«Étonnement, j'aime bien vivre. »

par Lorely



CHAPITRE DIX-HUIT

«ETONNEMENT, J'AIME BIEN VIVRE .»




DOSSIER NUMERO 010126

Séance du 18/09/2017 08:00 - 08:49

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du commissaire Hiruzen SARUTOBI. Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s): Sujet sensible mais qui semble avoir évolué. Non-suspect.


Retranscription de la quatrième séance.



Bonjour,

Ce que je vais vous dire, vous ne devez pas le prendre mal, mais je suis bien ravie que ce soit la dernière séance. Avez-vous avancé dans votre enquête ?


[LIEUTENANT GAMMA : c'est confidentiel, Sakura.]


Je me doute bien. C'est juste que j'aurais bien aimé avoir le fin mot de l'histoire. Je suppose que je dois vous faire confiance dans ce cas-là.

Étant donné que c'est la toute dernière fois que je me retrouve assise ici, j'aimerais conclure par des notes positives. De toute manière, pendant l'été il n'y a eu que ça, du positif.

Mais reprenons notre récit fin mai, voire début juin. Il commençait à faire chaud, avec quelques journées cuisantes. J'avais l'impression que ma peau était recouverte d'une pellicule et que celle-ci était un géant coup de soleil, tandis que je me dirigeais vers l'hôpital. Hinata avait fait une mauvaise chute en allant patiner malgré sa blessure. Naruto m'avait appelé ; désormais elle ne pourrait plus jamais guérir.

J'avais alors enterré ma jalousie. Comment envier une fille qui avait perdu ses meilleurs amis, sa passion, et son sourire ? Je m'en suis voulu, alors je m'étais levée très tôt pour lui faire un gâteau.

L'air climatisé de l'hôpital m'avait rafraîchie et c'était plutôt légère que je me dirigeais vers la chambre de mon amie. Hinata est ma meilleure amie, je n'avais aucune raison d'avoir peur, de la craindre et de la haïr.

Entrez.

J'ai ouvert la porte. Naruto était déjà là. Il y avait des tas de fleurs autour d'eux. On ne voyait plus les murs et leurs ternes couleurs. Il n'y avait que des pétales pour embaumer la pièce, pour rendre Hinata un peu plus jolie. Avec la fenêtre ouverte pour laisser entrer le soleil, je me sentais comme dans un jardin.

Sakura...

Les yeux d'Hinata se sont embués de larmes lorsqu'elle me vit. L'émotion qu'elle ressentait était si forte que mes propres émotions lui firent échos.

Oh non Hinata, ne pleure pas sinon...

Sakura je suis désolée...

Et voilà, on a toutes les deux fondues en larmes. Elle a ouvert ses bras pâlots et je me suis réfugiée dedans. Oh oui, elle sentait bon le printemps alors que l'été pointait déjà le bout de son nez. Elle avait une saison de retard mais celle-ci lui allait si bien.

Naruto embrassa la main d'Hinata avant de décréter qu'il allait nous laisser seules.

J'ai reniflé et me suis écartée d'elle. On s'est regardé un temps avant de rire tout bas de nos yeux bouffis et nos airs pathétiques.

Tu as inquiété Naruto, idiote.

Je me suis assise juste à côté d'elle, mes genoux heurtant l'armature de fer de son lit.

Je ne voulais pas, je te le promets. Tu m'as fait un gâteau ?

J'ai hoché la tête avant d'essuyer mes joues humides.

Je suis désolée Hinata, j'ai vraiment été stupide. J'ai été aveugle. Depuis tout ce temps je me répète que j'ai grandi, que j'ai mûri et c'est faux. C'est tellement faux.

Le reconnaître c'est déjà mûrir un peu.

Elle a soulevé l'opercule d'aluminium et son visage illuminé en découvrant la gourmandise valait tout l'or du monde.

Je suis désolée aussi, Sakura. Je ne sais pas ce que j'ai fait ayant pu te blesser mais tu sais, ces derniers temps j'enchaîne erreur sur erreur alors...

Non, non ne t'excuse pas s'il te plaît. Ce n'est pas toi, c'est moi.

Elle a ouvert grand les yeux, surprise par mes drôles de propos et on a encore pouffé.

Toujours copines ? A-t-elle demandé.

Et voilà, aussi simplement que cela, elle me pardonnait. Elle avait peut-être raison, peut-être que j'avais enfin un peu grandi. Peut-être que je trouvais enfin la véritable Sakura.

Pour la vie. Tu es vraiment, je veux dire... Tu sais, tu es vraiment importante pour moi...

Oh non, ne recommence pas à pleurer, parce que sinon moi aussi je vais...

On a pleurniché comme des fontaines. Je suis restée une longue heure à papoter sans interruption avec elle. Elle m'avait tellement manqué. Je l'aime tellement, oh si vous savez à quel point je l'aime et à quel point elle me manque...

Elle m'a fait promettre de continuer à lui faire des gâteaux, ce que j'ai évidemment accepté. On s'est enlacé longuement, et je lui ai dit au revoir.

Je suis sortie de cette visite plus forte. Du moins je le crois. En tout cas, j'avais besoin de m'endurcir et pour cela, je devais m'écrouler une dernière fois.


J'ai appelé Sasuke, et je lui ai demandé si on pouvait se rejoindre quelque part, n'importe où. On s'est retrouvés dans un parc pour enfants.

Le jour se déclinait à l'horizon. Des teintes ocres arrosaient les jeux. J'étais assise sur la balançoire et je me balançait sans grande conviction, mes semelles pleines de sable. Un gamin et ses parents occupaient le toboggan un peu plus loin. Les deux encourageaient vivement leur enfant à descendre et le félicitèrent avec plein d'entrain lorsqu'il atterrit en bas. Ils avaient l'air si heureux...

Le parc est situé en haut d'une colline, et de ma place je faisais face à une dégringolade de bâtisses. Je ne surplombais pas la ville, mais une partie. J'admirais alors paisiblement ce spectacle orange, bercée par les rires d'un enfant, quand la corde reliant ma chaise à la poutre supérieure de la balançoire fut tirée en arrière, m'emportant doucement avec elle.

Tu ne nous boudes plus, princesse ?

J'ai levé la tête. Sasuke avait baissé la sienne à quelques centimètres de la mienne. Ses mèches brunes me chatouillaient les pommettes et le fantôme d'une bougie au jasmin se déposa sur mes narines. Ses pupilles pétillantes et son visage taquin, illuminé par les ombres d'un coucher de soleil, firent manquer un battement à mon cœur. Il était si proche, mais si loin à la fois...

J'ai arrêté de bouder, je ne suis plus une enfant.

Il a rigolé avant de finalement relâcher la pression. Mon corps fut un petit peu projeté en avant mais je su me freiner. Lui, il prit place sur la chaise d'à côté. Il était beau avec son t-shirt lui collant au torse et son vieux short délavé.

Et puis je me suis réconciliée avec Hinata. Les enfantillages c'est fini pour moi.

Hmpf, c'est facile pour toi en même temps...

Je ne sais pas pourquoi vous vous êtes disputés, mais tu ne crois pas que tu devrais faire l'impasse dessus aussi ? Votre amitié est plus importante que cela. Je veux dire... J'étais même jalouse de votre proximité.

Je rougissais d'avouer cela, mais en même temps c'était la vérité. Et je devais l'affronter.

Il s'est tourné vers moi et n'a pas décroché son regard du mien.

Sérieusement ?

Tu sais ce que je ressens pour toi, alors ce n'est pas difficile à croire, ais-je bougonné.

Non Sakura, je ne sais pas ce que tu ressens pour moi.

J'ai alors tiqué.

Ha oui, mon fameux « oublie ». Oublie que je t'aime. Oublie à quel point tu comptes pour moi. Faisons semblant comme deux marmots.

J'ai soupiré. Mes doigts accrochés à la ficelle de la balançoire tremblaient. Mais j'avais besoin de le faire. J'avais besoin de le dire. Et lui aussi il avait besoin que je lui révèles tout cela. Ino l'avait trompé et manipulé, il était perdu, il ne faisait plus confiance à l'amour. Je devais lui prouver que rien de tout cela n'avait été du mensonge.

Je sais que je te l'ai déjà dit, et que ça a plus ou moins déconné entre nous deux après, mais je l'avais mal formulé. J'avais mal choisi mon moment aussi. Tu n'étais pas prêt à l'entendre et je n'étais pas prête à le dire. Mais cette fois je pense que je peux le faire. Je peux assumer. Alors si tu me le permets, j'aimerais refaire ma déclaration.

Il n'a pas cillé. Il n'a pas rougi, ou été désarçonné. Pas une étincelle d'émotion. Pas même un rire moqueur. J'ai froncé les sourcils pour lui prouver que j'étais vraiment prête mais il a fini par pencher la tête sur le côté et par m'adresser un doux sourire – celui-ci était tout de même un peu joueur. Et puis il me fit une pichenette sur le front ; drôle de geste. Il me prenait pour sa petite sœur ?

Sakura, a-t-il commencé, il y a Temari, il y a Hinata, et il y a toi. Et bien de vous trois, tu es la plus moche.

Je lui ai donné un vif coup dans le tibia, vexée. J'ai gonflé les joues. Mais quel abruti ! Quel abruti ! Je le détestais !

Aïe, mais laisse-moi finir.

Pour que tu m'insultes ?! Non merci. Je m'en vais.

Et j'étais déjà debout quand il a attrapé mon poignet. Il était toujours assis alors j'ai dû baisser la tête pour l'affronter. Tiens, ça me rappelait une scène. Une déclaration. Me retenir le poignet pour que je ne m'en aille pas. Quel cauchemar. Les couleurs du coucher de soleil étaient-elles vraiment oranges, ou n'étaient-ce pas plutôt des teintes rouges ?

Sakura, tu es la plus laide des trois et voici pourquoi : les cuisses d'Hinata se touchent entre elles, et Temari n'est jamais maquillée. Hinata enfile un pull, bien qu'il ne soit pas à la mode, parce qu'il lui plaît. Temari n'a pas peur de dire ce qu'elle pense, quitte à ce qu'on ne l'apprécie pas sur le moment. Sakura, tu es laide parce que tu es superficielle. Parce que tu ne t'aimes pas. Comment peux-tu alors m'aimer si tu ne t'aimes pas d'abord ?

J'ai reniflé et j'ai détourné les yeux. Hors de question qu'il me voit flancher.

Sans me lâcher il s'est levé. Et puis il m'a prise dans ses bras. Il a ainsi encerclé mes épaules et je me suis retrouvée avec le nez contre son torse, un peu trop proche de ses aisselles. Je sentis son menton se poser sur le haut de mon crâne.

Je vais faire comme si tu ne t'étais jamais déclarée à moi, Sakura. Je te laisse une nouvelle chance. Une nouvelle chance de t'aimer pour ainsi mieux me chérir. Déclare-moi tes sentiments plus tard, je réagirais en adulte cette fois, je te le promets.

Narcissique, ais-je marmonné.

Quoi ?

« Pour mieux me chérir », non mais tu t'entends ?

J'ai quand même rit tout contre lui. Ce genre de discours ne lui ressemblait pas après tout. Et il n'avait jamais pris soin de moi comme ça. Y avait-il eu un déclic ? Une raison ? Mes efforts payaient-ils ?

Je m'en fichais, j'étais heureuse à cet instant.

Sakura ?

Mmmh ?

Je ne t'ai jamais vu avec une chemise. Tu disais que c'était trop strict et pas à la mode. C'est nouveau ?

Non, je l'ai trouvé dans le fond de mon placard ce matin. Je me suis dit « pourquoi pas ? »

Ça te va bien.

Il me semblait alors que les couleurs du ciel étaient d'un jaune éclatant.



Merci de m'avoir écouté.

Merci d'avoir pris de votre temps.

Au revoir.


[DOCTEUR SENJU : Au revoir mademoiselle Haruno, prenez soin de vous.]




DOSSIER NUMERO 010127

Séance du 18/09/2017 09:00 - 10:03

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du commissaire Hiruzen SARUTOBI. Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s): Sujet qui paraît non-suspect également …


Retranscription de la quatrième séance.


On s'est quand même retrouvé à cinq une fois. C'était la veille du bac. Hinata était sortie de l'hôpital en début de semaine, ou à peu de jours près. Elle faisait la miss qui va bien, nous faussait de délicieux sourires et expliquait que, si elle était pâle, c'était parce qu'elle révisait énormément, ce genre de trucs.

On s'était donc retrouvé dans le Nothing Hill vers dix-huit heures avec un but précis ; celui d'aider Hinata.

J'étais arrivé le premier et parce qu'il faisait encore clair, je décidais d'attendre à l'extérieur. J'avais ma petite cigarette qui se consumait entre mes lèvres et ma veste en cuir pour me couvrir. Ma mère insistait pour que je la porte parce que, selon elle, je pouvais quand même attraper un coup de froid.

Et là, Sakura est arrivée. Elle a eu l'air gênée. On s'était pas retrouvé tous les deux depuis... On s'en fout un peu de ma vie sentimentale mais sachez que ce moment-là, celui où on s'est retrouvé comme deux cons à se regarder sans savoir quoi dire, nous a vraiment mis mal à l'aise.

Je me suis raclé la gorge avant de lui proposer maladroitement une cigarette. Je m'attendais à ce qu'elle la prenne, qu'elle « fasse genre » comme d'habitude, mais elle a refusé d'un geste de la tête.

J'essaie d'arrêter, a-t-elle dit.

Pourquoi tu cherches à être en bonne santé ?

Étonnement, j'aime bien vivre.

Il y a eu un petit temps de silence avant qu'elle n'inspire profondément.

Toi aussi Sasuke, tu devrais arrêter.

Et je devrais aussi être un peu moins con, mais c'est plus fort que moi.

Je pensais que … Enfin moi ça m'a convaincu de … Tu vois quoi...

Oh merde.

Elle a eu l'air surpris, et il y avait de quoi. On ne lâchait pas un petit gros mot comme ça au beau milieu d'une conversation. Et moi je l'ai fait, mais il n'était pas adressé à Sakura mais plutôt à Suigetsu que je pouvais apercevoir au loin, par dessus l'épaule de Sakura.

Et ce n'était pas un « oh merde, je ne veux pas le voir » mais plutôt un « oh merde, mais il est con mon pote ». Parce qu'à peine cet imbécile m'avait aperçu qu'il avait vivement balancé sa tête dans son coude et avait tendu les bras.

Il vient vraiment de dabber ? Le jugea avec mépris Sakura qui s'était retournée.

J'le connais pas, je te promets que je le connais pas.

Il va attraper un torticolis s'il ne sort pas sa tête de là...

Viens, aies l'air naturel et faisons comme si on ne l'avait jamais vu.

Elle a pouffé avant de hausser les épaules et d'enfoncer à son tour sa tête dans son coude, imitant le geste de Suigetsu. Lui, en arrivant à notre hauteur, éclata de rire et ils se tapèrent dans la main, complices. Ils plaisantèrent sur ce sujet tandis que je finissais ma clope, un peu perplexe. Depuis quand ces deux-là s'entendaient de nouveau aussi bien ? Certes Suigetsu pardonnait vite et Sakura était une grande sentimentale, mais la baffe qu'elle m'avait claqué hantait parfois mes rêves. J'avais visiblement loupé un épisode... Quoique, Sakura avait évoqué le fait de vouloir faire la paix avec tout le monde...

J'étais un peu perdu, mais plutôt content finalement. C'était très agréable comme sensation. C'était comme un retour quelques mois plutôt, quand tout allait bien. Un retour en Août quand ont traînait chez l'un et puis chez l'autre, qu'on se buvait des milk-shakes maisons et qu'on s'inventait un royaume.

Puis je sentis une petite tape dans mon dos. Je n'eus pas le temps de m'interroger que Temari apparut ensuite dans mon champs de vision. Elle rayonnait.

Hé, Sasuke, ça fait un bail. Je suis étonnée que ce soit toi qui ait pris l'initiative cette fois et non Naruto.

Salut ma belle fleur de jasmin, lui ais-je répondu, joueur.

Mh, je viens de découvrir que mes oreilles pouvaient vomir.

Hé, Temari, évite de roucouler avec Sasuke, nous héla Sakura.

Ça te briserait le cœur.

Sakura a rougi, et je réfléchissais à une excuse pour la défendre, parce que je pensais qu'elle allait se confondre en excuses et mourir de honte mais, à mon grand désarroi, elle s'est contentée de gonfler les joues et de jouer les filles vexées.

Évidemment que ça me briserait le cœur.

Oh, Sasuke c'était une déclaration ! S'exclama Suigetsu.

P-Pas du tout ! Bégaya Sakura.

Arrêtons de l'embêter, proposa Temari dans un sourire.

Suigetsu ne cessa pour autant de taquiner notre petite Sakura. Ils étaient si bruyants tous les deux que, pour s'adresser à moi, Temari fut contrainte à faire volte-face. Nos deux visages étaient un peu trop proches à mon goût pour que je me sente à l'aise, mais elle n'avait pas l'air dérangée.

C'est bon de se revoir.

Ravi que tu ais mis ta rancœur de côté.

Ravie que tu ais fait de même.

J'ai un peu bougonné.

Ouais, c'est vite fait.

Ha bon ?

Quelqu'un m'a plus ou moins convaincu, alors bon...

Est-ce que Naruto est au courant du but de cette réunion ?

J'ai fait non de la tête pile quand notre Naruto de service a débarqué. Il portait son affreux sweat orange délavé et à la poche trouée. Il semblait un peu terne lui aussi et quelques cernes se creusaient sous ses yeux, mais on a tous fait semblant de ne rien voir. Lui qui s'inquiétait sûrement qu'on se crache tous dessus fut certainement dérouté quand Sakura lui a sauté dans les bras, suivie rapidement de Suigetsu. Pris en sandwich, il tenta de se défaire avant de, finalement, regagner des couleurs et serrer ses deux amis contre lui. Puis, en m’apercevant immobile, il se dégagea de leur étreinte et s’époumona en hurlant mon nom gaiement.

Sasuke !

Lui non plus je ne le connais pas, marmonnais-je.

Mais je l'ai laissé malgré tout m'enlacer et je lui ai plus ou moins rendu son étreinte.

Ce n'est plus ouvrir sa porte là, c'est carrément la démonter, ais-je souligné.

Elle sera toujours ouverte pour toi Sasuke. Merci pour ton geste.

Je sais que ça te tiens à cœur.

Il hocha vigoureusement la tête. On entra enfin dans le Nothing Hill mais, alors que j'allais franchir le seuil, suivant le groupe, Suigetsu me retint par la manche.

Sasuke, je peux te parler d'un truc ?



Et puis l'épreuve de philosophie est arrivée. Mercredi matin, huit heures. Je n'avais rien révisé. On nous avait tellement rabâché l'importance de cet examen durant toute l'année scolaire que j'en était devenu totalement indifférent. Ma mère me souhaita bonne chance dans la cuisine, mon frère m'envoya un texto, Sakura un selfie, Naruto deux selfies et voilà, j'y étais.

Sept heures vingt.

Devant la salle.

Et elle aussi elle était là.

On s'est longuement regardé elle et moi sans pouvoir se lâcher. Mon cœur loupa un battement et un an de ma vie défila soudainement. Des baisers timides, d'autres plus voraces. La découverte d'une sexualité. Les mensonges. Un bonheur factice. Des amis mis de côté. Des sentiments en veux-tu en voilà. Des larmes.

Et puis elle me tourna le dos, embrassant son petit-ami. Et moi je suis entré dans la salle de classe.

C'était fini.





DOSSIER NUMERO 010125

Séance du 18/09/2017 11:00 – 11:48

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du commissaire Hiruzen SARUTOBI. Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s): Sujet qui continuera de se faire suivre. Semble bien parti pour s'en sortir psychologiquement. Non-suspect...


Retranscription de la quatrième séance.


Salut !

Je suis ravi de vous revoir. Ou non, je suis plutôt ravi de vous revoir une dernière fois. Surtout que, je ne sais pas comment avance votre enquête, mais j'ai l'impression que vous n'avez toujours pas de coupable. Et pas de preuves également. Je paries que vous n'arrêtez pas d'écrire à côté de nos noms des trucs comme : « Pas suspect, fais chier, j'ai pas de coupables, ces morveux ont raison depuis le début ». Et peut-être que vous ajoutez pleins d'émojis pas content. Mon préféré c'est celui qui crache de la fumée par les narines, haha.

Mais ce genre de séance c'est pas vraiment fini pour moi. Ma mère m'a dégoté un psy pour que je me remette du choc, et tout un tas d'autres conneries.

Comme d'hab', je sais pas trop quoi vous raconter. La dernière fois je vous parlais de ma rupture avec Karin, et puis de pleins d'autres trucs. Je dis trop de choses en fait, et elles vous sont inintéressantes en plus.

Je pourrais vous raconter quoi ?

Ha je sais !

Un truc sympa!

On est tous redevenus potes. Vous vous en doutez, mais si je vous parle de ça peut-être que vous serez encore plus convaincus que personne n'est coupable.

On devait tous se retrouver au lycée pour avoir les résultats du Bac. C'était une journée lourde, je veux dire, au niveau du temps. Il faisait très chaud mais très humide aussi. Il allait pleuvoir.

Un peu anxieux je quittais ma maison. On s'était tous parlé en conversation groupée sur facebook pour se donner une heure de rendez-vous. On allait tous se revoir, tous ensemble, à six. Comme avant. Comme au bon vieux temps.

J'avais que quelques mètres pour arriver au bahut, puisque j'habite dans le bas de la rue, mais j'ai tout de même rencontré un obstacle sur ma route. Ne prenez pas cette phrase au sens métaphorique hein, et puis je ne considères pas du tout Sakura comme un obstacle ! Mais disons que mon chemin a été plus long parce qu'elle papote un max Sakura et elle ne sait pas marcher et parler en même temps alors... Enfin bref, je voulais juste introduire Sakura dans mon récit et ça me semblait bien comme ça.

Hé, Sakura, quel heureux hasard !

Pas vraiment puisqu'on est censé se retrouver dans deux minutes...

Oh la mauvaise foi ici. Tiens, tu sors de la pharmacie ?

J'ai louché sur le sachet qui portait l'enseigne et elle a semblé mal à l'aise.

Mh, oui.

Tampons ? Diarrhée Aiguë ?

Tais-toi abruti !

Elle a ri tout me cognant de son petit poing l'épaule. Je me la suis massée comme si c'était vraiment douloureux et on a fait le chemin ensemble.

Tu te rends compte qu'il y a quelques mois on sortait ensemble ?

Tu as le chic pour lancer des sujets de conversations nuls, Suigetsu.

Dire qu'on s'est même embrassés.

On a, en même temps, frissonné tout en mimant le dégoût. Elle a tiré la langue comme si elle avait encore le goût de mon bisou dessus et que ça lui filait la nausée. Ça m'a fait plaisir, ça voulait dire qu'il n'y avait plus rien d’ambigu entre nous. Sakura n'était plus une ex avec qui je m'étais embrouillé, avec qui j'avais déconné ; c'était ma meilleure amie.

Encore désolé pour le coup avec Karin.

Désolée de t'avoir sauté dessus...

On est quitte ?

On est quitte.

J'ai le bac ! Je vous emmerde vous qui n'avez pas cru en moi !

Naruto embrassa Hinata passionnément et la serra brusquement dans ses bras. Ouais, d'abord il l'a embrassé et puis après il lui a fait un câlin ; il fait pas les choses dans l'ordre lui. Puis il enlaça Sasuke, puis Temari, puis il nous vit et on devint ses victimes. Il nous pressa fort, si fort que j'ai senti tout son bonheur m'enlacer aussi. Il a continué à beugler à des camarades de classe qu'il était heureux, qu'il avait le bac, qu'il avait réussi. Avec Sakura on s'est dirigé, amusé, vers le panneau des résultats, là où se trouvaient nos trois amis.

Il a eu 10,20, c'est pas non plus une réussite.

Le méprisa Temari.

Et toi ?

Mention Bien.

Elle appuya son propos d'un clin d’œil. Je me penchais à mon tour vers les notes. Sasuke et Hinata avaient cartonnés. Mention Très Bien pour tous les deux. Sakura se contentait de la même mention que Temari, mais elle semblait vraiment satisfaite. Je m'attendais à ce qu'elle crise de jalousie, ou qu'elle nous refasse le coup de celle qui se sentait inférieure, mais ça allait. Elle avait beaucoup bossé de toute façon.

Et puis il y avait moi.

Rattrapages.

Je vous spoile un peu : je l'ai eu le bac hein. Et puis ça ne m'a pas empêché de faire la fête avec les amis à la fin de la semaine.


Elle m'attendait devant la maison de Naruto. Elle n'a pas eu l'air surprise de me voir. Moi je l'étais. J'ai même un peu buggué en la voyant.

Parce qu'elle était assise sur les marches du perron, elle fut contrainte à lever la tête pour me voir, sa main en visière devant ses yeux pour se protéger du soleil.

J'ai pas trop su quoi dire. Elle m'avait sacrément manqué, et je mourrais d'envie de la prendre dans mes bras, et tout un tas d'autres trucs que j'ai pas fait.

Naruto sait que t'es là ?

Elle a secoué la tête. Ses cheveux étaient mal attachés ; il y avait pleins de bosses.

Je suis venue pour le féliciter pour le Bac, et je suis repartie. Mais j'ai appris que t'allais venir, alors je me suis dit que ce serait sympa de discuter.

J'ai dégluti péniblement. J'avais le cœur qui battait à trois-cent à l'heure. Je ne savais pas vraiment ce que j'espérais mais la voir là, devant moi, c'était déjà super. Je ne demandais rien de plus.

L'eau a coulé sous les ponts, Suigetsu.

A-t-elle dit en se relevant. Elle s’épousseta alors qu'il n'y avait aucune poussière. Puis elle essuya ses verres de lunettes avec le bout de son t-shirt hyper large. Celui avec une grosse inscription dessus indéchiffrable.

Je pense que je t'ai pardonné, mais on ne se remettra pas ensemble pour autant. J'ai peur de ne plus te faire confiance.

Mais... ?

Elle a levé ses yeux vers moi, les sourcils en accent circonflexe sur son front. Elle a tenté de dissimuler son sourire en se mordant la lèvre.

Il n'y a pas de mais.

A-t-elle rétorqué.

Moi j'aimerais qu'il y ait un mais.

J'aimerais aussi.

J'aurais bien abandonné, mais j'avais dit que je me battrais, non ? Je ne pouvais pas laisser cette fille avec quelqu'un d'autre. Elle était faite pour moi. Personne d'autre ne me convient. Il n'y a qu'avec elle que je peux rire aux larmes pour une blague stupide. Il n'y a que son haleine du matin à elle que je peux supporter au réveil. Il n'y a que son corps que j'ai envie de toucher, ce corps dont je ne me lasserais jamais. Elle a été ma première copine, mon premier baiser, ma première fois, ma première rupture. Elle n'a jamais été la dernière.

Elle m'a murmuré un vague  « au revoir » dramatique avant de me passer devant.

Je réfléchissais à quoi dire pour me rattraper, pour qu'elle ait envie qu'on renoue un peu. Je paniquais un peu alors j'ai fait volte-face aussi pour l'affronter.

Je serais plus romantique.

Ais-je commencé.

Elle a, encore une fois, levé un sourcil. Elle avait remit ses lunettes mais elles tombaient sur le bout de son nez. J'ai continué :

Je ferais des efforts pour faire des blagues un peu moins beaufs, et je te dirais tous les jours que tu es belle, même si ce n'est pas tout le temps vrai, tant que ça te fais plaisir. Et j'irais porter tes sacs quand tu iras faire du shopping. Et je serais encore plus honnête envers toi. Je le serais tout le temps. Je ne serais plus jamais stupide.

Il y a eu un silence dans lequel je me suis perdu. Perdu dans ses yeux noisette.

Je n'ai pas envie que tu changes Suigetsu. Mais c'est sympa d'essayer.

S'il te plaît... ?

Oh, tu joues la carte de la supplication ?

Elle a ri et ça m'a fait pouffer aussi. C'est vrai que ça ne me ressemblait pas.

Finalement elle a posé son index sur son menton, l'air de réfléchir avant de me regarder.

Très bien Suigetsu, voilà ton « mais »...

J'vous dit pas les palpitations quand elle m'a dit ça.

– … J'ai passé de supers bons moments avec toi. Et je ne vais pas mentir ; tu m'as beaucoup manqué durant tout ce temps. Tu te rends compte qu'il a fallu rompre pour que je te dises enfin un truc mignon quand même ? Enfin bref. Tu as bien compris, tu as tes chances pour me reconquérir.

J'ai cherché à dissimuler mon sourire mais c'était vain. Je dévoilais toutes mes dents, trop heureux, tandis qu'elle me fit un clin d’œil. Elle s'éloignait alors en secouant la main mais j'ai pas pu m'empêcher de lui répondre :

Tu vas voir, tu seras folle de moi !

C'est ça, bonne chance, abruti !

Elle n'était plus qu'une tâche rouge dans l'horizon mais j'avais encore son visage ancré dans ma mémoire. Bon sang ! On m'offrait une nouvelle chance ! Il y a pleins de personnes qui vous disent que ressortir avec son ex revient à ravaler son vomi mais je vous jure qu'elle, elle était une flaque de vomi qui avait bon goût.

C'est alors que la porte derrière moi s'est ouverte sur Sasuke.

Bah Suigetsu, tu fous quoi ? On n'attend plus que toi.

J'arrive, j'arrive.

On a sorti les bières. Grouille ton cul, les filles et Naruto veulent jouer à Action/ Vérité... !

Je suis entré, et on a fait la fête toute la nuit.


Voilà, j'ai envie de finir sur ce point. Je n'ai pas envie de vous raconter notre soirée, c'est personnel. Mh, ouais, c'est ironique de dire ça mais sérieusement vous en avez rien à carrer de savoir que Naruto a eu comme gage de finir la soirée avec les fringues d'Hinata. Que moi j'ai dû raconter mon premier baiser. Que Temari était complètement ivre à cause des shots qu'on lui a forcé à boire. Vous en avez rien à foutre.

C'est donc fini pour moi. Je m'en vais.

Adieu !





***


A partir de la semaine prochaine, il n'y aura plus de chapitres. (c'est hyper brutale comme entrée en matière mais j'ai pas trouvé de petite intro fun '^' ) Je veux dire que la semaine prochaine il y aura le dernier chapitre ET l'épilogue. Si vous me suivez depuis un moment, vous ne serez pas surpris que je procède ainsi. BREF, la semaine prochaine, une fois que vous aurez lu le chapitre dix-neuf, ne zappez pas l'épilogue ! (d'ailleurs je posterais dimanche parce que je suis sur Paris le vendredi et le samedi donc voilààà)

Désolée, ce chapitre arrive dimanche soir mais mon ordinateur est trèèès lent et je n'arrive toujours pas à le réparer (je suis actuellement sur l'ordinateur de ma très chère sœur ♥). Vous vous doutez que j'ai ragé tout le week-end et que je vais encore rager longtemps jusqu'à ce que je résolve le problème !

J'espère que vous avez souhaité une bonne fête à votre papa, que le Bac ne vous vrille pas trop si vous le passez et que ce chapitre vous a plu.

On se revoit en commentaire !

Bisouilles !