Humiliation...appréhension

par Llevann

Les yeux de Tenten s’écarquillaient un peu plus à chaque seconde…si ça continuait comme ça, son visage tout entier allait être dévoré par ses prunelles claires…

Je déglutis difficilement.

Maintenant, je savais ce que voulait dire l’expression nager dans le béton. J’avais l’impression que l’air s’était solidifié autour de moi.

Je sentais des dizaines, des dizaines de millions de regards invisibles fixés sur moi, hébétés…choqués. Et plus que tout, je sentais les muscles durs de l’Hokage palpiter contre mes paumes, à travers le lin de sa chemise blanche. Le regard noir et vide dardé sur mon visage, sans aucune expression.

Comme si je n’étais pas étendue entre ses jambes.

Je déglutis difficilement – d’une part parce que j’avais soudainement la gorge en feu, et aussi parce que je n’osais pas faire le moindre mouvement.

- Pour l’amour du Ciel, levez vous ! siffla soudain une voix furieuse.

Ce claquement aigre me ramena brutalement à la réalité. J’étais bien entre les jambes de l’Hokage, et j’étais en train de m’y attarder. De le dévisager.

Malédiction.

« Qu’est ce que tu fais ? » songeai-je, affolée.

Je fis un geste affolé pour me mettre debout – mais comble de malchance, mon pied se prit dans le tissu de mon fichu vêtement, et je replongeais en avant.

Malédiction.

Deux mains sûres me saisirent soudain les hanches, arrêtant net ma chute.

Ce contact, même à travers le tissu, incendia mon visage. De malaise, de surprise.

- Vous êtes maladroite. fit une voix douce et posée, aussi froide que de la glace.

Avec la chance que j’avais, il avait fallu que ce soit l’Hokage qui me rattrape. Vu d’en haut, sa peau paraissait encore plus blanche, plus crayeuse, ses yeux encore plus noirs…et il avait une légère moue agacée.

Agacée.

Agacée ?

- Je…je…je ne…bafouillai-je, incapable d’aligner deux mots.

- Maladroite ?

Un rire sec et pourtant mielleux m’interrompit.

- Parce que vous croyez que c’est fortuit ? fit la voix sirupeuse de Konan. Je ne mettrais pas ma main à couper, Hokage-sama.

- Quoi ?

Je tournai la tête vers elle, oscillant entre le choc et l’indignation.

- Mais jamais je ne…

Je ne pus finir ma phrase.

L’Hokage décida à ce moment précis qu’il était temps pour lui de se mettre debout – et il m’entraîna dans son mouvement.

- Pauvre inconsciente. fit une voix venimeuse.

Que je reconnus sans peine.

La rousse de la Répartition.

Tayuya ou je ne savais plus quoi.

- Que fait-elle ici ? demanda l’Hokage en me lâchant – ce qui me fit dangereusement vaciller.

Konan eut une moue dédaigneuse.

- Elle était venue me rendre visite. dit-elle. Ainsi que Hinata-sama et Sai-kun.

Tiens, j’avais oublié que j’étais venue avec ces deux-là.

Et en fait, je ne me souciai pas d’eux sur le moment. Encore une fois, ils parlaient de moi comme si je n’étais pas là.

- Et pour quoi ? fit Hokage-sama.

- Je voulais me faire pardonner mon irrévérence de la dernière fois. fis-je, au moment même où Konan-la-vipère voulait ouvrir la bouche.

Ce disant, je baissai poliment les paupières.

« Idiote. » me morigénai-je silencieusement.

Ce genre de comportement puéril ressemblait plus à Tenten qu’à moi…moi, je me serais gentiment tu…enfin, je préfères penser ça.

En parlant de Tenten, que faisait-elle ici ?

Si j’avais bien vu…elle était à la suite du Hyuuga.

C’était déjà fini ?

- Effacer vos irrévérences, hein ? dit doucement Konan. Comme c’est comique.

Si elle faisait allusion à ma chute…ce n’était pas ma faute.

C’était celle de ce stupide double.

Je sentis un parfum capiteux m’envelopper. Elle se rapprochai de moi. Instinctivement, je reculai.

Ce qui la fit rire.

Sale garce.

Si elle n’avait pas ce stupide parfum…et si je ne voulais pas montrer à Tenten ce que maîtrise de soi signifiait, je lui aurais mis mon poing en pleine figure.

- Hé bien, je vous pardonne. dit-elle d’un ton doux.

Ouais c’est ça, espèce de serpent visqueux…Je levai timidement les yeux. Effectivement, elle avait enroulé son bras autour de celui de son Hokage. Lequel…ne me quittait pas des yeux.

Les gouffres atones qui lui servaient de prunelles me scrutaient attentivement, comme si…comme il aurait regardé une marchandise au marché.

- Vous êtes de bonne humeur, Konan-sama. fit une voix posée – que je reconnus tout de suite.

Ino ?

Stupéfaite, je tournai la tête…avant de me rendre compte que je tournai dos à sa Seigneurie l’Hokage.

Aïe.

Mais pourquoi, pourquoi je me trouvais dans cette position embarrassante ?

- Ah. fit une voix traînante. Je ne savais pas qu’on était supposé interviewé des concubines…pourquoi il y en a autant ?

Cette voix appartenait à un jeune homme grand, brun, avec une coiffure bizarre…celui que j’avais vu devant les portes. Vu de plus près, il avait l’air…endormi. Son regard noir était…définitivement endormi.

- Shikamaru-san. dit poliment Konan. Vous êtes à l’heure ?

- Bah, on dirait. dit le dénommé Shikamaru, en étouffant ce qui ressemblait fort à un bâillement.

Ses yeux balayèrent la pièce, et s’arrêtèrent sur moi.

C’était un regard sombre banal, pourtant il me mit mal à l’aise. Brusquement, le morceau de papier contre ma peau se mit à me picoter. Je résistai grandement à l’envie de le toucher, et me contentai de détourner les yeux.

Non seulement c’était un collabo, mais il avait le don de me mettre mal à l’aise.

Impardonnable.

- Allons y. fit brusquement Hokage-sama en se dégageant de Konan. Reste ici, dit-il froidement, comme la concubine faisait un geste pour le suivre.

Celle-ci se figea – et pendant une brève seconde, son beau masque se fissura.

- je crois que nos plans vont être contrariés. dit une voix douce et profonde.

Le Hyuuga adressa un petit sourire en coin à Tenten, qui releva fièrement le menton.

- Bonne nuit. dit-il. avant d’emboîter le chemin à son Seigneur.

- Shikamaru-san ! fit Ino, comme l’homme à la coiffure d’ananas ne bougeait pas.

- Humpf ?

La blonde soupira.

- Allez y ! fit-elle.

- Quoi…Oroch…commença le brun.

À bout de nerfs, Ino le poussa violemment vers le battant de l’autre côté duquel ses acolytes avaient disparu.

Un collabo…et un collabo bien placé.

- Sakura…chan. haleta une petite voix.

- Hum ?

Je tournai la tête.

Hinata me considérait avec un regard terrifié – et Sai avec un petit sourire pervers.

Je ne sais lequel me hérissa le plus.

Le regard terrifié ou le sourire pervers.

Mais je fus bel et bien hérissée.

- Quoi ? aboyai-je.

Hinata sursauta, et le sourire de Sai s’élargit.

Oh, j’allais commettre un meurtre…

- Vous êtes toujours là ? fit la voix aigre de Konan.

- Ben, où voulez vous qu’on…commença Tenten.

- On s’en va.

Hinata et moi avions parlé en chœur.

Surprises, nous nous regardâmes. La brunette s’empourpra au bout de quelques minutes.

Ah lala.

- Hé bien, allez y ! fit Konan. Ino !

La blonde sursauta.

- Je…je vais ranger les affaires de Shi…commença t-elle.

Konan l’interrompit avec un sourire mielleux.

- Prévenez moi quand Orochimaru-sama sera là. dit-elle.

- M…moi ? Heu…ah…oui ! fit Ino, l’air mortifié.

Elle me faisait presque pitié…mais quand on était collabo…ben on avait une vie de collabo.

Alors qu’on se dirigeait tous vers la porte, j’effleurai mon corsage.

Le bout de papier. J’avais réussi. Il était là…

- Hé…Sakura !

-hum ?

Tenten me regardait avec un regard hilare…oh non…oh non…

- On ne peut pas dire que tu es timide. pouffa t-elle. T’es même du genre direct…qui aurait cru que la petite Sakura…

- Tais toi !

-…qui n’osait même pas avouer à Kabuto…

Hein ?

Qu’est ce que Kabuto venait faire là-dedans ?

Une image désagréable s’imposa à moi. Moi assise sur mon lit, me demandant quelle coiffure plairait à mon beau collègue…

- J’étais idiote. grognai-je.

- Parce que t’as changé ? ricana Tenten. En tous cas, ça s’est bien passé, hein ? je veux dire…il t’a laissé mater.

Pourquoi cette fille était ma meilleure amie…je me le demandais.

- Uchiha-san était…il n’a pas…

Hinata déglutit difficilement.

- vous n’auriez pas du, Sakura-chan. murmura t-elle.

- Parce que tu crois que j’ai fait exprès ?

À peine ces mots avaient-ils franchi mes lèvres que je me figeais.

Tu.

je venais de lui dire tu…à cette poupée de porcelaine version vampire.

- Désolée, je voulais dire…commençai-je précipitamment.

- Vous êtes directe, c’est bien vrai. dit Sai, son masque atone de retour.

Mais j’avais bien vu que c’était un pervers.

- J’aurai bien aimé être à la place de l’Hokage…souvent je me demande de quoi il est fait…soupira t-il, toujours neutre.

- Hein ?

Ino et moi nous tournâmes vers lui, mais nous ne pensions décidément pas la même chose.

« Pervers, pervers, pervers… » me répétai-je inlassablement.

Apparemment, je le pensai très fort, car Tenten sourit.

- Ha, Ino, tu ne devrais pas être chez Orochimaru ? demanda Sai, en se tournant vers la blonde.

Celle-ci eut une expression bizarre – entre la grimace et l’embarras.

- Oui…j’y vais. soupira t-elle.

- Je viens avec toi. annonça Sai.

Moi, je n’aurais jamais accepté.

Mais Ino semblait aux anges. Chacun ses goûts, comme on dit. Je revis Kabuto, et je m’empourprai. Maudite Tenten.

En parlant de Tenten.

- Tenten…ch…san. hoqueta Hinata. Comment…mon cousin…qu’est ce qui…

- Hein ?

Tenten rougit.

- Mais qu’est ce que vous allez imaginer ? demanda t-elle, en regardant Ino et Sai s’éloigner dans un couloir. On a discuté, c’est tout.

Je dus paraître très dubitative car Tenten me sauta presque à la gorge.

- Puisque je te le dis ! s’exclama t-elle. Moi aussi, je croyais…

Elle rougit.

- On a juste discuté. dit-elle.

- Tu rigoles pas.

C’était juste une constatation.

Mais quel genre de personnes était les Vampires ? Se retrouver seule avec une fille aussi jolie que Tenten, et ne rien faire…ou avoir une femme – pas jolie, mais une femme – entre les jambes et rester zen.

Ils étaient bizarres.

« Sakura. » fit soudain une voix froide dans ma tête.

Je me figeai aussitôt, surprise.

- S…Sakura-chan ? fit Hinata.

- Ben quoi, ton prince te manque ? ironisa Tenten.

En temps normal, j’aurai du – essayer – de la frapper.

« Vraiment bien joué. » fit la voix, moqueuse. « Je ne m’attendais pas à ce que tu réussisses…joli coup…ce serait judicieux de faire comme si de rien n’était, hein ? »

-S…Sakura chan ? répéta Hinata.

Mais elle m’agaçait avec ses bégaiements et ses chan chan !

« Qui…qui êtes vous ? » fis-je mentalement.

« Ben voyons, cheveux roses, à ton avis ! D’où t’as pêché ton ordre de mission, hein ? Allez avance, bubble gum. »

J’eus un flash de compréhension – enfin, me direz vous.

Un rebelle.

Ou plutôt LE rebelle qui avait glissé ce mot dans ma salle de bains…

- Je…j’ai juste eu brusquement froid. mentis-je, alors que mon front se couvrait de sueur.

Une lueur affolée traversa le regard nacré de Hinata.

Elle était mignonne, quand même.

- Vous êtes…enrhumée ? fit-elle. Naruto-k…san s’est enrhumé une fois, et…

- ça ira, Hinata…

J’avais un peu buté sur le nom, mais il avait fini par sortir.

- C’est gentil de vous soucier de moi. fis-je.

En temps normal, j’aurais été plus attendrie que je ne l’étais. Mais en temps normal. je n’avais pas un visiteur totalement inconnu dans ma tête.

Je savais qu’il fallait être un sacré nécromant pour faire ça. Entrer dans la tête d’inconnu.

- On va…jouer aux cartes ? proposai-je. À moins que quelqu’un n’ait sommeil ? On va chercher Naruto ? enchaînai-je.

Bizarrement, la Hyuuga s’empourpra.

- Si…vous voulez…souffla t-elle.

Tenten, elle, me regardait bizarrement.

Comme si elle savait…comme si elle sentait.

« En tous cas, chute magistrale. » ricana la voix dans ma tête. « C’était beau à voir. »

Je ne pus m’empêcher de rougir – et vit Tenten arquer un sourcil.

« Vous étiez là ? » fis-je. « Ce n’était pas… » enchaînai-je aussitôt.

« Oui, oui…le double…en même temps, quand un double est aussi mal exécuté que le tien l’était… »

Je rougis encore, mais de fureur cette fois.

« Ça vous va bien de parler…qui êtes vous ? »

« Je te l’ai déjà dit…t’es ennuyante. »

Merci beaucoup.

« Votre nom. »

« Ah… »

- On…joue au poker ? fit Hinata.

- Le diable, ce serait bien. Et un gage pour le perdant ! fit Tenten, avec trop d’enthousiasme.

Elle avait bel et bien flairé quelque chose…je n’aurai jamais son niveau.

« Vous auriez dû demander à Tenten. »

Oh, et moi qui espérais être consolée…

« Oh, j’y ai pensé. Mais elle était occupée. »

Merci beaucoup.

« Votre nom. » fis-je avec aigreur.

« Dévoiler ma couverture ? que nenni, gummy. »

Après bubble gum, gummy…il avait en effet intérêt à ce que je ne sache pas son nom.

Une malédiction est si vite arrivée.

« En tous cas, félicitations. »

« C’est écrit en Vampire. » prévins-je.

« Non, en chinois. »

Quoi ?

Je clignai bêtement les yeux. Qu’est ce que c’était que ça ?

« Aucune importance. » dit-il. « Remets le papier où tu as trouvé le mien. Je te recontacterai bientôt. »

Comment ça ? songeai-je, affolée.

Une autre mission ?

« Mais je croyais que je devais juste… »

Je ne finis pas ma phrase.

La présence s’était déjà retirée.

Le choc fit place à la colère. L’imbécile. J’étais là pour une chose, non ?

- Hein, Sakura, au diable ? fit Tenten.

Son regard ne pouvait pas me tromper. C’était encore une phrase codée.

T’as intérêt à me raconter ce qui se passe, Rosie.

Oui, Tenten…une fois que je  me serais débarrassée du papier qui m’irritait la peau.

Je ne pus m’empêcher de me demander pour quoi il voulait me recontacter…et cette fois, la bêtise que je – ou mon double – ferais.

Tomber dans le bain de l’Hokage ? Hum. Pas drôle.

 

L’auteur est back, yeah!!

Ce chapitre s’annonçait assez difficile à écrire, prière de ne pas crucifier l’auteur si c’est nulle, elle est encore trop jeune…>.<

Sinon, merci de prendre le temps de me lire !! J’ai pas eu le temps de répondre à tous les coms jusque là, mais ça arrive, promis ! ( comme si les gens s’en souciaient.)

Et pour les coms…faites comme chez vous. (jenveuxjenveuxjenveux >.<) Critiques bienvenues !