Chapitre 2

par Storine

Je pousse la porte de la librairie et fait teinter la clochette. Kurenai ne tarde pas à venir me saluer.

- Ah, Tenten ! Toujours en avance à ce que je vois !

- Bonjour Kurenai. Alors, le bébé va bien ?

Ma patronne esquisse un sourire et pose une main sur son ventre rebondi.

- Oui, il va très bien... tiens, regarde, il bouge ! Il te dit bonjour !

Je m'approche doucement et me penche vers la bedaine de la jeune femme. Elle est à combien de mois, déjà ? Elle doit sûrement arriver à terme...

- Salut, petit bonhomme. C'est Tenten, tu te souviens de moi ? La fille aux macarons qui va sûrement avoir le plaisir de te garder de temps à autre... j'ai hâte de voir le petit bout d'chou que tu es, mon grand !

Kurenai éclate de rire et je me redresse.

- Tu sais, commence-t-elle, je ne crois pas que tu auras beaucoup à le garder, enfin, pas avant un bon moment... je prendrai une bonne année de congé et Asume sera là pour m'aider.

- Ouais, mais si jamais t'as besoin de sortir, de faire une pause, d'aller voir un film en amoureux... tu m'appeleras, je serai toujours prête pour le petit homme.

- Merci, Ten.

Je lui fais un clin d'oeil complice et me dirige vers l'arrière-boutique afin de ranger notre nouveau stock de marchandises. Et une nouvelle journée de travail, ça s'annonce plutôt... instructif et amusant.


* * *


Alors que je range un des nombreux ouvrages traitant du domaine du paranormal, j'en fais tomber un par accident. Tout en soufflant sur une des nombreuses mèches rebelles qui me tombe devant les yeux - il faudrait que je passe un petit coup de ciseau dans ma frange aussi - je me penche et le ramasse.

"Les vampires - plus qu'un mythe, par H.H."

Haha, les vampires. Mes monstres préférés.
H.H... ça m'intrigue, vraiment... ah, et puis zut, je le prends, voilà ! Avec mes rabais sur les livres, il ne me coûtera pas trop cher ! Et en plus, ma journée de travail vient de se terminer !
Je me dirige donc hâtivement vers la caisse et scanne le livre, puis entre l'argent dans la caisse. Je salue une dernière fois Kurenai et m'apprête à sortir lorsqu'elle me lance :

- Dis, Ten, tu préfères pas que je te ramène ? Je termine dans une heure, si tu peux attendre... avec ce qui rode ces temps-ci...

Ah, les fameux tueurs...

- Non, tout va bien Kurenai, merci, Temari doit passer me prendre, elle doit même être déjà là. Mais pour toi...

- Asuma vient me prendre, tout va bien !

- D'accord ! Bisous Kurenai ! Et bisous à toi, petit homme !

Je sors et laisse le vent me balayer le visage. Aaaaaaah ça fait du bien ! J'aperçois de l'autre côté de la rue ma meilleure amie qui me fait de grands signes et qui entre dans sa voiture. Je me dépêche de la rejoindre.

- Bouh Tema !

- Ah, Tenten, ça doit faire quinze minutes que je t'attends bon sang ! J'ai la chienne, moi, de rester seule comme ça ! Il fait presque noir !

Je soupire.

- Oh, allez, les meurtres ont tous lieu entre vingt-deux heures et minuit. Il n'est que six heures trente, tout va bien.

- Ouais... dis, si on allait manger au resto ? propose-t-elle tout en démarrant.

Je croise les bras contre ma poitrine.

- Ne me dis pas que t'as encore...

- Oui, j'ai fait crâmer le souper, d'accord ? Je suis nulle en cuisine. T'inquiète, c'est moi qui paie, d'accord ? De quoi t'as envie ?

Je me cale dans le siège.

- De... sushis !

- OK ! Ça tombe bien, c'est ce que j'ai essayé de faire et...

Je fronce les sourcils.

- Dis-moi comment t'as réussi à crâmer des sushis, Tem...

- Tu veux pas vraiment le savoir, Ten...

Nous éclatons de rire. Pour être nulle en cuisine, Temari est vraiment NULLE ! Je n'ai jamais vu ça ! On dirait qu'elle livre une bataille incessante contre la bouffe !

Nous nous arrêtons devant le restaurant (enfin, c'est Temari qui conduit) et nous descendons. Je prends bien soin de laisser le livre dans la voiture, caché dans son sac. Pas question que Tem me prenne pour une mongole...


* * *


Nous voilà de retour à la maison, bien plus tard que prévu (en fait, il est presque vingt-deux heures, il y avait beaucoup de monde et le service était plus lent qu'un escargot...). Mon sac sous le bras, je déverrouille la porte et m'apprête à entrer, suivie de Temari, lorsqu'une voix s'élève :

- He-heyyyyyyy ! Temariiiiiiiiiiiiiiii !

Nous nous retournons en même temps. Un homme s'approche de nous, une bouteille d'alcool en main, titubant pour garder son équilibre. Même de loin, je le reconnais : c'est le père de mon amie.

- QU'EST-CE QUE TU VEUX ?!

Il ne répond pas tout de suite et réussit, on ne sait trop comment, à gravir l'escalier sans se péter la tronche. Puis, devant nous, il essuie le filet de morve qui lui coule du nez (ouach !) et nous lance en plein visage de son haleine fétide :

- J'ai... j'ai besoin d'argent, Tema...

Mon amie croise les bras.

- T'es pas venu m'en demander depuis un bout de temps, pourtant...

- C'est que... hips! Kankuro m'en donnait mais... hips! il a foutu le camp avec... hips! Gaara...

- Tu l'as cherché, grince mon amie. Bon allez, entre. Mais c'est la dernière fois, compris ?

- Merci Tema... hips! Temari.

Nous entrons et je préfère les laisser seuls. Je n'aime pas trop me trouver en compagnie de son père, il me fout les jetons. Néanmoins, j'entends tout de la cuisine, mon amie et son géniteur se trouvant dans le salon.

- Tu sais que... hips! tu ressembles de plus en... hips! de plus en plus à ta mère, Tema ?

- Oh, ta gueule. Je t'interdis de parler de ma mère comme ça.

Je l'entends ricaner.

- Tu penses encore que j'ai tué ta mère, Tema ? Écoute-moi bien... hips! et retiens ça : j'ai été... hips! innocenté !

Le poing de mon amie s'abat dans le mur.

- Je m'en tape, connard ! T'es rien qu'en sale enfoiré ! T'as tué ma mère, je le sais, je t'ai vu ! Maintenant, prends ton putain de fric et va-t'en ! Je veux plus JAMAIS te revoir, tu m'entends ? JAMAIS !

Silence.

- Écoute-moi bien sale petite... hips! emmerdeuse : tu me dois tout, compris ?

- Ta gueule ! Tu m'as foutue à la porte quand j'avais quinze ans ! Tu t'es toujours foutu de moi parce que, à tes yeux, je suis une honte ! Je suis une fille et tu n'as jamais pu l'accepter ! T'es qu'un sale con macho sexiste d'enfoiré de mon cul ! Va-t'en !

J'en ai assez. Faudrait peut-être que je songe à calmer Tema avant que ça dégénère...
J'entre donc dans le salon et prends la main de mon amie entre mes doigts.

- Euh, monsieur no Sabaku... il vaudrait peut-être bien que vous partiez, qu'en pensez-vous ?

Il me fixe, incrédule, comme s'il me voyait pour la première fois alors que je connais Temari depuis qu'on est à la maternelle. Je le vois ensuite regarder sa fille, puis nos mains, puis sa fille de nouveau.

- J'le savais... hips! c'est pour ça que tu ramenais jamais... hips! de gars à la maison ! T'es qu'une putain de lesbienne !

La blonde écarquille les yeux.

- Je suis pas lesbienne gros connard ! Et même si je l'étais, qu'est-ce que ça pourrait te foutre, hein ? Et tu veux savoir pourquoi je ramenais jamais de garçons à la maison ? De un, la plupart des représentants de votre espèce de sont que des idiots et, de deux, je n'avais absolument aucune envie qu'ils te voient !

Ensuite, elle se tourne vers moi et me chuchote :

- Ça va pas être trop joli joli, Ten, je te conseille d'attendre que je règle cette histoire...

- T'es sûre que...

- Ouais.

Je lui souris et m'éloigne, retournant dans la cuisine. Les cris me font sursauter.

- T'es rien de plus qu'une pétasse, une sale garce comme ta mère !

- Je t'ai dit de pas parler de ma mère !

- C'était ma femme, cette pute, j'en parle comme je ve...

Et PAF. Tema a perdu les pédales et vient de gifler son géniteur (quoique, à sa place, je l'aurais tapé plus tôt) !

- TA GUEULE !

Je l'entends de nouveau rire. Ma parole, il est cinglé ce type !

- Rien de plus qu'une garce qui se fait sauter par une autre garce... j'vais te remettre les idées en place, moi !

J'entends des bruits étranges. Des bruits métalliques, comme... celui d'une ceinture ???

- Imbécile. Range ton truc avant que je te le foute où je pense !

Mais merde, il va pas vraiment...

- Tu vas voir, Tema, à quel point un homme c'est plus agréable qu'une putain de garce !

Gros bruit sourd. J'accoure et me fige.
Le père de ma meilleure amie vient de lui envoyer un coup de poing en pleine tronche, ce qui l'a fait tomber au sol. Et maintenant, il est sur elle et tente de lui arracher ses vêtements !
Ma parole, ce type est fou !

- Lâche-moi ! hurle Temari, affolée, tentant de le repousser comme elle le peut.

Fuck ! Je peux pas le laisser la violer, ce connard !
Je cours donc dans sa direction et, dos à lui, lui tire violemment les oreilles dans ma direction. Il hurle et tente de m'atteindre, sans résultat.
Je le force à se redresser et, lui faisant enfin face, lui décoche mon poing en plein sur le nez.

- Maintenant, tu décrisses ton camp ou ta quéquette, je te la coupe, compris ?

Et je finis en lui crachant sur les pieds. Tema se relève à son tour et pousse son père dehors en lui gueulant une panoplie d'insultes. Il déboule l'escalier et court, nous fuyant toutes les deux.
Je me tourne vers mon amie et ait un pincement au coeur. Elle se frotte la mâchoire, qui lui est encore douloureuse. Sa lèvre inférieure est fendue et elle est secouée de sanglots incontrôlables. Je l'attire contre moi.
Aucun mot n'est échangé, mais elle se calme petit à petit et finit par se retirer d'elle-même en me remerciant silencieusement.

- T'inquiète, Tema, tout ira mieux... il ne reviendra plus, je te le promets. Tu veux que j'appelle la police ?

- Ah, non, ça va aller... dis, Ten, tu crois vraiment qu'on est en train de virer lesbiennes ? Je n'y avais jamais songé, mais...

- Tema, tu connais la réponse.

- C'est vrai. Pardon...

- Pas besoin de t'excuser. Allez, viens. T'es crevée. Je vais te faire couler un bon bain moussant, d'accord ?

- Merci Ten. Merci.

Elle s'installe devant la télévision en attendant. Moi, je m'occupe de son bain.
Non, aucune de nous cinq préfère les filles. Voilà seulement que nous avons fait un pacte, il y a six ans de cela, lorsque nos êtres chers nous ont quittées sans avertissement...
Le pacte de n'aimer que lorsqu'ils seraient revenus.


* * *


- Sale pétasse... elle a failli me péter le nez !

Le père des enfants no Sabaku déambule dans une ruelle sombre en pestant contre sa fille et son amie. Il ne remarque pas une ombre qui le suit depuis quelques instants déjà, ni l'éclat écarlate qui illumine ses yeux.
Soudain, la voix de la silhouette s'élève :

- Je t'ai dit de ne plus jamais l'approcher ou de lui faire du mal... tu as menti, connard ?

Le père se retourne et fixe le jeune homme qui lui fait face. Il a reconnu sa voix, même si ça fait six ans qu'il ne l'a pas entendue...

- Non, non je... ce n'est pas que...

- Tais-toi un peu, tu m'ennuies. Réponds à ma question sans mentir : as-tu tué ta femme et as-tu tenté de t'en prendre à ta fille ?

- Bien sûr que...

- NE MENS PAS ! hurle la voix.

Monsieur no Sabaku tombe par terre. TOut en pleurnichant, il avoue enfin :

- Oui, je l'ai tuée ! Oui, je voulais buter ma fille ! Et alors ? Foutez-moi la paix, pitié !

Le jeune homme esquisse un sourire, dévoilant de ce fait des dents d'un blanc surréel, et bien trop pointues également...

- NON ! PITIÉ !

Puis, sans plus de cérémonie, il se jette sur sa proie.

"Tu ne lui feras plus jamais de mal, maintenant..."





Salut tout le monde ! Eh oui, je me surpasse ! Et un nouveau chapitre, un !
Celui-là était un peu plus violent... et quelques éléments prennent tranquillement place...
À votre avis, qui est celui qui a mis fin à l'existence du père de Temari ? Les paris sont ouverts !

J'aimerais aussi avoir des commentaires... pour savoir si vous aimez ou non, ça serait très apprécié... merci à ceux qui ajoutent ma fic dans leurs favoris ou leurs suivies... allez, un petit commentaire de rien du tout serait très apprécié !
Bisous tout le monde !
Storine -xox-

En passant, je recherche toujours une béta-lectrice ! Merci à celles qui se proposeront ! Kiss !