Attaque Et Face A Face

par Llevann

Exceptionnellement, un chapitre en plein milieu de la semaine.

Bon anniversaire, Escalina234 !! Toi, on peut dire que t’es bien née…un jour avant la Saint Valentin ^^ !

 

- Aaaaaaah !

- Naruto !

Tenten soupira, alors qu’Hinata étouffait un petit rire.

- C’est vrai que ça commence à devenir agaçant, fis-je, d’une voix morne. À chaque fois que tu te chopes le joker, tu hurles…comment tu veux maintenir le suspense du jeu si tu perds la tête à chaque fois, hein ?

- Je…hé…je…

Il poussa un soupir monumental, et ses yeux s’emplirent de larmes.

- Ce n’est pas de ma faute si je suis sensible ! s’exclama t-il d’une voix à vous fendre l’âme.

Ouais, ouais.

On jouait bien depuis deux heures…et, chose tout à fait surprenante, Naruto perdait à chaque fois. En fait, c’était moi qui était supposé piocher dans ses cartes – et cet imbécile n’avait pas compris que battre ses cartes lui éviteraient de se retrouver encore tout seul avec le Diable…la partie était déjà finie, me dis-je en évitant soigneusement la carte maudite.

- Héé, mais  comment tu fais, Sakura ? s’exclama t-il, les yeux écarquillés avec désespoir, alors que je jetai une paire de deux de cœur sur le tatamis sur lequel nous étions tous assis comme des gamins.

- Je te le dirai…

J’étouffai un bâillement.

- Une autre fois. achevai-je.

- V…vous êtes fatiguée, Sakura…chan ? fit Hinata, les joues rosées. Vous voulez…qu’on vous…laisse ?

- Hum ?

Je me tournai vers Hinata – dans l’intention évident de dire non, ça va – mais c’était sans compter sur Tenten.

- Ah oui, c’est vrai que je suis vannée. fit-elle avec une bâillement crocodilesque, trop énorme pour être vrai. On remet ça demain ? Même heure, même endroit ?

Evidemment…

Tenten mourrait d’envie que je lui raconte ma soirée – plutôt chargée – dans ses moindres détails.

Et évidemment, je n’allais pas y couper…

- Hé, c’est pas une maison de jeu, chez moi ! protestai-je.

- Mais…mademoiselle Hyuuga ne peut rien organiser chez elle, pas avec son dinosaure de cousin…

- Naruto ! s’exclama Hinata, toute rouge.

Ainsi la demoiselle vivait avec son cousin si sexy et si froid…intéressant.

- Hé, on pourrait se retrouver chez Tenten ! s’exclama t-il.

- Pour que tu me salopes encore ma déco ? Oublie. rugit Tenten.

- Mais…

- Bon, STOP !

Je posai mes cartes sur le tatami, et me levai avec une grimace.

- OK, ramenez vous ici, même heure, même endroit. capitulai-je.

- Mais…vous pourriez…avoir de la visite…souffla Hinata.

En prononçant le dernier mot, elle avait viré à l’écarlate. Aucun doute n’était possible. Elle pensait à l’Hokage.

« Pas la peine de souhaiter des malheurs aux autres. » pensai-je.

J’avais eu ma dose de l’Hokage pour au moins une semaine…

- Ramenez vous quand même, on verra bien. fis-je en me forçant à sourire.

- Ok…on y va Tenten ? fit Naruto, en souriant comme un demeuré à Tenten.

- J’irais nulle part avec toi, tache jaune. riposta ma meilleure amie. Chez moi, c’est juste en face. Si tu veux te rendre utile, t’a qu’à raccompagner mademoiselle Hi…

- M…mais ça…ça va ! bégaya Hinata, les yeux ronds comme des soucoupes.

- Et que ça saute ! ajouta Tenten. Et si jamais tu l’ennui, tu verras ce que je ferais de toi…

- Moi, je préfère Sakura. annonça Naruto, tout de go, avec un sourire angélique.

Hinata tressaillit – et moi aussi.

- Dommage que je sois à l’Hokage, hein ? répliquai-je.

Il me préférait…vraiment.

Il fallait toujours que ce soit les surexcités sans aucun sens de style qui me préfèrent. Ah…à part Lee, hihi. Tenten aussi avait sa part de malédiction. Encore qu’à l’en croire…

- Bonne nuit ! fit Tenten, alors que Naruto précédait joyeusement une Hinata tête basse.

Dès que le battant se fut refermé sur eux, je soupirai.

- Dis moi pas que t’s attendu ça toute la soirée. fis-je.

Tenten eut un sourire…très naruto.

- Bah, ils sont mignons. dit-elle. Je veux dire, pour un Vampire…cette Hinata est mignonne tout plein, non ? Mais les bons ragots sont milles fois plus intéressants…ajouta t-elle, en imitant à merveille la voix d’une petite garce que j’avais eu le malheur d’avoir pour collègue, et que je nommerai pas ici.

- On va dans ma chambre. ? proposai-je, en me mettant debout.

Tenten me suivit sans protester – et une fois à destination, elle se jeta dans mon lit et s’enroula dans mes couvertures.

- Je préviens, ça va être long…fis-je.

- Comme d’hab. ironisa t-elle. Depuis quand t’es capable de résumer ?

C’est vrai que mon incapacité à faire bref m’avait attiré pas mal de problèmes lors de mon service civil…

- Ok. fis-je.

J’entrepris – mentalement – de lui raconter tous les malheurs qui m’étaient arrivé en une seule soirée.

- Hé ? s’exclama t-elle, quand je lui racontai la découverte du billet dans ma salle de bains. Comment ?

- J’y viens. fis-je.

- Hé ? reprit-elle, quand je lui racontai mon incursion dans les appartements de Konan-la-vipère. Mais je croyais que tu refusais toute implication hors des limites de ta mi…

- C’en était une, d’accord ? hurlai-je en lui balançant mon oreiller à la figure. Et si tu crois que moi je voulais ça, tu te goures !

- J’ai jamais dit ça ! répliqua t-elle, en se jetant sur moi – et autant dire que je passai vingt bonne minutes à me prendre des coups d’oreiller sur la tête.

Je suppose que c’est de ma faute.

Je n’aurais jamais du la frapper…d’autant plus que je la connais.

- Bon, et la suite ? haleta t-elle, une fois calmée.

Je soupirai à nouveau.

D’abord, elle me martyrisait…et puis maintenant elle me donnait des ordres.

Cependant, je m’exécutai – chat échaudé craint l’eau froide, non ?

Ses yeux s’arrondirent lorsque je lui racontai la disparition du morceau de papier, et elle poussa un petit cri lorsque je mentionnai le mot Youkais.

- Tu sais ce que c’est ? m’exclamai-je aussitôt, oubliant pour l’occasion de parler mentalement. Parce que moi, j’en ai aucune idée.

- Bah…

« J’en ai entendu parlé. » fit-elle, en se laissant basculer en arrière. « Pope. »

Traduction : Kakashi-sensei.

« Sérieux ? » fis-je. « Et c’est quoi ? »

Tenten se redressa brusquement, un horrible rictus sur le visage.

« Des…démons. » souffla t-elle dans ma tête.

Je me plaquai violemment une main sur la bouche, m’efforçant de ne pas hurler.

-Q…quoi ? fis-je, en essayant d’ignorer son visage révulsé. Et arrête ça !

- désolée. fit-elle, en souriant. Mais j’essayais de me mettre dans la peau du personnage.

Hum.

« Ce sont vraiment…des démons ? » fis-je.

Et moi qui avait horreur des films d’horreur…laissez moi être plus précise. Rien que les bruits des films d’horreur me font peur.

« Oui. » fit Tenten. « Youkais est un terme d’une langue ancienne, aujourd’hui disparu, signifiant démons, ou monstre. »

Elle brandit trois doigts sous mon nez.

« On les classe en trois catégories. Les Youkais bénins, les Youkais tolérants et les oni, les démoniaques…comme le fantôme de l’Anniversaire de Marie-France, tu sais le film… »

- Arrête ça ! soufflai-je.

À ce moment, quelque chose frappa contre la vitre. Je bondis aussitôt au cou de Tenten, qui éclata de rire.

- C’était juste un film d’horreur ! s’exclama t-elle. Et il fallait bien que j’illustre mon propos…et puis ça, c’est le vent.

Hum.

Les joues rouges, je me détachai d’elle.

En cet instant, je la détestai. Juste un film d’horreur, hein ? J’en avait presque perdu le sommeil pendant une semaine. Et c’était elle qui m’avait traîné au cinéma en me jurant que ça ne faisait pas du tout peur…tu parles.

J’avais gâché l’unique ticket de cinéma alloué aux gens des Ghettos par mois pour voir un film dont je n’avais, en fait, entendu que les sons…

« Outre ces classifications, sur le critère de leurs relations avec les Humains, on les classe selon leurs pouvoirs. »

Cette fois, elle me brandit une main – plus un doigt de l’autre.

« Les mononoke, les esprits, pas vraiment dangereux si ils n’ont pas de corps, ils font juste ouhou… »

Pas dangereux, hein ?

Ouhou, c’est suffisant pour me tuer. Comment ? Crise cardiaque.

Au cas où vous vous poseriez la question comment a-t-elle fait pour devenir nécromant ?, j’ai une réponse toute trouvée.

Je ne relève pas les morts. Je ne leur parle même pas. J’ai peur des cimetières – parce que mon pouvoir les attire et que j’entends les murmures des âmes piégées ici-bas pour diverses raisons…Tenten aime bien ça.

Moi pas du tout.

« Et, tu m’écoutes ? » cria t-elle dans ma tête.

J’acquiesçai, avec une grimace.

« Il y a aussi ceux qu’on appelle tout bêtement Youkais, ce sont généralement les enfants… »

Hé ? Ils faisaient des enfants ? Mais alors…ils n’étaient pas prêts de disparaître !

« et les youkais faibles, puis on a les Oni, comme les ogres et tout le bataclan. Puis, on a les Jinchurikis…ce sont des Humains qui possèdent à l’intérieur d’eux un youkai quelconque. Evidemment, les pouvoirs du Youkai sont limités du fait de son emprisonnement. Mais ceux du Jinchurikis sont supérieurs à ceux du commun des humains. »

Tenten roula sur le ventre.

« Pope me disait que la technique d’enfermement des Youkais dans des êtres humains avaient été chose courante à une époque, entre la Troisième et la Quatrième Guerre, parce que les démons s’étaient déchaînés. »

Je retins un frisson d’effroi.

Ça devait être horrible…d’avoir un Youkai à l’intérieur de soi. Mais tous ces gens étaient morts – si ils avaient jamais existé – non ? Parce que c’était il y a très, très longtemps, l’entre-deux guerres.  Des centaines d’années.

« Ensuite, tu as les Taiyoukais, les grands démons. Ils sont très puissants, mais ils ont un corps physique. Ce n’est pas le cas des Mazokus, le must du must. Ils existent sur le plan astral, et selon leur degré de puissance, peuvent s’incarner dans le plan physique. Beaucoup de Nécromanciens ont, par le passé, passé des pactes avec eux. Le plus connu de tous – mais pas le plus puissant – est appelé le Shinigami. »

- Hé !

Ça, je savais…

« La Technique Interdite, non ? » fis-je.

« Ah…tu as retenu quelques choses des leçons de papa. » ironisa t-elle.

Ah, ah…très drôle…mais ce n’était pas un exploit. Kakashi-sensei nous avait bassiné là-dessus.

Ne jamais passer de pacte avec le Seigneur de la Mort.

Comme si je savais comment faire.

« Et…tu…tu crois ce que dis ton père ? Je veux dire…comment peut-il savoir les choses qui se sont passé il y a cinq cent ans, dans l’entre-deux guerres ? »

Tenten haussa les épaules.

- Il est immortel, non ? fit-elle à voix basse.

Ouais… il était peut-être impressionnant, mais immortel…j’y croyais pas trop.

« Enfin…qu’est ce que les Vampires ont à faire des Youkais, à supposer qu’ils existent ? » fit Tenten, pensive. « Ça voudrait dire…que des Youkais se seraient ralliés à la Rébellion ? »

- Hein ?

Il y eut un moment de silence.

J’imaginais des monstres visqueux, atrocement laids en train de discuter joyeusement avec le frère de Tenten et Lee…beurk.

« Remarque, ça serait pas trop mal. » dit Tenten. « Mais ça semble… »

« Invraisemblable. » achevai-je. « Si tu veux mon avis, les Youkais ont plus d’affinités avec les Vamps’, qu’avec nous. »

- Tout à fait d’accord. souffla t-elle. Bah.

Elle se mit debout.

- Je vais aller me coucher, je suis vraiment vannée.

- Hein ?

J’ouvris de grands yeux.

- Tu ne vas pas me laisser seule ici, dis ? suppliai-je. Après ce que tu viens de raconter…

- Et puis quoi encore ? me coupa t-elle. Arrête tes enfantillages, Saku. Si un se ramène…

« T’es une nécromancienne, oui ou non ? »

Sur ce, elle fit volte-face.

Tente, tu es sans cœur…je me surpris à espérer qu’elle se fasse dévorer par un Mazoku – bien qu’il n’ait pas de corps physique – sur son chemin. Hélas, ça signifierait que je serais toute seule avec cette mission…ce n’était vraiment pas souhaitable.

Dès que Tenten fut sortie, mamie et les deux gosses apparurent.

Heureusement qu’on avait choisi le langage mental, me dis-je, alors que les mains potelées des deux fillettes me déshabillaient.

Une demi-heure plus tard, je pus enfin me laisser tomber sur mon lit. Ici, même les pyjamas étaient jolis, me dis-je, en regardant les deux cygnes se frottant le bec sur ma tunique, sur un fond rouge intense captivant.

Ce n’est pas ce que j’aurais eu dehors…

J’entendis mamie se coucher sur son divan, en face de mon lit, et cette fois je lui en fus reconnaissante.

Après ces histoires de Youkais.

Youkais…mais quel était le rapport avec le petit bout de papier…et quel était le rapport avec les Vampires…et quel était le rapport…

Je soupirai, et me tournai dans mon lit. Mais ma cervelle ne s’arrêta pas finalement de surchauffer pour autant. Finalement je tombais dans la sorte de torpeur épaisse qui semble toujours précéder le sommeil.

Derrière mes paupières closes, j’aperçus Tenten devant le miroir craquelé de notre ancienne salle de bains. Et j’aperçus ma propre crinière rose, mes mains en train d’essayer le défaire ses chignons. Un sourire lent étira mes lèvres.

- Mais tu serais milles fois mieux sans ! m’exclamai-je, en tentant de défaire ses chignons.

- Jamais ! s’exclama Tenten. Sinon, mon nom n’ a plus de raison d’elle !

- Ben voyons ! fis-je, en me saisissant d’un peigne.

- Ben si ! répliqua t-elle. Ten signifie à la fois chignon et paradis. Tenten – deux chignons, t’as compris ?

Je m’étais immobilisée, la regardant un long moment…

- T’es sûre de ça ? fis-je.

- Si je te le dis ! s’exclama t-elle. Quand je suis née, j’avais les cheveux déjà longs. Ma mère m’a fait cette coiffure, et mon père m’a nommé Tiantian, une autre version du nom. Ma mère a préféré Tenten. Contente ?

SI j’avais été contente ?…j’avais  été jalouse.

Tenten savait tellement de choses sur elle-même…

- Sakura…soufflai-je.

Que signifiait Sakura… ?

Soudain, un tremblement violent secoua le lit – et les images se retirèrent aussitôt de ma tête.

- Qu’est ce que…fis-je d’une voix pâteuse, en me redressant.

Un nouveau tremblement, suivi d’une déflagration puissante, acheva de me réveiller totalement. Mes vitres prirent soudain une teinte sanglante – comme si des litres de sang avaient soudain éclairci le ciel noir.

Je me figeai, la main tendue à quelques millimètres du rideau fin.

Je n’avais pas besoin de le tirer pour comprendre.

Le château était attaqué.

Youkais ?

Non.

Non.

Je secouai la tête. Des rebelles. Des amis…mais pourquoi ? Pourquoi alors que Tenten et moi…

- Madame !

La porte de ma chambre s’ouvrit en vlan, et je devinai deux silhouettes frêles à travers les tentures du baldaquin.

- Du calme. fit la voix tremblante de mamie. Ce n’est rien…

Un nouveau tremblement secoua le château comme si il n’était rien d’autre qu’un assemblage de cartes.

- Qu’est ce qui se passe ? demandai-je, en écartant violemment les tentures.

Bien que je le savais déjà…

Tenten.

Sans réfléchir, je me précipitai vers la porte.

- Non, mademoiselle ! fit la mamie, en m’agrippant le bras. Ne sortez pas, c’est dangereux !

Merci, je ne l’avais pas remarqué.

- Laissez moi ! fis-je, en essayant de me dégager.

Mais elle avait plus de poigne qu’il n’y paraissait, la mamie.

- Votre amie ira bien. dit-elle. En cas…en cas d’attaque…

Je m’immobilisai aussitôt – et les deux gamines écarquillèrent les yeux, comme frappée par la foudre.

C’était donc ça…

Le Château attaqué…

Il en fallait, de l’audace…cet endroit était une vraie forteresse. De l’audace…c’était un suicide…

Un nouveau tremblement secoua la chambre, et instinctivement, je me jetai à plat ventre, entraînant mamie avec moi.

- Couchez vous. fis-je aux gamines, qui s’exécutèrent aussitôt.

Les dents serrés, je comptai les secondes.

Bon sang…ça n’en finissait pas…le ciel était de plus en plus souvent ensanglanté…

une vraie attaque.

Quelqu’un avait osé.

Un rire nerveux me secouai – et mamie me regarda avec des yeux ronds.

Mais je ne lui accordai pas un regard. En cet instant, je ne pensais plus au fait que le toit pouvait s’effondrer sur ma tête. Je ne pensais plus au fait que c’était impossible, statistiquement, de prendre cet endroit. Je ne pensais qu’au fait que les miens avait osé.

Quelque chose de chaud gonfla ma poitrine.

De…de l’espoir.

Je soufflai, surprise.

De l’espoir ? Alors même que je savais que ce n’était pas faisable !

- En cas d’attaque ? fis-je, à mamie.

- En cas d’attaque, balbutia t-elle, mais…c’est…impo…

- Mamie. coupai-je.

Elle s’empourpra sous ses rides.

- Le Pavillon de pierre. murmura t-elle. Les brochures disent de se rendre au pavillon de pierre.

- Et où est ce que c’est ? fis-je.

- C’est…on y arrivera j…c’est à l’autre bout du château.

Ses mains tremblaient. Mais je n’en avais cure.

J’y retrouverai certainement Tenten.

- Allons y. fis-je, en me redressant, profitant de la première accalmie.

La vieille et les fillettes me regardaient avec des yeux ronds.

Elles avaient peur…évidemment.

- Vous savez, ici, le toit pourrait nous tomber sur la tête. ironisai-je.

Les gamines bondirent aussitôt sur leurs jambes, imitées par une mamie plus lente.

- Nous allons vous habiller, mademoiselle. dit-elle, retrouvant tout son sens du devoir.

- C’est inutile. fis-je.

Un pantalon, une tunique en soie…très bien, très sexy…un peu léger, mais je m’en fichais.

- Mais…protesta t-elle.

- Allons y ! fis-je en ouvrant la porte. De quel côté ?

- Je…par là…capitula t-elle finalement.

Aussitôt que nous fûmes dans le couloir, le sol se remit à trembler. Les gamines se jetèrent aussitôt sur moi, enserrant ma taille de leurs bras ronds. Sans réfléchir, je leur caressai la tête.

Dis donc…ils y allaient fort…

L’espoir enflait en moi comme une plante à tentacules. Peut-être que…peut-être que…

- Allons y. répétai, pour la troisième fois.

Mamie acquiesça, le visage couvert de sueur.

On avançait lentement, principalement à cause du sol qui semblait décidé à ne pas rester en place.

« Plus vite…plus vite… »pensai-je, sans penser le dire à voix haute.

Pourvu que Tenten m’attende…pourvu qu’elle y soit quand j’arriverai…

Pourvu qu’ils réussissent.

- Nous y sommes presque. annonça mamie, la voix tremblante. On tourne à gauche et…

- Shoshuryu ! fit soudain une voix puissante et aigue, coupant mamie au beau milieu de sa phrase.

Je me figeai.

Je connaissais cette technique.

Shoshuryu.

Les dragons Jumeaux.

Tenten… ? Elle n’avait quand même pas… ?

- Hé, attendez ! hurla mamie, alors que je lâchai les deux gamines, me dirigeant en courant vers un couloir vitré.

J’y arrivai à temps pour voir deux dragons de brume fendre le ciel, s’enroulant l’un autour de l’autre.

Quand même pas… ?

Entre eux, une silhouette féminine aux cheveux lâchés, le visage caché par un masque.

Tenten ?

- bon sang, elle n’a quand même pas fait ça ! fis-je, en exécutant rapidement les signes que je connaissais par cœur avec ma main droite.

Singe, dragon, cheval.

Le ciel prit une soudaine teinte verte, et la silhouette de la femme disparut.

Un soupir de soulagement me parcourut, alors que le ciel retrouvait sa couleur rouge intense.

C’était elle.

Mais elle n’avait pas commis la folie de se jeter elle-même dans la bataille. Un clone à travers qui elle se battait.

Je savais que cette technique demandait pas mal d’énergie…elle devait probablement feindre l’évanouie quelque part.

Quelle idiote, me dis-je, avec un sourire.

Mais d’un autre côté, je mourrais d’envie de l’imiter.

« Elle est vraiment dingue. » me dis-je, alors qu’une pluie d’armes blanches tombait du ciel.

- Kagura Shuriken no Mai ! fit la voix aigue.

La danse du dragon ascendant.

Je regardai les armes pleuvoir dans tous les sens.

Elle avait raison…mille fois raison…me dis-je, sans me soucier du sol qui tremblait sous mes pieds. Bien que je ne connaisse pas de techniques aussi puissantes que les siennes, je pouvais aider…je pouvais…

- Aaaaargh !

Une secousse beaucoup plus violente que les autres me projeta contre le mur. Sous la violence de l’impact, mes yeux se voilèrent de rouge. Et aussitôt après, le battant bascula sous ses gonds.

« Nom de… » jurai-je intérieurement, alors que je roulais sur un tatami tiède.

- Ojisama ! fit une petite voix aigue, comme affolée. Ojisama !

J’ouvris péniblement les paupières – et suffoquai immédiatement.

Une sorte de créature argentée, au visage atroce, dansait devant mes yeux.

- OJISAMA ! hurla t-elle d’une voix aigue, me vrillant les tympans.

C’était quoi ce truc ?

Où étais-je tombée ?

- OJI…

Oh…

- La…commençai-je.

-Qu’y a-t-il, Ah-ko ? fit une voix glaciale, qui me figea sur place.

Une voix que je connaissais…non…pas…possible…

- Un intrus ! Une intruse ! Des intrus ! beugla la voix.

- Une intruse. corrigea la voix. Et j’avais remarqué.

Je me relevai – à contrecoeur – et regrettai aussitôt de ne pas être resté couché.

Car je ne m’étais pas trompé.

C’était bel et bien…l’Hokage.

La chemise ouverte, dévoilant un torse svelte et tout en muscle, sous la peau pâle. Les cheveux désordonnés. Les yeux aussi noirs que la première fois.

Oh non.

- Vous…soufflai-je, horrifiée.

Il arqua un sourcil.

- Moi. fit-il, moqueur.

C’était bien ma chance…ma foutue chance !

- Ah-ko, ferme la porte. ordonna t-il.

La volute argentée se précipitai aussitôt vers le battant. Mais je n’avais plus le temps de me demander ce que c’était.

- Une seconde, je veux sortir ! fis-je.

- Pourquoi faire ? répliqua t-il. Vous êtes ici, autant rester.

Jamais de la vie.

- Mamie va s’inquiéter. dis-je, d’une voix désespérée. On devait aller…au pavillon de…de pierre.

- Vous êtes plus en sécurité ici que là-bas. répliqua t-il.

- ça, c’est vous qui le dîtes ! ripostai-je.

Ce type me rendait nerveux. Je sentais mes mains devenir moites.

« Ta mission. » fit une voix agaçante dans ma tête.

Comme si je l’avais oubliée.

Cette fichue mission.

En effet, il était là…juste devant mes yeux. Sans aucune arme. Mais il était éveillé.

L’attaquer maintenant ?

C’était l’échec assuré. La mort. L’opprobre. Je serrai les dents pour leur éviter de s’entrechoquer.

Je pouvais l’attaquer…rien ne m’en empêchait…sinon le bon sens. Je n’y arriverai pas.

- Comment me sentir en sécurité alors que je suis avec quelqu’un…

qui a tué mes parents ?

- …qui se cache pendant que son château est attaqué ! achevai-je.

L’Hokage posa son crayon – ou quoique ce soit – et se tourna lentement vers moi. Les yeux vides, menaçants.

- Ben quoi ? fis-je. Vous vous cachez, non ?

Je savais que je venais de commettre une autre boulette. Mais mes lèvres refusaient de rester closes.

La nervosité…c’est horrible.

- je ne me cache pas. répliqua t-il, d’un ton tranchant.

- Non ?

J’eus un sourire narquois.

Mais arrête ça, Sakura !

Mais je n’y pouvais rien ! Il m’agaçait, avec sa tête de glaçon, son air trop sûr de lui… il m’agaçait prodigieusement !

- Vous réfléchissez à une stratégie, c’est ça ? fis-je.

- Une stratégie ? répéta t-il, en fronçant légèrement les sourcils.

- Vous savez, un plan pour…

- Je sais ce que c’est qu’une stratégie. coupa t-il.

Ah, ha, monsieur perdait un peu de son sang-froid… ainsi, il avait autre chose que de l’eau glacée dans les veines…

- Mais je n’en vois pas l’utilité. fit-il, me tournant à nouveau dos. Maintenant, taisez vous.

- Et pourquoi ?

Sous le coup de la surprise, il se tourna rapidement vers moi.

- Pourquoi vous n’en voyez pas l’utilité, je veux dire. fis-je.

- Parce que.

- Parce que quoi ?

- Ce château est imprenable. fit-il. Taisez vous.

- Pourquoi ?

Il y eut un crac – il venait de briser son crayon.

Aaha…décidément autre chose que de l’eau froide.

-  Pourquoi il est imprena…commençai-je.

Mais le destin décida que je ne devais pas finir cette phrase. Une nouvelle secousse me projeta en avant…et comme c’est facile à imaginer, je me raccrochai à la première chose venue.

À savoir la taille d’un Vampire mâle.

Mon corps tout entier se figea lorsque ma joue s’écrasa contre ses muscles de glace, durs comme de la pierre.

- ooooooooooh ! fit la voix aigue.

Je n’osais même plus bouger.

Pas encore !

- Hé bien…

Sa voix avait tout à coup une tonalité ironique. Je n’aimais pas ça.

Hé bien quoi ? aurais-je voulu répliquer. Encore faudrait-il que je lève les yeux pour ça…ce que je fis. Il me regardait avec un petit sourire moqueur, ses yeux noirs aussi vides que d’ordinaire.

J’ouvris lentement la bouche pour dire ma phrase – mais il me devança.

- On dirait que vous m’aimez bien, Sakura.

Ma phrase resta bloquée dans ma gorge.

Il avait une façon de dire Sakura…sirupeuse, lente…sourde. Etait-ce désagréable ? Ne l’était-ce pas ? Je choisis la première option.

Hokage = Vampire. Décidément désagréable.

Je vis ses mains blanches fondre sur moi – et il me détacha de lui.

- Suivant votre généreux conseil, je vais aller mettre un terme à cette mascarade. ironisa t-il.

Je restai figée.

Idiote ! Mille fois idiote ! À cause de moi, il allait intervenir…à cause de moi ?

« Sûrement pas, Sakura. » fit ma conscience. « Tôt ou tard, il allait intervenir. »

Effectivement.

Et puis je ne savais rien du rapport de force, dehors.

- Inutile de pleurer. dit-il, en ouvrant le battant. Je viendrai vous voir demain.

Hein ?

Je tressaillis.

Quoi ? Hein ?

- N…non ! hoquetai-je.

- Hn ?

Il me vrilla un regard en biais. Je me forçai à sourire.

- Demain, on joue au diable avec Naruto, Tenten, Hinata, Ino et peut-être le Seigneur Sai. fis-je, avec un air mièvre qui ne me ressemblait pas.

Je rêvai peut-être, mais je le vis sourire en coin. Et il sortit.

Une seconde.

Il sortit…sans armes ?

Hé…une seconde…je venais d’entendre un drôle de déclic. Il ne m’avait quand même pas enfermé ? Je me précipitai sur la porte – et force me fut de constater que si.

- Inutile de…commença Ah-ko.

- La ferme, toi ! criai-je, en donnant un coup de pied violent dans la porte.

Alors que je sautillai sur une jambe en essayant de ne pas gémir de douleur, Ah-ko alla se réfugier loin de moi, en marmonnant des mais elle est violente !

Si c’était un mononoke, ce n’était pas un mononoke dangereux…

« Tenten, retires toi de là. » pensai-je très fort. « Il arrive. »

Il y eut un moment de silence. Je n’étais pas douée pour projeter mes pensées à distance…allait-elle me capter ?

« Ça fait un moment. » fit finalement la voix de mon amie, faible et éthérée. « Le Hyuuga s’est ramené, je n’ai pas eu le choix. »

Ouf.

« Et c’est quoi la situation ? Ten ? Ten ? »

Aucune réponse.

Avec un soupir, je me laissai glisser le long de mur.

Un de ces quatre, faudrait que je m’entraîne sérieusement…

 

Hé voilà, un chap deux fois plus long que la dernière fois ! Pas trop long, quand même, j’espères !

Re-bonne annif, Escalina ! Et joyeuse saint-valentin à tous, hihi.

 

Merci de m’avoir lu, et lâchez vos comz, y a encore pas mal de place !!

PS : fautes dues au fait que l’auteur, paresseuse, ne se relit jamais, et a trop la flemme de demander une bêta.

Gomen !