Chapitre 1

par Storine

Je m'appelle Tenten Chén, je vis dans la ville paisible nommée Konoha depuis ma naissance, mais possède des origines chinoises. J'ai grandi dans une famille peu nombreuse, étant la seule enfant d'un couple qui ne s'était uni que par obligation et non par amour.
Amour...
Ce mot sonne étrangement à mes oreilles. Je n'en connais point la signification. Pas que je détestais mes parents; ils me laissaient tout simplement indifférente, voilà tout.
D'ailleurs, dès mon dix-huitième anniversaire, mes parents m'ont annoncé qu'ils désiraient refaire leur vie chacun de leur côté, ma mère repartant vivre en Chine chez sa soeur et mon père s'enfuyant presque avec sa maîtresse en Amérique.
Cliché, quoi.
Depuis donc cinq mois, j'ai quitté le "cocon familial" pour m'installer dans l'appartement de ma meilleure amie et colocataire, Temari no Sabaku.
Ah, Tema-chan ! J'aurais tant de choses à vous raconter sur elle ! Sa vie est digne d'un best-seller, voire de bien plus.
Elle n'est pas non plus originaire du coin, mais nous vient directement de Suna, un village toujours enseveli sous des montagnes de sable. À la mort de sa mère, son père, ses deux frères et elle ont déménagé en ville. Nous nous connaissons depuis si longtemps, maintenant, que nous savons tout l'une sur l'autre. Exactement tout.
Puis-je oser dire que je ne sais rien de l'amour en pensant à Tema-chan ou à une de mes autres fidèles amies ? Pas exactement, en effet. Je vais donc rectifier ce que je disais sur l'amour : je ne connais rien de l'amour... l'amour fou. Vous savez, le véritable amour ? Quand on se sent si bien avec une personne que, dès qu'elle se trouve trop longtemps (ou ne serait-ce qu'une seule seconde) loin d'elle, notre coeur a enfin de sortir de notre poitrine pour la retrouver ?
Bref, c'est l'image que je me fais de cet amour inconditionnel. Je suis peut-être trop fleur bleue; l'amour comme ça, ce n'est que pur fantaisie, comme on le décrit si bien dans les romans. Je finirai sois vieille fille, sois jeune mariée divorcée ou mère monoparentale. C'est sûr.
Je m'appelle Tenten Chén, j'habite en colocation avec ma meilleure amie Temari no Sabaku, et je forme avec elle et trois autres de mes bonnes amies la bande redoutable des Féministes renforcées.
Je m'appelle Tenten Chén et j'étudie au *cégep afin de devenir libraire et auteure.
Je m'appelle Tenten Chén et je déteste les hommes, eux qui ont su me faire souffrir depuis trop longtemps.
Je m'appelle Tenten Chén et...
J'ignore qui je suis réellement.


* * *


Nous sommes vendredi, il est sept heures trente et je me prépare tranquillement pour mes cours. Mon horaire de la journée n'étant vraiment pas chargé, il a été convenu avec ma patronne à ce que j'aille travailler dans l'après-midi à la librairie de la ville, située près du centre-commercial extrêmement populaire auprès des jeunes du coin.
Mon cours ne débute seulement qu'à dix heures, mais j'aime bien me lever plus tôt pour être sûre de n'avoir ABSOLUMENT rien oublié et pour aller flâner dans le parc, à deux ou trois rues du cégep.
Et, également, je me DOIS de me lever plus tôt... pour réveiller la marmotte anti-hommes qui me sert de coloc.
Justement, son cours à elle commence à neuf heures et elle m'a demandé de la réveiller plus tôt pour qu'elle puisse terminer (toujours à la dernière minute) un travail à remettre... depuis deux jours, je crois bien. Elle a heureusement obtenu un surcil de la part du prof. Chanceuse.
Bref, j'entre dans sa chambre et m'arrête un instant pour fixer le spectacle qui s'offre à mes yeux.
Ma grande Tema-chan, la terreur des garçons, celle qui a fini à l'hôpital l'année dernière après s'être bagarrée avec un grand macho qui voulait absolument sauter notre amie Sakura (et qui s'était montré un peu trop persistant à son goût) gisait dans une position assez inusité dans son lit, le visage collé dans un filet de bave qui s'échappait de sa bouche entrouverte. Et tout ceci, mesdames et messieurs, en ronflant, bien entendu.
J'esquisse un sourire et m'avance vers elle.

- Tema-chan...

La cible n'effectue aucun mouvement. Je répète : la cible n'effectue aucun mouvement. Je m'avance un peu plus.

- Temari...

Première sommation. Aucune réaction. Prochaine étape : sommation avec arme.
J'empoigne un coussin entre mes mains et le lance sur sa tête tout en hurlant :

- TEMARI !

Rien-du-tout de la part de mademoiselle-la-marmotte.
Dernière étape et la plus téméraire... Sans prévenir (en fait, ça fait quinze fois que je l'appelle mais bon...) je lui saute carrément dessus en commençant à lui chatouiller les côtes et crie à pleins poumons :

- TEMARI NO SABAKU ! GROUILLE TON CUL IL EST 10 HEURES !

Réaction instantanée : hocquetements (Ten-ten... arrê-te, t-tu me...), rires (HAHAHAHA ! STOP ! HIHIHIHIHHI !), puis, affolements :

- TENTEN ! POURQUOI TU M'AS PAS RÉVEILLÉE PLUS TÔT ?! JE VAIS ÊTRE EN RETARD BON DIEU DE...

Elle s'arrête elle-même dans son élan en voyant le sourire que j'affiche sur mon visage. Ma meilleure amie tord sa bouche en une moue qui se veut agacée, puis me lance :

- Allez, il est quelle heure encore ?

- 7 heures 40, ma vieille.

- Grr...

Elle se lève d'un bond en se secouant la tête.

- Tu me stresses le matin, c'est pas gentil du tout ça ! grogne-t-elle.

- Oh, arrête, c'est la seule façon pour que tu te lèves, la marmotte !

- D'accord, d'accord, j'ai compris !

Empoignant quelques vêtements au hasard, elle court prendre une douche pour se réveiller et resort de la salle de bain environ six minutes plus tard, ses cheveux déjà secs noués en quatre couettes rigolotes (et surtout blondes) sur sa tête, habillée d'un pantacourt blanc et d'un t-shirt bleu.

- Bon, souffle-t-elle, au boulot !

Je la suis et nous entrons dans la cuisine, où j'ai déjà préparé le petit-déjeuner pour nous deux. Tema-chan me lance un regard plein de reconnaissance et, tout en fourrant un muffin dans sa bouche, ouvre son ordinateur portable et imprime son devoir.

- Tema... tu m'avais pas dit que tu devais le terminer ?

Elle me fixe en se grattant la tête.

- Bhj'lvaidéjtermner...

- Euh... avale en premier, on verra ensuite...

La blonde acquiesce à ma demande et avale sa bouchée avant de répéter :

- Bah je l'avais déjà terminé.

- Mais...

- J'avais juste la flemme de l'imprimer, finit-elle par m'avouer en haussant les épaules.

Je soupire. Toujours la même...
J'attrape la télécommande (communément appelée zapette) et ouvre la télévision. Le gros titre me donne froid dans le dos.

"Cinq nouveaux meurtres ont été commis la nuit dernière, dans la ville de Konoha. Plus de détails dans quelques instants..."

Temari me vole la télécommade des mains et éteint la télévision. Je m'offusque :

- Hey !

- Oh, c'est toujours pareil ma grande. Ça doit faire trois semaines que ça dure, maintenant. Deux fois par semaines, cinq personnes sont retrouvées, vidées de leur sang dans le parc où tu aimes tant traîner. C'est dangereux, Ten, me murmure mon amie, les sourcils froncés.

Je balaie l'air de ma main.

- Je n'y vais qu'en plein jour, à ce parc, ma grande ! Les meurtres n'ont lieu que la nuit et, dois-je te rappeler que les victimes ont tous des antécédants criminels violents ? Ils ne sont pas choisis au hasard. T'inquiète pas.

- Mouais...

Je termine mon repas, imitée par Temari. Quelques instants plus tard, mon amie se sauve à la va-vite en m'embrassant sur une joue.

- On se voit tout à l'heure, Ten ! Je viendrai te voir à ton travail !

- OK Tem' !

Je la regarde partir et esquisse un sourire. J'envie parfois mon amie d'être si rayonnante et pleine de vie (et de ne pas avoir peur d'en coller une à qui que ce soit, d'ailleurs). Et d'ailleurs, elle est tellement jolie...

Je rallume la télévision, mais l'histoire de meurtre a été remplacée par la météo. J'hausse les épaules et fais la vaisselle, puis rassemble mes affaires et vais me coiffer. Comme d'habitude : deux chignons sur le dessus de ma tête. Voilà; simple et rapide, sans être emcombrant.

L'horloge indique neuf heures et quart. Satisfaite, j'attrape mon sac, verrouille la porte de l'appartement et pars.
Comme tous les jours, il me fait un petit dix minutes de marche pour arriver au parc. D'habitude, c'est là que je retrouve Hinata, qui suis les mêmes cours de japonais et de littérature que moi. Ma belle amie désire ardemment devenir prof de langues. Elle maîtrise parfaitement le japonais, le français, l'anglais, l'allemand, l'espagnol et l'italien et souhaite améliorer son chinois. Autant dire qu'elle a beaucoup de potentiel et toutes les chances de son côté.
J'entre sur le petit sentier abrité par de grands cerisiers en fleurs et prend une grande inspiration. Le printemps est enfin arrivé et, avec lui, les jours plus chauds... même si nous avons eu un hiver doux et très bref !
Je déambule un peu, observant tout autour de moi à la recherche d'une quelconque idée pour une histoire. C'est que j'adooooooore écrire. Si je n'avais pas peur de vivre misérablement, je serais écrivain à temps plein. J'ai toutefois choisi de travailler en librairie, entourée de livres. C'est amusant et ça me permettra d'approfondir mes connaissances.

- Tenten !

Je me retourne. Hinata arrive à grands pas vers moi et me lance un joli sourire de ses belles dents éclatantes.

- Salut Hina.

- T'as entendu ce qu'ils racontaient ce matin sur...

- Oui, je sais. Cinq nouveaux meurtres.

Mon amie frissonne.

- Ça te fout pas les jetons ? demande-t-elle.

- Bof... sérieusement, pas le moins du monde.

- Tu ne devineras jamais ce qui s'est passé à mon travail, l'autre jo...

Déjà, je n'écoute plus. Pas que je ne VEUX pas écouter, mais je ne PEUX plus. J'ai senti... une odeur familière. Un mélange de... ah, je ne peux pas le décrire, c'est trop unique. Une odeur que je n'ai pas sentie depuis...
Depuis six longues années.
Je tourne ma tête sur ma droite. L'espace d'une seconde, je crois déceler parmi les arbres une ombre masculine aux longs cheveux foncés et me perds dans ses yeux trop pâles pour être réels.
Je cligne des paupières. Déjà, l'ombre a disparu. Hinata me secoue par l'épaule.

- Hey, Ten ! Ça va ?

- Oh, euh... oui. Pardon Hina, tu disais ?

Elle regarde distraitement sa montre.

- Je disais que si nous ne nous grouillons pas le derrière, ma belle Ten, on va se faire applatir la porte au nez par la prof de japonais !

J'écarquille les yeux.

- Il est quelle heure au juste ?

- Dix heures moins sept, ma grande.

- OH MON DIEU !

J'en oublie momentanément ma vision et empoigne la main de la Hyuuga.

- ON EST DANS LA MERDE ! COURS HINA ! PLUS VITE !

Et, là, à quelque pars parmi les cerisiers, une grande ombre attrape au vol un pétale et le porte à son nez fin pour humer la délicate odeur. Puis, tout en laissant partir au vent ce petit morceau de velour, il sourit, puis repart.


* * *


Finalement, nous sommes toutes deux arrivées juste à temps pour notre cours. Essouflées, mais à l'heure.
Je termine ma journée à midi, mais décide de dîner à la cantine avec mes autres amies qui, elles, ne seront pas libérées avant la fin de la journée.
Je trouve rapidement Temari qui me fait de grand signe et vient m'asseoir à ses côtés.

- Alors, ton travail ?

- Bof. La prof n'a rien dit du tout. Par contre, j'ai eu quelques accrochages avec le prof d'info...

J'hoche la tête en signe d'affirmation. Néanmoins, elle préfère attendre pour me raconter son anecdote que nos trois autres amies soient arrivées.
Justement, Hina, Saku et Ino se font un chemin parmi la foule et viennent nous rejoindre.

- Ah, j'en ai maaaaaaaarre, râle Sakura, future médecin généraliste en se massant les tempes. Je suis juste jumelée à des crétins !

- Quoi encore ? Il s'est pas évanoui pendant votre dissection toujours ! demande Ino, prochaine designer la plus en vogue tout en croquant une carotte.

- Eh oui ! T'aurais dû entendre le bruit qu'à fait sa tête lorsqu'elle a heurté le sol ! BONG ! ricane la fleur de cerisier.

- Je comprends pas que des gens qui ont à ce point peur du sang ou de trucs du genre veuille faire médecine, râle la blonde platine.

- Que veux-tu que j'y fasse ?!

- Moi, lance évasiment Temari, j'ai fait fuir un nouveau prof.

Quatre paires d'yeux se tournent dans sa direction.

- Pas le prof d'informatique, toujours ? demande Hinata.

La blonde acquiesce en signe de victoire. Nous applaudissons toutes des mains.

- Comment t'as réussi ton coup ? veut absolument savoir Ino.

- Bah, très simple en fait... j'ai raté le dernier cours à cause de ma grippe, vous vous en souvenez ? Alors le prof m'a jumelé à l'autre crétin, là, le Yéti poilu, celui qui bave quand on dit "Sakura"...

- ROCK LEE ! lançons nous toutes en choeur, alors que la fleur de cerisier grimace et frissonne de dégoût.

- En plein ça ! Bon, en fait, je suis allée voir le prof et je lui ai dit que je pouvais très bien faire le même travail que les autres et que son attitude sexiste de macho du 19e siècle me tapait sur le système. Il m'a reproché mon manque et je cite : "d'ouverture d'esprit". Je lui ai dit que s'il voulait de l'ouverture d'esprit, le club échangistes se trouvaient à l'autre bout de la ville, pas au cégep, mais qu'il faudrait d'abord qu'il se trouve quelqu'un qui voudra bien de lui.

- Non ! s'amuse Hinata.

Nous lui faisons signe de se taire et reportons notre attention sur le récit de notre amie aux quatre couettes.

- Il a viré rouge tomate, le pauvre, je crois que j'ai touché une corde sensible... bref, il a tenté de se reprendre en disant que ce n'était pas de mes oignons et je me suis penchée vers lui parce qu'il chuchotait tout bas et que, franchement, ça me faisait chier de ne rien entendre. Et, ce qui devait arriver arriva...

- Il a plongé dans ton décolleté !

- Eh oui, Ten, mais t'as pas vu le pire... quand je me redressais pour lui foutre une bonne baffe, le super Yéti s'est reculé de sa chaise, m'a poussé et j'ai atteri directement sur le prof ! Et le salaud en a profité pour me tripoter une fesse ! J'ai crié au violeur, il m'a poussé et il... s'est juste enfui !

Nous éclatons toutes de rire en même temps, faisant de ce fait se retourner plusieurs autres personnes. Rien ne peut nous calmer : nous hurlons comme des hyènes et tapons la table des mains.
Il nous faut une bonne dizaine de minutes pour reprendre notre sérieux. Séchant nos larmes, nous félicitons la grande Temari pour s'être débarassée d'un nouveau représentant de la gente masculine et prions pour que son nouveau prof soit une fille.

- Désolée, les filles, je dois vous laisser, il faut que j'aille bosser ! À la prochaine !

Mes amies m'envoie un signe de la main et je repars, me massant le ventre qui est encore douloureux.




*Cégep : au Québec, après le secondaire qui se termine à 17 ans, si nous voulons aller à l'Université, il faut aller au cégep, qui dure deux ans.

Bonjour tout le monde ! Et non, je ne suis pas morte !
Alors ça va ?
Je repars sur de nouvelles bases pour cette fic ! Je ne peux pas vous promettre que je posterai à chaque jour, mais je ferai un effort pour que ça ne traine pas trop !
J'espère avoir de bons commentaires tout le monde ! Je vous embrasse !
P.S Je suis à la recherche d'une béta-lectrice ! Merci si ça vous intéresse, contactez-moi par MP !
Storine