Chapitre 11

par Storine

Adossé contre le mur faisant face à la porte de la salle de bain, Naruto soupire bruyamment. Cela fait à peine deux minutes qu'Hinata s'est enfermée, mais il trouve le temps terriblement long.

- Hina-chaaaaaaaaan, allez, ouvre cette porte !

Cela fait également deux minutes qu'elle ne lui adresse plus la parole.
Il peut comprendre (avec les imbécilités qu'il lui avait dites), mais le blondinet commence sérieusement à s'inquiéter lorsqu'une odeur lui accroche les narines. Relevant le nez, il hume l'étrange senteur provenant de la salle de bain.
On dirait...

« Du... chloroforme ?! »

Aussitôt, il se relève d'un bond sur ses pieds et retourne tambouriner contre la porte.

- HINATA ! TASSE-TOI, J'OUVRE LA PORTE DE FORCE !

Il attend deux ou trois secondes, puis enfonce d'un solide coup de pied la porte.
Il s'y attendait, mais lance un juron; aucune trace de la jeune Hyuuga. Naruto s'avance dans la pièce et ramasse un chiffon tombé au sol. Il grogne. L'Uzumaki avait bel et bien raison : il s'agit de chloroforme.
Avant de céder à la panique, Naruto ferme les yeux et se concentre. Il classe les odeurs qu'il connait dans un coin de son esprit et oriente sa pensée vers celles en rapport avec Hinata et avec...

« DEIDARA ! »

Ça y est.
L'Akatsuki a réussi à enlever une des filles.
Et pas n'importe laquelle...

- Hinata... souffle Naruto, atterré.

Il veut suivre la trace de ce connard de Deidara, mais ce serait du suicide. Attaquer dix puissants vampires n'est pas une très bonne idée. Et, il le sait (seule consolation), ces salauds ne feront RIEN à Hinata tant que les quatre autres ne seraient pas elles aussi capturées.


* * *


Je ne peux tout simplement plus bouger. Je sens les bouts des doigts glacés de Neji contre mes lèvres, plus légers que des ailes de papillon. J'en frissonne même.
Sa main glisse le long de mon visage, puis contre mon cou. Je ferme les yeux.
Oui, je dois bien l'avouer, j'ai un peu peur de lui. J'ai peur... parce que je sais très bien que s'il était fatigué de m'avoir dans ses pattes ou qu'il ne pouvait plus se contrôler à cause de mon odeur, il se jetterait sur moi, planterait ses crocs affutés dans ma gorge et croquerait – mordrait jusqu'à atteindre mon délicieux sang et s'en abreuver sans perdre de temps et sans en gaspiller une seule goutte.
Et j'ai peur, car je sais que je ne pourrais absolument rien contre lui. Si je le voulais, je pourrais me défendre; je mourrais sûrement, mais j'aurais au moins eu le mérite de m'être battue jusqu'à la fin. Mais je ne le veux pas; j'ai bel et bien peur de mourir à cause d'un vampire, mais si Neji en voulait à ma vie, je le laisserais faire sans aucun problème.
C'est pour cela que je ressens une légère crainte.
Il ne me regarde pas; il détaille et observe sous tous les angles ma gorge, laissant glisser ses doigts contre ma peau.
Neji approche subitement son visage du mien et relève tranquillement mon menton. Je tremble.
D'une main, il m'attrape à la taille, m'attirant contre lui. Il appuie l'autre contre mon épaule et colle son nez tout aussi glacial que ses doigts contre mon cou. Je n'ose même pas bouger, ni respirer.

- Mmm..., soupire-t-il.

Je sens son souffle caresser ma peau. Je ferme moi aussi les yeux.
Il ne me fera pas de mal. Je le sais.

- Tu sais que... te mordre serait pour moi un jeu d'enfant, non ?

Bien sûr que si. Plus facile encore qu'écraser une mouche.
Je sens les lèvres de Neji se plaquer doucement sur ma gorge. Elles s'entrouvrent. Il laisse sortir ses crocs et les appuie, sans presser.
J'ai recommencé à respirer, mais je m'arrête de nouveau. C'est plus fort que moi.
Il se recule doucement pour mieux réapposer son nez.

- As-tu simplement idée du contrôle dont je dois faire preuve, Ten ? J'en bouillonne intérieurement.

Oh que si ! Je le sens trembler...

Il se dégage, caresse mon visage d'une main, puis me relâche.

- Tenten, les membres de l'Akatsuki risquent sûrement de pointer le bout de leur nez d'ici peu de temps... il y aurait un moyen de les empêcher de vous faire du mal. Un moyen très simple.

J'espère que ce n'est pas ce à quoi je pense...
Sérieusement ! Réfléchissons ! Si c'est le sang de VIERGES dont ils ont besoin, il ne va tout de même pas me dire de...

- Nous ne vous en avons pas parlé encore... mais ton sang et celui de nos amies peuvent non seulement donner d'importants pouvoirs aux vampires, mais ils leur permettent également de... redevenir mortels.

J'écarquille les yeux.

- Vrai... vraiment ?

- Oh, ne t'inquiète pas, contrairement à ce que l'Akatsuki veut faire, cette action ne demande pas tout ton sang.

- Mais... en quoi est-ce que ça empêcherait l'Akatsuki de s'en prendre à nous ?

Il sourit.

- En rien. C'est pour ça que je te demande, ma jolie dame du Paradis...

Il marque une pause et saisit ma main, dévoilant les veines de mon poignet, humant l'odeur de ma peau et de mon sang.

- Si tu souhaites, pour l'éternité, rester à mes côtés... en devenant à ton tour un vampire.

Là, je dois avouer que je m'attendais à TOUT, absolument TOUT sauf à ça.
Neji n'attend pas de réponse; il embrasse mon poignet, laisse apparaître ses canines et...

- HEY ! NEJI ! ON A UN SÉRIEUX PROBLÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈME !

Je sursaute. Neji referme sa bouche en fronçant les sourcils, un sourire agacé peint sur le visage.

- Naruto, soufflons-nous à l'unisson.

Pour une fois, je suis soulagée de le voir apparaître.
Cependant, dès que le blondinet apparaît dans notre champ de vision, nous savons pertinemment que quelque chose ne va pas.


* * *


Couchée sur son lit, la tête tournée en direction de l'homme qu'elle aime, Ino le regarde, encore et toujours, la dessiner, elle, de l'amour plein les yeux. Sai, aussi concentré qu'à l'habitude, laisse glisser son crayon contre la feuille de papier.

- Pourquoi tu ne te dessines jamais, Sai ?

La question le prend au dépourvu. Il s'arrête, arque son sourcil et hausse les épaules.

- Pourquoi me dessinerais-je ? Je n'ai rien d'intéressant. Je ne vois pas le besoin, l'utilité que j'aurais à me dessiner.

- Oh... mais... pourquoi tu me dessines, moi ?

Il soupire, puis se penche dans sa direction, un sourire sincère étirant ses lèvres aussi claires que le reste de sa peau.

- Mais voyons, Ino... je te dessine sans cesse car tu es si vivante, si jolie... tu es le modèle rêvé. Tenter de capturer toute ta bonne humeur, toute ta personnalité si charmante est un défi pour moi. Défi que je n'ai pas encore réussi à surmonter. Et... aussi parce que...

Il se penche doucement vers elle, tendant son visage sur le côté.

« Ça y est, il va m'embrasser... »

Elle ferme les yeux et s'attend à sentir une douce pression sur ses lèvres lorsqu'e la sonnerie stridente de son cellulaire la fait sursauter. Ouvrant les yeux, elle s'aperçoit avec stupeur que Sai n'approchait pas ses lèvres des siennes, mais bien ses crocs de sa gorge. Tout aussi surpris qu'elle, il lui jette un regard interrogateur.
Pour seule réponse, elle murmure, tout en détournant son regard :

- Désolée... ça doit être Saku.

S'éloignant, elle attrape son téléphone et tourne le dos à Sai.

- Allô ?

- Ino ?

Avant de répondre, elle inspire profondément, de façon à calmer le tremblement (de rage ou peut-être de déception) qui change sa voix.

- Ouais, c'est bien moi. Qu'est-ce qui se passe, Tema ?

- On a un TRÈS gros problème. Un TRÈS TRÈS gros problème.

La blonde platine fronce ses sourcils clairs.

- De quoi tu parles ?!

- Ils viennent d'enlever Hinata.


* * *


Nous nous sommes tous retrouvés chez Tema et moi. L'appartement a beau être petit, nous arrivons à nous entasser dans l'espace restreint.

- Ils sont plus rapides que nous ne l'avions prévu... soupire Sasuke.

- C'est tout ce que tu trouves à dire, crétin ?! Ils ont enlevé Hinata, connard ! S'affole Naruto.

- Me traite pas de crétin et de connard, triple imbécile !

- Je dis c'que je veux, Sasukon !

- Et moi je fais c'que je veux, Narutotooooooooooo !

Il lui assène un violent coup de poing directement sur le nez. Le blond se calme un peu.

- Aouch...

- Maintenant, on se calme et on tente de rester MATURE, râle Neji. Naruto, ne t'inquiète pas. Ils ne feront rien à ma cousine tant que les quatre autres ne seront pas elles aussi capturées par l'Akatsuki. Maintenant, nous devons agir vite. Il est probable que les vampires de cette organisation tentent de vous enlever dans les prochains jours. Nous n'avons pas beaucoup de temps; nous devons foncer. Dès demain, nous attaquerons l'Akatsuki.

HAHAHAHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
Neji est tellement tordant ! Il devrait devenir, je ne sais pas... humoriste, non ?
Ha... c'était pas de l'humour...
Je m'en doutais.

- T'es complètement débile, continue Sasuke.

- Galèèèèèèère ! Râle Shika, qui, pour une fois, ne se fait pas tabasser par Temari.

- Je ne suis pas débile, Sasuke. Je suis très sérieux. Le temps presse. Nous allons passer les prochaines heures à entraîner les filles.

- Huh ?

C'est la seule chose que parvient à dire Tema.

- Tu veux dire que...

- Oui. Nous irons tous ensemble délivrer Hinata et détruire l'Akatsuki. Demain. Dans moins de 24 heures. Avec vous, mesdemoiselles.


* * *


Les genoux appuyés contre sa poitrine, Hinata laisse dodeliner sa tête de gauche à droite, adossée contre un mur froid. Elle n'a pas peur. Elle sait ce qui se passe : on vient de l'enlever.
Et alors ?
Ils sont exactement une dizaine dehors, dix vampires n'attendant qu'une simple chose : la vider de son sang. Mais elle l'a compris : ils ne lui feront rien tant que ses amies ne seront pas là.
Oh, elle pourrait sans aucun effort s'enfuir de cette cellule improvisée, mais elle ne pourrait jamais mettre KO dix vampires d'un seul coup. Trois, quatre ou même cinq, peut-être, mais dix...
Elle leur fait donc croire qu'elle est inoffensive pour ne pas qu'ils l'attachent ou l'attaquent. Ainsi, en ayant l'air d'une petite créature sans défense, elle pourra plus facilement les berner et ils n'auront pas peur de parler de n'importe quoi devant elle...
Elle n'a plus qu'à attendre...


Hey salut tout le monde !
Tout d'abord... mille excuses ! Je sais, ça m'a pris un temps fou avant de publier un nouveau chapitre... c'est que ces dernières semaines ont été bien remplies d'examens... étude par-dessus étude... complètement génial. J'en suis ravie.
Je tenais tout particulièrement à vous remercier pour tous vos commentaires sur le dernier chapitre. Ça m'a vraiment touchée que mon message ait eu son effet, et tous les messages que vous m'écrivez sont très très trèèèèèèès attendus à chaque fois. Je suis toute heureuse de constater que j'ai un nouveau commentaire ! C'est génial ! Mille mercis !
Je vous promets de tenter d'écrire le prochain chapitre plus rapidement... je vais tenter d'en faire au MINIMUM un par semaine dès maintenant. Promis.

Sur une autre note... que pensez-vous du développement ? Qu'est-ce que Tenten pense de la « proposition » de Neji ? Comment ces deux-là évolueront-ils ?
Et le couple Sai X Ino ? Pourquoi cet imbécile est allé tout gâcher ? (Moi je les sais, mais pas vous... HAHAHA que je suis hilarante *tousse*)
Le groupe va-t-il réellement aller sauver Hinata dans 24 heures ? Comment arriveront-ils à terrasser une dizaine de vampires totalement psychopathes (comptant un travesti, un marionnettiste complètement fou, un imbécile heureux, un sadomasochiste, une blonde-en-devenir-de-ce-même-sadomasochiste-complètement-amorphe (la blonde qui n'est pas blonde est l'être amorphe, pas le sadomasochiste, car celui-ci ne peut être stoïque à l'infini devant la douleur ou ne peut pas ne pas exprimer de joie devant la torture qu'il inflige !), un homme très pieux (c'est beau la prière dans la religion), un être avare-qui-est-le-troisième-cousin-par-seconde-alliance-du-fils-de-la-belle-mère-du-boulanger-du-village, Séraphin (un homme et son péché), un être humanoïde anthropophage au dédoublement de personnalité, un croisement étonnant entre un homme, un poisson et un pot de gel pour cheveux (ils ne tiennent pas en l'air naturellement, croyez-moi ! C'est génétiquement impossible, sauf si ces gènes ont été croisés avec ceux d'un produit coiffant étonnamment miraculeux) et un pauvre schizophrène complètement narcissique) ? (Devinez qui est qui et vous gagnez un voyage d'une valeur de cinq cent dollars dans un chalet perdu dans la forêt de St-Constin-Des-Mieux-Mieux, au sud de Zoufland. Un véritable paradis sur terre rempli d'ours en tout genre.)

Sur une toute autre note, j'ai vu une pièce de théâtre avec l'école totalement éclatée qui résume très bien mon monde de pensées. J'ai cru que la pièce sortait directement de ma tête. « La cantatrice chauve » écrite par Ionesco, ça vous dit quelque chose ? Ma foi, ce dramaturge était un GÉNIIIIIIIIE !

Gros bisous tout le monde et UN MERCI particulier à tous mes lecteurs et à ceux qui me commentent et un ÉNOOOOOOORME merci à ma béta-lectrice, emimix3 !

Storine -xox-