Chap 9

par Llevann

- Sakura, ça va?

Je sursautai, et tournai légèrement la tête, rencontrant aussitôt les immenses yeux bleus et profonds d’Ino.

- Heu…oui, pourquoi pas ? bafouillai-je.

On se tenait sur le pas de l’escalier qui menait chez moi. Ino était tout près de moi, me scrutant avec ses grands yeux bleus. J’avais l’impression qu’elle pouvait lire en moi avec ces yeux là…et je n’aimais pas ça du tout. Essayant de ravaler mon malaise, je tournai la tête. Naruto me regardait avec un calme qui lui était particulier : une sorte de calme excitée, qui illuminait ses yeux de l’intérieur. Mais ce n’était pas ça le pire.

Le pire, c’était les deux Vampires qui ne me lâchaient pas des yeux.

Le dénommé Sai avait toujours son air de zombie perdu, son regard mort, et si c’était désagréable comme regard, c’était toujours mieux que le regard bleu que je sentais toujours rivé sur mes épaules. Quant à la demoiselle Hyuuga, elle me considérait d’un air timide, les joues rosées, un léger sourire aux lèvres…Hyuuga.

Mon regard se porta malgré moi sur la silhouette imposante du bâtiment en face.

Hyuuga.

Tenten.

Ma gorge se serra à nouveau.

J’avais la sensation d’avoir abandonné une amie – ma seule amie – face à un océan déchaîné, et malgré le fait que je pouvais courir la sauver, je ne faisais rien…courir la sauver…pourquoi ne pas y aller ? Pourquoi ne pas jeter ce masque décidément trop dur à porter, qui demandait décidément trop de sacrifices ? On pourrait essayer directement, mourir ce serait tellement plus facile que de faire…ça .

- Hé, Sakura ! fit soudain Naruto, sourcils froncés. Ça va ? T’as une tête bizarre ?

Effectivement, mieux vaut ne pas attendre d’un collabo qu’il comprenne l’anxiété d’une rebelle…encore heureux qu’il ne soit pas au courant.

Rebelle.

C’était ce que j’étais…non ?

Personne ne m’avait forcé à venir ici. Personne n’avait forcé Tenten. Je soupirai silencieusement.

Il ne me restait plus qu’à espérer qu’on réussisse…

- Vous…voulez monter chez moi ? proposai-je par unique politesse.

Mais j’avais oublié de considérer l’excitation faite homme.

- Oh ouais, ce serait bien ! s’exclama Naruto, les yeux brillants. T’as des cartes, hein, Sakura ?

- Non.

- Ah, mer…zut ! fit-il. Si seulement ce Hyuuga n’avait pas…

- Naruto ! s’exclama Ino, en détachant son regard de moi, jetant un coup d’œil affolé à Hinata.

Mais celle-ci se contenta de rougir.

- Ben c’est vrai, quoi ! s’exclama t-il. Vous venez, seigneur Sai ? ajouta t-il d’un ton ironique – et Ino s’empourpra.

Sai parut rêveur un moment.

- Pourquoi pas ? fit-il.

C’est ainsi que, contre ma volonté, je dus accueillir tout ce petit monde chez moi. En regardant ma mamie s’activer pour mettre tout ce beau monde à son aise – surtout les deux Vampires – je soupirai.

Je n’aurais même pas le luxe de pleurer mon impuissance…si seulement cet Hokage pouvait se ramener que je partage le même sort que mon amie…une seconde, c’est moi qui pensais ça ?

Pas possible.

Je retire.

- Oh, Sakura, regarde ça ! fit Naruto, en m’agitant sous le nez une sorte de gâteau de riz. C’est ce qui existe de mieux après les ramens…

- Evidemment, si on reste focalisé sur la nourriture, fit Ino.

Mal lui en prit.

Les yeux de Naruto se plissèrent.

- Evidemment, si on fantasme…commença t-il.

Il n’eut jamais le loisir de finir sa phrase : Ino lui enfonça un gâteau de riz entier dans la bouche, l’air paniqué. Mais Sai était resté de marbre, passant un regard rêveur sur les calligraphies des portes. Je ne savais pas au juste si il faisait semblant de ne jamais écouter, mais en tous cas, l’effet était saisissant.

- Je vais me…heu…repoudrer le nez. dis-je tout à coup en me levant.

- Ah bon ? fit Ino en me suivant du regard.

J’ai entendu cette excuse bidon l’une des rares fois où j’ai pu aller au magasin. Mais j’avais besoin d’être un peu seul. De me rincer le visage.

De réfléchir.

Je m’engouffrai dans l’immense salle de bain, et sans un regard pour le complexe impressionnant, fonçai droit vers le miroir.

Mes yeux vert émeraude me considérèrent pensivement, un peu ternes.

Tenten.

Qu’est ce qu’elle était en train de faire, là ? Non, je corrige. Qu’est ce qu’on était en train de lui faire ?

Hyuuga.

Hé, pourquoi mes joues deviennent toutes rouges ? J’admets que c’est un bel homme…heu, un beau Vampire. Et il n’a pas l’aura mortelle de mon Seigneur et Maître. Cependant, la glace au fond de ses yeux est effrayante…

Avec un soupir, je me pense en avant. La glace rafraîchit mon front.

Je fouille dans ma mémoire, et les souvenirs ne sont pas durs à trouver. Mes parents se tordant dans les flammes. Tenten écrivant lettres sur lettres à son grand-frère, tout en sachant qu’elle ne les enverra jamais. Les pénuries, les humiliations, les baisses de salaire, les impôts, l’inflation, les politiques de déflation drastiques et brutales. Les orphelins, les exécutions, les corps se décomposant des semaines sur la place centrale…Rien de tel pour se rebooster.

Même si il fallait m’arracher le cœur, j’y  étais prête pour faire tomber cette dictature dont je ne savais pas très bien comment elle était avenue. Appelez ça du fanatisme, pour moi c’est de la détermination.

Je baissai les yeux, et c’est alors que je le vis.

Un morceau de papier coincé entre deux tuyaux.

Vous m’accorderez que ce n’est pas la place d’un morceau de papier ordinairement… Sans réfléchir, je me penchai et effleurai le bout de papier des doigts…une légère secousse traversa mes doigts, se propageant rapidement dans toute ma chair.

Je me raidis aussitôt.

Je n’ai pas vraiment étudier, mais je ne connais pas beaucoup de morceaux de papier ayant une aura quelconque. Donc…de la nécromancie ?

Cette idée me paraissait totalement saugrenue – mais je n’avais pas envie de rire pour autant.

Je pris le morceau de papier avec un frisson et le dépliai rapidement. Les lettres étaient tracées d’une écriture fine et ronde, comme calligraphiées.

Récupérez la liste confiée à Konan par le conseiller Orochimaru avant le conseil de ce soir, neuf heures.

Hé ?

Je restai un moment figée, comme foudroyée.

Je relus le mot, le relus une fois encore…une mission ? UNE MISSION ?

Récupérer la liste de la concubine Konan…non c’était une blague. Pourquoi pas se jeter de la fenêtre pendant qu’ils y étaient ?

Avant ce soir neuf heures.

Neuf heures.

Il devait être…sept heures trente, presque huit heures.

Mais ils étaient fous ?

Je relus encore une fois le billet, priant presque pour voir les lettres former le mot blague !

Mais non.

- Sakura ? fit soudain la voix de Naruto. Tu vas bien ?

- Quoi ?

Dans un moment de panique mémorable, je fourrai le mot dans mon corsage, l’enfonçant dans mon misérable bonnet B.

- Tu vas bien ? J’entres !

- Quoi…n…

Personne n’avait appris la politesse à ce type…le battant pivota sur ses gonds dans la seconde qui suivit.

- ça va ? fit-il, un large sourire sur son visage angélique.

- Naruto, personne ne t’a appris la politesse ? rugit Ino.

Merci.

- P…pourquoi vous faîtes ça, Naruto-kun ? fit la voix timide de la Hyuuga.

Elle avait l’air terrifiée.

J’imagine que dans mon cas, elle se serait évanouie.

Pas moi.

- Non mais ça ne va pas ? rugis-je. Tu t’imagines si j’étais…

-Toute nue ? fit-il, les yeux brillants.

Apparemment, il ne me craignait pas autant qu’il craignait Tenten. Il allait falloir corriger ça.

- Idiot ! hurlai-je, en lui envoyant mon poing dans le visage.

Il para sans difficulté, l’air hilare.

- Ah, ah ! ça t’a fait du bien de te repoudrer le nez !

-Hum. fis-je, en arrachant mon poing.

En respirant, je pouvais sentir le morceau de papier coincé dans mon balconnet.

- Pousse toi. fis-je, en poussant Naruto.

- T’es trop mignonne quand tes yeux brillent comme ça ! fit-il.

- Attends un peu que je te refasse le portrait, murmurai-je.

Foutu bout de papier.

De retour au salon, je vis que le dénommé Sai me regardait avec attention, et que Hinata avait les joues rouges.

Je me surpris à lui sourire…mes parents auraient du se retourner dans leurs tombes…si seulement ils en avaient une.

- Dîtes, vous savez si je pourrai aller voir dame Konan ? fis-je, en m’asseyant tranquillement.

J’avais espéré qu’ils resteraient calmes. Effet raté.

Sai fronça les sourcils – wouah la réaction – Hinata sursauta, et Ino et Naruto me jetèrent un regard horrifié.

- Ben quoi ? fis-je. J’aimerais apprendre à la connaître.

A moi-même, cette excuse semblait bidon. Alors aux yeux des autres…

- T’es fêlée ou quoi ? fit Naruto. Konan ? Konan ? Cette…enfin, quoi, Sakura ! Pourquoi tu lui fiches pas la paix ?

- Naruto, je dois bien…entretenir mes relations, non ?

- M…mais…bafouilla Hinata. Je ne crois pas…

Comme si je me souciais de ce qu’elle croyait.

Moi, j’avais un fichu bout de papier rebelle et nécromancien dans le balconnet.

- Bon, vous m’aidez à la voir, ou pas ?

Naruto se renfrogna.

- Je ne vais pas te mener à la guillotine…fit-il.

- Naruto, n’emploie pas des mots trop gros pour toi. fit Ino.

- Quoi ? mais tout le monde sait…

- Il y a une réunion ce soir, à neuf heures. dit Sai.

Comme si je ne le savais pas.

- Ah bon ? fis-je. Et elle y va ?

- En fait, la réunion a lieu dans le grand salon de ses appartements. dit-il.

- Hé ?

Décidément, cette femme avait…de la puissance.

- Donc, c’est râpé.

Essayons de ne pas avoir l’air trop paniqué…tu parles ! Plus facile à dire qu’à faire !

Le morceau de papier frottait ma gorge.

- Pas forcément. fit Sai.

Je le regardai, ahurie.

- Si tu tiens à entrer chez elle, je peux te faire entrer. dit-il. Si tu y tiens.

Je déglutis.

Je n’en croyais pas mes oreilles. Le morceau de papier grandissait contre ma peau. Comment était-il arrivé dans ma salle de bains, d’abord ?

Faudrait que je demande à mamie si quelqu’un était entré. Mais non, ça ferait suspect. Et si…mamie ?

Non, non, sûrement pas.

Je sais bien qu’il ne faut jamais juger les gens sur leur apparence, mais là je suis formelle. Pas mamie.

- Alors, Haruno ? fit Sai d’une voix douce.

- Hein ? Heu…

J’entortillais une de mes mèches autour de mon doigt.

Avant neuf heures.

Mon cœur cognait comme un malade dans ma poitrine. Non, je n’avais pas le choix.

- D’accord. fis-je. C’est très gentil à toi…

Je n’eus pas le temps de finir. Il y eut une véritable explosion de fureur.

- Mais t’es fêlée ? s’exclama Naruto.

- Pour une fois, il a raison ! s’exclama Ino. Ça ne va pas, t’en a pas eu assez ?

- Je fais ce que je veux ! m’exclamai-je.

Non, je n’aime pas que l’on conteste mes choix…surtout quand ce ne sont pas des choix.

- Je…je…viens avec vous. fit soudain Hinata Hyuuga.

Hein ?

Je me tournai vers elle, surprise et automatiquement suspicieuse.

Elle s’empourpra.

- Konan-san me respecte, dit-elle. Je pourrais…si je suis avec vous, je pourrais…je…

- Elle a raison ! coupa avec vigueur Naruto. C’est ça ou rien !

- Ben voyons. fis-je.

Mais je réfléchissais.

Serait-elle un fardeau ? Bah, il suffirait de l’envoyer paître quand j’en aurais besoin, ce n’était pas le genre à s’imposer…et comme je n’avais pas encore de plan…

- C’est d’accord. fis-je finalement, avec un sourire. Merci, mademoiselle Hinata.

Elle eut un sourire timide.

- A…appelez moi Hinata. dit-elle.

 

Blablas très importants

 

Comme je dois aller quelque part, je m’interromps là, mais je promets deux chapitres – j’essaierai ! – pour ce week-end, avec un POV Tenten compte tenu des circonstances.

Lâchez vos coms’, même pour les critiques…c’est toujours ça !

 

Inès : Tu es ma gamineuh ma gamineuh préférée, tu es ma chérieuh ma chérieuh préférée, mon amieuh préférée…comme tu vois, j’écoutes Meiway ^^.

Je te dédicaces ce chap’, comme promis !

Gros bisous à toi et à Ryoji – qui ne m’a toujours pas laissé de coms’, et qui va finir par mal finir…

Je vous embrasse tous et espère pas mal de coms’, comme toujours ! ( même si ce chap ne sert a rien, je vous l’accorde)