Chapitre 1 : Le cauchemar ne durera pas qu’une nuit

par comatose

Chapitre 1 : Le cauchemar ne durera pas qu’une nuit

 

Nous sommes au Moyen-Age, dans un des plus grands comptés du Japon, dirigé par l'un des plus jeunes souverains de ce monde.

 

Sasuke Uchiwa… Un nom à jamais gravé dans l’histoire… Un homme riche et puissant, ou plutôt, un roi tout simplement. Fort, puissant, riche, beau, orgueilleux, prétentieux, vaniteux et même taciturne… Un véritable démon enfermé dans un somptueux et magnifique corps d’ange que les Dieux eux mêmes se seraient vantés d’avoir créer… Ce n’est pas tous les jours qu’un roi était doté d’un physique d’apollon comme le sien. Aucun besoin de demander des maîtresses, toutes les femmes du royaume étaient à ses pieds.

 

Une chevelure ébène dont deux mèches encadraient un visage au teint laiteux, aussi pâle que la neige… Deux yeux d’un noir qui rappelait facilement celui des ténèbres, un noir hypnotisant et envoûtant, mais aussi froid et glacial… Un corps sculpté avec finesse, semblable à ceux des Dieux de la mythologie grec… En clair, l’homme parfait ! Aucune femme ne pouvait résister à des traits aussi fins, à un corps musclé aussi bien proportionné, à un visage aussi angélique et démoniaque à la fois, à cette attitude et cette aura ténébreuses qui semblaient émaner de lui.

 

Le jeune homme qui approchait les vingt-quatre ans se tenait debout, face à une fenêtre anormalement grande, tout comme le palais. Les bras croisés dans le dos, il semblait perdu dans ses pensées et pour cause, l'Etat du royaume empirait de jour en jour. Non pas qu'il soit un mauvais roi, loin de là, seulement, après la guerre que venait de subir son empire, beaucoup de dettes se sont accumulées. Il faisait nuit noire et à cette heure ci, seule la garde de nuit était levée. La pluie claquait sur les carreaux tandis que d'énormes fissures tranchaient le ciel, éclairant par moment l'immense pièce centrale.

 

-Aller avance !!!

 

Les portes venaient de s'ouvrir brusquement, laissant apparaître deux gardes tenant chacun le bras de ce qui semblait être une jeune femme. L'un des gardes frappa cette dernière qui refusait de s'agenouiller.

 

Sasuke regardait cette scène avec peu d'enthousiasme mais tout de même un soupçon de curiosité. Etaient-ils assez fou pour le déranger à une heure pareille ? Il tenta d'observer la jeune femme qui se trouvait à ses pied, seulement, elle avait la tête baissée et ses cheveux longs mouillés recouvrait totalement son visage. Elle était couverte d'une simple robe déchirée à certains endroits et semblait sale.

 

-Qu'est ce qu'une paysanne fait dans mon château à cette heure ci ?

 

Il avait prononcé ces mots avec une certaine agressivité qui rendit instantanément les gardes nerveux.

 

-Ex... Excusez-nous. Je sais qu'il est tard mais elle a recommencé…

 

-Recommencer à quoi ? S'impatienta t-il

 

-Et bien je vous en avais déjà parler... C'est la vagabonde qui vole tous les villageois, ça fait plus d'un mois elle vient de recommencer, ils veulent tous son emprisonnement. Ils trouvent que vous ne vous préoccupez pas assez de leur condition de vie, surtout au niveau de la délinquance…

 

-Tu te prends pour leur porte parole peut-être ?

 

-Mais sir..., intervint alors le deuxième garde.

 

-Il n'y a pas de mais ! Qu'a t-elle volé ? Questionna t-il en désignant la jeune femme toujours à terre.

 

-De la nourriture, des tissus et de la vaisselle en grande quantité.

 

Il s'approcha de la jeune femme, s'accroupit pour être à sa hauteur et prit d'une main son visage qu'il releva de façon à pouvoir la contempler. Il resta figé.

 

Des yeux émeraude d'une colère et d'une témérité inégalable, un visage pâle aux traits fins et réguliers, des cheveux d'un rose anormale mais tellement soyeux... Et des lèvres aussi douces et pulpeuses que celles d'une nymphe. Autant le dire tout de suite, elle représentait la perfection même. Il n'avait jamais rencontré de femme aussi belle, et pourtant dieu sait qu'il en avait rencontré des femmes ! Toujours son visage en mains, il décida de prendre la parole alors qu'elle lui lançait un regard plus que meurtrier.

 

-Quelle punition veux-tu ?

 

Les gardes étaient choqués face à la réaction de leur maître. En temps normal, il aurait déjà jeté la personne au cachot ou l'aurait faite tuer.

 

Pour toute réponse, la jeune femme lui cracha dessus. Le jeune homme relâcha alors son visage tandis qu'un garde s'empressa de lui tendre un mouchoir. Un sourire narquois apparut alors sur ses lèvres.

 

- On dirait bien que tu n'as pas peur de mourir... Dans ce cas, je te trouverai une punition à la

hauteur.

 

Il eut un temps de réflexion avant de déclarer.

 

-Tu seras ma domestique personnelle à partir de ce moment.

 

Le jeune homme se rapprocha à nouveau d'elle tandis que les traits de son visage étaient tirés par la rage. Il lui arracha alors un collier qu'elle avait autour du cou. La jeune femme porta sa main à cet endroit précis. Elle n'avait rien vu venir... En un instant ses yeux s'écarquillèrent.

 

-RENDEZ-LE MOI !

 

Il sourit à nouveau et s'approcha de son oreille.

 

-C'est pour m'assurer que tu feras ce que je te dis...

 

Elle se contenta de le regarder avec toute la haine dont elle était capable et de serrer les dents.

 

- Je vous méprise, ajouta t-elle dans un murmure.

- Faîtes-la amener à Karin, elle lui montrera ses appartements et la formera.

 

Il se tourna à nouveau vers elle.

 

- Quand à toi, si tu ne fais pas tout ce qui t'ai ordonné, tu ne reverras plus jamais ce bijou ! Je t'en fais la promesse.

 

Elle laissa échapper un grognement avant de se laisser emmener par les gardes qui ne comprenait vraiment plus la réaction du taciturne. Que se passait-il dans la tête du jeune souverain ? En quoi devenir une domestique était-il si terrifiant ? A moins qu’il la fasse souffrir de ses propres mains…

 

La jeune sauvageonne qui semblait dans ses pensées, la tête toujours inclinée vers le sol, se réveilla en sentant que plus rien ne semblait la tenir. Elle releva la tête et une jeune femme apparut alors dans son champ de vision. On aurait pu la dire rousse, mais sa couleur était trop intense pour cela… Une longue chevelure d’une couleur rouge vif et sanglante, légèrement ébouriffée, ce qui semblait d’ailleurs donner du volume à cette dernière… Des yeux d’un marron si foncé qu’on les croyait noirs au premier abord… On ne pouvait pas dire qu’elle était laide…

 

-Que…

 

-Alors comme ça, tu es sous les ordres de Sasuke-San désormais… Très bien, suis-moi !

 

Un des gardes qui étaient désormais derrière la jeune rose poussa cette dernière dans la pièce dans laquelle la fameuse Karin venait d’entrer. Elle ne les avait pas vu… Si un jour, elle les croisait dans un de ces longs et sobres couloirs, elle leur montrerait de quoi une voleuse était capable. Le bruit d’un claquement de porte se fit entendre.

 

-Alors ma chère, quel est ton nom ? Demanda la jeune servante à la nouvelle arrivée.

 

-Ne fais pas semblant de t’intéresser à ma vie. Je ne supporte pas les gens faux.

 

-Je veux juste connaître ton nom… C’est tout.

 

-Appelle-moi comme tu veux, c’est le cadet de mes soucis.

 

-Alors comme ça, on vole les paysans ?!

 

-Comment le sais-tu ? Questionna la jeune fleur en arquant un sourcil.

 

-Les gardes me l’ont dit… Tu étais là non ?! Mais d’où sors-tu ma pauvre ?!

 

Ca lui arrivait souvent… Tellement dans son monde qu’elle en oubliait celui dans lequel elle vivait. Mais c’était peut-être mieux ainsi… Après tout, ce monde faux remplit d’hypocrites n’était pas celui qu’elle souhaitait voir, alors autant se réfugier dans un autre en fermant les yeux sur la vérité. Tellement dans son monde qu’elle ne les avait pas entendu parler entre eux…

 

-Viens ! Je vais te trouver des habits convenables à ta nouvelle tâche ! Lança la jeune femme à chevelure rougeâtre.

 

-Je ne veux pas devenir une domestique !

 

-Tu n’as pas le choix. C’est ta punition ! Et sois heureuse que le roi soit dans un bon jour car ce n’est pas son genre de faire grâce de la sorte aux voleurs… Même lorsqu’il s’agit de femmes. Et puis de toute façon, tu dois te changer… Ta robe est toute déchirée ! Dit-elle en souriant.

 

-Je… Je suis sale.

 

-Oui, tu vas prendre un bain. Ne t’en fais pas…

 

La jeune fille prit donc un bain chaud pendant lequel elle entendit les murmures d’une discussion qui semblait avoir lieu entre la dénommée Karin et ce roi prétentieux qui avait osé la punir.

 

-Je lui donne l’uniforme réglementaire ?

 

- Oui. Je ne vois pas pourquoi elle aurait un traitement de faveur alors que je lui ai déjà laissé la vie sauve.

 

Karin baissa le regard.

 

– Une fois qu’elle sera habillée, fais-la venir dans ma chambre.

 

– Bien Sasuke-San, dit-elle alors en s’inclinant face au souverain qui quittait la pièce.

 

Et maintenant, il croyait que c'était lui son sauveur, elle aurait bien voulu mourir elle, non mais qu'elle arrogance ! Une chose était sûre, le courant entre elle et le roi n’allait pas fusionné avant un bon moment ! Une fois correctement lavée, elle sortit de son bain, passa autour d’elle une serviette que Karin lui avait donné et retourna dans la pièce où se trouvait cette dernière.

 

-Ah… Vous avez fini…

 

-Oui, répondit sèchement la jeune fleur de cerisier avant de faire tomber sa serviette au sol pour se retrouver totalement nue.

 

A ce moment précis, Karin se dit qu’elle se devait bien au moins d’avouer que le corps de la belle était le plus parfait qu’elle n’est jamais vu.

 

-Tu pourrais être un peu plus pudique…

 

-Tu es une femme, non ? Tu sais ce que c’est ! Répondit-elle en se plaçant derrière le paravent prévu pour qu’elle puisse se changer.

 

-Oui mais… Ca fait que vingt minutes qu’on se connaît et toi tu te mets déjà nue ! Dit alors la jeune servante.

 

Les mains de la nouvelle vinrent alors s’accrocher au rebord du paravent, puis cette dernière se hissa grâce à la force de ses bras, et sa tête ne tarda pas à apparaître à la vue de la jolie rousse. Il ne leur suffit que d’un regard pour exploser de rire. La nouvelle arrivée se laissa alors retomber pour finir de se changer tout en continuant de rire. Elle sortit de sa cachette, vêtue de l'ensemble réglementaire. Elle était constituer d'une robe noire arrivant tout juste en dessous des genoux, à sa taille était attaché un tablier blanc qui semblait de bonne qualité et un léger décolleté, non provoquant, qui laissait découvrir le début d'une poitrine généreuse.

 

- Et bien voila  ! Ca te va parfaitement ! S'exclama la jeune femme.

 

- C'est quand même provoquant…

 

- Toutes les domestiques du château ont cette tenue.

 

- Vous êtes combien ?

 

- Oh tu sais, il y en a tellement ! Mais très peu arrive à voir le roi un jour, répondit-elle.

 

- Que font t-ils dans se cas ?

 

- Tu m'as l'air très curieuse… Ils s'occupent des chevaliers.

 

- J'ai toujours rêvé d'épouser un chevalier.

 

Sakura acquiesça, un sourire illuminant son visage. Celui-ci se fana instantanément lorsque Karin lui rappela de la suivre. Elle appréciait vraiment la jeune femme aux cheveux roux, elle admirait surtout sa façon de se tenir et de paraître toujours aussi belle, peu importe son expression ou sa position. Son seul point négatif était la façon dont elle obéissait au fameux souverain, mais après tout, pourquoi pas ?

 

La jeune rousse était en train de lui énumérer les choses à faire et celles à ne pas faire en présence du jeune ténébreux.

 

- Tout d'abord, ne jamais soutenir le regard...

 

- Quoi ? Et je passe pour quoi moi ? Une brebis à l'agonie ? C'est hors de...

 

- Ne coupe surtout pas la parole à tes aînés, sinon tu risques de ne pas faire longs feux chérie. Pour revenir à ce que tu disais, lorsque l'on applique ce métier, on laisse la fierté de côté. Tu dois absolument pouvoir te contrôler. Obéis pour tout, ne le contredis jamais. Il est très calme d'apparence, mais perd rapidement son sang froid. Bon  ! Je lui ai déjà apporté son petit-déjeuné, donc il va sans doute vouloir te parler, applique tout ce que je t'ai dit et tout ira bien.

 

- Mais dans quoi je suis tombé !? Déclara t-elle, une main sur le visage.

 

La rousse s'arrêta devant une porte plutôt imposante. Elle se tourna vers Sakura et déposa sa main sur son épaule.

 

- Bonne chance ! Fit-elle dans un sourire qui se voulait rassurant.

 

Pourtant Sakura n'était vraiment pas rassurée, mais pourquoi ne l'avait-il pas tué bon sang ?! Elle releva la tête tandis que Karin commençait à partir.

 

- Merci Karin-Chan !

 

La rousse eut un sourire de tendresse avant de disparaître à l'autre bout du couloir.

 

Sakura frappa, on lui ordonna d'entrer et elle s'exécuta.

 

C'était une chambre extrêmement spacieuse, des rideaux en soie ornaient les fenêtres tandis qu'une cheminée faite de gravures en argent réchauffait la pièce. Il faut dire que l'on était en hiver et qu'il était rude dans ce compté. Un lit ainsi que des tables de chevet sobres mais d'une incroyable beauté remplissaient la pièce. De l'autre côté de la chambre se trouvait un bureau en bois massif entouré d'étagères remplies de livres.

 

Le jeune homme ne put daigner qu'elle était encore plus belle que la veille. Ses traits angéliques étaient encore plus présents, et le vert de ses yeux encore plus étincelant. Ses cheveux roses encore légèrement mouillés retombaient gracieusement sur ses épaules, et pourtant son visage était toujours crispé par la colère.

 

- Comment t'appelle-tu ? Demanda le jeune homme dans une voix grave et neutre.

 

Il avait une lettre en main et replongea immédiatement dans sa lecture.

 

- Je n’ai pas de nom. En général on me surnomme Sakura, à cause de mes cheveux.

 

- On ne t'a toujours pas apprit à t'incliner Sakura ?

 

- Si… Seulement, je ne vous ferez pas ce plaisir.

 

Le jeune homme avait relevé la tête et fixait désormais la jeune fleur qui malgré les recommandations, ne baissait pas le regard.

 

- Tu n'as pas le choix ! C'est un ordre à suivre ! Je suis ton supérieur hiérarchique. Comment te comporteras-tu lorsque tu serviras mes chevaliers ?

 

- Je m'inclinerai.

 

- Et pour quelle raison ?

 

- Je les respecte.

 

Le ténébreux passa une main dans ses cheveux, signe d'impatience. Cette femme avait du caractère et savait comment l'énerver.

 

- Très bien, seulement je te rappelle que j'ai en ma possession un bien qui t'es précieux.

 

- Ce n'est qu'un pendentif, répliqua t-elle.

 

- Va t'en dans ce cas.

 

Pour la première fois de leur conversation, Sasuke reprenait le dessus. Sakura avait baissé le regard et fixait honteusement le sol.

 

- Je... Je ne peux pas, répondit-elle quelque peu gênée.

 

- Alors obéis-moi. Tu peux disposer.

 

La jeune femme sortit en hâte, les poings serrés. Pour qui se prenait t-il  ? Pour un dieu peut-être ? Sakura savait qu'à l'heure qu'il était, quelqu'un avait prévenu ses parents qu'elle travaillait pour le roi. Ils devaient être fiers d'elle… Pour la première fois de leur vie, ils étaient fiers de leur fille. Elle savait que si elle lâchait tout pour recommencer à voler, ils iraient jusqu'à renier leur propre enfant. Après tout, ce qu'ils avaient fait pour elle, c'était à son tour de le faire pour eux. Car il est vrai que pour rentrer au service du roi, il fallait beaucoup de compétences, les domestiques, jardiniers et autres étaient triés sur le volet, et elle en était tout à fait consciente.

 

Une larme s'échappa de son regard émeraude. Elle l’essuya d'un revers de manche. Sakura était forte et ne devait pas pleurer. Dans son élan, elle percuta de plein fouet quelqu'un et en tomba à terre.

 

La jeune femme leva son regard vers la personne en question, elle découvrit un jeune homme au cheveux court noir et au yeux aussi sombre que ceux de Sasuke aucun doute ils faisaient partit de la même famille, seulement lui avait un côté plus rêveur et un côté enfantin qui ne faisait qu'accentuer sa beauté, tellement que Sakura en resta figé. Il était grand et semblait bien battit, il avait une tunique noir en guise de haut laissant légèrement entrevoir le début d'un torse musclé et un pantalon de la même couleur plutôt large. Elle reconnue immédiatement le collier en argent qu'il avait autour du coup s'était celui des chevalier du royaume.

 

- Oh veuillez m'excuser ! Je lisais en marchant et bien que je sache que ce n'est pas vraiment une bonne chose de le faire en marchant je continue tout de même ! Vu que je n'ai pas vraiment de temps pour moi je me suis résolu à le faire lorsque je mange, ou que je marche... Désolé de vous importuner avec mes histoires, vous avez sans doute mieux à faire, mais dites-moi… Vous êtes nouvelle ?

 

Fascinée, oui c'était le mot… Elle était fascinée par l'homme en face d'elle. Sa voix avait quelques chose d'envoûtant et elle aurait put l'écouter toute la journée. De plus, il avait un charme et un charisme incroyable. Il dégageait une prestance tellement positive que ça la rendait de bonne humeur. Etait-ce ça le coup de foudre ? Jamais elle n'aurait pensé rencontrer quelqu'un de tel…

 

Il tendit la main en direction de celle-ci dans le but de l'aider à se relever.

Une fois ceci fait, elle ne put s'empêcher de plonger son regard dans le sien. Seulement, elle se souvint brusquement des recommandations de Karin et baissa instantanément la tête.

 

- Je suis la nouvelle domestique de Sasuke-Sama.

 

- Mon cousin hein ?

 

Il laissa échapper un soupir en passant une main dans ses cheveux.

 

- Moi je suis Sai ! Enchanté !

 

Il lui sourit et lui tendit la main. Elle sentit alors son coeur s'emballer... Tant de sensations d'un coup... Elle serra sa main de bon coeur, le regard toujours baissé. Il s'approcha d'elle et releva son visage avec une douceur inimaginable, de façon à pouvoir la regarder mais elle s'obstinait à regarder sur le côté.

 

- Je te fais peur ?

 

- Non, non ! Répondit-elle, le rouge aux joues. C'est seulement le code qui dit de ne jamais regarder un supérieur dans les yeux.

 

- Je ne veux pas que tu applique le code avec moi...

 

Elle le regarda aussitôt, comme envoûtée par son regard. Elle se sentait tellement bien. Il déposa ses lèvres sur les siennes en une fraction de seconde, puis il l'a relâcha lui sourie et partie en direction des appartement de sont cousin. Il se retourna une dernière fois.

 

- A bientôt Sakura-Chan !

 

Elle était figée, une main sur ses lèvres. Ca la dérangeait de l'admettre, mais elle avait énormément apprécié ce contact ! Et puis pourquoi un homme, qui plus est chevalier, s'intéresserait à une simple domestique ?

 

Elle se ressaisit néanmoins assez rapidement, consciente que de telles pensées ne devaient en aucun cas venir la troubler. Finalement la jeune femme se dirigea vers Karin qu'elle venait d'apercevoir traversant le couloir. Celle-ci lui fit visité les lieux, expliquant les pièces auxquelles elle pouvait accéder et celle qui lui était interdite. Elles reçut aussi les instructions de la journée. Puis la rousse la laissa à contre coeur.

 

Il était à présent vingt-trois heures. Sakura était entrain de refaire les lits des chevaliers. Ils étaient dix chefs d'armée d'après ce qu'elle avait comprit. Elle avait aussi apprit que toutes les semaines, ils se réunissaient pour faire le point. La jeune femme ne chercha pas à en savoir plus. Après tout, elle n'était pas là en tant qu'espionne. Elle n'était pas vraiment douée pour arranger les draps ou nettoyer, Karin lui avait seulement expliqué le strict nécessaire.

 

Au bout de trois heures de pratique, elle avait fini. Elle souffla, soulagée, mais soudain, alarmée en pensant devoir faire la même chose chaque jour. Maintenant, elle devait se rendre auprès de Sasuke pour lui servir le thé. Ce qu'elle trouvait stupide… L'Uchiwa buvant du thé ?! Cela paraissait plus qu’ironique. Elle partit donc en cuisine où tout était déjà prêt et où hommes et femmes commençaient à s'agiter pour préparer la table du repas du soir.

 

Sakura finit par arriver devant la porte qu'elle détestait à présent. Elle prit la peine de toquer, attendant une réponse qui arriva bien tard, d'ailleurs, ce n'était même pas une réponse… Plutôt un grognement. Un roi qui n'aimait pas parler et qui était flegmatique… on aura tout vu ! Elle entra pour la seconde fois dans l'immense chambre.

 

- Pose ça là, ordonna t-il d'une voix froide.

 

Et en plus, il la prenait pour son chien ! Bon c'est vrai qu'elle devait le servir, mais qu’il ait aussi peu de respect envers elle l'énervait.

 

- Eum... Buvez-vous réellement du thé ? Demanda t-elle quand même.

 

- Non.

 

- Alors pourquoi...

 

Elle fut rapidement couper par la voix autoritaire du jeune homme qui avait horreur qu'on vienne se mêler de ses affaires.

 

- Tu es là pour m'obéir pas pour contester mes ordres.

 

Il la toisait d'un regard de tueur. Elle ne le regardait plus dans les yeux. De toute façon, si elle l'avait fait, elle aurait sans doute aperçut le sourire qui venait d'étirer les lèvres du souverain, sans doute pas un sourire de compassion, mais plutôt de moquerie.

 

- Commencerais-tu à me respecter ?

 

Elle ne répondit pas et se contenta de serrer les dents. Le jeune homme reprit alors son sérieux et continua de la scruter. Il semblait interrogatif.

 

- Dis-moi, comment est-il possible que tu métrises aussi bien notre langue ? Je ne me souviens pas avoir entendue une paysanne s'exprimer aussi bien.

 

Elle ne voulu pas répondre, mais elle n'avait pas le choix. Et puis qu'est ce que ça pouvait bien lui faire de savoir par quel moyen elle avait apprit à métriser "la langue des bourgeois" comme elle l'appelait si bien ?

 

- Je ne voudrais pas vous importuner avec des histoires aussi agaçantes et dépourvues de bon sens, ironisa t-elle.

 

Soit, il n'en demanderait pas plus... Pour aujourd'hui en tous cas. Par contre, il avait encore un dernier point à éclaircir.

 

- Tu as croisé mon cousin tout à l'heure ?

 

- Oui, émit-elle faiblement, toujours le regard rivé sur le sol.

 

- Il me l'a dit. Il t'a fait quelque chose ?

 

Elle se remémora soudainement leur rapide entrevue, et se sentit rougir. Il avait le don de la mettre mal à l'aise en plus, ce qu'elle pouvait l'exécrer...

 

- Non.

 

Il s'approcha alors d'elle et passa ses bras autour de sa taille de façon à l'attirer vers lui.

 

- Tu es sûre ? C'est un coureur, donc cela ne m’étonnerait pas qu'il ait tenté quelque chose.

 

- Il ne m'a rien fait ! S'exclama t-elle en tentant de paraître convainquente, seulement sa voix tremblante la trahit aussitôt.

 

Le ténébreux savait très bien qu'elle lui mentait, ça crevait les yeux. Tant pis pour elle, il allait devoir faire en sorte qu'elle lui dise la vérité. Il déposa ses lèvres sur son cou et commença à l'embrasser sensuellement. La jeune femme se crispa instantanément. Mais enfin, qu’est ce qui lui prenait ? Elle tenta de le repousser à plusieurs reprises, mais il était bien plus fort. Elle savait qu'il souriait, ce qui l'agaçait au plus au point, alors qu'elle n'avait jamais était troublée à ce point.

 

- Mais arrêtez ! Vous n'avez pas le droit !

 

- Pas tant que tu ne m'auras pas dit la vérité.

 

Elle ne répondit rien, il recommença à l'embrasser. Elle en avait plus qu'assez. De plus, son corps commençait à la trahir vu que sa respiration devenait de plus en plus hachée.

 

- Il m'a embrassé ! répondit-elle sèchement les yeux fermé.

 

Il s'arrêta, sans pour autant la lâcher. Malgré le code, elle le regarda haineuse.

 

- J'ai des choses à faire, je peux y aller à présent ?

 

Il soupira, quel caractère… Enfin le principal, c'est qu'il avait trouvé un moyen de la tenir tranquille... Au moins pour quelques secondes.

 

- Pas tout à fait, répondit-til.

 

Il déposa ses lèvres sur les siennes de la même façon que l'avait faite Sai. La colère laissa alors rapidement place à l'étonnement. Il la relâcha tandis qu'il retournait s'asseoir.

 

- Tu peux partir maintenant.

 

Sa haine venait d'augmenter en un instant, elle le méprisait à un point inimaginable.

 

- Et si il m'avait touché vous auriez fait la même chose, c'est sa ?!!

 

- Effectivement, et sache que j'ai tous les droits, contrairement à mon cousin, fit-il tandis qu'il regardait par la fenêtre.

 

- Vous et votre envie de toujours tout posséder ! Vous me dégoûter !

 

Sur ce, elle sortit en claquant la porte, elle failli rentrer dans ce qui lui semblait être une femme plutôt âgée. Elle l'évita de justesse.

 

- Dîtes-moi, monsieur Uchiwa est bien là ? Nous avons rendez-vous pour affaire.

 

- Oui, répondit la jeune femme d'un ton froid.

 

Puis la veille femme entra. Voila donc pour qui était le thé ! Elle s’en doutait, l'Uchiwa buvant du thé, ce n'était pas vraiment crédible ! Malgré le fait qu'elle aurait voulu l’oublier, elle repensa au moment où le brun l'avait embrassé. Rien à voir avec celui de Sai qui était doux et timide. Avec ce simple contact, lui avait réussi à la faire frissonner, à faire cesser de battre son coeur et un désir qu'elle n'avait jamais connu jusque là s'était emparée d'elle. Seulement la rose était tellement persuadée qu'il la répugnait qu'elle ne se rendait pas compte de ses vrais sentiments.

 

Soudain la jeune femme se rendit compte que c'était la première fois qu'on l'embrassait. En seulement un jour, elle en avait fait plus que durant toute sa vie. Il faut dire que son père était très protecteur et qu'une jeune femme aussi belle et qui plus est seule faisait beaucoup de prétendants. Mais Sakura méprisait ses hommes sales et horripilants qui passaient leur journée à tenter de la séduire. Soul ou sobre, beau ou laid, petit ou grand, riche ou pauvre, adorable ou haineux, elle en avait vu de toute les couleurs…

 

Mais elle, elle préférait passer son temps à voler pour le confort de sa famille et d’elle même. Où était l’intérêt dans le fait de se laisser enticher par de pauvres mâles en rut ? Ils étaient tous pitoyables aux yeux de la jeune Haruno. Et l’Uchiwa… Si Sai se permettait des choses osées à son égard… Se permettrait-il la même chose ? A cette pensée, tout le corps la jeune fleur de cerisier se mit à trembler. Une vague de chaleur l’envahie alors qu’elle imaginait les mains du ténébreux parcourir sensuellement son corps de nymphe, la faisant vibrer sous ses doigts fins. Elle se maudit intérieurement alors qu’elle continuait à avancer dans ce couloir interminable.

 

Il était temps qu’elle aille se coucher. Demain serait une rude journée, elle en était sûre…

 

Elle entra dans sa chambre et commença à se déshabiller sensuellement tout en fixant le ciel sombre. L’orage n’avait pas cessé et elle se trouva plus que déçue en s’apercevant que la lune était absente. Toutes les nuits, au sommet d’une colline de verdure, elle venait admirer silencieusement cette reine astrale… La lumière lunaire l’aidait à réfléchir et à se concentrer, et peut-être même à oublier le monde désastreux qui l’entourait.

 

Non, ce soir, elle n’aura le droit à aucun réconfort. Des éclairs… Des coups de foudre… Elle n’aurait droit qu’à ce spectacle de rage et de colère que le ciel semblait vouloir déverser sur la Terre. Elle était là, immobile, fixant les cieux, telle la prisonnière qu’elle était, attendant que le héro de cette histoire vienne enfin la sauver…