Chapitre 3

par Akina-Chan

Chapitre 3 :



Année 201 de la Quatrième Ère :


A genoux, Sakura fixait ce qui se présentait sous ses yeux. Elle était revenue parce qu'elle avait fait tomber la bague de sa mère dans la caverne. Puis, en exerçant ses pouvoirs de perception, au lieu de retrouver l'objet, elle avait discerné, à quelques mètres d'elle, sur l'autel, un maléfice d'une incroyable puissance. En se retournant, elle avait aperçu une énorme masse de lumière bleue crépitante de magie pure. Une fois la surprise passée, quelque chose l'avait poussé à s'approcher et à toucher cette étrangeté. La sensation qu'elle avait ressentie en le faisant l'avait fait tressaillir jusqu'au plus profond de son âme. Et cette voix avait retenti :

« Vraiment maladroite... »

Une voix d'homme. Grave, caverneuse. Virile.

« Qu-Qu'est-ce que c'était que ça ? Il y a quelqu'un ? s'était-elle écriée, à la fois apeurée et curieuse.

- Tu m'entends ?

- Mon dieu, qui ou quoi que tu sois, je t'entends, oui.

- Je suis un humain » dit la voix.

Elle haussa un sourcil. Elle avait beau fixer la boule de lumière, elle ne voyait pas d'ombre humanoïde se distinguer dans la brume bleue.

« Je n'ai jamais vu ''d'humain'' comme ça, excuse-moi.

- Comment ça ?

- Et bien… (Comment ne pas vexer cette… chose ?) Vous ne vous voyez pas ? » demanda-t-elle finalement.

La voix ne répondit pas et elle pensa un instant avoir rêver tout ce qui venait de se passer. Mais bientôt, elle entendit sa réponse :

« Oh. Vous n'avez jamais vu quelqu'un d'aussi beau ? »

Sakura ne put s'empêcher de rire. La seconde d'après, elle se trouva vraiment stupide de glousser de cette manière.

« Désolé, lâcha-t-elle finalement en reprenant contenance. Vous êtes la plus belle boule de magie bleue que j'ai jamais vue.

- Hein ?

- Vous êtes une boule. Bleue, répéta-t-elle. Avec beaucoup de magie. Mais rien qui ressemble à un truc humain.

- Bon sang ! » jura-t-il.

A nouveau, un silence prit place dans la caverne, avant que la lumière ne se remette à parler.

« Donc, je ne suis qu'une boule. J'ai réussi à me faire entendre par toi uniquement parce que je t'ai touché, et par-dessus le marché...

- Tu m'as touché ? s'étonna-t-elle.

- La main... » souffla-t-il.

Elle fixa sa main droite, celle qui avait touché la manifestation de magie.

« Ce qui est bien, c'est que je continue de voir ce qu'il y a autour de moi »

Sakura ne put s'empêcher de rougir. Il pouvait la voir ? C'était incroyablement déstabilisant. Elle ramena sa main contre son corps dans un mouvement bien trop rapide, révélant son embarras.

« Quel est ton nom ? lança-t-elle abruptement pour changer de sujet.

- Sasuke, de la famille Uchiwa »

Sakura tiqua.

« Et toi ?

- Sakura, de la famille Haruno.

- Donc tu es bien une Haruno ? Tu connais Kohada ? Elle doit être de ta famille. »

Sakura haussa un sourcil.

« Non, pas du tout. Devrais-je la connaître ? »

Elle crut entendre la voix s'étrangler.

« Voyons, vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau ! Vous n'avez pas pu vous croiser sans vous voir ! Elle était ma… camarade de classe.

- Non, vraiment, je ne vois pas… Kohada n'est pas un nom courant dans notre famille. En tout cas, pas récemment. Il me semble avoir lu ce prénom dans notre registre de famille, mais cela remontait à de très nombreuses années... »

Elle baissa la tête et tritura ses mains, se sentant soudain inutile et stupide.

« En quelle année sommes-nous ? » demanda l'homme d'une voix tremblante.

La surprise passa sur le visage de Sakura. Pourquoi cette question ? Tout cela était vraiment étrange... Un mauvais pressentiment lui serra l'estomac. Un long frisson lui traversa tout le corps et elle sentit ses poils se hérisser. Elle répondit, la voix plus tremblante qu'elle ne l'aurait voulu :

« En l'an 201 de la Quatrième Ère. Pourquoi ? »

A nouveau, le silence prit place entre eux, brisé quelques secondes plus tard par la voix, qui explosa avec fureur et indignation :

« Bon sang ! J'ai croupi ici pendant plus de 200 ans ! »

Sakura fut terrifiée par la puissance libérée. Une forte rafale de vent, dont l'origine était assurément magique, la secoua et la fit chanceler. Elle étouffa un cri de terreur et s'éloigna de l'autel qui vibrait et semblait prêt à se briser. Quoi que puisse être cette chose, elle était d'une force phénoménale et ne pouvait qu'inspirer la crainte.

La tornade dura de longues secondes – ou minutes, elle ne savait plus – avant de s'apaiser.

« Excuse-moi. Je me suis emporté, murmura-t-il, d'une voix essoufflée. Ça va ? Tu n'es pas blessée ? »



Aucun son ne parvint à franchir les lèvres de Sakura. Elle se contenta de hocher la tête.

« J'ai réagi comme ça parce que j'étais… choqué, tenta-t-il d'expliquer.

- Et moi donc... » parvint à articuler la rose.

Elle crut entendre un petit ricanement.

« Tu as bien dit que tu t'appelais Uchiwa, demanda-t-elle soudainement.

- Oui. Cela te dit quelque chose ? »

Sakura tenta de contenir les tremblements qui avaient pris possession de son corps dès qu'elle avait compris.

« Oui. La mise en garde que l'on étudie dès la première journée à l'Académie de la Magie porte ce nom.

- Une… mise en garde ?! »

La jeune femme sentit la magie s'intensifier et crépiter en face d'elle.

« Oui. Avant même d'apprendre la magie, on apprend aux futurs magiciens qu'il ne faut jamais chercher à devenir plus fort pour des objectifs égoïstes. On appelle cela l'interdit d'Uchiwa ».

Lentement, le plus discrètement possible, elle se rapprocha de la porte. Elle ne pouvait rester en présence de cette créature. Que ce soit réellement Sasuke Uchiwa ou pas, le simple fait que cette chose prétende l'être la poussait à fuir cet endroit, et vite. Elle avait relu cette légende des dizaines et des dizaines de fois. Elle en était toujours ressortie plus mal à l'aise que la fois précédente.

« Enfoiré de magicien... » jura la voix masculine.

Sakura choisit ce moment pour détaler à vive allure. Elle passa les portes, courut tout le long du couloir de pierre et se rua sur l'échelle qui lui permettait de remonter à la surface. C'est une fois revenu dans l'enceinte rassurante de la bibliothèque qu'elle se rendit compte qu'elle avait arrêté de respirer. Essoufflée, elle se laissa tomber au sol.

Que venait-elle de découvrir dans les sous-sols de l'Académie ?