Chap 2 - yeah!

par Llevann

2

 

Assassiner Uchiha Sasuke?

- Quoi?  hoquetai-je en le regardant. Vous…c’est une…vous…

- Pas du tout. dit-il calmement. Je vous avais dit que c’était dangereux. C’est l’un des meilleurs éléments nés dans cette famille maudite depuis des siècles. Il est extrêmement doué pour percer les pensées des gens, et inutile de vous préciser ce qui vous attend si vous êtes prise.

Oh oui, inutile.

Place des Exécutions.

- Vous êtes une Nécromancienne, vous devez avoir appris à fermer vos pensées. fit-il.

- En effet. fis-je d’une voix atone.

Mes yeux se posèrent sur la statue de Uchiha Madara, dans la fontaine. Une statue présente dans toutes les villes du monde.

Uchiha Sasuke.

L’un de ceux qui avaient menti et assassiné mes parents. Celui qui menait cette guerre sans pitié aux rebelles, qui avaient retiré des tas de droits aux humains, nous imposant un couvre-feu, des zones interdites, les exécutions publiques, des impôts titanesques, des jours de travail forcé pour la patrie et toutes sortes de sévices.

Lui ? Oh oui, je le haïssais.

Je les haïssais tous.

- C’est pour cela que l’on vous a choisi. poursuivit-il. Vous devrez attendre notre signal, puis l’assassiner. Je ne vous cacherais pas que les chances que vous soyez capturée, même en cas de succès, sont énormes. Et alors…

Il fit un geste de la main.

- Nous comptons profiter de sa mort d’une façon que vous n’avez pas besoin de savoir. dit-il. Sachez que si vous réussissez, vous sauverez peut-être Konoha. Et que vous deviendrez peut-être une martyre.

Une martyre.

Sauver Konoha…libérer une des villes sous le joug de ses monstres…

-Dans trois jours ? murmurai-je.

Il se leva.

- Vous recevrez un paquet de nous, annonça t-il. Quelle que soit votre décision, gardez le. C’est un cadeau. Sinon, utilisez le à bon escient. Bonne journée.

Je ne le regardai même pas s’éloigner.

Tuer Uchiha Sasuke.

Je regardai mes mains. En serais-je capable ? Allons donc. Pourquoi n’en serais-je pas capable ?

J’ouvris la cannette, et but une longue gorgée. Le liquide gazeux me brûla la gorge.

Tuer Uchiha Sasuke.

Je ne m’attendais pas à ce qu’il me confie d’emblée une mission aussi…aussi.

Tuer Uchiha.

Oh oui, je le ferais.

 

*

 

De retour dans ma chambre minuscule, je me laissai tomber sur mon lit, les bras en croix.

Ma tête bourdonnait des évènements de la journée.

Tuer Uchiha.

J’aurais aimé le dire à voix haute, mais  la Police civile m’écoutait, nous écoutait tous… -(vous croyez que l’auteur de 1984 va me traîner en justice ?)

- Haruno Sakura ! cria soudain une voix furieuse, me faisant sursauter.

Des pas précipités retentirent dans le couloir, et la porte de ma chambre s’ouvrit en vlan. Une jeune fille apparut dans l’encadrement. Un visage en cœur, des yeux brun clair étincelant, un macaron lourd et brun sur chaque tempe…Tenten.

- Qu’est ce qu’il y a ? fis-je, en me redressant lentement. Qu’est ce que j’ai fait ?

- Ce que tu as fait ? fit-elle. Tu as oublié qu’on devait déjeuner chez mon père, voilà ce que tu as fait !

Ce disant, elle brandit une sorte de boîte en carton.

Comme de coutume, sa phrase n’avait rien à voir avec sa pensée – police civile oblige.

« Tu as reçu ça. » fit une voix dans ma tête.

Je bondis hors de mon lit.

- Ah zut ! m’exclamai-je.

« Donne le moi. » répondis-je mentalement, en tendant la main.

Je n’ose même pas imaginer la vie des non-nécromanciens, ceux qui ne peuvent même pas communiquer comme nous le faisons, elle et moi.

« Pas question. » fit-elle silencieusement, en reculant. « Ce sont des vêtements, Saku. De très beaux vêtements…je ne crois pas que tu connaisse quiconque qui puisse t’offrir ça. »

Je me raidis.

Des vêtements. La Rébellion…ils n’avaient pas perdu de temps.

« Tu les a trouvé, hein ? » siffla sa voix dans ma tête. « Tu les as trouvé et tu ne m’as rien dit ! »

- Tenten…soupirai-je.

« Quoi ? Quoi, Tenten ? Je croyais que j’étais ta meilleure amie ! »

« Tu es ma seule amie et ma famille, Tenten. »

Mais elle ne se laissa pas émouvoir une seconde. Tenten a les nerfs en acier.

« je t’avais dit de me le dire. » fit-elle.

Je me rassis sur mon lit.

C’était inutile de lutter avec elle pour reprendre le paquet. Ça ferait du bruit, ce qui alerterait la police civile. Et puis, Tenten a grandi dans les marais. Elle a une force, une vitesse et une adresse peu commune.

« Je ne veux pas que tu… » commençai-je.

« on en a déjà parlé. Ils ont tué ma mère. J’ai autant de raisons que toi de vouloir me venger. »

« Tu as toujours ton père. Pense à lui. »

Tenten cligna des yeux, le regard dans le vague. Mais elle se ressaisit vite.

C’est ça, Tenten. Quand elle veut quelque chose, vous avez beau hurlé, elle ne change pas d’avis. Têtue comme ce n’est pas permis.

« Raconte. » fit-elle.

- habille toi, on y va. fit-elle à voix haute.

Je hochai la tête, et racontai rapidement mon entrevue avec le rebelle, silencieusement.

- U…oups ! fit-elle à voix haute. Heu…j’ai taché la jupe.

« Uchiha ! » s’exclama t-elle dans ma tête.

Je grimaçai, en me massant les tempes. Je détestai que les gens me crient dans la tête.

« Uchiha. » confirmai-je tristement.

« Parce que tu…es un nécromant ? »

Je hochai la tête, et me mit à déboutonner mon chemisier. On était en effet invité à déjeuner chez le père de Tenten.

« Tu vas le faire ? »

Je percevais une certaine tension dans sa voix.

- Evidemment. fis-je. Tu es maladroite.

Tenten arrondit les yeux.

- Vraiment ? souffla t-elle.

- Mais regardes donc ! fis-je. Ma jupe !

J’avais presque pitié des officiers de la Police Civile contraints d’écouter ces sottises…

« Je vois. »

Tenten arrangea ses macarons, tremblante.

« je vais… » commença t-elle.

« Non. »

Je jetai mon chemisier à terre, le visage fermé.

« C’est ma mission. » fis-je. « C’est à moi de le faire. »

Tenten me lança un regard noir.

« Va te faire voir. Si tu crois que je vais te laisser entrer au palais toute seule…nulle comme tu es ! Je me fiche de ce que tu dis. Moi aussi, je vais tenter ma chance, dans trois jours. Et je ferais tout pour te suivre. »

- Tenten, non ! m’exclamai-je.

- Désolée.

« Mais je ne vais pas mettre ta mission en péril, rassure toi. »

« C’est dangereux ! » fis-je, en désespoir de cause.

Ce combat était déjà perdu, je le savais. Je le savais.

Merde.

« Tenten. »

- je t’attends en bas. fit-elle. Dépêche.

Et elle sortit, laissant le paquet près de la porte. Je le pris, et le jetai sans un regard sous mon lit. J’enfilais rapidement un chemisier plus léger, et une paire de jeans, avant de me lancer à sa poursuite.

« Tenten… »fis-je.

« Garde ta salive. Je ferais ce que j’ai dit. Tu n’entreras pas là dedans seule, Saku. »

- Merde. T’es emmerdante !

Elle me sourit – et je lui rendis son sourire. Comment dire ? Au fond, j’étais un peu soulagée qu’elle vienne…non, non, non, ce n’était pas bien…mais j’étais contente quand même.

Nous nous dirigeâmes à pas rapides vers l’ouest de la ville. Les caméras se raréfiaient, les passants aussi. On se dirigeait vers le marché noir, un marché tenu par les Vampires et où tout le monde s’approvisionnait.

Là, plus de caméras du tout.

Nous nous glissâmes dans les débris de l’ancien Konoha, et filâmes vers l’est. Au bout de quelques minutes de marche, nous les vîmes. Les marécages.

Immenses, vert, poisseux…grouillant de bestioles, chauds.

Tenten s’enfonça sur les chemins bourbeux d’un pas sûr. Je la suivis, le cœur battant.

Théoriquement, les marécages étaient inhabités. En pratique, ils avaient un habitant vivant. Le père de Tenten.

Et des tas d’habitants…morts.

Les marais de cette zone regorgeaient de cadavres, remarquablement bien conservés, leurs yeux vitreux fixés sur le ciel. Comme toujours, j’évitai de regarder. Mais il y avait une telle énergie de mort…si dense…des fois, c’est pas chouette d’être nécromants. Les morts – ou plutôt ce qui reste d’eux, c’est-à-dire leurs esprits – vous sentent arriver à des kilomètres à la ronde. Quand ils sont cool et relax, ils se contentent de vous faire savoir qu’ils sont là, à coups de grands frissons et de sueurs froides. Mais à vrai dire, je n’ai rencontré que peu d’esprits errants sur terre alliant ces deux qualités – cool et relax. Ceux qui ne peuvent pas monter sont généralement emplis de haine et de ressentiment, d’abord vis-à-vis de ceux qui les ont tué, puis à l’encontre de tout vivant.

Et question haine et ressentiment, ces morts-là devaient battre des records.

Au tout début, les partisans des Vampires avaient jeté les corps des dissidents dans ces marais puants. Puis, des rumeurs de fantômes s’étaient mises à circuler…et les gens ne s’y aventuraient plus. On balançait les condamnés à l’exil dans ces marécages, et peu d’entre eux s’en sortaient vivants…

Tenten avait grandi ici, elle aimait les marais. Pas moi. Sans elle, je n’y venais jamais.

Nous marchâmes encore une heure, puis nous la vîmes enfin : une petite maison entièrement recouverte de mousse, entre deux gros arbres noueux, également couverts de mousse.

Impossible à détecter pour des yeux inavisés.

Tenten frappa trois coups à la porte moussue – et le battant pivota sur ses gonds.

- Bon sang ! m’exclamai-je, comme toujours.

Le bazar de cette maison me subjuguait.

Je ne suis pas un modèle, mais Tenten et son père sont…les personnes les plus bordéliques qui existent sur terre.

Tenten haussa les épaules, et s’avança dans le vestibule, enjambant les vêtements épars – curieusement non odorants, ce qui fait que je soupçonnais fortement un sortilège – et nous parvînmes finalement au salon.

- Ah, je ne vous attendais plus. fit une voix traînante. Déjeuner, c’est à midi les filles. Pas à quatre heures.

- Salut, pap’ ! fit gaiement Tenten, en fonçant vers lui.

J’eus le temps de voir son regard noir avant que sa fille ne se jette sur lui pour l’étrangler.

Hatake Kakashi était un homme pour le moins étrange : il avait les cheveux argentés qui n’avaient rien à voir avec l’âge, en bataille. De son visage, on ne distinguait qu’un œil, noir et morne. Un masque noir dissimulait le reste. Et malgré son bazar inouï, il était indéniablement classe : sa chemise à fines rayures n’aurait pas détonné dans une réception bon ton.

- T’es encore en train de lire ces cochonneries. soupira Tenten, en regardant le livre dans lequel son père était plongé.

Kakashi lisait tout le temps.

Le Paradis du Batifolage, un livre que je n’avais jamais vu en librairie et dont il avait sans cesse de nouveaux volumes.

- Et alors ? riposta t-il. Vous avez vu l’heure qu’il est ? Vous avez…

- C’est bon, tu as mangé sans nous, non ? le coupa sa fille, en prenant place à la table. Et excuse moi, mais tu es toujours en retard…pas étonnant que j’en  ai hérité !

- Ce n’est pas une…laisse tomber. soupira t-il, en se tournant vers lui. Bonjour, Sakura.

- B…bonjour. fis-je, légèrement rougissante.

Oui, Hatake Kakashi m’impressionnait toujours. Et pour cause…les Nécromanciens le surnomment le Maître des Cadavres.

On dit que c’est le Nécromancien le plus doué qui ait jamais existé – et on le dit immortel. Ça a été le professeur des plus grands, et celui de mes deux parents.

Bon, oui, il faisait plus vieux pervers que vieux génie, mais que voulez vous…

Je m’assis à table, et empilai avec bonheur des pommes de terre et des côtes de porc dans mon assiette. Je ne savais pas où les Hatake trouvaient leur nourriture…mais ils en trouvaient.

En face de la table trônait le portrait d’une femme aux lourds cheveux bruns et aux yeux rouges.

La mère de Tenten.

Kurenai Hatake.

D’après ce que j’avais compris, elle était mariée à un certain Asuma Sarutobi, un lieutenant rebelle, l’un des grands amis de Hatake Kakashi. Ce dernier avait été capturé et exécuté par les Vampires alors que sa femme attendait un enfant. Kakashi-sensei l’avait recueillie, et avait élevé son fils, Iruka. Puis, Kakashi-sensei et Kurenai Sarutobi s’étaient mis ensemble, et Tenten était venue au monde.

Tout comme mes parents, Kurenai Hatake avait été victime des mensonges des Vampires et de son optimisme. Elle avait été une des premières à répondre à l’appel vampire…et l’avait payé de sa vie. Par la suite, Iruka était parti rejoindre les Rebelles, et sa famille n’avait plus de nouvelles de lui.

Tenten demeurait avec son père.

- Vous avez manqué Gai et son fils. dit gaiement Kakashi sensei en lisant son bouquin. Lee voulait le voir, Tenten.

Mon amie soupira.

Lee était un jeune homme qu’elle connaissait depuis l’enfance, et qui semblait amoureux d’elle – même si elle soutenait que c’était de moi qu’il était amoureux.

- La Rébellion les envoie à Suna. fit calmement Kakashi.

Je laissai tomber ma fourchette.

- Ce sont…des rebelles ? m’exclamai-je, stupéfaite.

Gai sensei et Lee ? Des rebelles ?

Des gens que je connaissais depuis toujours, qui n’arrêtaient pas de me faire rire – et aussi parfois de me taper sur les nerfs. Et qui aussi…disparaissaient souvent sans raisons.

Des rebelles. Mazette.

- Oh, je suppose que je ne dois plus vous le cacher. fit Kakashi. Etant donné que vous-même avez décidé que vos vies ne valaient plus rien.

Il baissa son livre, et nous regarda longuement.

Je piquai du nez dans mon assiette – mais Tenten garda la tête haute.

- Et alors ? fit-elle. Ils ont tué maman, et Iruka se bat contre eux.

- Et tu suppose que ta famille n’a pas encore fait assez de sacrifices.

- je veux me battre.

- Tu es tout ce qui me reste, Ten.

Je sentis mon cœur se serrer. Je me sentais…comme une intruse. L’envie me démangeait de prendre mes jambes à mon cou.

- Je veux me battre. répéta Tenten.

Têtue, la fille.

-je m’attendais à mieux de ta part, Sakura. fit soudain Hatake Kakashi. Tenten a un petit pois à la place du cerveau…

- Papa !

-…mais toi !

- Désolé, sensei. murmurai-je. Mais je…je veux…

Il soupira.

- te battre, oui, j’ai compris.

Il repris son livre.

- Uchiha Sasuke n’est pas un petit morceau. dit-il.

- Quoi ?

Je le regardai, ébahie.

- comment savez…commençai-je.

- Peu importe comment je le sais. Et je ne suis pas un rebelle, si c’est ce que vous pensez.

Il baîlla.

- Trop fatiguant. fit-il.

Tenten se mit à avaler rapidement. Apparemment, elle voulait partir le plus vite possible. Au risque d’attraper un hoquet, je l’imitais.

- Pas la peine de vous tuer. dit-il. Je veux juste que vous me promettiez une chose.

- Quoi ? fit aussitôt Tenten, en levant la tête.

- Dès que ça commence à sentir le roussi, vous dégagez.

Ma gorge se noua.

- Kakashi sensei, la mission…fis-je.

- Prête à donner sa vie, hein ? Brave petite fille…si vous ne dégagez pas, je viendrais vous chercher.

- Papa…soupira Tenten.

- Promettez.

Tenten et moi échangeâmes un regard en biais.

- D’accord. fis-je finalement. On promet.

- hum.

Il se remit à lire. Inutile de préciser qu’il ne nous croyait pas…moi-même, je ne me croyais pas.

Je voulais aller jusqu’au bout.

 

Recoucou ! Bon, i hope que ce n’est pas trop nul – mais si c’est le cas, dîtes le…ça fait toujours plaisir. Sérieux, je suis pas trop fière de ce chapitre mais…

Lâchez des coms’ !