News

par Llevann

J’ai 20 jours de retard, et je le reconnais. Suite à des résultats plus qu’excellents je me suis exilée de manière imprévue en vacances anticipées. Sachez que je vous écris d’Afrique, qu’actuellement il pleut – m***de !!! – mais je tenais à vous partager mon bonheur, même si je sais que beaucoup ont la rage contre moi.

Je ne connais pas bien le pinyin, mais dui bu ci. Désolée !!

Je vous aime, ne m’en voulez pas trop.

Enjoy !!

 

28

 

POV Tenten.

 

L’air était fétide. Une odeur infecte d’ail et d’oignon collait à mes cheveux, à ma peau. Je me sentais dans la peau d’un ignoble ravioli au bœuf.

« Beurk » me dis-je, en ouvrant les yeux.

Un ensemble flou de tentures rouges et or et de tresses d’ail dansa devant mes yeux. Je fermai les paupières, les rouvrit, répétai les mouvements cinq ou six fois, avant que les alentours ne se précisent sous mes yeux.

J’en restai bouche bée – aussi incroyable que cela puisse paraître.

Je ne connaissais pas cet endroit.

« Tu m’étonnes que ça pue. » me dis-je, en avisant les tresses d’ail, et les oignons empilés dans un panier tressé.

Quelque part en moi, je commençai à ressentir de l’angoisse. Je regardai tout autour de moi, cherchant des mèches rose pâle.

Le résultat m’arracha un juron dont j’aurais eu honte si je ne commençais pas sérieusement à paniquer. Sakura ! Où était Sakura ? Où étais-je ?

« On a été séparées ! Merde, on a été séparées ! »

L’image d’une Sakura attachée dans une cellule aussi pestilentielle que celle-ci me traversa l’esprit. Mais elle fut bien vite remplacée par l’image d’une cascade bruyante.

« Merde. » me dis-je à nouveau.

La forêt. Dès que j’étais entrée dans la forêt, les esprits m’avaient agressé. Je frissonnai, et passai deux mains nerveuses dans mes cheveux poisseux d’oignon et d’ail. Je sentais encore leur pression sur ma personne, comme des laves de feu.

La haine.

Jamais je n’avais senti tant de haine.

Je comprenais qu’une forêt de Youkais haïssent les Nécromants, ou tout autre créature humaine. Mais tant de haine…

- Messala. murmurai-je.

Mais rien ne se passa.

- Merde ! m’exclamai-je en baissant les yeux.

Je sentais bien que mes mains étaient comme…fourbues. Fourbues. Mais en fait, elles étaient prisonnières d’espèce de menottes en or. De très intéressantes menottes en or, en vérité, du genre gravé de fines runes spécialement conçues pour emprisonner les pouvoirs des Nécromants. J’avais déjà vu des dessins semblables dans les livres de mon père, quoique certaines runes n’étaient pas les mêmes. Mais en tous cas…

-…jolis joujoux. murmurais-je

- N’est ce pas ? fit une voix lente et grave.

Une silhouette mâle se détacha des ténèbres, marchant vers moi. Des cheveux neigeux, des yeux verts cerclés de rouge, un kimono mal ajusté…je l’avais déjà vu, sur la falaise. Avant que le noir ne se referme sur moi comme un gouffre.

- Oui, dis-je, d’une voix étranglée. Je suppose que c’est pour éviter que vos visiteurs nécromanciens ne se mettent à relever les morts sous vos pieds ?

Je tentais un sourire, mais mes lèvres restèrent désespérément immobiles. Je ne pus m’empêcher d’écarter les poignets – et mes pauvres mains furent délicatement dévorées par l’or magique.

- En fait, cet or est spécialement préparé pour votre père et vous. dit poliment le blond.

Une pierre tomba dans mon estomac, et je battis des cils.

- Mon père et moi. dis-je, d’une voix caverneuse.

- exact. dit le type aux cheveux blond-blancs. Quoiqu’ils sont sans doute plus faits pour vous que pour votre père. J’ai du mal à imaginer que le légendaire Mange-Mort se laisse emprisonner par de simples babioles, qu’il a conçues.

Je battis à nouveau des cils.

- Conçues ? parvins-je à répéter.

- sans doute pour juguler sa force. fit-il, en haussant les épaules. Je suis Kimimaro.

- Tenten Hatake.

Il éclata de rire – un rire sifflant, le rire d’une personne malade.

- Vous êtes spéciale, je crois. dit-il. N’avez-vous pas peur ?

- Oh si.

À quoi bon mentir ? Je mourrais de peur. J’essayai de m’asseoir, et inspirai profondément – ce qui fut une erreur, car l’odeur d’ail et d’oignons se déversa dans mes entrailles.

Je m’en serais passée.

- Vous connaissez mon père ? dis-je, sans quitter des yeux Kimimaro.

- Oh, oui et non. Pas personnellement, en tous cas. Mais chaque pierre de cette forêt se souvient de son passage ici, et comme vous avez vu, elles n’ont pas exactement un bon souvenir.

- Père…ici… ?

- avant mon peuple.

J’encaissai le choc sans broncher. Peut-être que si la puanteur avait été moindre, j’aurais pris le risque d’ouvrir la bouche. Mais elle était infecte, et je n’avais pas envie d’en sentir le goût sur ma langue. Je savais au moins cela.

- Il n’est pas aussi vieux. dis-je, avec toute la conviction dont j’étais capable.

Kimimaro m’éclata de rire au nez.

- vous ne savez vraiment pas qui il est ! s’exclama t-il. Ne vous êtes vous jamais posé de questions ? Un Nécromant qui a vécu aussi longtemps ?

- C’est un Nécromant doué. martelai-je.

- Votre mère l’était, pas votre père. Votre père est une créature qui n’a rien à voir avec les Humains. Une créature mythique. Un Non-Mort. Mais vous n’en avez jamais entendu parler, n’est ce pas ?

« C’est un cauchemar. »

Les menottes en or me brûlaient, mais pas autant que le regard de ce démon sur moi.

« Pour quelle sorte d’abruti me prend t-il ? » me dis-je.

- Jamais il ne vous a parlé de ces créatures immondes qui se repaissent des âmes de tout ce qui vit un tant soit peu…

Il s’agenouilla près de moi, et inclina légèrement la tête dans ma direction.

Ses cheveux fleuraient bon les herbes et la terre mouillée. Je le remarquai à travers le brouillard stupéfait qui commençait à tomber sur mon esprit.

« Il ment. Il ne peut que mentir. Un menteur. »

- Humains, Youkais…peut-être les Vampires. Ont-ils une âme ?

Il arqua un de ces sourcils neigeux.

- c’est une bonne question. murmurai-je.

Je déglutis péniblement.

- Mon père…mange les âmes ? soufflai-je.

- Et pour cette raison, son peuple a été décimé. Nous avons fait tout notre possible pour décapiter la tête de la chaîne alimentaire. Mais il y a eu quelques survivants irréductibles. Un mâle et une femelle, comme souvent. Hatake Kakashi, et une certaine Tsunade. Le saviez-vous.

Je tressaillis, et il sourit.

- Alors…

Je m’humectai les lèvres.

- Alors…vous voulez vous servir de moi pour…les tuer ? balbutiai-je.

Son sourire s’élargit.

- En fait, je ne prévoyais rien d’aussi machiavélique. dit-il. Votre père possède un pouvoir dont je pourrais éventuellement me servir contre les Vampires et autres peuples agaçants.

« Je ne pense pas que Shikamaru avait prévu tout cela. » me dis-je.

- et vous croyez vraiment qu’il va venir ?

Il écarquilla les yeux.

- vous en doutez ? fit-il.

Non. Non, je n’en doutais pas une seconde.

- Quant à vous, vous êtes différente de ce que j’imaginais. Plus…forte, sans doute. Peut-être pourrions-nous arranger un mariage ?

Une nouvelle pierre tomba dans mon estomac.

- Un mariage ? répétai-je. Avec…

Le visage blanc et fin de Hyuuga Neji passa dans mon esprit.

- Nous ne manquons pas de nobles, déclara t-il.

- Je suis déjà prise.

Il haussa les sourcils, alors que je devais me battre pour soutenir son regard. Etais-je prise ?

« Oui. »

Les yeux blancs d’un Vampire au visage racé s’imposèrent dans mon esprit.

Oui, j’étais prise. Et cela m’horrifiait.

- Vous allez échouer. dis-je. J’ai de très bons amis…

- La fille aux cheveux roses ? dit-il, avec une abominable intelligence. Je ne manquerais pas de vous apporter sa dépouille quand elle mourra.

Sur ce, il se leva, et disparut dans les ténèbres fétides.

Mon cœur se serra à exploser dans ma poitrine. Quand elle mourra ?

« Mais. ce sont de sacrés barjos ! » me dis-je.

- Sakura…murmurai-je, en baissant la tête, agressée et vaincue par l’odeur d’ail et d’oignons.

 

POV Sakura

 

- Atchoum !

Sasuke Uchiha s’immobilisa sur une racine gigantesque, et se tourna vers moi.

- Vous avez pris froid ? fit-il, en m’examinant de ses yeux noirs.

À la pensée de mon nez rouge sous mes cheveux roses, je me sentis affreusement mal à l’aise – et sans doute devins-je horriblement rouge, pour faire bonne mesure.

- Non, assurai-je d’une voix cassée. Quelqu’un doit…penser très fort à moi, ajoutai-je, évoquant une très vieille superstition de Konoha.

Sans doute n’en avait-il jamais entendu parler, car il arqua un sourcil.

- C’est ce qu’on raconte…à Konoha. dis-je, en faisant un geste de la main.

- Ah.

Ses yeux noirs dérivèrent sur mon corps, s’attardant sur les marques rouges sur ma peau. J’étais en effet tombée à nombreuses reprises sur les branches traîtresses.

Mais tout le monde ne pouvait-être aussi gracieux et habile que sa Seigneurie Vampire.

- Voulez vous faire une pause ? dit-il.

Je retins à grand-peine un mouvement d’agacement.

Depuis que nous avions exploré les alentours de la cascade en vain, il n’arrêtait pas de me le proposer.

Si je voulais faire une pause ? Non ! Je préférais avancer et me prendre tous les racines de cette forêt raciste – envers les nécromants – que me morfondre sur Tenten.

- Arrêtez d’être aussi prévenant. marmonnai-je, en enjambant une racine – me griffant au passage la cuisse dans un bosquet.

Comment pourrais-je le tuer s’il était aussi gentil et prévenant ? Mes doigts me démangèrent, et j’eus envie de les glisser dans ma poche, où dormait gentiment la fiole mortelle.

- On était ici pour sortir Hinata de sa galère, dis-je. Tenten est une grande fille, et…

Une branche d’arbre eut alors la grande idée de me fouetter le visage et de glisser ses feuilles dans ma bouche. Je bondis en arrière, et me mit en devoir de les recracher, en m’aidant de mes doigts si nécessaire. Puis, je m’aperçus qu’il me fixait, et je sentis distinctement mes joues devenir rouges.

- Hyuuga…

Je dus extraire une feuille de ma bouche avant de continuer.

- Vous savez où il est ? articulai-je péniblement.

-Je me repère à son énergie. dit-il, en recommençant à avancer.

Je dus courir pour le rattraper, au risque de déraper sur l’une des racines glissantes.

- Donc lui aussi marche vers nous ? repris-je.

Il y eut un moment de silence.

- Pas exactement. finit-il par dire. J’ai l’impression qu’il erre. Comme s’il cherchait quelque chose.

« Tenten. »

Le mot s’imposa à mon esprit. Mais c’était stupide. Comment pouvait-il savoir ?

- D’une façon ou d’une autre, il sait. murmura Sasuke, comme s’il lisait mes pensées.

Mais c’était impossible. Donc, il pensait juste comme moi.

- Donc c’est vers lui qu’on va ? je croyais qu’on cherchait Tenten ?

Ssuke s’immobilisa si brutalement que je faillis lui rentrer dedans.

- La Forteresse que nous cherchons est à l’est d’ici. dit-il lentement. Même d’ici, je peux sentir la puanteur animale qui s’en échappe.

- Ah…bon ? fis-je, en inspirant légèrement.

Je sentais bien une odeur désagréable, mais c’était celle d’une très vieille forêt – le mucus, la boue putride, les animaux en décomposition, et la matière infinie de zombies à relever si je le voulais.

Uchiha Sasuke éclata de rire, et ce son incongru me fit tressaillir. Quand je le regardais, il se tut net – mais un sourire s’attarda sur ses lèvres.

- La tête que vous faisiez était comique. dit-il. Je suppose que vous ne sentez pas grand-chose ?

- Oh, détrompez vous. dis-je.

Je sentais les restes décomposées et hostiles de milliers de squelettes sous la terre.

Beurk.

- Essayer de prendre la forteresse seule s’apparenterait à du suicide. dit-il. Et je ne sens toujours pas Hinata. Peut-être que Neji pourra le faire.

- et s’il ne peut pas ?

- Dans ce cas…

Il haussa les épaules.

- c’est qu’elle n’est sûrement pas là.

- Quoi ?

Je me pris le pied dans une racine, et m’étendit de tout mon long dans les feuilles et la terre plus ou moins humide.

Au-dessus de ma tête, il éclata de rire à nouveau.

- Ah…Sakura…

- désolée. marmonnai-je, en me mettant debout. Mais pourquoi je m’excuse ? C’est moi qui suis tombée !

- Et ce n’était pas ma faute.

Je sentis une large main masculine se poser sur mon bras, et m’arracher du sol.

- Vous êtes tombée toute seule. rappela t-il, la voix amusée.

J’étalai un peu plus de boue sur mes vêtements en essayant de l’essuyer, et levai les yeux.

- C’est de votre faute. dis-je. Si Hinata n’est pas là, où est-elle ?

Ma voix mourut sur la fin de ma phrase, mes joues s’embrasèrent. Le regard noir rivé sur moi était…rivé sur moi.

Je me sentis subitement nue, comme si ni la boue ni mes vêtements n’existaient. Il me déshabillait des yeux – c’était exactement l’expression.

- Où peut-elle ê…commençai-je.

Mais je ne finis jamais ma phrase.

Son bras se referma sur ma taille, ses lèvres capturèrent les miennes. La violence de ce baiser me secoua de la tête aux pieds, et mon corps s’arqua contre le sien.

Il n y eut ni trompettes, ni vagues éclatant contre les rochers, ni sons de cors.

Il y eut juste cette onde étrange qui traversa à nouveau mon corps lorsque je sentis ses muscles froids à travers ses vêtements.

La fiole tinta dans mes poches, m’arrachant à la fièvre étrange qui consumait ma poitrine.

« non. » me dis-je.

Non.

Je voulais le tuer. J’allais le tuer. J’allais essayer…

J’essayai de m’arracher a son étreinte – et je m’attendais à ce qu’il ait la galanterie de me laisser tranquille. Mais il ne le fit pas. La main qui ne me retenait pas s’enfonça dans mes cheveux, s’accrocha à mes mèches, me maintenant contre elle.

La chaleur qui dévorait ma poitrine explosa, se répandant dans toutes mes veines, m’arrachant un gémissement contre ses lèvres.

Il écarta légèrement la tête, plongeant ses yeux noirs dans les miens.

L’espace d’une seconde, je crus qu’il avait vaincu mes barrières, qu’il voyait l’horreur que je préparais pour lui. La panique se mêla à l’excitation du moment, générant de l’amertume.

J’étais incapable de profiter et d’analyser l’intensité de la chaleur dans mon corps. Et j’en étais…écœurée.

- Voulez vous absolument attendre ? souffla t-il d’une voix rauque.

Son haleine froide balaya mon visage, et je fermai les yeux.

- Vous…voulez faire ça…ici ? finis-je par dire.

Il battit des cils, et me lâcha.

Je déglutis péniblement, et reculai de quelques pas.

- Je suis navré d’avoir été aussi impulsif. dit-il, en reculant. À ma décharge…vous êtes superbe, ajouta t-il dans un souffle.

Je me sentis devenir écarlate.

- Oh.

Un rire nerveux et stupide m’échappa.

Avec toute cette boue et mes cheveux roses ? J’allais commencer à considérer la théorie la moins flatteuse sur la réflexion des hommes…

Immobile, j’attendis qu’il se remette à avancer. Comme s’il s’en rendait compte, un muscle tressauta contre sa mâchoire. Et il se remit à avancer. J’attendis quelques secondes, glissai la main dans ma poche et effleura la fiole.

« Par les dieux. »

Je fis quelques pas hésitants, et me remis à courir pour ne pas me perdre. Entre un Vampire qui m’inspirait des sentiments incompréhensibles et des morts hostiles qui avaient fait basculer mon amie dans une cascade, je prenais le Vampire.

Et de très loin.

- Neji s’est arrêté. Il nous attend. dit-il.

- Ah ?

La tension dans mon corps s’accrut.

Nous marchâmes quelques kilomètres, j’eus à souffrir de quelques racines traîtresses et épines acérées, avant que le Vampire ne soit finalement en vue.

« On ne peut pas dire qu’il soit discret. » me dis-je.

Il se tenait dans une clairière, le visage levé vers l’épais rideau de feuilles vertes  Sasuke s’immobilisa sans crier gare, et une nouvelle fois, je faillis lui rentrer dedans. L’idée de toucher à nouveau son corps m’électrisa au point que je bondis en arrière. Mais Sasuke ne me regarda pas. Il fixait Hyuuga Neji. Celui-ci baissa lentement les yeux sur nous. Quelques égratignures marquaient son visage blanc, si blanc qu’il semblait fait d’albâtre et de roche. Ses yeux blancs étincelaient comme du verre.

- Vous ne l’avez toujours pas trouvée. dit-il tranquillement.

 - Comment es-tu au courant ? répliqua Sasuke, du même ton tranquille.

- Bonne question.

Il eut un sourire en coin, et effleura une tâche de sang brunâtre sur son vêtement.

- Je l’ai senti. Je l’ai sentie tomber. C’était…

Ses yeux blancs se posèrent sur moi – et je me raidis immédiatement. J’eus un mal fou à soutenir ce regard opaque et blanc.

-…innommable. dit-il dans un murmure, qui courut sur ma peau comme la braise.

- je suis désolée, murmurai-je.

Une légère surprise brisa son masque.

- et pourquoi ? dit-il. Vous êtes saine et sauve, c’est l’essentiel. Ce qui m’inquiète…

Il leva les yeux au ciel, regardant les nuages.

- c’est que je ne la sens plus. dit-il. C’est comme si elle avait disparu.

- Comment cela ?

La réponse avait fusé entre mes lèvres sans que je puisse la refréner.

- vous voulez dire…qu’elle est…

- Si elle était morte, je le sentirais. Je pense. Mais…

- Hinata ? demanda froidement Sasuke.

Neji tressaillit imperceptiblement, comme s’il avait complètement oublié sa cousine.

« Dans quel monde nageons-nous ? » me dis-je.

Un Vampire qui se souciait plus d’une Humaine que d’une Vampire ? Quand est-ce qu’une telle relation avait pu naître entre eux sans que je ne m’en rende compte ?

« Tu ne t’es même pas rendu compte de ta relation avec l’Hokage. » fit une désagréable voix dans ma tête.

Je battis des cils, et me dépêchai d’enfouir cette voix au plus profond de moi. Ce n’était pas le moment de me soucier de cela, car il n y avait même pas de cela.

La politique de l’autruche, selon certains.

- Je ne la sens pas non plus. dit finalement Neji. Elle n’est plus dans la forteresse.

- Je vois. Dans ce cas…

Quelques secondes s’écoulèrent.

- Dans ce cas ? fis-je.

Comptaient-ils abandonner Hinata ? Abandonner Tenten ?

- Elle doit être chez cette Anko. acheva Sasuke.

- c’est de la folie de marcher sur elle à deux…

Sympa pour moi.

- d’autant plus qu’Orochimaru semble être dans les parages. acheva Neji.

- Quoi ?

Cette fois, je commençais à me sentir sincèrement paniquée. Orochimaru, alias le serpent visqueux ?

- Anko est sa fille, je crois. fit Neji.

Ou lala, ça commençait à vraiment se corser.

- Et on va aller chez cette femme ? dis-je, sans parvenir à réfréner ma tension.

- Nous n’avons pas le choix. fit Sasuke.

Oh Dieux.

- Aller seuls chez cette femme, c’est du suicide, Sasuke. dit calmement Neji. Sa forteresse est mieux gardée que les Enfers. Elle voue aux Vampires une haine tenace.

- et cela vaut aussi pour Ororchimaru. Voyons quelle proposition nous pouvons lui faire.

- une proposition ? fis-je d’une voix aigue.

Une proposition à une créature mi-Youkai mi-Vampire ? Quel genre d’horreur était-ce cela ? Je ne pensais pas que Tenten puisse être là-bas. Là-bas ! Tout compte fait, je préférais me coltiner les zombies pourrissant et chercher ma copine dans cette forêt cruelle.

- C’est de la folie. dit Neji.

- Entre mon père et Anko ?

- Anko, répliqua Neji sans hésiter. Toutefois…

- Je ne te demande pas de me suivre. soupira Sasuke. Inutile d’abattre toutes nos cartes d’un coup. Je te demanderai de rester en retrait, et de n’agir qu’au cas où.

- quoi ? m’exclamai-je.

-entendu. fit Neji.

- Hein ? Vous n’êtes pas sérieux ? Ce n’est pas…

Mais Sasuke s’était remis à marcher.

Ils ne m’écoutaient pas. Personne ne m’écoutait. Pourquoi ne m’écoutaient-ils pas ?

- Hé ! m’exclamai-je, en me mettant à courir.

Maudits garçons ! Maudits Vampires.

 

POV Naruto

 

La femme aux triangles sur les joues fixait maître Hatake comme si elle voulait le dévorer. Les mains crispées sur des poignards, elle le fixait, le nez frémissant dans le vent.

« Comme un chien prêt à grogner. » pensai-je.

Et…heu…ça faisait un peu peur.

- Heu…Hatake sensei…articulai-je.

Pourquoi heu ? Heu parce que je tenais pas à le déranger. Je n’avais pas particulièrement envie de me faire encore priver de déjeuner. Ce sale clebs – pas la meuf, le clebs aux cheveux blancs – était doué pour nous priver de repas en cas de mécontentement – tout le temps. Gaara était plus doué que moi pour endurer les sautes d’humeur du clebs.

Ce type était lunatique.

Et là, il était clairement nerveux.

- Je t’ai entendu, Naruto. fit Kakashi sensei. J’ai eu la folie de croire que tu comprendrais que je suis occupé.

Il me jeta un regard par-dessus son épaule.

- Je me suis trompé. dit-il doucement. Je suis occupé. Laisse moi.

Je déglutis nerveusement.

- Apparemment, votre visite ne vous enchante pas, dis-je.

Il arqua un sourcil.

- Quelle belle façon de parler. Tu t’améliores…

- Kakashi, dépêche ! rugit la femme. Si tu veux pas que ta fille en pâtisse…Kimimaro va s’impatienter, et la jolie Tenten…

- Tenten ?

Je fis un pas en avant, incrédule.

- Tenten ? C’est une blague ? m’exclamai-je. Qu’est ce qu’elle a, Tenten ?

Kakashi soupira.

- Merci beaucoup, Hana.

La femme aux triangles rouges fronça les sourcils.

- Naruto, dehors.

- c’est une blague… ?

La femme – Hana – se lécha les lèvres.

- Dehors, Naruto. dit-elle dans un murmure. Naruto, fils de Minato…

Elle eut un petit rire, et inclina la tête.

- Bien sûr, nous nous reverrons.

Une nouvelle tension traversa mon corps.

- vous connaissiez mon père ?

Elle haussa les épaules.

- Il était beaucoup trop âgé pour jouer au ballon avec moi, mais il a dû se prendre quelques balles en plein visage. dit-elle d’une voix mielleuse. Si tu avais grandi avec nous, mon frère…

- Il suffit. coupa froidement Kakashi.

Mais je l’entendis à peine.

- Vous êtes  une Youkai. chuchotai-je.

Et Tenten était chez les Youkais.

- Vous la retenez ! m’exclamai-je, le sang fouettant mes tempes. Et vous voulez…moi contre…

Elle m’éclata de rire au nez.

- Ne rêve pas trop, fils de Minato. s’esclaffa t-elle. Le Non-Mort est notre priorité, en ce moment. Mais tu viens tout de suite après, je te jure…

- Naruto, sors.

- Kakashi s…

- dehors.

Le son de sa voix me cloua sur place. Jamais je ne l’avais entendu parler aussi froidement, aussi…aussi…c’était comme si on venait de lui arracher son âme.

- Dehors. répéta t-il froidement.

Mes protestations moururent dans ma gorge, et je reculai.

- encore, fit Kakashi. Répète ce geste plusieurs fois, et tu finiras par sortir de la tente.

La gorge serrée, je hochai la tête.

Sauter sur Kakashi ? Il m’enverrait valser sans même me regarder.

« Mais tu te fourres le bras dans l’œil si tu crois que j’abandonnerai Ten. » me dis-je.

Et Sakura ? Comment allait Sakura ?

Comment on allait dans cette forêt de la mort ?

Je sortis finalement de la tente, mais continuai à reculer.

Comment on se rendait dans cet endroit ?

Je savais bien que ces filles n’arriveraient pas à s’en sortir toute seule ! À la limite, si cette folle de Temari était avec elles…

- Qu’est ce que tu fais ?

La voix de Gaara me fit tressaillir.

L’espèce de nain roux me fixait de ses yeux verts.

- Ah ? Tu dormais pas ? balbutiai-je.

- Qu’est ce que tu fais ? répéta t-il.

C’était ce qu’on appelait avoir des idées fixes.

- Je…réfléchis. dis-je, dans un accès de lumière.

- Tu peux faire ça ? répliqua t-il.

- Hé ! Comment tu…

- Je ne dors jamais. coupa t-il d’une voix froide. Tu n’avais jamais remarqué ça ?

J’en restai bouche bée. Il ne dormait jamais ? Comment était-ce possible ?

- Je…croyais que tu avais des crises d’insomn…commençai-je.

- Continue à croire. coupa t-il à nouveau. Pourquoi tu te forces à réfléchir ? Ça semble contre-nature pour toi.

Quel sale gosse. Je redressai la tête avec fierté.

- Tenten et Sakura sont dans la merde. dis-je. Et je pensai à comment aller les aider.

Et toc. Qu’il continue à me traiter d’abruti. Moi, j’avais des buts nobles.

« L’un n’exclut pas l’autre. » fit une petite voix perfide dans ma tête.

- La fille aux cheveux roses. dit Gaara.

- Heu…ouais.

Pourquoi il s’intéressait à elle, ce sale gosse ?

- Je vois.

Il battit ses paupières sans cils.

- Tu ne sais pas comment aller au Pays des Tourbillons. Moi, si.

Je tressaillis.

- Tu sais ?

- Je viens de le dire. Je sais. Je peux t’aider.

- Ah…bon ?

M’aider ?

- Pourquoi ?

Il haussa les épaules, et se dirigea de sa démarche paresseuse vers sa tente.

- Mais tu fais quoi ?

- On ne peut pas partir avant le sensei, il se doutera de quelque chose. expliqua patiemment Gaara. Il faut le laisser nous menacer de mort si nous interrompons notre entraînement et hocher gentiment la tête.

Il me fixa de ses yeux verts.

- Tout est dans la subtilité. dit-il.

- subtilité. repétai-je.

Il eut un sourire ironique.

- contente toi de te taire.

 

Revu et corrigé par ma petite sœur. Je m’excuse platement de l’orthographe, quelle horreur ! Horreur ! Sainte horreur ! Voila, on a essayé de limiter la casse. Je m’excuse à nouveau du retard, et je vous embrasse très fort. Bisous !