Le Diable et la Malédiction

par Llevann

Combien de temps restai-je enfermée dans ce cabinet…je préfères ne pas y songer.

Les bruits dehors s’intensifiaient par vague, avant de décroître, et quand on y pensait plus, elle reprenait de plus belle.

Apparemment, les rebelles étaient décidés à ne pas se laisser faire.

Tant mieux.

Tant mieux ?

Tu parles. Si jamais ils se faisaient massacrer…je déglutis difficilement, et jetai pour la n-ième fois un regard par-dessus mon épaule. Le truc gris – Ah-ko – me regardait avec ses yeux globuleux et transparents. Curieusement, je n’avais pas peur – je reconnais qu’il n’est pas très effrayant.

Mais j’étais par contre prodigieusement agacée.

Sur cette table, il y avait des papiers appartenant à l’Hokage. Ça pouvait être juste les règles du Monopoly, mais ça pouvait être aussi autre chose…quelque chose de plus…intéressant.

Et ce fantôme m’empêchait d’y jeter un coup d’œil.

Je ne savais pas comment exorciser un fantôme…sinon ce serait fait depuis longtemps. Etait-ce seulement un fantôme ?

- Dîtes Ah-ko, fis-je d’une voix mielleuse. Ça t’embêterait de venir par ici ?

À ma grande surprise, il se tassa sur lui-même, et ne répondit pas.

Une nouvelle vague d’agacement me submergea. Je n’étais pas effrayante à ce point ! pensais-je, alors mes doigts se crispaient.

- Hé, Ah-ko, commençais-je d’une voix beaucoup moins douce.

Mais je n’eus pas le temps de finir ma phrase.

Il y eut un déclic, et j’entendis le battant pivoter sur ses gonds.

Mon cœur fit alors un bond titanesque, et je me redressai légèrement. L’Hokage…était de retour ? Maintenant que j’y pensais…je tendis l’oreille.

Il n y avait plus le moindre bruit.

Etait-ce fini ? Avaient-ils déjà échoué ? Etait-ce…

Le battant pivota totalement sur ses gonds…et non pas une, mais deux silhouettes se découpèrent dans l’encadrement.

- Franchement, pourquoi il l’a laissé ici ? fit une voix somnolente. Avec cette fille, en plus ? Galère…

- Son Altesse a laissé Ah-ko pour le surveiller. répliqua une voix sirupeuse que j’analysai sans aucun problème.

Orochimru.

Mon cœur s’emballa.

Le serpent était là…avec…le conseiller à l’air endormi.

Instinctivement, je me redressai encore plus, essayant de me donner un visage neutre. Mais allez essayer d’avoir un visage neutre quand en face de vous, vous avez un regard aussi lourd que celui du serpent.

En parlant du regard, celui-ci me scruta attentivement, la bouche entrouverte…bon sang…j’avais presque pitié de cette Tayuya.

- Hé oh, conseiller Orochimaru. fit l’endormi, avec un sourire lent. On a pas le temps.

Orochimaru eut un sourire qui révéla des canines anormalement longues.

- Messieurs. fis-je d’une voix étouffée, en baissant la tête.

Je me sentais curieusement…sans défense. D’un côté, je savais qu’Orochimaru n’oserait pas lever la main sur moi. J’étais à son maître. Mais ce regard…cette insistance…

« Du calme, Sakura. » me dis-je.

Ce n’était qu’un serpent, après tout.

J’entendis des pas légers, et levant timidement les yeux, je vis le conseiller Nara – c’était ça, n’est ce pas ? – se diriger vers une armoire, dans la serrure de laquelle il glissa une petite clé dorée. Finalement, il en sortit une petite boîte carrée.

- Laisser son sceau traîner n’importe où. marmonna Nara. Ne vous étonnez pas si il se le fait voler.

Il revint vers Orochimaru, qui n’avait pas bougé. Me regardait-il ? Honnêtement, je préférais ne rien savoir.

- Toi, la fille. fit Nara d’une voix traînante.

Hein ?

Sous le coup de la surprise, je relevai la tête.

On pouvait dire qu’il avait une drôle de façon d’appeler les gens.

- Je m’appelle Sakura. fis-je sans réfléchir.

- Ah ouais ? Tu crois que je m’en soucie ? fit-il, narquois. J’enverrai quelqu’un te chercher dans quelques temps.

Dans quelques temps.

Sans savoir pourquoi, je ne pus m’empêcher de penser que le dans quelques temps équivalait à un si je m’en souviens.

- Je peux rentrer toute seule. répliquai-je, en me levant.

La tête baissé avec humilité, bien sûr.

Mais ce collabo me donnait la chair de poule. Non seulement il fraternisait avec l’assassin de son peuple, mais il avait ce petit air arrogant…que je détestais cordialement.

Je détestais les collabos arrogants.

- Sûr ? fit-il. D’accord.

Hein ?

À nouveau surprise, je levai brusquement la tête.

- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. fit la voix sirupeuse du serpent.

Tiens, je l’avais oublié, lui.

Comment avais-je pu l’oublier, vraiment ?

Quand mes yeux croisèrent ses yeux verts, aussi boueux que les marécages de Kakashi-sensei, ma tête se baissa d’elle-même.

- Je ne pense pas qu’elle connaisse le chemin. reprit-il.

Un point pour lui.

Mais je préférais errer dans les couloirs plutôt que de rester enfermée ici. Je n’en pouvais plus d’être enfermée ici.

- Elle dit qu’elle va se débrouiller, alors c’est quoi le problème ? fit Nara, dans ce qui semblait être un bâillement. Galère…Orochimaru. Bon…Ah-ko.

- Q…quoi ? bégaya le petit être.

- Raccompagne la chez la sirène qu’est toujours de mauvaise humeur. fit Shikamaru. Qu’on ne perde pas trop de temps avec ces conneries.

Sur ce, il fit volte-face.

Je restai les yeux sagement baissés, attendant que tous les deux sortent. Mais un souffle glacé vint m’effleurer la joue, me faisant sursauter.

- J’espère que vous n’avez pas eu trop peur. fit une voix mielleuse.

Là, j’avais eu pas mal peur !

- N…non. bégayai-je.

Je sentais les cheveux sur ma nuque se dresser.

Ce type me donnait la chair de poule…il me donnait envie de vomir…il me terrifiait.

- Tant mieux. fit-il, en se redressant. Ç’aurait été dommage. Ah-ko, je compte sur toi.

Je ne l’entendis même pas s’éloigner…Même pour un Vampire, il était trop silencieux.

Bon sang.

Je soupirai, et passai une main dans mes cheveux.

C’était ce que j’appelais une soirée…mon regard dériva, et alla se poser sur l’encadrement de la porte. Le ciel avait toujours cette teinte de sang…les miens avaient perdu.

Un poids immense envahit peu à peu ma poitrine.

Encore perdu contre ces montres…je m’efforçai de ne pas penser à ceux qui étaient morts pour rien, qui attendaient de mourir pour rien. Grâce au ciel, j’étais trop nulle pour sentir la détresse des morts malgré moi.

Pour une fois, j’étais bien contente de mon niveau.

- Heu…mademoiselle…fit une petite voix larmoyante.

Je me tournai, et vit le fantôme qui me regardait avec des yeux terrifiés. Comme si il avait peur que je lui foute un coup de pied. Mais difficile de frapper dans un fantôme, non ?

-Allons-y.  dis-je, en m’efforçant de sourire.

Pauvre petite chose…ce n’était pas gentil de ma part de l’avoir effrayée comme je l’avais fait.

Sans répondre, il me passa devant.

Tandis que nous longions les couloirs plus ou moins déserts, je m’interdisais de regarder à travers les quelques vitres que nous croisions.

Encore un échec…

Je serrai les dents.

Je ne pouvais échouer. Je n’avais pas le droit d’échouer. Je devais trouver un moyen de mener ma mission à bien…peu importait ce moyen.

Mais je devais réussir.

- Merci. fis-je, quand le battant de la sirène eut pivoté sur ses gonds.

Ah-ko eut un air dubitatif…ce n’était pas bien de juger les gens sur les premières impressions…

Mamie et les deux jeunes gamines n’étaient pas encore rentrées. Je me jetai sur mon lit, la tête enfouie dans l’oreiller.

Dans mes plans premiers, je devais être en train de réfléchir à comment parvenir à mes fins. Mais dès que ma tête toucha l’oreiller, je m’endormis.

Lorsque je me réveillai, la journée était pas mal avancée, à en croire le soleil qui filtrait à travers mes rideaux.

- Bon sang. marmonnai-je, en fermant les yeux.

Je n’avais pas réfléchi du tout…Et je n’avais pas envie de me lever.

D’autant plus que ce soir, je devrais supporter les inconditionnels du Diable. Tenten. Tenten ?

Je me redressai aussitôt.

- mademoiselle ? fit aussitôt la voix grêle de ma mamie.

J’écartai les pans des tentures de mon lit pour la découvrir effectivement assise en face de moi.

- Bonjour. dis-je, avec un sourire.

Je ne m’habituerai jamais à voir ce visage au réveil…machinalement, j’essayai de lisser mes mèches désordonnées. Pour mon visage, je ne pouvais pas faire grand-chose…ah, je me détestais au réveil.

- Je suis contente que vous alliez bien. fit la mamie, avec un sourire.

Apparemment, elle s’en voulait de m’avoir laissé m’échapper la veille.

- La situation…est sous contrôle ? demandai-je, plus pour parler qu’autre chose.

Evidemment qu’elle était sous contrôle.

Mamie hocha la tête.

- Mais nous avons ordre de ne pas sortir. fit-elle.

- Quoi ?

Je me figeai aussitôt.

- L’Hokage a ordonné aux femmes de ne pas sortir. fit-elle, en se tordant les mains. J’ignore pourquoi, mais…ce sont les ordres.

Je tournai légèrement la tête vers le carré bleu qui se dessinait à travers la fenêtre. Pourquoi prendre une telle mesure ? Je n’entendais plus de bruits du tout…les combats devaient être finis. Se pourrait-il…se pourrait-il qu’ils ne soient pas sûrs d’avoir repris le château ? Que les rebelles soient toujours tapis quelque part, attendant leur heure ? Que ce ne soit pas fini… ?

- Mademoiselle ?

Mamie m’observait bizarrement, comme si elle avait peur que j’essaie de lui échapper encore une fois. Mais il n’y avait pas de risque.

Certes, je mourrai d’envie de sortir me rendre compte de la situation par moi-même. Mais j’avais une couverture à maintenir…n’est ce pas ?

- Bon sang. murmurai-je, en me laissant tomber en arrière.

Ce n’était pas maintenant que j’allais voir Ten…sauf si cette dernière suivait sa fidèle habitude de ne pas se conformer au règlement.  Cet espoir profondément ancré en moi, j’attendis.

Mais les heures s’écoulèrent sans l’ombre d’une Tenten.

Ce fut une journée longue…longue et lourde et ennuyeuse…la pire journée que j’ai jamais connu…bon, peut-être pas.

Mais l’une des pires.

Assise dans mon lit, je regardai le soleil se coucher. Moi-même finis par me coucher, les paupières lourdes. Il n y avait pas l’ombre d’un bruit dehors…pourquoi nous enfermer de cette façon ? Hein ?

- Sakura !!! fit soudain une voix surexcitée.

Je restai figée un moment, assommée par la surprise. J’avais l’impression de connaître cette voix…mais ce n’était pas possible, non ? Personne ne pouvait sortir…sauf que…ce n’était pas une femme, non ?

Les tentures du lit furent violemment écartées, et un visage tout joyeux apparut devant moi, surmonté de cheveux dorés désordonnés.

- Na…Naruto ?balbutiai-je.

- Yesssssssssssssss !

Je restai un autre bon moment stupéfaite, statufiée. Mais quand je sentis le regard du blond dériver sur la cambrure de mes reins, le béton qui coulait lentement sur mes bras se volatilisa.

- Hé ! Faut pas se gêner ! hurlai-je, en balançant mon oreiller dans la figure de cet imbécile fini.

- aaaaah ! Sakura ! cria t-il, en tombant à la renverse. C’est pas ma faute !

- Ben voyons !

- C’est toi qui m’offres cette vue ! T’avais qu’à pas rester couchée !

Je sentis le rouge me monter aux joues.

Ça allait barder…

- Ah oui ! rugis-je, en l’abreuvant de coups d’oreiller. Et comment t’es là, d’abord ? Y a pas une saleté de couvre feu, hein ?

- Mademoiselle ? fit soudain la voix de mamie. Vous avez de la visite.

- Oui, j’ai vu ! répliquai-je, sans cesser de frapper Naruto.

- S…Sakura…bégaya t-il.

- Sakura…chan ? fit une voix hésitante, qui me figea à nouveau.

Hinata ?

Hé ?

Je levai les yeux – et vit effectivement la Vampire, les joues roses. Et derrière elle, Ino, le seigneur Sai…et Tenten.

- Charmant. fit Sai, avec un sourire neutre.

Je baissai machinalement les yeux sur ma tenue – un petit short et un débardeur – . Quelques secondes s’écoulèrent.

Merde.

Merde.

Merde !

Je balançais mon oreiller, et plongeai sous mes couvertures.

- safe ! soupira Naruto.

Je crus entendre un ricanement. Tenten, hein ? Elle me le paierait.

- Qu’est ce que vous faîtes ici ? bégayai-je. Et…le couvre-feu ?

- Il a été abrogé il y a  une demi-heure. fit Tenten, un sourire moqueur sur le visage. Ils viennent de passer chez moi.

- On…a une partie de diable, non ? bégaya Hinata.

Ino m’adressa un sourire lumineux – et moqueur.

Maudits soient-ils, pensai-je, alors que des larmes envahissaient mes yeux.

J’avais passé une journée horrible, atroce, inimaginablement atroce, et puis ils rappliquaient à cette heure, pour se foutre de ma gueule. Pourquoi ? pourquoi ?

- Hé, Sakura, habille toi ! fit Tenten, moqueuse. À moins que tu ne préfères jouer dans cette tenue ?

- moi je trouve Sakura très mignonne ! intervint Naruto, le visage marbré de rouge, et pourtant très jovial.

Comme quoi, mes cent et uns coups ne lui avaient pas suffit… je pouvais remettre ça…

- Dans tes rêves, imbécile. fis-je. Donnez moi deux secondes.

En un peu plus de deux secondes – dix minutes et quelques broutilles -  avec l’aide d’une mamie confuse – jamais je ne lui pardonnerais d’avoir laissé ces gens s’introduire dans mon intimité – je rejoignis les autres au salon. Quelle ne fut ma surprise…de voir le Seigneur Hyuuga assis lui aussi à ma table basse.

Sous le coup de la surprise, je restai un moment coi. Ce n’était pas vrai ! Ce n’était pas possible…hein !

- Bonsoir, Sakura-san. dit-il de sa voix profonde, tellement froide.

Non…mon rêve parlait…mais c’était quoi, cette journée ?

- Bonsoir, Seigneur Hyuuga. fis-je, avec une petite révérence.

Je jetai un regard en biais à mes compagnons. Ino regardait ses ongles parfaits avec un froncement de sourcils, Naruto était encore tout rouge, Hinata aussi…et Tenten aussi.

Seul Sai semblait normal.

- J’ai prévenu Neji-sama que nous jouions au Diable, et je lui ai proposé de se joindre à nous. annonça t-il calmement.

Ainsi c’était lui… ? Le traître ! En même temps, à quoi s’attendre d’un Vampire pervers ?

- Je suis très flatté de votre invitation. dit-il galamment.

- Ah ? fis-je, embarrassée. Heu…Naruto, tu partages les cartes ?

- Ah !

Surpris, nous nous tournâmes vers la personne qui avait poussé ce cri bizarre. Ma mamie aussi était toute rouge.

- Hyuuga-sama…fit-elle, en s’inclinant profondément. Pouvons nous vous proposer quelque chose ?

- Non merci. dit Neji-sama d’une voix coupante.

Mamie hocha la tête, et se hâta de disparaître. J’aurais aimé faire comme elle, mais ma place était à cette table…maudit Sai !

- Quelles sont les règles ? demanda Neji-sama d’un ton détaché.

Nouveau sursaut de surprise. Sai se contenta d’arquer un sourcil.

- Vous ne savez même pas jouer ! s’exclama Tenten, les yeux tout ronds.

- Je ne joue pas aux cartes, d’ordinaire. dit-il pour sa défense.

- Bah alors, fallait pas accepter ! rugit Tenten.

je vis Hinata, Ino et Naruto se raidir. Le sourcil de Sai monta encore plus haut. Mais Tenten ne semblait pas s’en être rendu compte.

- Je vous demande juste des explications. riposta Neji. Et ce n’est pas à vous que j’ai posé la question, Tenten.

- N’est ce pas ? minauda t-elle.

- Il s’agit juste de ne pas piocher le joker. fis-je rapidement, pour essayer de sauver la situation.

Neji plissa les yeux.

- C’est tout ? fit-il.

- Bah voyons…minauda Tenten. On verra comment vous vous en sortirez !

- Tenten…tu sais bien que je vais perdre…souffla Naruto.

- Tu n’as pas intérêt ! fit aussitôt Tenten. Te faire battre par un débutant ! Quelle honte !

Pourquoi avais-je l’impression que si le débutant en question ne s’appelait pas Hyuuga Neji, ça n’aurait pas été pareil ?

- Evidemment, l’usage du Byakugan est interdit. fit Sai.

- Hé ?

Tenten et moi étions complètement larguées.

- Bya…commençai-je.

- …kugan ? acheva t-elle. C’est quoi ça ? Œil Blanc ?

Nouveau sursaut – uniquement chez les Vampires, cette fois. Neji Hyuuga balança un regard en biais à Tenten, dont la mâchoire se crispa violemment. Cela ne dura qu’une seconde, mais je sus ce que cela voulait dire.

J’ai fait une boulette.

La question était donc : quelle boulette ? Je n’avais rien entendu qui ressemble à une boulette…attendez une seconde…Byakugan…œil blanc ? Comment elle savait ça, Ten ?

- C’est le titre d’une vieille chanson rétro, non ? fit Ten, en plissant les yeux. Vous voulez nous déconcentrer avec une vieille chanson, c’est ça ?

- Une…chanson ? fit Hyuuga, comme surpris.

- Autant oublier. fit Tenten. Je ne me laisserais pas avoir par ce genre de choses… Naruto ! Les Cartes !

Ben…ça promettait.

Naruto partagea donc les cartes.

Je me retrouvais encore une fois à piocher dans les cartes de Naruto. Victoire assurée, me dis-je avec un sourire.

- Sakura ? Pourquoi tu souris ? fit Naruto.

- Parce que tu vas perdre. dis-je méchamment.

- Hééé, Sakura ! s’indigna t-il.

Je pris une carte dans son paquet. Cœur.

- Permettez, Sai ! fit Tenten, en prenant une carte du paquet de Sai. A votre tour, seigneur Hyuuga !

Si Tenten m’avait fait ce sourire, je ne sais pas si je ne me serais pas enfuie en hurlant. Mais Hyuuga se contenta de arquer un sourcil.

- Vous avez le joker ? demanda t-il.

Sursaut de surprise.

- Et puis quoi, encore ? ironisa Tenten. Piochez !

Neji-sama prit une carte, et parut infiniment soulagé.

- Hé, hé…ricana Tenten.

Ça promettait…vraiment.

- Hé, hé,hé…fit-elle.

- C’est quoi comme chanson rétro ? ironisa t-il.

- Ce n’est pas une chanson rétro. fit-elle, la mâchoire soudain crispée.

Le jeu se prolongea ainsi pendant quelques instants…et puis…

- Haha ! fit Tenten, victorieuse.

Neji regarda ses cartes, comme choqué.

- Comment…fit-il.

- C’est ça, le jeu. fit-elle, avec un sourire.

- Ah…Neji nii-san, vous avez…commença Hinata.

Ino regarda avec méfiance les cartes de Neji. Elle tendit une main…piocha…

- Hum. fit Neji…avec un petit sourire.

- Aïe. fit Ino, mortifiée.

- Ino ! s’exclama Tenten. Comment as-tu pu perdre ?

- Je ne comprends pas de quoi tu te plains. répliqua Neji, d’un calme olympien. De toutes façons, c’est un jeu, non ?

- Je ne supporte pas que les rookies gagnent. fit-elle, avec un sourire crispé. Ino, traîtresse !

- Oh non…

Naruto semblait mortifié.

Evidemment, c’était lui qui piochait…autrement dit, il allait peut-être se choper le joker…si jamais c’était le cas, la partie était finie.

- Au fait, pourquoi y avait-il un couvre-feu, ce matin ? demandai-je, en regardant Naruto en coin. Si on est autorisé à en parler, ajoutai-je rapidement, avec un sourire.

- je pense que oui. fit Sai. N’est ce pas, Hyuuga-sama ?

Mais Neji-sama était trop occupé à…se chamailler avec Tenten ? Bon, ils ne se chamaillaient pas vraiment…ils se contentaient de s’envoyer des regards lourds…Tous deux avaient un drôle de sourire…flippant, vraiment. Très flippant.

- Nettoyage. annonça Sai, de sa voix traînante.

Je me raidis, mes mains me crispèrent sur mes cartes.

- Nettoyage ? murmura Ino.

- S…Sai-sama…bégaya Hinata.

- Il fallait évacuer les corps des rebelles. dit-il calmement, alors que Hinata pâlissait violemment. Et s’occuper des prisonniers.

Je baissai les yeux.

S’occuper ? Que voulait dire, s’occuper ?

- Pour l’instant, ils attendent leurs jugements. reprit Sai. Ça devrait être expédié demain après-midi. C’est du tout cuit, de toutes façons…

- Seigneur Sai ! s’exclama Naruto, en regardant Hinata et moi.

Hinata avait l’air vraiment pâle…étais-je comme elle ?

Ils avaient vraiment perdu…

Nettoyage…

Nettoyage…Je m’efforçai de regarder devant moi…nettoyage. Procès…Sai avait raison, c’était du tout cuit.

Ils seraient déclarés coupables pour haute trahison. Et exécutés sur la place centrale. Qu’on fasse d’eux des exemples.

Des exemples bien saignants et gores. Des exemples.

- Vous allez perdre, Neji-sama. annonça Tenten, d’une voix claironnante.

Elle n’avait rien entendu, celle-là.

Tant mieux pour elle…

- Pourquoi tu veux que je perde ? répliqua t-il.

- Parce que. Rookie.

- Je suis surdoué.

- Modeste.

- N’est ce pas ?

- On a l’air de bien s’amuser, par ici. fit soudain une voix moqueuse, un peu trop froide pour être sympathique.

D’un commun mouvement, nous tournâmes tous la tête.

Mes yeux s’écarquillèrent, et ce fut un miracle que mes cartes ne s’effondrent pas sur le sol.

-Sasuke ! s’exclama Naruto, au comble du paradis. Sasuke, tu es venu ! Sasuke…qu’est ce que tu fais ici ?

Sasuke…Sasuke…l’Hokage…mais quel était le problème de cette journée ?

- Sakura m’a invité. dit-il, avec un demi-sourire.

Quoi ?

Ino et Tenten me jetèrent un regard neutre qui signifiait traîtresse.

Et si jamais j’avais fait ça, j’étais prête à me jeter dans le premier fleuve rencontré !

- Quoi ? m’exclamai-je. Mais je n’ai jamais fait ça !

- Ah…je vais finir par croire que ma présence n’est pas souhaitée.

Nouveau sourire glacial.

Quoi…quoi…mais oui, sa présence n’était pas souhaitée !

Je vis la tête de mamie, son visage figé alors que l’Hokage se dirigeait vers moi…vers moi…pourquoi vers moi ?

- Vous avez déjà commencé. constata t-il. Bah, il ne me reste plus qu’à attendre la prochaine partie.

Et il s’assit…derrière moi.

Je sentis ses mèches effleurer mes épaules alors qu’il se penchait sur mes cartes.

Là, je sais plus quoi dire…je pense que je suis maudite.

Plus maudite encore que mamie, qui courait dans tous les sens pour servir décemment sa Seigneurie.

 

Hihi…ok, ce chap sert à rien…gomen ! Le début est peut-être un peu bizarre, mais j’étais malade quand je l’ai écrit, ça se ressent peut-être…

Merci encore de prendre le temps de me lire, à vos commentaires pleaaaaaaaaaaase !^^