Chapitre 3 : Une demande trop rapide

par comatose

Chapitre 3 : Une demande trop rapide

 

Sakura venait tout juste de finir sa journée. Elle entra dans sa chambre et ne prit même pas le temps de se changer. Elle passa simplement un châle blanc sur ses épaules pour ne pas avoir froid. Enfin, la véritable raison était sans doute que personne ne devait remarquer la marque que lui avait laissé le roi. Elle longea le couloir qui menait directement au jardin. Les domestiques n'étaient pas logés au même étage que les chevaliers ou les nobles de la cour. Elle était donc au sous sol, beaucoup moins luxueux.

 

Il faisait déjà nuit, le repas était fini depuis quelques minutes à présent. Heureusement pour elle, elle n'avait pas la charge de débarrassé. Savoir que les deux hommes étaient présents à la même table n'aurait fait que la rendre plus nerveuse. Il faisait plus froid qu'à l'habitude, une brise légère mais glaciale caressait son visage. Elle resserra un peu plus le châle sur sa poitrine. Elle se demanda quelle idée avait bien pu traverser l'esprit du souverain lorsqu'il avait fait faire ces tenues.

 

Elle vit au travers d'un carreau plutôt sale, qu'une bougie ou une lampe était déjà allumée. Sans en savoir la cause, les battements de son coeur s'accélérèrent. Elle prit sur elle et entra discrètement. Elle se tenait en face de lui. Il ne l'avait sans doute pas remarqué car il était toujours couché dans la paille et semblait totalement absorbé par sa lecture. En le voyant comme ça, elle ressentit de la tendresse, il semblait tellement innocent.

 

Elle sourit et se mit juste à ses côtés. Rapidement, il la remarqua. Il releva les yeux vers elle et lui sourit. Il s'assit pour être à sa hauteur et prit son visage d'une main avant de l'embrasser avec douceur sur la joue. Rapidement, Sakura fut trahie par la couleur de son visage. Elle baissa le regard pour éviter de croiser celui de l'homme qui semblait amusé par son comportement. Son regard finit par dévier sur le livre qu'il tenait en main.

 

- Que lisais-tu  ?

 

- "Comment prendre le coeur de la femme que l'on aime", lui répondit-il sur un ton charmeur.

 

Elle rigola, il avait toujours l'air si sérieux.

 

- On va dire que c'est pour tester le livre que je t'ai demandé de venir, continua t-il.

 

Elle reprit son sérieux, elle ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir.

 

- Tu aimes quelqu'un et tu voudrais faire des tests sur moi ?

 

- Tu es très douée au combat Sakura, mais pour ce qui est de la logique ou des relations humaines, tu est loin d'être forte.

 

Plus il avançait dans ses explications, moins la jeune femme arrivait à le suivre. Il vit l'incompréhension et la difficulté qu'elle éprouvait à comprendre, sans doute que personne ne lui avait déjà avoué ses sentiments. Il la trouvait de plus en plus intéressante. Elle se donnait des airs d'homme par moment et semblait plus proche d'une gamine à d'autres. Elle pouvait tout savoir faire comme ne rien comprendre. Elle était tendre et naïve par moment, rageuse et violente à d'autres. De toute sa vie passait au château, il n'avait jamais vu une femme contester les ordres du roi.

 

- C'est toi que j'aime Sakura.

 

- Moi ?

 

Il acquiesça d’un mouvement de tête. Effectivement, c'était la première fois que l'on lui faisait une déclaration aussi direct. C'est sûr qu'elle trouvait qu'il avait tout ce qu'il fallait pour plaire à une femme. Du charisme, du charme… Il était doux et attentionné, tout le contraire de son cousin arrogant, prétentieux et flegmatique. Et pourtant, elle était sûre de ressentir plus de désir pour le roi que pour son cousin. Il la dévisageait intensément, ce qui eut pour effet de la mettre mal à l'aise. Il prit une de ses mains, avec laquelle il entremêla ses doigts.

 

Elle se décida de nouveau à le regarder. Ses yeux lui faisait tellement penser à ceux du roi qu'elle ne pouvait plus s'empêcher de le fixer. Il mit son front contre le sien, rapprochant leur deux visages. Elle sentait son souffle contre sa joue, lui procurant la chaleur qui lui manquait.

 

- Sakura… J'aimerais que tu sois ma femme...

 

Elle se recula vivement, ce qui surpris grandement le brun qui n'avait pas l'habitude de ce genre de comportement.

 

- Sakura, ça va ?

 

Elle avait tellement était surprise qu'elle en avait eu peur. Pourquoi lui demandait t-il cela maintenant ? Ils se connaissaient depuis deux voir trois jours à peine, c'était impensable ! Elle avait remarqué que les gens au château étaient de loin plus entreprenant que les hommes au village, beaucoup plus discrets et qui se contentaient d'un simple regard de leur belle. Mais demander à quelqu'un de l'épouser au bout de trois jours était nettement exagéré pour la jeune femme.

 

Dans son élan, son châle s'était défait et se trouvait auprès du jeune homme, qui avait à présent les sourcils froncés. Elle n'avait jamais vu Sai en colère. Sa n'allait pas vraiment avec l'image qu'il donnait de lui. Elle en était presque choquée. Lui qui savait si bien garder le contrôle de lui même, qui ne perdait jamais son sans froid, comme le roi, venait en un regard de s'assombrir.

 

- Je vois, on dirait que le roi ne fait pas que te prendre pour sa domestique.

 

Il se laissa tomber une nouvelle fois sur le foin, un de ses bras posé sur l'une de ses jambes pliées. Il soupira, la colère était vite passée. Intérieurement, il reconnut à cet instant que son cousin était très fort. Maintenant qu'il y pensait, il est vrai qu'il avait beaucoup plus l'occasion de l'approcher. Ca n'allait pas être facile mais il savait qu'elle ne l'aimait pas, il suffirait donc qu'elle succombe à son charme. Le tout était de savoir comment…

 

C'était Sakura qui était à présent irritée. Comment pouvait-il se permettre de pareilles conclusions ?! Elle se leva, les traits de son visage étaient tirés par la colère.

 

- Comment peux-tu dire des choses pareille ?!

 

- Il suffit de voir ton cou, sourit-il.

 

La colère laissa place à la surprise elle posa vivement une de ses main à l'endroit où Sasuke avait laissé une marque. Son châle n'était plus là. Elle le vit dans la main libre du brun. Elle baissa une nouvelle fois le regard, honteuse cette fois ci. C'est vrai qu'elle n'avait rien fait pour l'en empêcher, et pourtant elle disait le détester. Mais qu'est ce qui n'allait pas ? Elle aurait dû l'en empêcher.

 

- C'est de ma faute ! Je ne l'en ai pas empêché.

 

- Je pense plutôt que c'est de la sienne. Il t'a fait domestique et non femme de plaisir à ce que je sache. Il ne devrait pas agir de cette manière. C'est un manque de respect. Tu es une jolie femme Sakura, vraiment très jolie, tu ne devrais pas laisser tout le monde te toucher comme ça. Même moi, tu devrais m'en empêcher. Mais même si tu faisais ça, je continuerais encore et encore parce que c'est la première fois que je ressens un sentiment pareil pour une femme. Je n'ai jamais su ce que voulait dire « aimer » mais maintenant que je le sais, je ne te laisserai pas partir. Je suppose que la réponse est non. Je ne vais pas t'embêter plus longtemps, passe une bonne nuit Sakura.

 

Il passa à côté d'elle, en lui redonnant le châle. Elle restait sur place. Ces mots, elle avait rêvé de les entendre un jour, et maintenant que c'était fait, elle se sentait coupable. Coupable de ne pas éprouver les mêmes sentiments que lui éprouvait à son égard. Elle remarqua le livre qui était au sol, il l'avait oublié. Elle le ramassa. Elle lut vaguement ce qui était écrit, étant donné qu'elle avait encore des lacunes dans ce domaine. Elle ne réussit à déchiffrer que deux mots "stratégie" et "attaque". De toute évidence, ce livre ne parlait en aucun cas d'amour. Elle sourit légèrement, puis sortit avant de rejoindre sa chambre pour un repos bien mérité.

 

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- Sasuke-Kun…

 

Un murmure langoureux. Trop langoureux pour ne pas être suspect…

 

- Sa… Sasuke-Kun…

 

Elle reconnut sa voix. C’était sa voix à elle qui semblait gémir ainsi, gémir son nom de cette façon si familière…

 

Tout était sombre, elle ne voyait rien. Elle n’entendait que des souffles saccadés et ses propres gémissements. Puis tout à coup, plus rien. Une lumière aveuglante l’éblouit alors qu’elle se retrouvait au beau milieu d’une pièce étrange mais luxueuse. Les lumières l’émerveillaient et tout semblait gigantesque dans ce salon à la grandeur incalculable.

 

- Sakura !!

 

Elle se retourna mais ne vit rien.

 

– SAKURA !!!

 

Pourtant quelqu’un l’appelait, elle en était sûre. C’est alors qu’au moment où elle allait se retourner une nouvelle fois, une main froide et dure vint s’abattre violement sur sa joue frêle, la faisant tomber à terre. Une nouvelle fois, le décor disparut entièrement.

 

Elle se retrouva soudainement dans une forêt. Les seules choses qui semblaient l’habiter étaient ces rires carnassiers et incessants. Elle était allongée sur une terre plus sèche que jamais et ressentait une douleur vive dans tout son corps. Elle pencha la tête pour s’apercevoir qu’elle était en sang.

 

Puis en tournant la tête, son regard croisa celui d’un enfant. Un enfant qui ressemblait étrangement aux Uchiwa du château.

 

- Qu’est ce que… Qu’est ce qui se… Passe ? Tenta t-elle d’articuler en direction du jeune garçon qui devait à peine être âgé de huit ans.

 

- Ne t’en fais pas. Ce n’est qu’un aperçu de ce qui t’attend, prévint-il d’un sourire si sadique qu’il en effrayait la pauvre rose.

 

Il semblait si calme et si indifférent à la situation. Il avait tout à fait les airs d’un Uchiwa. La posture, le regard, le comportement… Absolument tout.

 

La jeune fleur se sentit brusquement prise d’un malaise important. Sa tête vacilla vers l’avant, jusqu’à atterrir aux pieds de l’enfant. Une main était posée sur son estomac qui était devenu violement plus douloureux que le reste de son corps déjà bien endommagé.

 

Elle se mit à vomir du sang tandis que la douleur persistait et semblait se répandre sur le reste des membres de son corps blessé et endolori. Une fois qu’elle eut enfin fini, elle repéra quelque chose de bizarre au milieu de la marre rouge vif qu’elle venait de rejeter. Elle l’empoigna du bout des doigts et s’aperçut qu’il s’agissait d’un anneau. Une bague dont le charme avait été retiré par le liquide sanglant qui s’était répandu dessus.

 

- Ils t’ont abandonné, murmura le garçon d’une voix inquiétante.

 

Sakura suivit l’objet de ses convoitises et ses yeux tombèrent sur le collier que lui avait volé le souverain. Il était là, intact, pendant autour de son cou, et brillant de mille éclats sous les rayons du soleil qui propageait une chaleur insoutenable.

 

Effrayée, elle se mit à ramper dans la direction opposée à l’enfant.

 

- Et ils t’abandonneront tous, conclue t-il alors que son rire froid et glacial venait de rejoindre ceux des autres personnes que la fleur fanée ne pouvait voir.

 

Sa tentative de fuite prit fin au moment où une botte lourde et boueuse lui écrasa la main avec un plaisir malsain. Elle leva la tête mais ne vit qu’une silhouette floue et sombre. Sans dernier espoir de s’en sortir, elle s’écroula totalement sur le sol rugueux pour sombrer dans l’inconscience la plus totale.

 

 

Sakura se réveilla en sursaut. Trempée des pieds à la tête à cause de la sueur qui dégoulinait de sa nuque et de la peur qui lui déchirait les entrailles. Ce n’était don qu’une rêve… Un rêve qu’elle qualifierait plutôt de cauchemar monstrueux.

 

Ne trouvant plus le courage de se rendormir, elle alla dans la salle de bain commune à toutes les domestiques qui se trouvait à l'opposé même de sa chambre. Elle mit rapidement un châle sur les épaules, étant donné qu'elle n'était vêtue que d'une simple nuisette blanche à bretelles. Le couloir devant elle lui semblait interminable. Il était extrêmement sombre et elle n'avait rien prit pour s'éclairer. L'atmosphère était terriblement pesante, sans doute suite à son rêve. La peur s'empara immédiatement d'elle. Par réflexe, ou pour se sentir plus protégée, elle resserra son châle contre elle. Ses yeux vagabondaient au hasard, et son imagination était à son comble.

 

Le fait de ne pas voir clairement et de se retrouver plongée dans le noir ne faisait qu'augmenter la frayeur et l'inquiétude qu'elle ressentait. Elle finit par atteindre la porte de la salle de bain. Elle y pénétra, toujours plongée dans le noir. Seule une petite fenêtre laissait passer quelques rayons de lune qui se reflétaient contre le seul miroir de la pièce, miroir qui n’était plus vraiment en bon état.

 

En dessous de ce qui s'apparentait à un lavabo, une bassine remplit d'eau ondulant lentement. Les murs étaient gris et il faisait vraiment froid, se qui ne faisait qu'augmenter le côté lugubre de la pièce. Elle avança lentement et se regarda. Elle soupira en remarquant que son visage était intact. Elle prit de l'eau entre ses mains qu'elle passa contre son visage de façon à enlever les dernières gouttes de sueur. Sentir l'eau fraîche avait rendu son esprit plus clair, elle releva les yeux vers le miroir à demi-fissuré.

 

- Que voulais-tu me dire ? Murmura t-elle, sans doute à l'attention du petit garçon de son cauchemar.

 

Son coeur s'accéléra, ses mains devinrent moites, et ses yeux étaient écarquiller. Le souffle à présent coupé, elle vit à côté de son reflet celui du petit garçon, cette fois-ci en très mauvais état. La moitié de son visage était brûlé, l'autre pleine de cicatrises. Prise de panique, elle se retourna vivement, les mains contre le rebord de la bassine.

 

Elle ne vit rien. Son coeur reprenait un rythme régulier, et dès qu'elle put reprendre de contrôle de son corps, elle sortit de la pièce.

 

- Maudite imagination ! Pesta t-elle.

 

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Sakura n'avait pas réussi à retrouver le sommeil. Elle était extrêmement heureuse lorsqu'elle avait vu le soleil se lever. La jeune femme s'était habillé rapidement et voulait commencer le travail le plus vite possible, de façon à pouvoir faire le vide dans sa tête. Les images de la veille ne cessaient de la hanter sans qu'elle n'en connaissent la signification.

 

Elle montait les marches de l'escalier qui menait à la cuisine, la où elle commençait tous les matins. Elle devait apporter le déjeuner à plusieurs chevaliers. Elle pénétra dans la pièce où la plupart des domestiques commençaient déjà à s'activer. L'une d'elle s'approcha de sakura tout en posant un plateau entre ses mains. Cette même personne commençait déjà à partir, elle se retourna tout de même pour lui donner les instructions.

 

- Tu t'occupe du déjeuné du roi aujourd'hui, Karin a pris congé.

 

- Bien, répondit simplement Sakura.

 

Elle adorait voir toutes ces personnes en mouvement. Elle se sentait revivre, ça lui rappelait le marché lorsqu'elle y allait avec ses parents.

Elle longea donc le couloir qui la menait à la fameuse chambre du souverain.

 

Elle toqua. Aucune réponse. Elle recommença, cette fois-ci, elle entendit la voix encore légèrement endormie du roi qui lui disait d'entrer. Il faut dire que c'était extrêmement rare que le roi soit encore coucher lorsqu'on lui apportait son petit-déjeuner. De plus, Sakura avait remarqué que le plateau était plus remplit qu'à son habitude.

 

- J'apporte le déjeuner.

 

Elle le posa sur une table non loin du lui. Le jeune homme s'était assis sur le lit et semblait se masser le crâne. Cette scène amusa Sakura. Puis elle remarqua qu'une autre personne était présente, se réveillant aussi sans doute à cause du bruit. Elle se releva et regarda Sakura, cette dernière semblait vraiment surprise. Karin était dans le même lit que le roi. Voilà donc pourquoi elle avait pris congé.

 

- Ca te choque ? Demanda le brun.

 

Elle fit un signe négatif de la tête avant de sortir. Elle avait donc raison, il prenait toutes les filles pour des jouets ! Ses jouets ! Il les manipulait aussi bien qu'un marionnettiste contrôle ses poupées. Il faisait ce qu'il voulait quand il le voulait et avec qui il le voulait. Même avec elle… C’est  sans doute pour ça qu'elle se sentait tellement faible. Au fond d'elle, elle avait espéré qu'il n'était peut-être pas comme elle le pensait au début. Mais à présent, la réalité venait de la rattraper, et la réalité, elle la détestait…

 

Elle s’était fait avoir, comme toutes les autres. Heureusement qu’il n’avait pas été plus loin avec elle ou elle s’en serait voulu à tout jamais. Elle marchait dans le couloir sans but précis. Elle voulait juste s’éloigner le plus vite possible de l’endroit maudit dans lequel elle avait fait irruption. Pourquoi fallait-il que ça tombe toujours sur elle ? Elle s’arrêta au moment où elle passait devant un miroir. Elle lui fit face, un air d’appréhension sur son visage.

 

Son regard se posa alors sur la marque que le roi lui avait laissé au cou. Elle passa ses doigts fragiles sur le suçon tandis que des larmes coulaient le long de ses joues. Cette marque n’était que le signe de sa faiblesse. Le signe qu’elle était tombé dans le piège de ce serpent sans cœur. Cette marque ne faisait que lui rappelait la cruche qu’elle était. Son cœur à elle ? Il était détruit. En mille morceaux. Complètement déchiqueté.

 

Pas qu’elle ressentait quoi que ce soit pour cette ordure, non ! Mais la vie l’avait une fois de plus mené par le bout du nez, et cela, elle ne le supportait plus. Quand cesserait-elle de la faire souffrir ? De détruire tout autour d’elle ? De lui retirer les seules choses auxquelles elle tenait. Comme sa dignité par exemple…

 

Elle ne put empêché son poing de venir se claquer brutalement contre cette glace qui la forçait à affronter son horrible reflet. Elle ne comptait plus la quantité d’eau qui déferlait de ses yeux, c’était même à peine si elle s’en rendait compte. Son rêve lui avait sans doute montré ce qui l’attendait si elle restait à proximité de ce souverain égoïste et arrogant.

 

Elle sortit du château en vitesse, courant désespérément à travers ce nombre non négligeable de couloirs. Il fallait qu’elle s’éloigne pour faire le poing. En parlant de poing, le sien était toujours serré, et désormais en sang. Mais elle s’en fichait, la colère était tellement forte qu’elle ne sentait même pas la douleur. Elle partit s’affaler sur l’herbe fraîche au bord du lac qui séparait le château du reste du village.

 

Son reflet était flou et brouillé, il était parfaitement en accord avec son état actuel. C’était la véritable Sakura que l’on pouvait apercevoir dans l’eau de ce lac clair et brillant. Elle repensa tout à coup au collier que le ténébreux lui avait prit. Il fallait à tout prix qu’elle le récupère. Elle ne pouvait pas laisser un objet pareil entre les mains de ce monstre. Un objet qui avait une valeur inestimable à ses yeux… Une valeur qu’elle seule pouvait comprendre et connaître…

 

Elle devait lui reprendre, même si elle devait aller jusqu’à utiliser la force pour arriver à ses fins.

 

Et peut-être devrait-elle dire oui à Sai… Après tout, elle avait toujours rêvé d’épouser un chevalier. Cette décision serait peut-être considérée comme trop rapide… Mais lui, cet affreux Sasuke Uchiwa, ne s’était-il pas moqué d’elle et de sa fierté un peu trop rapidement ?

 

Ce ne serait qu’un prêté pour un rendu…

 

Totalement perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas la personne qui s'approchait. Elle sursauta lorsque cette même personne enlaça sa taille de ses bras puissant, nichant sa tête au creux de son cou.

 

- Bonjour, fit-il simplement.

 

- Sai, souffla t-elle. Que fais-tu là ? Tu ne pars donc jamais en mission ?

 

Il émit un rire doux.

 

- Figure toi que j'ai finis pour aujourd-hui ! Il n'y a pas vraiment beaucoup de travail en ce moment.

 

- Je vois, répondit-elle, le regard toujours dans le vague.

 

Elle ne le repoussait même pas, sans doute trouvait-elle sa chaleur rassurante. Lui n'était pas comme son cousin, dès qu'il avait du temps libre, il cherchait à la trouver, à passer du temps en sa compagnie. C'est sans doute ce qu'elle appréciait le plus chez lui. L'attention qu'il lui portait.

 

Toujours assis derrière la jeune femme, il prit l'un de ses bras qu'il releva de façon à mieux pouvoir l'observer.

 

- Tu t'es blessé, fit-il remarquer.

 

Elle ne répondit pas, elle se contenta simplement de baisser le regard. Il sourit délicatement avant d’arracher un bout de sa tunique. Le torse toujours collé à son dos, la tête toujours au creux de sa nuque, il entreprit de bander son poignet.

 

- Merci, dit-elle.

 

- C'est vraiment un joli endroit.

 

- Oui, vraiment...

 

Ils restèrent un long moment dans cette position, à contempler le paysage. Elle se sentait vraiment bien. Comme si Sai avait réussi à canaliser toute sa colère par ses paroles et ses gestes. La réponse n'était plus très loin du oui à présent...