The Marches of The Start

par Llevann

Llevann is back, avec tant de retard qu’elle mériterait effectivement une bonne baffe, et cette fois, je reconnais solennellement que je n’aie aucune excuse – à part un devoir de maths, une disserte…bah j’arrête, aucune excuse on avait dit.

Très bien.

Voilà la suite, j’espère qu’elle ne vous décevra pas.

 

Le lendemain, je m’éveillai d’une curieuse bonne humeur pour une femme dont l’intimité avait été violé par un monstre…un monstre incroyablement sexy, avec des yeux si noirs que…hé !

Je me pinçai la joue sous le coup de l’incrédulité.

Il ne me restait plus qu’à lancer des fleurs en scandant le titre – pas le nom, je suis trop jeune pour mourir – de l’Hokage. Encore que, de toutes façons, j’allais sans doute mourir… le rebelle que j’avais rencontré près de la fontaine avait été assez clair sur ce point.

Et puis aussi, l’Hokage était sacrément bien foutu. Et tous les Vampires ne le sont certainement pas…prenez le serpent. Il est peut-être bien bâti, mais son regard donne envie de vomir.

J’avais presque pitié de cette Tayuya…encore que je n’étais pas vraiment triste de ne pas l’avoir revue. Mais connaissant ma chance, maintenant que j’avais pensé à elle, elle allait jaillir dans ma chambre, me traiter de garce, et me demander pourquoi je ne l’avais pas prévenu que le serpent était un salop de sado-masochiste. Mais ma belle, ce n’est pas mon j…

- Ah, mademoiselle !

Je sursautai.

Tayuya ?

Non, mamie. Ma vieille servante se tenait sur le pas de ma porte, le visage rougi par l’effort, les mains tenant une vieille boîte.

- Salut, mamie. dis-je, avec un sourire. Je prends une douche, et je vais chez Tenten. annonçai-je.

D’abord, je voulais savoir le fond de cette histoire avec Hyuuga. Et puis, ne devrions nous pas tous rester ensemble pour éviter…

- L’Hokage reçoit des invités imprévus cet après-midi. répliqua mamie. Vous devez être prête.

- Hein ?

Surprise, je m’immobilisai à mi-chemin entre la salle de bains et mon lit.

- Prête ? répétai-je. Comment ça ?

- Toutes les concubines dont le nom est sur la liste publiée ce matin doivent faire un rang d’honneur sur les Marches de l’Infini. dit mamie, fébrile, en posant la boîte sur le lit. J’ai l’impression que le nom de toutes les concubines humaines est sur la liste. Mademoiselle Karin veut vous voir à midi.

Karin ?

La bonne vieille Vampire ?

Hein ?

- A…attendez. fis-je, en essayant de suivre son discours.

- Je vous ai choisi une tenue. dit-elle sans s’arrêter. Un hanfu, ils appellent ça. Je suis sûre que ça ira…

- MAMIE !

Elle tressaillit, frôla peut-être la crise cardiaque, mais me regarda enfin.

- Quand vous dîtes un visiteur, vous voulez dire un Uchiha ? demandai-je lentement.

Je concevais de vivre sous le toit d’un seul Uchiha…mais de plusieurs ? Pas question. Mes nerfs lâcheraient, je craquerais, je serais repérée…quand je vis le regard de mamie se remplir de larmes, je crus que j’allais me jeter par la fenêtre, histoire d’en finir au plus vite.

Mais sa réponse m’empêcha de commettre cet acte désespéré.

- Je ne sais pas. dit-elle lentement. Honnêtement, je ne sais pas.

- Hein ?

J’étais de plus en plus perdue. Comme tout le monde, je déteste avancer en terrain inconnu. Surtout si ma vie est en jeu…ce qui était le cas.

- Ils ont en train de nettoyer partout, d’ajouter des plantes, d’en arracher d’autres…

Elle baissa la voix, prenant un ton de conspiratrice.

- On raconte que Karin elle-même supervise la cuisine. dit-elle lentement.

Bon.

Ils invitaient des gens qu’ils voulaient empoisonner…

- Trois cent litres de sang et assez de viande pour nourrir une armée. dit-elle rapidement.

Je bloquai sur les trois cents litres de sang. Trois cents. Combien d’Humains étaient mort égorgés pour qu’ils puissent avoir trois cent litre de sang ? Combien de litres possédaient un humain ? Sept ? Huit ? Des centaines de morts ? Je me sentis soudain nauséeuse, et me rapprochai du lit au cas où.

Pas pour vomir, hein. Pour m’évanouir.

- Mais qui attendent-ils ? demanda mamie à voix haute, plus pour elle-même que pour moi. En tous cas, il nous reste deux heures pour vous préparer…pourquoi avoir dormi si longtemps ? Ça ne vous ressemble pas ?

- Je crois que…je me ramollis. dis-je sans vraiment considérer la réponse.

Les Vampires attendaient des visiteurs de marque. Peut-être pour l’exécution des prisonniers ?

Certes, mamie avait dit inattendus. Mais qu’en savait-elle ? Je doutais fortement que l’Hokage soit du genre à parler politique avec les humains damnés et collabos qui le servaient. Sauf peut-être avec cet enfoiré de Shikamaru. La honte soit sur lui.

- Votre bain ! hurla mamie, les yeux presque hors des orbites.

Je sus aussitôt que j’allais passé un mauvais moment.

 

Deux heures plus tard, mes prévisions s’avérèrent…en dessous de la vérité. Mamie ne me laissa même pas prendre mon bain toute seule.

À cette pensée, mes joues s’enflammèrent. Plus jamais ça. Ensuite, en comparaison de ce splendide hanfu, le kimono était facile à porter. La coiffure sur ma tête avait été tellement difficile à faire que j’avais l’impression que mon cuir chevelu était en feu.

- Ne tripotez pas ! fit mamie, comme je tripotai les ornements en forme de fleurs de pêchers enfoncés dans ma coiffure.

Elle sautillait autour de moi, cherchant la petite bête. La petite bête, selon moi, était ces châles, ces manches trop longues, ces…raah ! Le fait que je ne sache pas ce qui se passait, aussi. Tout ça !

- Bon.

Mamie jeta un regard nerveux à la montre.

- Presque midi. dit-elle. On y va.

- Une seconde.

Pas question que j’aille là-bas le ventre vide.

- Je pourrai manger quelque chose ? demandai-je, avec un sourire.

- Mais…

- Je risquerais de m’évanouir.

Mamie avait l’air au bord des larmes, et je ne cédai pas. Quand j’eus englouti le contenu de mon plateau, un bavoir autour du cou comme un bébé – humiliant, ça aussi – il était midi passé de vingt minutes.

Certes, mamie avait raison. Karin serait furieuse. Mais j’avais vraiment faim. Je dus encore me brosser les dents avant qu’on puisse enfin – enfin au sens de mamie, moi je n’étais pas pressée – partir.

Nous traversâmes de nombreux couloirs, mamie presque au pas de course, moi luttant contre mon vêtement pour ne pas la perdre.

Finalement, on arriva à destination. Et la destination en question était un immense salon au plafond extraordinairement haut, décoré de petits anges qui à mon sens n’avaient rien, mais alors rien, à faire ici.

- Vous êtes en retard.

Karin surgit devant nous, de nulle part, comme la sorcière qu’elle était. Elle avait un charme indéniable, dans son incroyable robe rose…une robe à froufrous – imaginez la robe de Ziyi Zhang lors de la fête du printemps pour l’année du rat…pas ça quand même ^^’’ – qui semblait avoir été faite pour un ange…pas pour elle.

- Midi trente. dit-elle, sans regarder sa montre – à savoir si elle en avait une. Quelle heue avais-je dit ?

Mamie recula instinctivement. Il faut dire que Karin avait l’air effrayante…

- C’est de ma faute. dis-je, avec un sourire crispé. Je…

- Je ne vous parlais pas. dit-elle sans me regarder. Allez rejoindre vos amies.

Mes amies ?

Je regardai la foule de concubines qui murmuraient avec excitation sous le plafond haut. Je reconnus aussitôt Tayuya…peut-être parce qu’elle me regardait avec ce regard moqueur.

Elle s’estimait sans doute plus jolie que moi dans sa robe violette. Je suis peut-être moche, mais je ne porte pas du violet, moi.

- C’est vraiment de ma faute. insistai-je. Grondez moi. Elle n’y est pour rien.

Karin me décocha enfin un regard.

Ce n’était pas un regard mauvais, comme je m’y étais attendue, mais plutôt un regard exaspéré.

- Vous n’avez pas changé, hein ? dit-elle d’une voix neutre. Je suppose qu’être dans les bonnes grâces de l’Hokage vous a donné la grosse tête…

Sur ce, elle fit volte-face et se dirigea d’un pas presque martial, incongru dans sa robe somptueuse, vers un buffet où elle attrapa un verre rempli de je ne voulais pas savoir quoi de rouge et de visqueux. Quand elle se mit à boire, je détournai la tête.

- Je rêve, où elle nous a laissé nous en tirer à bon compte ? fis-je.

Mamie ne répondit pas. Elle me regardait avec des yeux remplis de larmes de reconnaissance.

- Merci…chuchota t-elle. Mademoiselle est grande, et généreuse, et c’est un honneur de la servir.

- Heu…

Je la regardai, estomaquée.

- Mais ce n’était pas de votre faute…fis-je.

N’empêche qu’elle me regardait toujours comme si elle mourrait d’envie de m’embrasser, et que seule la pensée de mon maquillage l’empêchait de se jeter sur moi.

- Hé, Sakura ! fit une voix excitée, brisant net une atmosphère fort embarrassante.

Je me tournai aussitôt vers mon sauveur, dont la voix m’était connue depuis mon enfance. Tenten ne se gênai pas pour courir, malgré son encombrant kimono blanc.

- Tu te rends compte ? fit-elle, en écartant les bras pour me faire admirer les manches, brodés d’un ravissant symbole pâle.

Quel beau kimono.

- Il est ravissant. dis-je, avec un sourire.

- Quoi ?

Pendant un moment, je crus qu’elle allait m’arracher les yeux.

- Ils m’ont foutu les armoiries des Hyuuga, et tu trouves ça ravissant ? brailla t-elle, en marchant vers moi comme vers sa pire ennemie.

- M…mademoiselle…

Sa mamie, qui l’avait finalement rattrapé, l’immobilisa en respirant bruyamment.

- Je constate que tu es plus en retard que moi. dis-je, avec un évident souci de changer de conversation.

Quand Tenten a le regard qu’elle me servait, il fallait s’attendre au pire…

- Je ne voulais pas mettre cette horreur. dit-elle. Toi, il est superbe. Un hanfu, hein ? Houlala… il doit coûter les yeux de la tête…et même plus. Pourquoi j’ai les armoiries Hyuuga, hein ?

Peut-être parce que c’était la concubine d’un Hyuuga…

- Je ne sais pas. dis-je.

- Toi, tu n’as pas les armoiries Uchiha. Pourquoi moi ?

Peut-être parce que Hyuuga était plus possessif que Uchiha…

- Je ne sais…

- ça va, j’ai compris. coupa t-elle. Tu viens, je meurs de faim.

Et sans attendre ma réponse, elle me traîna vers un buffet, sans accorder un regard à Karin qui la gratifiait d’un regard assassin.

Si j’avais su qu’il y avait autant de gâteaux, je n’aurais pas torturer mamie… Sans paraître se soucier de sa robe, Tenten attrapa un splendide éclair au chocolat.

- Toujours aussi vulgaire. fit une voix narquoise derrière nous.

Tayuya la violette se dirigeait en se déhanchant vers nous. Ses talons aiguilles me donnèrent la migraine.

- Tu es qui, toi ? fit Tenten, l’air honnêtement perplexe.

Tayuya eut l’air de recevoir une gifle. C’est dans ces moments là que j’adore Tenten.

- Parce qu’on est la nouvelle chouchoute de Hyuuga, on se croit tout permis, hein ? siffla t-elle. Je te préviens, un jour le Seigneur Orochimaru…

- Il n’est même pas noble. coupa Tenten. Tu es à lui ? Pauvre chérie…tu veux un gâteau…

Je faillis m’étouffer de rire…et Tenten avait l’air si sincèrement désolée…

Tayuya le prit, évidemment, pour une insulte personnelle. Elle pivota sur ses hauts talons et s’éloigna.

- Tenten ! fis-je, avant d’éclater de rire.

Mon amie me regarda, perplexe.

- quoi ? dit-elle. On connaît cette fille ?

Pendant un moment, je pensais à lui expliquer…mais j’y renonçai.

- Laisse tomber. dis-je. Dis moi plutôt…ta nuit ?

- Bah quoi ?

Elle mordit dans son éclair.

- J’ai dormi. dit-elle finalement. Malgré l’intrus.

- Il ne s’est rien passé ? insistai-je.

Je ne pouvais pas croire qu’un homme sain d’esprit partagerait le lit de mon amie sans…sans être tenté, quoi !

- Bah…deux ou trois bisous…

Vu la couleur de ses joues, ce n’était pas deux ou trois bisous innocents…

- Et…commença t-elle.

- Tu sais pourquoi on est ici ? coupai-je, avant le toi fatidique.

- Moi ? Bien sûr que non. fit-elle.

Alleluia, elle avait mordu à l’hameçon.

- Mamie ne savait rien…franchement ? J’en ai marre d’être trimballée comme ça…

- Tu n’avais qu’à pas me suivre.

Elle me fusilla du regard, comme il se doit.

- Ecoute bien, Rosie…

- Bien, nous partons dans trois minutes. coupa la voix douce d’Ino, me sauvant ainsi.

Ino ?

Je me tournai, et aperçut la blonde, aussi jolie que d’ordinaire.

- Comme vous le savez, nous recevons des invités importants, aujourd’hui…tâchez d’être souriantes ! dit-elle, elle-même pas mal souriante. Répartissez vous par groupe de deux, et suivez nous, s’il vous plaît…par cette porte.

- Elle, elle doit savoir. dit Tenten, en s’essuyant les mains sur une serviette.

C’était exactement ce que je pensais.

- Hé, salut vous deux ! fit-elle, quand elle nous vit. Belle journée…pas trop de soleil, et il fait bon…

- qu’est ce qui se passe, Ino ? demanda Tenten.

Les fioritures n’ont jamais été son fort.

- Pourquoi on nous envoie là-bas ? renchéris-je.

- Pour faire joli, évidemment. dit Ino, toujours souriante.

- Oui, ça on avait compris. fit Tenten. Mais qui on reçoit ?

- Honnêtement…aucun idée. Des Vampires, et des Humains, peut-être. dit-elle.

J’écarquillai les yeux.

- Tu ne sais pas ? m’exclamai-je.

- Non.

- Tu te moques de nous ? fit Tenten, aussi dubitative que moi.

- Et pourquoi je ferais ça ? murmura Ino. On m’a réveillé au beau milieu de la nuit pour me balancer des dossiers, je n’ai pas dormi, tout ça à cause de ce sale flemmard même pas foutu de me dire pourquoi je devais sacrifier ma nuit de sommeil.

Sa voix s’était faite amère.

- Sérieux, y en a marre de bosser pour lui, merde ! s’exclama t-elle.

- Ino.

Karin nous observait, l’air agacé.

- On a pas le temps, dépêchez vous. dit-elle. Ce n’est pas le moment de se poser des questions métaphysiques.

Tenten me lança un regard éloquent, et nous passâmes la porte sans faire d’histoires. Le ciel était très bleu, et de petits attelages à chevaux humains partaient de la vaste cour rempli de peupliers et de citronniers en pot.

En essayant de ne pas regarder les malheureux qui allaient devoir nous tirer, je montai dans la cabine feutrée, imitée par Tenten.

- C’est curieux, quand même. fit-elle, comme l’attelage se mettait en marche. Elle non plus ne sait rien.

- ça ne veut pas forcément dire que ce qui se prépare est mauvais. dis-je, essayant d’avoir l’air positive.

Tenten me donna un coup furieux dans les côtes, m’arrachant un gémissement.

- Ça veut dire que c’est top secret, ce qui peut vouloir dire que les Vampires préparent quelque chose de mauvais contre notre race, dit-elle rapidement.

- Pas si fort…suppliai-je. Et si le type t’entendait ?

- Trop épais. dit-elle, en tapant contre le bois d’intérieur. C’est sûrement mauvais pour nous…et par nous, je veux dire l’Humanité.

- Pas forcément, m’entêtai-je. Et de toutes façons, on ne peut rien faire…si ?

- non. reconnut-elle. Sauf essayer de deviner à l’allure des invités…en somme, on ne peut rien faire. Merde !

Et son poing alla s’écraser contre le bois d’intérieur si épais. Il était vraiment épais, puisque le coureur ne s’immobilisa pas.

- Calme toi. dis-je. Fais comme moi…

- Vraiment ? ironisa t-elle.

- Hé !

Elle venait de plaquer sa main contre mon sein gauche.

- Qu’est ce que j’entends ? chantonna t-elle. Un petit cœur qui bat très fort…

- Vire tes mains de là ! m’exclamai-je, en la repoussant.

Comme il fallait s’y attendre, nous nous mîmes à nous chatouiller comme des folles, et quand le coureur cessa enfin de courir, nous étions de rire comme des gamines.

- Chut ! fit Tenten, en plaquant une main sur sa bouche pour contrôler les hoquets.

Effectivement, j’eus à peine le temps de virer de ses genoux qu’un type en livrée blanche – décidément pas le coureur – ouvrit la porte.

- Mesdemoiselles. dit-il.

Tenten lui fit un sourire tellement niais que je ne pus m’empêcher de glousser. Le type ne devait pas avoir une grande opinion des concubines, car il resta de marbre, sa main toujours tendue pour nous aider à descendre. Devant nous s’étendait un splendide escalier de marbre, menant à une porte en bronze poli. De chaque côté du battant, planté dans le sol, la bannière des Uchiha.

- Wow…fit Tenten. Une place pareille…dans le carré interdit ?

Nos amies gravissaient les marches, tâches colorées dans cet environnement aussi imposant que martial.

- Vous êtes ? demanda l’homme en livrée, en tirant un petit calepin de sa poche.

- Sakura Haruno et Hatake Tenten. répondis-je, sans le regarder.

- Hum…Haruno…Sakura…première marche en partant de la Porte de l’Infini.

- Première…quoi ?

Je me tournai vers lui, choquée.

- Première marche…répéta t-il mécaniquement.

- Oui, je sais, je ne suis pas idiote. coupai-je avec humeur. Je vais monter…toutes les marches ?

- Il y en a 777 exactement. dit-il, avec un sourire.

777…troptroptrop !

- Hatake Tenten…juste en face de mademoiselle Haruno.

- Vous voulez nous faire monter sept sept sept marches ? s’exclama Tenten. Non mais vous êtes fous ?

- Il y a des funiculaires, sur les côtés. fit l’homme, qui semblait jouir de sa position de force.

- Heureusement pour vous. dit Tenten. Où ils sont ?

Avec un sourire moqueur que j’aurais aimé lui faire ravaler, il nous y conduisit. Les élégantes et agréables petites machines nous transportèrent très haut, très, très haut.

- C’est magnifique. dit Tenten, en regardant autour d’elle.

J’ai toujours eu horreur de l’altitude  aussi ne l’imitai-je pas.

Finalement, l’engin nommé funiculaire s’immobilisa, et une jolie humaine en livrée nous tendit les mains, sourire aux lèvres.

Des collabos, partout.

Mais aujourd’hui, c’était le dernier de mes soucis. Nous étions placées tout près de la porte. Tayuya était déjà sur la marche juste en dessous de la nôtre…près de Tenten.

- Tiens, tiens…comme on se retrouve…fit-elle, souriante.

Cette fille avait vraiment quelque chose contre nous.

- Reste sur ta marche et ferme la. coupai-je.

- Tu te crois futée parce que tu es au dessus ? ricana t-elle.

- En tous cas, toi, tu es en dessous. dis-je.

La fille en face de Tayuya, près de moi, éclata de rire.

- La ferme, Yuki…siffla Tayuya.

- Tu l’as cherché, fit Yuki, en me souriant.

Mais son regard restait froid…comme si elle me jaugeait.

Elle non plus, je ne l’aimais pas. Je n’aimais pas cet endroit. Je voulais rentrer.

- Vous vous connaissez ? demanda Tenten, en dépliant l’ombrelle que la jeune femme en livrée lui tendait.

- Nous servons toutes les deux le même seigneur. dit Yuki. Vous êtes Sakura, pas vrai ? Vous êtes vraiment jolie.

D’ordinaire, quand les gens vous font un compliment, vous gloussez stupidement. Mais en cet instant précis, j’avais presque pitié de Tayuya qui devait fréquenter cette fille au sourire facile mais au regard aussi fourbe que son maître.

- Si ça se trouve, fit une petite blonde en dessous, ce seront des Nécromants !

Je sursautai – mais Tenten se contrôla parfaitement.

- Je croyais qu’ils étaient tous morts ? demanda t-elle. Que c’était des ennemis de l’Empire ?

- Bah, je ne sais pas…fit la blonde que je n’arrivais pas à voir.

- Cessez de dire des bêtises. dit Yuki, toute gentillesse envolée. Vous êtes vraiment trop stupide…

Et elle se tourna à nouveau vers moi, obséquieuse.

- On raconte que vous allez peut-être supplanter Konan ? chuchota t-elle.

Supplanter Konan ? ahaha !

En tous cas, si je le faisais, je suis sûre que Yuki serait heureuse de me supplanter moi.

- Peut-être devrions nous prendre une tasse de thé ensemble ? insista t-elle devant mon mutisme.

À cet instant, les deux gros battants s’ouvrirent, la faisant taire.

Ma main se crispa sur le manche de mon ombrelle pourpre, comme mon hanfu. Un splendide palais aux tuiles jaune impérial apparut. Devant lui, toute une armada d’officiels en tenue d’apparat. Je reconnus sans peine Ino, et à côte d’elle, le flemmard de ses cauchemars. Malgré sa tenue somptueuse, il semblait venir de se réveiller…et curieusement, ce côté…fouillis lui donnait la classe. Il y avait également Orochimaru, et Konan.

Plus haut que moi, évidemment.

Quel message fort…sauf que je m’en fichais.

J’eus à peine le temps d’échanger un regard avec Tenten qu’une horrible trompette militaire retentit. Comme toutes les filles, mon regard se porta aussitôt vers le bas des marches…sauf que j’étais trop haut placée. Je ne voyais strictement rien.

Mon cœur se mit à battre la chamade.

Quel Uchiha ? Pas Uchiha Fugaku, quand même ? L’un de ses acolytes ? Qui ?

Les minutes s’écoulèrent lentement.

J’avais presque pitié des invités…évidemment, gravir 777 marches n’était pas vraiment éreintant pour des Vampires.

Finalement, je pus apercevoir les premières têtes. Des Vampires, en grande tenue, armes au poing.

Des gardes.

Ils passèrent devant nous le regard fixe, comme il convient pour de bons toutous bien dressés. Puis, un Vampire à l’air calme et détaché, les cheveux noirs, les yeux bruns, l’éventail des Uchiha dans le dos, la calotte des émissaires sur la tête, tenant une sorte de rouleau.

Tout ce cérémonial m’échappait complètement…aussi décidai-je de cesser de les dévisager en souriant bêtement, comme mes amies.

« Sakura ! » fit soudain la voix de Tenten dans ma tête.

Elle souriait elle aussi, mas regardait quelque chose.

Quand je l’imitai, je retins à grand-peine un hurlement.

Dans la ville, il y a peu d’animaux. Dans les ghettos, à part les chiens faméliques, on compte les animaux sur le bout des doigts. Et en raison de ces chiens faméliques qui ont tendance à essayer d’arracher les mollets de tous ceux qui les croisent, j’ai peur des chiens…

Aussi l’énorme animal qui gravissait les marches ne me rassurait pas du tout. Il avait des triangles rouges sur chaque mâchoire, un regard dur et martial, d’immenses pattes et une fourrure épaisse…un frisson parcourut le rang des filles, et même les Vampires qui marchaient autour n’avaient pas l’air à l’aise.

Tu m’étonnes.

« Loup » fit la voix de Tenten dans ma tête.

L…loup ?

J’écarquillai les yeux malgré moi.

Loup ?

Mais les loups avaient disparu bien avant l’avènement des Vampires…selon les livres, du moins.

Un loup ?

Quand il passa devant moi, je dus me faire violence pour ne pas bondir en arrière.

« Sakura… »

Tenten regardait derrière le loup. Un jeune homme avançait lentement, l’air princier, comme si le fait d’avoir gravi 777 marches ne représentait rien pour lui. Il semblait vêtu pour des températures glaciales : un épais blouson doublé d’un épaisse fourrure blanche, dont le capuchon rejeté en arrière laissait voir des cheveux bruns en bataille.

En tous cas, le soleil n’avait pas l’air de le gêner… lui aussi avait des triangles rouges renversés sur chaque joue. Un air insolent flottait sur son visage, et il ne se gênait pas pour dévisager les filles. Quand nos regards s’accrochèrent, je frissonnai.

En guise de pupille, il avait deux fentes brunes, menaçantes.

L’aura autour d’elle n’était pas humaine. Ce n’était pas un Vampire non plus…curieusement, ça se rapprochait de celle de quelqu’un que je connaissais. Une petite bombe blonde. Naruto.

Mais cette aura ci avait l’air plus effrayante, plus belliqueuse…

Un lent sourire étira les lèvres du jeune homme, dévoilant des crocs saillants, trop larges à la base pour être ceux d’un Vampire. Une main aux ongles longs, non, aux griffes acérés caressa la tête d’un chiot/louveteau dont la tête dépassait de son blouson, et qui jappa pour montrer son approbation.

« Sakura… »

Il me regardait toujours. Finalement, il détourna le regard, et alla rejoindre le loup géant.

« Sakura, ce n’est pas un humain… »

Oui, je le savais. Même que j’avais une petite idée…une idée totalement ahurissante…je délirais…

« C’est un Youkai. Un Daiyoukai, exactement. Un Loup. »

Je le savais.

 

Voili, il est plus long que les deux précédents, je crois…désolée d’avance pour les fautes insolentes qui m’auraient échappé, les coquines.

Les personnages sont – enfin – en train d’arriver, la roue du destin se met en place…hihi, j’arrête le délire.

He oui, je sais que le Inu d’Inuzuka signifie chien, mais je suis désolée, je trouve qu’un loup, c’est plus effrayant qu’un chien…vous aviez deviné que c’était Kiba, non ? Non ? Ah…désolée, alors…

Bon bref.

Désolée encore du retard, merci de m’avoir lu, et n’hésitez pas à poster des commz – coups de cœur, coups de gueule ou moqueries…