One-Shot.

par Tatsuki-chan

 

Cela devait être un jour parmi tant d’autre, mais ce vingt-deux novembres fut le dernier jour de ma vie. De ma vie, de la vie de tant d’autres personnes et nous n’avons rien vu venir. Pourquoi seulement aurait-on dû voir quelque chose ? Après tout, c’était un jour parmi tant d’autre…

 

Dernière année en tant que lycéen, l’une des années les plus importantes de notre vie, l’année de tous les possibles. J’avais eu le temps d’en profiter, même si cela n’avait été que durant quelques mois seulement et j’aurais encore pu profiter de la vie, encore tant d’année nous étaient offertes. Nous étions à ce moment-là si insouciant, si innocent et tellement ivre de vivre notre vie. L’ivresse d’une vie pas parfaite, mais heureuse tout de même. Oui, nous étions heureux, heureux de pouvoir vivre et lorsque le premier coup de feu était partie, nous nous sommes tous mis à nous accrocher à la vie.

 

J’avais su lire dans les yeux de tous ces jeunes de mon âge cette peur, la panique qui était alors apparue. Nos cœurs palpitants alors à une allure folle laissant place à une angoisse grandissante.

 

**

 

J’étais à la cafétéria, accompagné de mes amies Ino et Karin, profitant du calme qui régnait dans ce lieu vers les environs de onze heures trente. Nous devions être un peu plus d’une trentaine d’étudiants alors et nous vaquions à nos occupations, certains décidant de ce qu’ils allaient faire ce week-end, d’autres plus studieux révisaient des cours où encore nous qui rigolions naïvement des bêtises de mon meilleur ami blond, Naruto, le matin même.

 

Peut-être avais-je été la première à les avoir remarqués, je ne saurai le dire. J’écoutais d’une oreille distraite, le plus souvent j’étais perdue dans mes pensées, dans la lune comme dirait Ino. C’est pour ça que mon regard n’était pas concentré sur mes amis, mais inintentionnellement sur la porte d’entrée du réfectoire. Cela aurait sûrement mieux value pour moi que je sois pour une fois plus attentive à leur bavardage, m’évitant cette vision d’horreur.

 

J’avais porté réellement mon attention sur eux que lorsqu’ils avaient levés leurs armes, ce qui m’avait immédiatement captivé. Je me rappelle de toutes ses sensations, je me souviens avoir agrandi mes yeux de surprise dans un premier temps et je me remémore à présent le choque qu’avait créé en moi le son strident dû à la détente, me faisant sursauter de peur. J’avais eu l’impression d’avoir affaire à un ralenti ensuite, toujours accaparé par ces deux jeunes garçons que je ne connaissais pas et qui commencèrent un véritable massacre.

 

Je les aie tous vu essayer de s’enfuir en courant, peut-être que certain avait eu la chance d’y parvenir, je ne le savais pas, je n’avais pas été capable de lâcher du regard les tireurs une seule seconde et j’étais complètement paralysé. Tous mes muscles s’étaient tendues et contrairement aux autres élèvent je ne bougeais plus, jusqu’au moment où un bras m’avait tiré avec force en arrière me faisant basculé de ma chaise. Au sol, mes yeux avaient alors trouvé les pupilles bleus d’Ino, complètement paniqué. Elle semblait m’appelez, mais je voyais seulement ces lèvres bouger, comme si je m’étais coupé du monde et que j’avais empêché par ma simple volonté d’entendre les sons extérieurs.

 

Je ne sais pas vraiment combien de temps j’ai mis pour réagir, pour retrouver mes esprits, tout s’était passé tellement vite et avait semblé pour moi comme un moment interminable à vivre.

 

Péniblement, j’avais réussi à me remettre sur mes jambes, les mains d’Ino agrippés à mes deux bras. J’étais alors tombé face à Karin, elle s’était réfugiée sous la table et lorsqu’elle nous avait vus commencer à partir, elle était sortie. Par-dessus son épaule, je l’avais vu, j’avais tout vu. Cet homme aux cheveux bleus nous avaient remarqués, la majorité des lycéens gisant inerte sur le carrelage froid, nous n’étions plus très nombreux à tenir encore debout. Il avait levé son arme dans notre direction, je ne sais pas pourquoi, j’avais réussi à entendre ce dernier tir alors que les autres m’avaient paru tellement lointain.

 

Le sang avait giclé sur mon amie blonde et moi-même, quelques traces avaient atterris sur mon visage et dans le dos d’Ino, celle-ci qui me maintenait toujours et me forçait à reculer. Les orbes de Karin s’étaient agrandis dans une expression de terreur et elle était tombée lourdement sur le sol, sa paire de lunette noire se brisant en plusieurs morceaux tandis que je la voyais face contre terre, un trou béant dans son dos d’où un liquide rougeâtre s’échappait.

 

J’avais hurlé son prénom de toutes mes forces et avait immédiatement voulu retourner dans sa direction, mais ma meilleure amie me retenait toujours et j’avais beau essayé de me débattre, rien n’y faisait. Celle-ci s’était décidée à se retourner lorsque j’avais prononcé le prénom de notre amie et comme un flash back, je vis le même homme braqué son arme sur nous.

 

Je m’étais alors demandé pourquoi je n’étais pas partis tout de suite après le premier tir, pourquoi j’avais été irrémédiablement paralysé, pourquoi je n’avais pas eu cet automatisme qu’avait eu tous les autres, cet instinct de survit qui m’aurait dicté quoi faire, m’enfuir en courant sans regarder derrière moi. Je n’avais pas pu en tout cas et cela venait à présent de stopper la vie de ma sauveuse. Trois coups cette fois-ci, trois coups qu’avait pris Ino dans le dos, son corps bloquant le passage des balles sur ma personne.

 

Nous nous étions écroulé, moi sous son poids, coincé sous son corps qui avait arrêté tout mouvement tout comme le mien. Je ne bougeais plus, je crois même que j’avais coupé ma respiration et mes paupières s’étaient fermées instantanément. Je ne voulais pas voir, je ne voulais pas le voir m’abattre à mon tour alors je me retrouvais là, sous le cadavre de ma meilleure amie sans encore réaliser que c’était bien son corps sans vie qui me recouvrait et j’attendais encore et encore. J’entendis encore quelques cris, des voix d’hommes qui parlaient et qui rigolaient de temps à autres, celle des tueurs sûrement et moi, je ne bougeais toujours pas. Même quand les pleures d’une jeune fille me parvînt aux oreilles, même lorsque j’entendis ses appels au secours, ses gémissements de douleurs sûrement dû à une blessure. Elle avait finit par se calmer, à mon plus grand étonnement, continuant ces murmures sans cesse, implorant ces bourreaux qui ne prirent aucunement compte de sa demander et qui finirent ce qu’ils avaient commencé.

 

Le calme était revenu dans la cafétéria, seul le bavardage des deux meurtriers le coupant par moment, mais je n’y faisais pas attention, les battements de mon cœur étouffant leur parole. Puis une alarme retentis, l’alarme du lycée qui avait dû être déclenché par un élève qui avait assisté tout comme moi au massacre, le bahut était tellement grand, que je me demandais si les autres lycéens avaient entendus un quelconque coup de feu. Peut-être pas et là, je me rendis compte que plus personne ne parlait, étaient-ils tous partis ?

 

Je réunis mon courage afin d’ouvrir les yeux doucement qui tombèrent sur le plafond. Ils descendirent ensuite vers le bas accompagné par ma tête et se posèrent sur une chevelure blonde. Mes yeux s’agrandirent de stupeur, je venais juste de réaliser qu’Ino était belle et bien morte. Prise d’une crise d’angoisse insoutenable, je me mise à me débattre, j’essayais tant bien que mal de me dégager de son corps et y parvînt après plusieurs secondes. Je reculais alors sur les fesses et mes mains rencontrèrent un étrange liquide sur le sol, gluant, je me stoppais net. Je pouvais encore sentir mon cœur cognant avec force dans ma poitrine et je commençais à trembler rien qu’en pensant à ce que cela pouvait être. Baisant doucement mon regard et soulevant l’une de mes mains, je découvris un liquide rougeâtre. Du sang, encore et toujours du sang. Derrière moi, un jeune garçon allongé sur le dos, le visage livide et les yeux encore ouverts. Ma respiration s’accéléra, se saccadant toujours un peu plus. J’eue tout d’un coup du mal à trouver l’oxygène dont j’avais besoin pour pouvoir respirer. J’étais complètement paniquée et avait encore dû mal à réaliser ce qu’il venait de se passer réellement.

 

- « Oh mon dieu ! »

 

Je me figeais, relevant mes yeux qui tombèrent sur Shizune, la conseillère d’éducation de l’école qui me regardait choquer. Je ne sais pas vraiment combien de temps elle mit pour réagir, mais elle finit par s’agenouiller devant moi et pris entre ces deux mains mon visage.

 

- « Calme-toi Sakura, ça va aller. »

 

Elle n’arrêtait pas de me souffler des paroles dans le but de me réconforter et petit à petit, l’angoisse qui m’avait prise se retirait. Ma respiration se calma quelques peu, ainsi que les battements de mon cœur et je pris enfin la parole.

 

- « Je… Que ce passe-t-il ? »

 

- « Je… » Elle s’arrêta tout en jetant un regard autour d’elle, je l’as vis avaler sa salive difficilement.

 

Moi, je gardais mes yeux fixés sur elle, je ne voulais pas voir tout ce qui se trouvait aux alentours de cette cafétéria.

 

- « Viens, nous devons sortir d’ici. » Avait-elle dit en m’aidant à me relever.

 

À ce moment-à, le sifflement de l’alerte se stoppa, mais Shizune n’y fit pas attention et continua sa route, son bras autour de mes épaules comme pour me maintenir. Me maintenir comme Ino l’avait fait avant elle, pour m’aider, pour me sauver et moi, je n’avais pas été capable de réagir. J’étais resté planté-là, sans rien pouvoir faire et par ma faute Ino et Karin étaient mortes.

 

Je senti soudainement mes larmes descendre le long de mon visage à une allure folle, elle ne s’arrêtait plus de couler, mes yeux restaient grands ouverts et mon corps fût envahis de sombre sauts. La femme brune me colla contre la paroi d’un mur et me fixa d’un regard inquiet. Elle sortit un mouchoir en tissus de l’une de ces poches et essuya mes mains toujours recouverts de ce liquide avant de s’attaquer à mon visage qui devait avoir encore les traces du sang de Karin. Une fois la chose faite, elle me serra contre elle, tentant de me réconforter.

 

Je venais juste de me rendre compte que deux de mes amies venaient de perdre la vie sous mes yeux et que j’avais été impuissante et belle et bien la seule à m’en sortir, mais pour combien de temps encore ? Je n’étais pas encore sorti de cet enfer.

 

J’eus soudainement la vision d’un visage m’apparaître doucement, un visage que j’aimais tant contempler, un visage d’une pâleur éblouissante, des traits dessinés parfaitement, des cheveux d’un noir sombre encadrant son visage et ces deux orbes noir corbeaux qui me faisait toujours plonger irrémédiablement dans les abysses de son cœur.

 

- « Sasuke ! »

 

Je repoussai instantanément Shizune qui me regardait interloquer.

 

- « Je dois retrouver Sasuke ! »

 

- « Sakura, calme-toi. Lorsque l’alerte a été donnée, le lycée a dû être évacué, il doit être à l’extérieur en sécurité. Nous allons sortir d’ici nous aussi d’accord ? »

 

- « Non, je dois le retrouver ! »

 

Sans réfléchir je la repoussais et me mise à courir en direction des salles de cours, j’entendis la brune m’appelez encore quelques instants, puis plus rien. Je me retrouvais seule encore une fois et pousser par une force étrange qui me dictait de retrouver Sasuke le plus vite possible, qu’il était en danger. C’était une sensation vraiment impressionnante et cela me faisait peur, je ne comprenais plus rien, seules mes jambes me portaient et me faisant aller tout droit dans la direction où devait se trouver le brun avant que tout commence.

 

Je traversais les couloirs vides, les uns après les autres sans rencontrer personne, le bâtiment avait dû être évacué, Shizune devait avoir raison, toutefois l’angoisse que j’avais ne me lâchait pas. Je me trouvais donc devant un ascenseur que j’appelais afin de me rendre dans la salle de cours où le brun devait se trouver. Le son indiquant l’ouverture des portes retentis et à peine elle commençait à s’ouvrir que je rentrais, mais je fus stopper en cours de route. Deux corps allonger à l’intérieur me paralysèrent, un bras retomba lourdement à l’extérieur du bloc et du sang, toujours ce sang. Je reconnus avec effroi l’un de mes professeurs, Anko et un élève que je ne connaissais que de vue, Choji. Un jeune rondouillard avec lequel je partageais certain cours. Je ne m’attardai pas devant cette vision d’horreur, quelque peu habitué à présent, non, on ne pouvait pas s’habituer à voir de telles horreurs. Je fis quelques pas en arrière, les portes voulurent se refermer, mais se bloquèrent sur le bras du professeur de mathématique, s’ouvrant à nouveau et retentant l’action sans y parvenir. Je fermais les yeux avec force avant de repartir en courant direction la cage d’escalier où je me mise à gravir les marches deux par deux. Sans attendre et sans être prudente, je poussais la porte pour arriver dans le long couloir, erreur.

 

Quelqu’un me bouscula et j’atterris durement sur le sol, fesse à terre. Relevant mes yeux je découvris ces hommes, les deux mêmes hommes qui étaient entrés dans la cafétéria un peu plus tôt et plusieurs élèvent qui courraient dans plusieurs directions, encore ces coups de feu et ces corps qui tombaient au sol. Je me retrouvais une nouvelle fois paralysé devant ce spectacle, impuissante. Encore ce garçon, il était de mon âge, je me souvenais maintenant, il fait partie de notre lycée lui aussi, je l’avais croisé plusieurs fois, mais jamais nous ne nous étions parlé.

 

Comme dans le réfectoire, il tourna son arme sur moi prêt à tirer malgré la dizaine de mètre qui nous séparait. Alors, je m’étais demandé si c’était à mon tour maintenant, la fin de mon existence ? Et si je n’avais pas la chance de revoir Sasuke une dernière fois ?

 

Un bras puissant me releva à une vitesse folle et me traîna en arrière avant d’entrée dans une salle de classe, mais j’étais presque certain que le coup de feu était parti, alors pourquoi n’était-je pas toucher et qui était mon sauveur. Je le vis de dos lorsqu’il ferma à clés la porte et je fus soulagé lorsqu’il se retourna vers moi. J’avais tellement voulu revoir ces deux perles noirs avant que tout ça ne sois finis et mon vœux avait été exaucé.

 

- « Sasuke ! »

 

Je me relevais pour aller le prendre dans mes bras, mais je l’entendis gémir durement. Il glissa lentement le long de la porte, moi-même essayant de le soutenir du mieux que je le pouvais. Mes yeux trouvèrent immédiatement la cause de sa souffrance, du sang s’échappait de son épaule droite, la balle l’avait touché.

 

- « Oh non ! »

 

Comme un réflexe, je retirais sa veste noire délicatement pour avoir une meilleure vision de sa blessure, sa main se posa dessus essayant d’arrêter l’hémorragie. Je tournai mon regard sur lui, il me fixait, ces traits tendus dans une expression de douleur.

 

- « Sakura. »

 

- « Chut ! » Soufflai-je doucement.

 

J’apposai mes mains sur ces joues et colla mon front contre le siens, ces pupilles si insondable généralement reflétais de l’inquiétude. Je caressai tendrement sa peau si douce comme pour le rassurer et il approcha ces lèvres des miennes. Je joignis les miennes réclamant tout comme lui ce baiser et lorsqu’elles se détachèrent, il gémit une nouvelle fois de douleur.

 

Reportant mon attention sur sa plaie, j’agrippai mon tee-shirt pour le déchirer sur le bas et pouvoir faire un garrot. Il me laissa faire sans aucune hésitation et malgré la douleur qui le lancinait, je recouvris le trou d’où s’échappait le liquide rouge.

 

- « Je vais te sortir de là Sasuke, je te le promets. »

 

Il me fixait de ces perles noires sans me répondre, m’observant inlassablement, comme s’il savait que mes paroles n’étaient qu’un mensonge et qu’aucun de nous ne partirais d’ici vivant. Moi, je ne pouvais pas m’empêcher d’espérer, car l’espoir était la seule chose à présent en quoi je voulais croire.

 

- « Ne me regarde pas comme ça. » Murmurais-je.

 

-«  Pourquoi es-tu venue là ? Tu n’as pas entendu l’alerte, tu aurais dû évacuer le lycée. » Me gronda-t-il.

 

- « Je… Je ne pouvais pas te laisser là. »

 

J’avais baissé mes yeux au sol à cet instant-là, n’osant croiser son regard réprobateur.

 

- « Tu veux dire que tu savais qu’il y avait des tireurs ? »

 

Oui, bien sûr que j’étais au courant, le premier endroit où ils avaient frappés était le réfectoire, l’endroit où je me trouvais avant même que l’alarme ait sonné. C’est là que j’avais vu Ino et Karin tomber par ma faute, par mon manque de réaction et je ne devais pas refaire cette erreur avec Sasuke. Je ne pouvais pas me permettre de le perdre lui aussi.

 

Je ne pus retenir mes larmes qui s’échappèrent abondamment de mes yeux en repensant à ce qu’il s’était passé un peu plus tôt, au rez-de-chaussée. À l’horrible boucherie qui avait eu lieu alors et aux corps que j’avais croisés ensuite en venant le chercher.

 

- «  Je… Ils ont commencé à la cafétéria. J’étais avec Ino et Karin… » Une boule se forma dans ma gorge, mes yeux toujours poser sur le sol. « Je les ait vu rentrer avec leurs armes et ils ont commencé à tirer… J’ai tout vu… »

 

Des tremblements me submergèrent et Sasuke entoura ma taille de son bras valide, m’accolant contre son torse si réconfortant, mais je devais terminer. Je devais tout lui dire.

 

- « Sasuke… » Gémis-je. « Je les ait vus tuer Ino et Karin, je n’ai pas pût les aider, c’est de ma faute ! C’est de ma faute si elles sont mortes ! »

 

Je senti sont étreinte se resserrer sur moi et il me murmura des mots doux aux creux de mon oreille pour me calmer. Ces paroles avaient toujours eu le don de m’apaiser et cela marchait encore aujourd’hui, en cette journée si tragique.

 

- « Ce n’est pas ta faute, calme-toi. »

 

- « Je… J’ai pensé à toi et… Je ne pouvais pas te laisser là. Je suis désolé Sasuke si tu m’en veux, je sais que c’est le cas, mais… Je ne voulais pas, je ne pouvais pas… »

 

- « Je comprends Sakura, calme-toi. »

 

Il embrassa ma joue délicatement avant d’atteindre mes lèvres et de m’embrasser doucement. Je me laissai aller à ce moment d’affection dans les bras du garçon que j’aimais, profitant de cet échange comme si c’était ce dernier, je ne le savais pas à cet instant, mais c’était effectivement le dernier.

 

La poignée se mise à bouger, nous coupant dans notre échange, faisant remonter mon angoisse qui avait disparu lorsqu’il avait agrippé mes lèvres. Je voulus parler, mais Sasuke bloqua le son de ma voix en posant sa main sur ma bouche.

 

- « La porte est fermée Suigetsu, continuons. »

 

- « Tu rêves ou quoi ? Il y a des gens là-dedans, je le sais. »

 

- « Nous allons perdre du temps. »

 

- « Cette fille, je l’ai vu dans la cafétéria, la fille aux cheveux roses. »

 

- « Sakura Haruno ? »

 

- « Ouai, je pensais l’avoir buté avec la blonde déluré, mais elle s’est pointée là. J’ai vu l’Uchiha l’emmener dans cette pièce. »

 

- « Ah, Uchiha et du coup tu ne vas pas lâcher l’affaire. » Conclus l’autre garçon.

 

- « Tu rêves, il fait partie des personnes que je rêvais de descendre. »

 

Nous les entendions discuter de l’autre côté de la porte, nos deux regards enfoncer l’un dans l’autre.

 

- « Bon alors, grouille. »

 

- « Toujours aussi peu patient Juugo. »

 

Il rigola d’un rire qui me fit froid dans le dos. Ils allaient essayer de rentrer, vraiment ? Je relevai mon regard sur le haut de la porte, voyant leur ombre à travers la vitre flouer, l’un disparut et je réussis à voir l’autre relever son bras, révolver en main.

 

- « Sasuke ! » Criais-je en retirant sa main.

 

Rapidement, nous bougeâmes de là, reculant plus loin dans la salle et le coup de feu retentis, explosant la serrure. Malgré sa blessure, Sasuke se positionna devant moi afin de me protéger alors que sa plaie lui faisait encore horriblement mal.

 

Doucement, la porte s’ouvrit laissant apparaître le canon de l’arme dans un premier temps, puis le visage de ce garçon aux cheveux bleus qui posa instantanément son regard sur nous. Il avait un sourire accroché aux lèvres et un regard démoniaque, oui c’était tout à fait le mot.

 

- « Je vous tiens. »

 

L’autre garçon resta derrière lui, impassible devant la scène qui se profilait sous ses yeux.

 

Mon cœur s’était remis à battre avec force, mes pupilles les fixaient d’un regard choquer et désespérer. Alors, c’était comme ça que tout allait se terminer ? Nous allions mourir ici, tous les deux sans avoir une chance de nous en sortir ?

 

Il braqua son arme dans notre direction, le temps parût soudainement défiler lentement, comme dans le réfectoire. Je le voyais prêt à tirer sur Sasuke qui me cachait de leur arme, ma main dans la sienne qu’il serrait fort. 

 

Je ne voulais pas, non, je ne voulais pas que Sasuke meurt à son tour pour me protéger et je ne les laisserais pas faire, autant que ce soit moi qui perde la vie, je m’en fichais tant que le garçon dont j’avais toujours été amoureuse vivait.

 

Tout ce passa très vite, le coup retentis, je poussais le brun en arrière qui ne pût riposter à cause de sa blessure et me prit à sa place la balle qui rencontra mon abdomen. Je m’écroulais au sol, mes forces m’ayant soudainement abandonné.

 

Qu’elle étrange sensation s’était, j’avais eu l’impression que de la glace m’avait transpercé tellement le froid m’avait soudainement envahis. Ma vision s’était flouée sur nos deux assaillants qui toujours au ralentis, braquèrent Sasuke.

 

Je voulus les supplier d’arrêter, mais aucun son ne sortis de ma bouche. Bizarrement, je les vis tour à tour s’écrouler sur le sol et découvrit plusieurs hommes vêtis de noire les désarmer. Malgré ma transe, je réussis à lire G.I.G.N, puis plus rien. Mes yeux s’étaient fermée, la sensation de froid envahissant soudainement tout mon être. Je senti quelqu’un me toucher, me relevant quelque peu du sol et me serrer dans ces bras, j’entendis quelques son légèrement inaudible, mais réussit à reconnaître la timbre de voix de Sasuke qui criais inlassablement mon prénom. Puis plus rien, le vide le plus complet, comme si tout à coup j’avais été coupé de ce monde.

 

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Cela devait être un jour parmi tant d’autre, mais ce vingt-deux novembres fut le dernier jour de ma vie. De ma vie, de la vie de tant d’autres personnes et nous n’avons rien vu venir. Pourquoi seulement aurait-on dû voir quelque chose ? Après tout, c’était un jour parmi tant d’autre…

 

Oui, un jour parmi tant d’autre, mais le dernier jour de ma vie. Quarante et uns jeune lycéen ont perdus la vie ce jour-là dont cinq adultes enseignant et les deux meurtriers qui furent abattu pas les membres de l’intervention spéciale. Personne n’avait jamais réellement su la raison qui les avait poussés à faire ça et personne ne le saurait jamais avec exactitude. Le drame de cette tuerie avait causé un véritable émoi dans la région et dans le monde entier, nous rappelant à tous que la vie ne tiens qu’à un fil. Ce drame restera graver à jamais dans les cœurs de tous les survivants, de Sasuke Uchiha qui avait perdu ce jour-là, la seule jeune fille qui avait su prendre son cœur désormais meurtris. Une blessure qui resterait graver en lui à jamais.

 

J’étais heureuse tout de même, heureuse qu’il ait pût vivre, heureuse qu’il puisse encore profiter de la vie aussi tragique soit-elle. Et même si je n’étais plus à ces côtés aujourd’hui, je ne cesserais jamais de veiller sur lui, car mon amour pour lui sera toujours aussi fort et que jamais rien, même pas la mort, ne pourrais me séparer de lui.

 

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