Un peu plus loin, Uchiha junior courrait encore, poursuivit par la folle furieuse prénommée Tsunade, en se remémorant l’éclat de rire de Naruto quand il lui avait dit qu’il n’était pas de ce bord, et que cet imbécile lui avait répondu que c’était juste pour se foutre de sa gueule. Il aperçu la fenêtre d’un hôtel entrouvert et s’engouffra dans la chambre en priant pour que son occupant soit parti faire un tour. Malheureusement pour lui, ce n’était pas le cas…

 

« Hé ! Qu’est-ce que vous faites… Uchiha ?

– Ah... Heu, bonjour Temari, bon, s’il te plait, ne crie pas, je fuis Tsunade, je t’en supplie, je ferais tout ce que tu veux mais cache moi au moins le temps qu’elle change de quartier... »

 

Temari ne reconnaissait pas l’Uchiha : il avait l’air totalement paniqué. Il avait repoussé la battant, l’avait fermée à clef et s’était plaqué sur un mur. Tsunade passa alors devant la fenêtre, poing armé, et Temari finit par apercevoir une énorme bosse sur le crâne du pauvre garçon qui regardait subrepticement à l’extérieur. Il lui souffla un « Elle est là ? » d’un air paniqué qui lui parut si attendrissant que la jeune fille décida qu’elle l’hébergerait bien toute la journée et plus si elle pouvait le retenir.

 

« Uchiha… Tu feras vraiment « tout » ce que je veux ? »

 

Sasuke avala de travers en voyant le regard de carnivore que lui lançait la jeune fille, mais sentant la présence de l’autre folle sur le toit qui commençait a s’approcher, il décida de hocher de la tête, une goutte de sueur perlant à son front. Temari s’avança alors vers la fenêtre, l’ouvrit, et appela Tsunade.

 

« Si vous cherchez Uchiha, il est parti vers votre bureau après que je l’ai viré à coups de pieds aux fesses !

– Ah ! Merci Temari ! Uchihaaaa ! »

 

Le hurlement qui montait dans les suraigus se perdit dans la foule, Sasuke eut un soupir de soulagement et sentit tout à coup une Temari au sourire félin près de lui, trop près…

 

« Heu… Temari qu’est-ce que…

– Tu m’a bien dis que tu ferais « tout » ce que je voudrais, pas vrai ? demanda-t-elle avec un petit sourire sadique.

– Heu… Oui, répondit Sasuke en voyant le beau visage de la jeune femme se rapprocher encore.

– Bon, alors tu n’a qu’à rester avec moi ! »

 

Et sur ces mots, sans qu’il puisse esquisser le moindre geste de défense, elle l’embrassa.

 

Naruto trouvait le temps long de son côté. Il aurait voulu revoir la furie blonde qui lui faisait peut-être office de père, il n’était pas encore certain que ce soit lui tant il était sous le choc. Enfin une famille… Enfin quelqu’un… On frappa à la porte, il alla ouvrir en espérant que ce n’était pas une autre calamité, mais malheureusement pour lui, ce furent un brun, une rose, un gris et une châtain qui se plantèrent vite fait dans son canapé pour ne plus en bouger, tous essoufflés d’avoir couru.

 

Kakashi et Rin ne prirent visiblement pas la peine de lui expliquer pourquoi ils étaient là et se serrèrent l’un contre l’autre.

 

« Heu… commença le garçon brun qui devait avoir à peu près leur âge.

– Naruto, je te présente Rin-san, dit Sakura en montrant la belle jeune femme que Kakashi ne voulait plus lâcher, et Obito-kun », ajouta-t-elle en faisant un geste de la main vers le brun, rougissante.

 

Naruto grogna et se fit expliquer la suite de l’aventure.

 

Tsunade était retournée à son bureau, légèrement essoufflée. Sa course l’avait apaisée. Elle s’était même résignée à ne pas sanctionner l’Uchiha pour cette résurrection inattendue. Une silhouette accoudée au mur l’attendait et remarqua :

 

« Tu n’as pas changé, mais tu es plus vivante qu’autrefois. Je ne sais pas à qui je dois ce revirement de ta part, notamment ce poste d’Hokage, mais je trouve que tu n’as jamais été aussi rayonnante. Konoha aussi n’a changé qu’en bien. Ca fait plaisir à voir. »

 

Tsunade regarda l’homme blond au visage à peine ridé par les années qu’il avait prises sans les vivre.

 

« Tu dois tout cela à ton fils. Il a sauvé Konoha, il en est le héros, et c’est lui qui a fait en sorte que le village soit si prospère, simplement pas ses idées.

– Ah ? Ca ne m’étonne pas, tout compte fait, rit-il doucement. Après tout, c’est mon fils.

– Tu as eu le temps de lui dire ?

– Oui, même si je ne sais pas s’il m’a cru, il faut dire que j’ai été assez… expéditif.

– Tu es un fou furieux. Je le plains. »

 

Le Yondaime fit un pas vers elle et la regarda tendrement.

 

« Tu sais, je n’ai jamais pu oublier à quel point je t’admirais. J’ai toujours été fou de ma femme, mais si je devais refaire ma vie avec quelqu’un aujourd’hui, je penserais à toi. »

 

Tsunade l’étudia pour tenter de savoir s’il plaisantait ou non. Il s’était campé devant elle, affichant un sourire doux qui lui rappelait bien des souvenirs.

 

« Tu es fou. Je suis pus vieille que toi, et tu as un fils. Je ne vois pas en quoi tu pourrais avoir besoin d’une vieille aigrie comme moi.

– Eh bien… hésita l’ancien Hokage, faisant mine de réfléchir. Peut-être que tu m’empêcherais d’être trop fou ? »

 

Le sourire du grand blond rassura étrangement Tsunade. Il n’était pas question qu’elle craque si facilement, mais elle fut persuadée que c’était une bonne idée. Alors, elle s’approcha lentement de son vis-à-vis et caressa la joue pâle de sa main.

 

« On verra ça. » conclu-t-elle en souriant et déposant un baiser sur la joue libre.

 

L’événement majeur de cette journée là ne fut pas réellement la formation de ces petites affections naissantes qui précèdent une relation. Il fut leur déclencheur, et celui du bonheur de beaucoup, mais pour une fois, ce fut Sasuke le bienfaiteur du jour. Pour une fois, même lui put passer un Tsukimi agréable, comme il n’en avait jamais fêté.

Naruto lui-même, grâce à cet ami qui, si étonnement, avait du songer qu’il se sentait seul et avait besoin de retrouver des gens qu’il aimait, put enfin passer une journée heureuse en compagnie de ses amis et de sa famille retrouvée. Le surréalisme de cette histoire en laissera plus d’un sceptique, mais la lune fait partie de ces mystérieux astres dont l’existence est encore inexpliquée. Elle comporte encore tant de mystères et on lui a attribué tant de légendes, qu’une de plus ne fera que rendre heureux quelques personnages qui ne méritent qu’à l’être. Sous la lune, même dans le monde des ninjas, tout peut être possible.

 

 

 

Fin