Serpents et Morts 1

par Llevann

27

 

POV Sakura

 

J’étais horrible, et je n’avais pas besoin d’un miroir pour en avoir la confirmation. Mes cheveux collaient à mon front, mes mains tremblaient, j’avais la bouche amère.

Et c’était le dernier de mes soucis.

Je revis Tenten basculer dans le vide, sans que je puisse rien faire pour l’arrêter.

« Rien du tout. » me dis-je, les ongles enfoncées dans la paume de mes mains.

J’avais été une moins que rien. Une…

Une main glacée se posa sur mon avant-bras, rompant net le fil de mes pensées. Un frisson courut le long de mon échine – qui ne fut rien en comparaison de celui qui me parcourut tout entière lorsque je levai la tête. Deux yeux d’un noir et d’une intensité hors du commun me fixaient, dans un visage si blanc qu’il semblait nimber d’un quelconque halo magique.

« Tenten n’est pas là. » me dis-je, les mains tremblant comme jamais.

Et j’étais seule dans une espèce de grotte avec Sasuke Uchiha.

- Tu vas te blesser. murmura t-il.

La douceur de sa voix me surprit, et je me tendis instinctivement.

Comment quelqu’un qui pouvait faire preuve d’une violence telle que celle dont ceux de sa famille avait fait preuve jusque là pouvait-il avoir une voix aussi douce ?

Il passa une langue nerveuse sur ses lèvres fines, et de sa main froide et ferme – mais incroyablement douce – il écarta mes doigts, relâchant la pression sur ma paume.

- Et crois moi, dit-il avec une lenteur exaspérante, tu ne veux pas te blesser.

Ces paroles mirent un temps à franchir la brume autour de mon cerveau, mais quand ce fut fait, une panique subite s’empara de moi.

J’étais seule avec un Vampire. Un Vampire dangereux – et visiblement affamé.

Ma terreur dut se lire sur mon visage, car il sourit, dévoilant des canines un peu plus grosses que la moyenne.

- Ce n’est pas la peine de paniquer, Sakura. dit-il. Je ne mords pas encore…et je sais me retenir. ajouta t-il d’un ton presque taquin.

Je frissonnai, et retirai ma main de la sienne.

- Je ne panique pas. dis-je.

Un pieux mensonge.

Il sembla s’en rendre compte, car il soupira.

- Vraiment pas. dit-il d’un ton narquois. Tu sens juste la peur…

Sentir la peur ? Comment était-ce possible ? Je me demandai quel effet cela avait sur lui, et décidai aussitôt que ce n’était pas une bonne chose.

- Pourquoi t’être engagée dans mon palais si tu n’aimes pas les Vampires ? reprit-il.

Sa voix n’avait plus rien d’amical, ou de douce.

« On dirait un interrogatoire. » fit une petite voix dans ma tête.

On aurait dit, effectivement.

J’eus envie de me tasser un peu plus sur la grosse pierre sur laquelle j’étais assise, mais ce n’était pas une bonne idée. Mon cerveau engourdi comprenait au moins cela.

- Je n’ai rien contre les Vampires. mentis-je, en levant machinalement le menton.

- Tu en as juste peur.

- Juste quand ils ont soif. répliquais-je.

Une étincelle rouge passa dans ses yeux noirs, et pendant une seconde, j’envisageais la possibilité de m’enfuir en courant – et en hurlant. Mais il était devant l’entrée de la grotte, et à moins de lui jeter un sort…

Il soupira à nouveau, et jeta un regard derrière lui – comme si il attendait quelqu’un.

Mes pensées volèrent aussitôt vers Tenten, et je la revis basculer dans le vide. Une main invisible tordit mes boyaux.

- On ira voir demain. dit-il soudain.

Je tressaillis.

- Pardon ? fis-je, d’une petite voix.

- Tenten – ce fut comme si une pierre chutait dans mon estomac. J’ignore où est Neji.

Ses traits s’assombrirent, et je sus que cela lui déplaisait au plus haut point.

- Si il revient dans la nuit, j’irais la chercher. Sinon nous irons demain.

Demain ?

- Si c’est à cause de moi, on peut y aller tout de suite. dis-je avec empressement.

- Non.

Sa réponse tomba comme un couperet – et me fit mal aux oreilles.

- Comment ça non ? fis-je. Je ne vais pas la laisser toute seule dans le froid, dehors…

Il posa les yeux sur moi, un sourcil arqué.

Mais je n’allais pas me laisser intimider. J’avais déjà laissé tomber mon amie une fois.

- Si vous voulez me laisser passer…fis-je, en faisant mine de me lever.

Mais c’était comme si mes jambes avaient été coupées : je vacillai surmoi-même un bon moment, et chutai sur la pierre. Pendant tout ce temps, il m’avait regardé d’une mine froide. Et surtout, il n’avait pas fait un geste pour m’aider.

« Un Vampire, quoi. » me dis-je, furieuse contre je ne savais même pas quoi.

- Votre corps est faible, et a besoin de repos. dit-il calmement. Si nous devons ramener le corps…

- quoi ?

Ma voix me parut aigue et insupportable. Mes yeux étaient tellement écarquillés que j’en avais mal.

Qu’avait-il dit ?

- Ne soyez pas stupide, Sakura. dit-il. Vous l’avez vu tomber aussi bien que moi. Si elle survit, il sera permis de mettre son humanité en doute. Cette chute est haute de plus de trois mètres. Rendez vous à l’évidence.

« Non. »

La voix dans ma tête tremblait. Je tremblais aussi. Se rendre à l’évidence. Quelle évidence ?

Tenten n’était pas morte. Elle était trop douée pour ça. Elle avait probablement jeté un sort ou quelque chose comme ça…

- Reposez vous. reprit-il. Nous irons voir demain.

Mais si elle avait survécu, d’ici là…je levai les yeux, et vit clairement que comme il avait dit, il ne croyait pas un instant qu’elle ait survécu.

Seulement, je ne pouvais croire la même chose.

Je posai les mains sur mes genoux, et marmonna mentalement la première incantation de guérison qui me passa par la tête. Une chaleur brutale courut le long de mes membres, tendant douloureusement mes membres.

Je n’attendis pas qu’elle ait atteint mes talons pour me mettre debout.

- Sakura…dit-il d’une voix lasse.

- Pourquoi êtes vous là ? demandai-je d’une voix tremblante.

- Pardon ? fit-il.

Mais j’étais sûre qu’il avait parfaitement compris où je voulais en venir. Ce type avait beau être un monstre, il n’en était pas moins intelligent.

- Pourquoi êtes vous là ? dis-je. Pour sauver Hinata, non ? Vous êtes sûr qu’elle est vivante ?

- Hinata n’est pas Tenten. C’est…commença t-il.

Je sentis mes poings se crisper, et il s’interrompit.

- C’est quoi ? dis-je.

Une nouvelle forme de chaleur embrasait mon corps : la colère.

- C’est un Vampire, c’est ça ? repris-je. Je préfère sauver une Humaine qu’un Vampire. déclarai-je, sans attendre sa réponse.

- Donc vous ne nous aimez pas. dit-il.

- Non !

La réponse avait fusé hors de mes lèvres, et des larmes envahirent mes yeux. Toute la rancœur que j’avais accumulée contre ces créatures dans ma vie se trouvait au bout de ma langue. Je n’avais qu’à ouvrir mes lèvres, à la laisser sortir…

« C’est quelque chose que Tenten aurait fait. » reprit la voix dans ma tête. « Pas toi. »

Une goutte chaude coula le long de ma joue.

Non, pas moi.

- Pourquoi ? murmura t-il, d’une voix dont la douceur coula le long de ma peau comme du miel brûlant.

Un miel dangereux.

J’inspirai profondément, essayant de calmer les battements de mon cœur.

- Pourquoi je me suis engagée ? dis-je, quand bien même je savais que ce n’était pas cela qu’il avait voulu dire. Pour fuir ma vie, évidemment. Êtes vous déjà allé dans la ville, votre Seigneurie ?

Moi-même, je sentais ma haine sous mes mots, prêt à surgir à chaque instant. Mais ça n’arriverait pas.

- donc, vous me vendez votre corps. dit-il.

Il n y avait pas de mépris dans sa voix. Il n’en avait pas besoin. Ses paroles à elles seules étaient profondément humiliantes.

- Je n’avais pas prévu de vous plaire. dis-je – et cette fois, c’était la vérité. Et…j’aime bien Hinata. Je veux dire…

Que voulais-je dire au juste ? Je l’ignorais, mais cela me soulevait le cœur.

- Laissez moi passer. dis-je, dans un murmure. S’il vous plaît…Elle doit avoir froid, dehors toute seule.

Il resta immobile, puis hocha la tête. Pendant un moment, je nourris l’espoir qu’il allait s’écarter pour me laisser passer, et je fis un pas en avant. Je n’allai pas plus loin.

Deux mains glacées me prirent par les épaules, me tirant contre un torse tout aussi froid.

Je levai les yeux, et croisai son regard noir, dans lequel dansait une flamme rouge.

« Il va me mordre. » pensai-je, terrifiée.

Quand ses lèvres se posèrent sur les miennes, un puissant frisson me traversa de part en part, et tout mon corps se tendit.

Je pouvais sentir ses canines dans ma bouche.

Glacées. Acérées. Avides.

Mes mains s’enfoncèrent dans sa chevelure épaisse, et un soupir monta de ma gorge.

- Sakura…Sakura. murmura t-il, presque contre mes lèvres.

Ses doigts effleurèrent mon dos, et des ondes de chaleur irradiaient ma peau glacée par son contact.

- Sakura…acheva t-il, en effleurant mes lèvres.

Ses yeux étaient troubles, la soif se mêlant à quelque chose de plus ancien, de plus…

- Sakura. dit-il à nouveau, comme si il goûtait mon nom.

Puis, il me lâcha et recula.

Je vacillai un moment sur moi-même, les lèvres brûlantes, des étoiles devant les yeux.

- soit. dit-il. Allons la chercher.

Je levai les yeux, incrédule.

- Vous êtes sérieux ? fis-je.

- Ai-je l’air de plaisanter ? répliqua t-il, d’un ton plus sérieux que la mort. Vous pouvez marcher ?

À son intonation et à son regard, je crus un moment qu’il avait remarqué le sort que je m’étais lancée.

Un goût amer chassa la chaleur de ma bouche.

C’était impossible. Parce que sinon, il m’aurait déjà tuée. Les Vampires détestaient les Nécromants.

- Ça va. dis-je, en faisant un autre pas, avant de lui sourire.

Je n’eus pas à forcer pour faire un de ces sourires tremblant qui faisaient, disait-on, chavirer le cœur des Hommes. Mais Uchiha Sasuke n’était pas un homme, aussi resta t-il de glace.

- allons y. dit-il.

Je le suivis dans la rue glacée.

Une lune jaune et ronde flottait au-dessus des bois. Dès que je mis un pied hors de la grotte, la magie de l’air me prit à la gorge. Je voulais bien croire qu’on était chez les Youkais. Seulement, ces terres avaient-elles besoin de fourmiller de tant de morts – de tant de morts hostiles ?

« Les nécromanciennes ne sont pas les bienvenues ici. » fit une petite voix dans ma tête.

Oui, j’avais remarqué. Je m’attendais presque à voir un des corps que je sentais sous la terre sortir un bras du sol pour m’entraîner dans les abysses avec lui…curieusement, cette pensée glauque me donna envie de rire – et je dus me mordre l’intérieur des joues pour réprimer cette envie.

- ça va ? fit soudain l’Uchiha, et je sus qu’il m’avait observé tout du long.

Je n’aimais pas ça.

- On peut y aller ? fis-je en guise de réponse.

Aussi stupide que cela puisse paraître puisque je l’avais vu tomber, j’étais sûre que Tenten était vivante. Pourquoi ?

Si seulement je le savais…

 

*

 

- Elle est morte ?

La voix rauque de Hana résonna comme une musique aux oreilles de Kimimaro. D’ailleurs, de son point de vue, Hana était une vraie œuvre d’art : ses cheveux en bataille, ses ordres aboyés d’un ton sec, sa perpétuelle mauvaise humeur… Enfin, c’était peut-être dû à la mélancolie qui du point de vue de tout le monde le caractérisait.

Il ne savait pas au juste ce que les gens voulaient dire par là, mais il aimait le son du mot.

Mélancolie.

- Kimimaro ! aboya t-elle à nouveau. Elle est morte ?

Hana regardait la jeune fille trempée qu’il tenait.

Tenten Hatake avait les joues pâles, les cheveux défaits, et une liane s’était accrochée autour de son cou dans sa chute. S’il n’était pas arrivé à temps, elle serait morte.

- On dirait que tu l’espères. dit-il de sa voix mélancolique.

Hana se raidit.

- Alors ? dit-elle, éludant sa question.

Comme toujours.

- As-tu trouvé ton frère ? demanda t-il.

Elle se raidit un peu plus, et essuya une lame humide de elle ne savait quoi dans la fourrure de sa robe.

- Vu la direction que suit leur odeur, ils vont chez Anko. dit-elle, avec un reniflement méprisant. Je n’ai jamais compris la fascination que cette bâtarde au sang-mêlé a sur mon frère. En tous cas, il va me le payer…Dès que tu auras répondu à ma question, j’irais chercher cet abruti et cette sangsue. Et je les marierai moi-même avant de trancher la tête à cette garce.

Tellement enflammée…une œuvre d’art.

- Laisse courir. dit simplement Kimimaro.

- laisser quoi ? fit-elle, perplexe.

Kimimaro soupira, et posa prudemment la fille du Shinigami sur une mince couchette de bois recouverte de fourrures.

- Anko est ta demi-sœur…

- Hé ! fit Hana, choquée. C’est…

- aussi la fille d’Orochimaru. acheva Kimimaro. Ton frère a probablement l’intention de mettre cette Vampire en sécurité chez elle, et de revenir.

Les yeux fins de Hana s’illuminèrent du feu ardent qu’il aimait tant y voir.

- Ah ouais ? fit-elle. Qu’il vienne…

- La Vampire est une Hyuuga, et Orochimaru est toujours dans la nature…

Il se tut, et compta lentement les secondes.

« 75 » se dit-il, quand les yeux de Hana s’arrondirent.

- Tu crois que… fit-elle.

- Je crois qu’Orochimaru les a flairé, eux aussi. dit-il. Il essaie de se préparer un retour en grâce à Suna auprès des Uchihas…avec cette gamine.

Hana vira au rouge brique. Kimimaro en déduisit qu’elle avait complètement oublié la fille de Hatake.

Comment pouvait-on être aussi impulsif ?

Il ne comprenait pas. Tous ses mouvements à lui étaient calculés à l’avance.

- Et tu veux que je laisse courir ? s’exclama t-elle.

- oui.

- quoi ?

Elle le regarda, ahurie.

Il soupira.

- Prendre Orochimaru et la Vampire. énonça t-il. La marier provisoirement à Kiba. Faire pression sur les Hyuuga pour qu’ils reconnaissent ce mariage. Tuer Sasuke Uchiha. Faire assassiner Itachi Uchiha par Hatake…

- quoi ? répéta t-elle.

- C’est sa fille. dit-il, quand bien même il savait qu’elle savait. Sa seule famille.

Il pouvait presque voir les rouages tourner dans la tête de Hana. Puis, de l’admiration à l’état pur envahit ses prunelles, et Kimimaro eut un petit sourire triste.

- Il tuera Uchiha Itachi et nous livrera sans problèmes Naruto contre cette gamine. dit-il. Et le trône de Suna redeviendra nôtre.

Son plan était mûrement pensé, pesé. Il tira d’un petit vase une paire de menottes en or, qu’il passa à la jeune fille.

Au cas où elle était aussi dangereuse que son vieux père. Mieux valait prendre ses précautions.

- Et qu’est ce que tu fais des Humains qui sont entrés par l’ouest ? reprit Hana. Et…Deidara

Pourquoi avait-elle toujours du mal à prononcer son nom ?

- Laisse le se battre contre n’importe lequel des Uchihas. dit Kimimaro. Si il survit, il nous foutra la paix. Si il meure, il nous foutra quand même la paix.

- ah…oui, bafouilla t-elle.

Evidemment que oui. Comment cela pouvait-il être non ?

Il écarta une mèche mouillée du visage glacée de la fille de Hatake.

- bienvenue à la maison. murmura t-il.

- et comment vas-tu prévenir Kakashi Hatake ? reprit Hana, qui était visiblement résolue à trouver la petite bête.

- quelqu’un va le prévenir. dit-il.

- et qui ?

Il se tourna vers elle, et lui sourit.

- à ton avis ? dit-il.

Elle se raidit, et pendant un moment, il crut qu’elle allait se rebiffer. Mais elle se contenta de soupirer.

- Evidemment. dit-elle. quand est-ce que je pars ?

- ce soir ?

De cette façon, il aurait la paix…

- et c’est maintenant que tu me préviens ? aboya t-elle.

- J’avais oublié.

C’était vrai. Il avait été obnubilé par cette petite demoiselle au sang-mêlé. Sa copine n’était pas mal non plus, à vrai dire…mais elle était Humaine. Elle se serait cassée comme une poupée entre ses mains.

- oublié ? comment ça ? tu peux m’oublier ?

Hana aboya encore pendant un quart d’heure, et même après qu’il eut promis de ne pas oublier le jour de leur cérémonie de mariage, elle ne se calma pas. Au contraire.

Aussi était-il relativement soulage quand elle sortit.

- mélancolie, mélancolie…chantonna t-il, en effleurant la ligne rose qu’avait laissé la liane contre le cou délicat de la sang-mêlé.

Et quels sangs étaient mêlés…Hatake avait trop vécu avec les nécromants, à se faire passer pour l’un d’eux…

La faiblesse humaine avait toujours repoussé Kimimaro.

Mais là…hé bien, il était content.

 

*

 

- Non !

Anko posa son verre de saké d’un ton brutal. Ses joues commençaient à se colorer de rouge – et les joues de Temari aussi, mais certainement pas pour la bonne raison.

« Ça va mal. » pensa Ino, qui eut aussitôt un sourire amer.

Quel euphémisme, vraiment.

- Vous pouvez repartir d’où vous venez ! dit Anko Mitarashi de sa voix pâteuse de buveuse invétéré.

Curieusement, l’alcool n’avait pas laissé une marque trop hideuse sur son visage. En fait, abstraction faite de sa coiffure et de ses vêtements dégueulasses, elle était jolie…pour une mi-Vampire mi-Youkai. Du point de vue d’Ino, ce mélange était suffisant pour que cette femme soit mise à l’écart de tout.

Mais bon, Shikamaru faisait ce qui lui plaisait – et qui en occurrence déplaisait à Temari.

- Tu crois vraiment qu’on ait pour le plaisir ! cria t-elle, en reposant son verre d’un geste tout aussi brutal – verre évidemment vide, Temari ne gaspillerait jamais un bon saké.

Et cela ne faisait que renforcer l’inquiétude de la belle Ino : une Temari ivre était une Temari encore plus encline à tirer son éventail.

- Vous devez essayer de nous écouter. dit-elle. Shikamaru vous tend la main…

- Vous croyez que je me laisserai commander par un gamin ! aboya Anko, qui visiblement ne voulait rien entendre. Un gamin humain ? Pour qui vous me prenez ?

- Une bâtarde au sang-mêlé ? répliqua Temari, la main crispée sur son éventail.

Anko pâlit considérablement, et Ino pouvait presque voir le sang qui montait à son cerveau.

- Ce n’est pas ce que pense Shikamaru. dit précipitamment Ino, mais elle savait qu’aucune des deux femmes ne l’écoutait.

Cette mission diplomatique était en train de tourner court.

En fait, selon Ino, Shikamaru n’aurait même pas dû s’embarrasser de la phase discussion, et aurait dû aller directement à la partie ramenez la par la force si nécessaire.

Pourquoi un Nécromant voulait-il la fille d’un Vampire et d’une Youkai ?

« Genre, Shikamaru va partager ses secrets avec moi. » se dit-elle, amère, préparant mentalement son incantation d’enfermement.

Elle espérait que Temari ne ferait pas s’envoler tout ce château de pierre…

On frappa deux coups à la porte, les faisant toutes tressaillir.

- Quoi ? aboya Anko – parlait-elle, seulement ?

La porte s’ouvrit, et une répugnante créature mi-humanoïde mi-araignée apparut.

Ino resta de marbre, mais pensa très fort un beurk horrifié.

- Hé bien quoi ? rugit Anko, comme la créature hésitait.

Donc, même une paria youkai avait des serviteurs. Le système des castes Youkai était quand même intéressant…bien qu’elle sache que Lee était bien loin de partager son intérêt pour l’étude des civilisations, Ino se promit de lui en toucher un mot.

- Les deux Vampires se rapprochent, madame. dit la créature.

Anko se raidit, et Ino lui jeta un regard en biais.

- les deux Vampires ? fit Temari.

- ça ne vous regarde pas, dit froidement Anko.

Mais Ino n’était pas du genre à demander l’autorisation. Elle plissa les yeux, se concentrant sur le visage d’Anko. La vitesse avec laquelle la Vampire remarqua son intrusion et ferma ses pensées la surprit, mais elle avait eu le temps de voir un visage qui li était familier.

Sai.

« Sai. » se répéta t-elle hébétée.

Sai s’approchait de cet endroit perdu…avec qui ?

- espèce de garce ! s’exclama Anko, en tirant un kunai de sa poche.

La lame heurta l’éventail de Temari, et la Vampire bondit en arrière. Ses yeux noirs jetaient des éclairs.

- Vous n’êtes pas les bienvenues ici. dit-elle d’une voix qui avait retrouvé sa fermeté.

- Madame…gémit la créature, avant d’être propulsé en avant par un coup de pied.

- dégage ! fit une voix rauque. Anko ? T’es où ?

Deux silhouettes apparurent dans l’embrasure. Non – trois, l’une d’elle étant posé sur les épaules de…

Ino sentit ses yeux s’écarquiller, alors que deux yeux nacrés tout aussi stupéfaits se posaient sur elle.

Hinata Hyuuga.

Hinata Hyuuga, qui était supposée être dans la forteresse des Tourbillons…que faisait-elle ici ? Les yeux bleus de Ino dérivèrent lentement, son cœur battant la chamade.

Il y avait le jeune Kiba Inuzuka, cousin au quatrième degré de Naruto Uzumaki, celui par qui les Youkai avaient infiltré et momentanément pris Konoha…un prétendant au trône des Tourbillons. Ino s’en souvenait pour avoir étudié avec soin le dossier de ce beau jeune homme – heu, Youkai.

Elle ne connaissait pas le troisième.

- I…no. souffla Hinata, et Ino sentit son sang se glacer dans ses veines.

- Kiba ? fit Anko, surprise. Qu’est ce…t’es pas occupé avec une Vampire qui…ne me dis pas que t’as fait ça ? rugit-elle.

Ino songea stupidement que c’était agréable de l’entendre crier sur quelqu’un d’autre.

- Ino. répéta Hinata, comme hébétée.

- Princesse. dit doucement la blonde.

- Tu la connais ? fit Temari, yeux plissés. Une Vamp…merde, lâcha t-elle, comme si elle venait de comprendre.

Pour un imprévu, c’en était un, et un beau. Ino pouvait presque sentir sa couverture brûler autour d’elle…mais tout n’était pas perdu.

- Hé bien…pouvons nous avoir encore un peu de saké ? demanda t-elle, avec un sourire lumineux.

Le moins qu’on pouvait dire, c’est que l’idée de Sai approchant avec un Vampire inconnu n’avait pas occupé longtemps la tête de la liste de ses inquiétudes.

- et par pitié, Temari, pose cet éventail. murmura t-elle.

Comme si Temari allait l’écouter.

 

*

 

POV SAKURA

 

Elle n’était pas là.

Le soleil se levait lentement au-dessus des arbres sinistres. J’avais passé des heures à chercher entre les ronces, entre les buissons, j’avais nagé jusqu’à la base de la chute…en vain.

Elle n’était pas là.

Comment cela était-il possible ?

Les yeux brûlants de larmes que je refusais de laisser couler, j’écartai une nouvelle branche. Mes mains étaient glacées, mais je continuais à fouiller.

Pourquoi n’était-elle pas là ?

- Sakura…fit une voix douce.

Une main aussi froide et dure que du marbre se posa sur mon épaule, me faisant tressaillir. Sasuke Uchiha me fixait de ses yeux noirs – des yeux remplis de compassion. De l’eau avait mouillé ses cheveux, faisant tomber ses pics autour de son visage blanc.

- Pourquoi… ?

Ma voix me parut cassée. J’avais envie de pleurer. J’allais pleurer.

- J’ai remonté la rivière. dit-il. Et je n’ai rien vu. Il y a peut-être des animaux dans cette forêt qui…

Je me raidis, et il se tut.

- Je suis désolé. dit-il finalement.

- elle est forcément quelque part.

Les larmes emplissaient ma voix de façon palpable.

- elle est forcément…

Il effleura ma joue, et ce fut comme si une digue sombrait : des larmes envahirent mes yeux, roulant sur mes joues.

- qu’est ce que je vais dire à son père ? hoquetais-je. C’est sa fille unique…qu’est ce que je vais faire ? Qu’est ce que je vais faire sans elle ? Elle est forcément quelque part…elle ne peut pas me faire…me faire…

- qu’est ce que je vais dire à Neji ? fit-il à son tour.

- N-Neji… murmurai-je.

Neji quoi ?

- Il ne va rien vous arriver. promit-il. Je…

Un air embarrassé passa sur son visage, et je le vis distinctement ravaler la phrase qu’il avait au bout de la langue. À la place, il me prit dans ses bras. Son corps était glacé contre le mien. Mais les bras qui entouraient mes épaules n’avaient rien d’hostile.

- Il est normal de pleurer une amie. me dit-il doucement. Il ne vous arrivera rien…je…je veillerai sur vois. acheva t-il dans un souffle maladroit.

Tenten.

Il veillerait sur moi ?

Un sourire amer naquit sur mes lèvres, entre mes larmes.

Et qui veillerait sur lui ? Qui le protégerait de moi ?

« Je sais que tu m’entends » fis-je, en pensant à Tenten. « Prends soin de toi…je te trouverai. »

Elle n’était pas morte. J’étais nécromancienne, et je ne la sentais pas morte. Alors non, elle vivait.

Elle vivait.

Je fermai les yeux, et me laissai aller contre l’épaule de celui dont j’avais juré la mort. En cet instant, je ne voulais pas le tuer…je voulais sa protection.

 

Blabla de l’auteure

 

Je suis sûre qu’il y a des fautes horribles, j’envoie tout à Tookuni dès que je peux. J’espère que cela ne gâche pas la lecture.

Pour finir, une amie m’a dit – tu leur montres comment on est starbé ? Fais leur un peu les blagues stupides qui jaillissent un peu partout en cette période de révision…donc je me lance :

1 – celle la, je suis sûre que plein la connaissent. Commençons par la crème vanille pour aller vers le caviar…PS : peu de ces blagues sont drôles, en fait. Alors voilà :

Ricardo et Smith sont sur un bateau. Ricardo tombe à l’eau. Qui l’a poussé ?

Envoyez vos réponses par commentaire – non, ce n’est pas une méthode honteuse pour en avoir…mais je compte sur vous !