«Il faisait moche dehors, il faisait moche dedans et nous aussi on était moche.»

par Lorely



CHAPITRE QUATORZE

«IL FAISAIT MOCHE DEHORS, IL FAISAIT MOCHE DEDANS, ET NOUS AUSSI ON ETAIT MOCHE.»




DOSSIER NUMERO 010125

Séance du 17/09/2017 08:02-08:44

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du commissaire Hiruzen SARUTOBI. Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s): Semble sincère, difficile de l'accuser de ce meurtre. Son état est plutôt sable. En bonne voie.



Retranscription de la troisième séance.



Salut c'est moi !

Non je ne suis pas de bonne humeur, mais j'suis encore chez mes parents, et ma mère n'arrête pas de me taper sur les doigts. Elle m'dit de m'ressaisir et tout. Elle veut que j'aille consulter un psy mais je crois qu'elle a pas pigé ce que je foutais ici. Mon frère aussi est plutôt relou, il a toujours vécu sa vie et m'a toujours traité comme un grand frère un peu crâneur traiterait son petit frère mais là... J'sais pas mais il en fait des caisses. La prochaine fois qu'il me refait son regard plein de pitié je lui crève les yeux.

Donc voilà, j'essaie de péter la forme. Peut-être que j'irais vraiment mieux après.

Dites-moi, on l'avait fini comment la dernière séance ?


[LIEUTENANT GAMMA : Vous nous disiez avoir vu le destinataire des messages de Temari Sabaku No ; son petit frère.]



Ha ouais... Bon, je vais vous révéler un truc qui va vous surprendre... En fait voilà... Le frère de Temari n'est pas vraiment à l'hôpital dans le coma mais... Il est mort. Voilà.



[CAPITAINE YAMAGUCHI : Oui nous le savons, cette histoire a été tirée au clair.]



Ha.

Bah à quoi je sers moi alors ?

Vous vous souvenez de ce dont on a parlé à la première séance ? Pour vous satisfaire, je vous avais donné nos mobiles de crime (d'ailleurs vous êtes toujours convaincus qu'on est ses assassins?). Si vous avez « tiré cette affaire au clair », comme vous dites, alors on peut dire que le mobile de Temari est devenu évident. Si on suit l'ordre chronologique, et si on connaît bien Sakura, le sien est transparent comme de l'eau de roche.

Ça vous tente on parle de celui de Sasuke ? Il voulait se venger d'Hinata.

Mais avant d'arriver à Sasuke, il faut que je vous développe un peu Sakura. Ou du moins, notre relation à tous. Il faut que je vous parle de la fissure, et puis de l'explosion.

J'me souviens qu'on était en cours de Physique-Chimie, et le prof nous avait filé un DM à l'arrache parce qu'il n'avait pas pu faire son cours longtemps. A la fin, Naruto a tiré Temari en dehors du cours. On s'est tous dévisagé. Même Sakura qui, pourtant nous boudait plus ou moins depuis un moment.

A ta place je m'inquiéterais Hinata. Il a vite changé, l'infidèle !

Je lui fais confiance, a souri maladroitement notre amie.

Surtout n'oubliez pas ce que je vous ai déjà dit ; je suis un putain de gros gaffeur.

De toute façon, t'es tellement mignonne, et pure, et parfaite, que tu le tromperas jamais Naruto. Mais si lui il oserait... N'hésite pas à te venger !

J'ai complété ma pseudo-vanne par un clin d’œil. Sakura est passée près de nous à ce moment-là. Elle nous a longuement regardé, hésitant presque à nous adresser un mot. Elle a soutenu le regard d'Hinata. Et moi, j'me suis pas trop rendu compte de ce qui se passait. Alors j'ai enfilé mon manteau et déverrouillé mon portable. Et là, Sasuke s'est penché, une clope pendant entre ses lèvres.

C'est quoi ce code ?

A-t-il demandé, taquin.

Quel code ?

Celui de ton téléphone.

Ha, tu vas te foutre de ma gueule.

C'est normal.

C'est ma date de mise en couple avec Karin. Mais c'est elle qui m'a forcé. J'te jure cette nana, elle est vraiment trop niaise parfois.

Et donc, de ce que j'ai vu, tu t'es mis en couple en Septembre ?

Ok, on met tout sur pause. Imaginez un peu ; nous sommes figés. Moi, j'ai mon téléphone dans les mains, et je dévisage Sasuke sans savoir quoi répondre. Lui n'est plus du tout joueur. Son menton levé vers moi, un sourcil arqué et les mains dans les poches de sa veste en cuir, il est en train de comprendre.

Hinata, à côté de moi, a tout entendu. Mais elle est bien plus préoccupée par sa meilleure amie qui s'éloigne d'elle sans raison. Sa meilleure amie qui nous laisse tomber. Plongée dans ses yeux, elle se sent plus seule que jamais.

Sakura, elle, a changé son de champ de vision. Je suis en plein dedans. Ses cheveux roses sont emmêlés dans sa queue-de-cheval et ses lèvres maquillées sont entre-ouvertes.

Et à cette seconde précise, je me dit que j'aurais bien fait de dire la vérité depuis le début. On repart en arrière. Sakura pleurniche, je la réconforte, je l'embrasse parce que j'ai l'impression que c'est ce dont elle a besoin, quitte à ce qu'elle imagine un autre à ma place, on sort ensemble, et trois mois plus tard, on en est là. Je rembobine de nouveau. Elle pleurniche, je la réconforte. Je ne l'embrasse pas. On ne sort pas ensemble. Et la suite, oui cette suite-là que je vais vous raconter, n'existe pas.

J'aurais vraiment dû garder mes lèvres là où elles étaient.

On relance la cassette.

Mais, t'es pas avec elle depuis Janvier ?

A dit Sasuke.

J'ai eu subitement chaud.

T'as dû mal voir.

J'ai dit, pas très convaincu et un peu tremblant.

Tu n'as qu'à retaper ton code, et je verrais mieux.

Suigetsu... Quand on … On était « ensemble », a dit Sakura en dessinant des guillemets dans l'air, tu sortais déjà avec elle ?

J'ai déglutis péniblement. Sakura a compris et a ouvert grand les yeux. Sa respiration s'est faite sifflante et on percevait le mouvement d'inspiration et d'expiration devenu plus puissant et plus rapide.

Je rêve... Tu m'as embrassé Suigetsu. Tu m'as embrassé alors que tu avais déjà quelqu'un. Tu as quelqu'un depuis plus de six mois et tu nous ne as rien dit ?!

Sakura, tu n'allais pas bien, je voulais juste t'aider... Et puis... Et puis c'est toi qui a décidé qu'on sortait ensemble !

Tu n'avais pas à accepter !

Comment ?!

Je sais pas, peut-être... Oh « Sakura j'ai déjà une meuf depuis des semaines, ce serait con de la tromper ».

Elle avait pris le ton sarcastique à la place de celui de la colère.

C'est ça aussi, a reprit Sasuke à l'intention de Sakura, de toujours n'en faire qu'à ta tête. Tu comprends maintenant que tes sentiments, tu devrais les garder pour toi.

Je rêve ou tu prends vraiment la défense de Suigetsu ?!

Sakura était estomaquée. Hinata a essayé de calmer la situation.

Et si on en discutait ailleurs... ? Je suis sûre qu'on peut trouver un terrain d'entente. On peut se pardon-

Ouais, l'a coupé Sakura, trouver un terrain d'entente avec un pareil con !

Elle a pivoté brusquement. Son aura dégageait quelque chose de violent. J'ai même eu peur d'elle. J'étais fautif, je le reconnais. Et je ne pouvais qu'accepter mes torts et attendre qu'on accepte de me pardonner. Mais Sasuke ne l'entendait pas de cette oreille.

Et donc ta solution c'est de fuir ?!

Il la poursuivit, et parce qu'il avait oublié son sac, Hinata le lui prit avant qu'on ne leur emboîte le pas. Sakura gueula dans le couloir quelque chose comme quoi elle ne voulait pas l'écouter. Puis on a retrouvé Naruto et Temari devant les chiottes. Sakura a voulu se mettre Temari dans son camp sans comprendre que c'était Temari qui choisissait qui venait dans son camp. Et puis la dispute qui aurait dû animer Sakura et moi s'est finalement faite entre elle et Sasuke. Et pour la première fois ils ont levé la main sur l'autre. C'était comme si les mots ne suffisaient plus, comme si leur rage était bien trop grande pour être contenue dans des propos. Il fallait cogner, il fallait cracher, il fallait de la méchanceté et du sang. On a essayé de les séparer et on s'est retrouvé entre deux fauves. Je me suis pris un coup de coude dans le ventre. J'ai eu le souffle coupé, mais c'était parce que les voir s'entre-tuer me faisait mal.

Il fallait qu'on les entende, il fallait qu'on les voit, il fallait crier, il fallait blesser l'autre pour qu'il comprenne la douleur qu'il nous avait causé. Mais ce n'était pas grave, nos larmes brouillaient notre champ de vision afin qu'on n'assiste pas à notre propre massacre.



Après cette dispute je n'ai pas su tenir. J'avais besoin de tout dire, j'avais besoin de tout rayer définitivement. C'était comme un pansement et il ne pouvait pas être à moitié arraché. C'est ridicule ; après le pansement pendouille, et on voit la blessure de moitié et t'as l'air bien con.

J'suis arrivé chez Karin. Elle m'a ouvert de suite. Elle avait mal attaché ses cheveux et ses chaussettes remontaient jusqu'à ses cuisses.

Elle a ouvert la bouche, mais je lui ai coupé la parole avant même qu'elle ne la prononce ;

Je t'ai trompé. Pendant un peu moins d'un mois. C'était en Décembre. Je sortais avec Sakura. Elle allait pas bien, et je l'ai embrassé parce que j'ai cru qu'elle irait mieux après et c'était le cas, mais c'était un faux mieux. J'sais pas si que tu vois ce que je veux dire, et je sais que je suis impardonnable, et je sais que tu vas me quitter mais je te respectes trop pour continuer de te mentir, et je suis bien trop amoureux de toi pour … J'en sais foutrement rien, mais ça aussi je voulais que tu le saches.

J'étais essoufflé, je crois. J'avais juste parlé mais j'étais à bout de souffle. J'avais encore les ecchymoses de l'après-midi, pas sur le corps mais sur le cœur, et peut-être que c'était parce que je savais à l'avance que j'allais perdre Karin.

Elle m'a longuement dévisagé. Et puis elle aussi elle avait du mal à respirer.

Et puis sans un mot, elle a refermé la porte.

Alors j'ai marché un moment. J'ai essayé de faire le point sur ma vie, essayé de comprendre comment j'avais pu en arriver à ce point, essayé d'analyser ce que la perte de Karin causait sur mon organisme. Et là, ça a a fait tilt dans mon esprit.

J'étais parti dans le but de perdre Karin, parce que c'était évident que la vérité allait l'éloigner de moi. Mais était-ce une raison pour ne pas se battre ? Est-ce que j'allais abandonner pour autant ? Les erreurs étaient faites pour être réparées, et je n'allais pas laisser la mienne ainsi. Karin, il fallait la mériter, et c'était normal que je m'acharne à la reconquérir, même si ça, je lui ai jamais dit.

J'ai tout de suite fait demi-tour, et j'ai couru. J'avais des raisons d'être essoufflé. Même si je suis un sportif, j'avais vite chopé des crampes aux jambes, et mes muscles s'étaient réveillés, et j'avais le cœur froid à force de respirer difficilement cet air gelé. Mais je refusais, putain, je refusais tellement d'abandonner.

Je suis tombé devant sa maison et comme un con j'ai lancé un caillou à sa fenêtre.

Karin ! J'ai déconné, Karin ! Mais laisse-moi te parler !

Elle a aussitôt ouvert sa fenêtre. Son visage était plein de colère.

T'as failli péter ma vitre, imbécile !

J'ai fait la pire erreur du monde, c'est vrai ! Mais je voulais que tu saches que je vais tout faire pour la réparer ! Je vais pas te perdre aussi facilement !

Trop tard, t'as été un vrai con, et je me respectes un minimum.

Et t'as bien raison et... Ha putain il fait trop froid. Je sais qu'on dirait un Roméo et sa Juliette 2.0., et c'est grave kiffant mais tu veux pas me faire rentrer pour discuter ?

Elle a roulé des yeux et a amorcé un mouvement pour fermer sa fenêtre, mais j'ai ignoré mon torticolis et ai avancé d'un pas, la main tendue, comme pour la retenir.

Attends !

Sérieux Suigetsu ? Qu'est-ce que t'as encore à me dire ?!

Je voulais juste te dire que... Que... T'es une grande casse-couille, mais que je suis pire encore. Attends-toi à en avoir marre de moi, car je ferais tout pour te récupérer.

Je suis pas un objet perdu, Suigetsu.

Et là, elle m'a fermé la fenêtre au nez.


Naruto et Sasuke ont essayé de me remonter le moral, plutôt en vain. C'était étonnant parce qu'on avait passé le week-end affalés dans le canapé, à jouer à des jeux, à manger de la pizza, et aussi de la glace. On a regardé des films d'horreur et on a essayé de noter les filles de classe sur dix. On avait mis huit à Temari, huit et demi à Hinata et cinq à Sakura.

Pourtant, lundi matin, ce fut Temari qui me réconforta.

J'étais à mon casier quand elle s'approcha de moi.

J'ai appris, pour toi et Karin.

Je croyais que tu voulais plus me parler.

J'ai claqué la porte de mon casier sèchement.

Tu crois mal.

Jm'en fous de ce que tu penses.

Suigetsu, tu as pris ma défense la dernière fois, pour Shikamaru, et j'aimerais te rendre la pareille.

Je me suis retourné vers elle, parce que je lui tournais le dos.

L'amitié, Temari, c'est pas « se rendre la pareille ». C'est être quotidiennement là pour les autres. C'est s'aider mutuellement sans compter les points. C'est accepter les défauts des autres. Imagine un jour tu m'appelles parce que t'as planté quelqu'un et qu'il est mort. Et bah moi, bon ami, je vais pas te dénoncer aux flics, ou te questionner, ou me rendormir (parce que tout les meurtres se font la nuit, c'est bien connu), mais je vais venir t'aider à cacher le corps.

Moi j'irais appeler les flics. Un meurtre reste un meurtre.

Putain Temari c'était une image ! Une putain d'image !

Elle a reculé d'un pas mais n'a pas cédé. J'ai repensé aux gars, et au week-end de glandouille qu'on avait passé qui ne m'avait pas aidé d'un pouce. Et je me suis dit que j'avais peur. Parce que la dernière fois qu'un ami de notre bande a aidé quelqu'un qui avait des problèmes amoureux, y'a eu pas mal de soucis.

Ce fut à mon tour de reculer, au cas où Temari aurait eu envie de m'embrasser.

Je ne cherche pas à te réconforter, Suigetsu. Je voulais juste te dire que j'admirais ton honnêteté. Tu aurais pu attendre longtemps, tu aurais pu être marié avec cette fille, lui pondre trois gamins, et tout lui avouer après dix ans de mariage. Mais non, tu as voulu lui dire tout de suite. J'admire ça, vraiment.

Elle m'a écorché un sourire, et puis je crois qu'elle a voulu me dire un truc, mais elle s'est ravisé. Elle a cherché à faire volte-face, puis finalement, elle a vraiment dit son truc.

J'ai essayé de lui dire, à … Tu sais. Ce gars de la cantine. Mais je n'ai pas pu. Je complique tout comme une idiote. Tout pourrait très bien se passer, mais j'ai autre chose en tête que d'apprendre à être en couple. Je pédale dans la semoule, et c'est pour ça que je tenais à te dire tout ça. Je galère à dire que j'aime alors que toi tu ne te contentes pas de le dire, tu le prouves, même si pour cela, tu dois perdre cette personne.

J'ai été tellement surpris de sa belle franchise que j'ai l'ai saisi un peu brutalement dans mes bras. Nos épaules se sont entrechoquées et la lanière de mon sac de cours a dérapé le long de mon bras. Temari a rit nerveusement avant de me rendre timidement mon étreinte. Et parce que j'avais pas trop envie que ça vire au « drame Sakura Haruno », je me suis brièvement écarté d'elle.

Merci, Temari.

Elle a hoché la tête avant de partir.



Accrochez-vous parce qu'on va faire une sacré ellipse temporelle.

Les vacances de février sont passées, le mois de mars aussi. On est peut-être début avril, ou fin avril. Bref, les jours s'améliorent mais nos vies s'empirent. On s'fait toujours la gueule. Il y a quelque moments de faiblesses, des textos qu'on s'envoie durant une courte période, des conversations qu'on essaie d'avoir, mais rien n'est plus comme avant.

Le repas à la cantine n'était plus aussi sympatoche qu'avant, lui. Ce jour-là d'avril, il faisait moche dehors, il faisait moche dedans, et nous aussi on était moche. Ce jour-là, celui-là ou celui d'après, je sais plus trop, y'avait que moi, Naruto et Sasuke à table. Temari et Sakura avait dû partir plus tôt, il paraît. Donc elles étaient pas là. Et Hinata...

Au fait, quelqu'un a des nouvelles d'Hinata ?

J'avais la bouche pleine de spaghettis, mais mes potes m'avaient quand même compris.

Aucune idée, elle sèche peut-être.

Genre Hinata qui sèche ? T'es con un peu, Sasuke. Mais c'est pas grave, tu es mon meilleur ami et-

Hé, protesta Naruto, c'est mon meilleur ami !

J'ai fini d'engloutir mes pâtes et je raclais mon assiette avec ma tranche de pain sèche alors que le sujet d'Hinata revint.

Mais c'est vrai qu'c'est bizarre. Elle t'as rien, Naruto ?

Bah si, elle avait un truc ce matin. Elle était censée nous rejoindre à dix heures mais... J'sais pas.

T'es son mec ou juste un gars comme ça ? Sérieux, c'est ta copine, tu devrais être plus attentif. Et puis Hinata, on dirait pas, mais elle demande sacrément de l'attention. C'est comme une enfant, tu peux pas la laisser seule sans surveillance.

L'a rembarré Sasuke.

Merci, comme si je la connaissais pas assez comme ça.

Te bile pas, j'disais juste ça comme ça.

T'inquiète, on est assez distant en public...

Ça je n'y croyais pas trop ; leur amour, il était bien évident. Et vas-y que je te papouilles à l'arrêt de bus, et vas-y que je t'appelle « mon coeur », et que je suis niais quand tu racontes une de tes blagues.

– … Mais en privé on s'dit plein de trucs et tout, a terminé Naruto. C'est juste que s'il s'est passé un truc, elle n'est pas obligée de me le dire tout de suite. Je lui en parlerais à la fin des cours. J'vais pas l'étouffer non plus.

La couleur de la sauce tomate me faisait penser à celle des cheveux de Karin, alors j'ai secoué la tête. Et parce que leur conversation n'avait pas beaucoup d'intérêt pour moi, j'ai parcouru le réfectoire d'un regard. Ça grouillait de monde. J'essayais de me raccrocher à quelque chose, un truc qui me ferait sortir de mes pensées parce que, sérieusement, ces derniers temps ça devenait difficile d'être dans ma tête. J'avais presque envie de quitter mon corps et allait en trouver un autre, genre je prends des vacances de moi-même. Je me quitte.

Et finalement, mon souhait fut plus ou moins exaucé.

Sur une table un peu plus loin, une table que je qualifierais de celle des « populaires », pour aller dans le cliché même si, en fait, c'était juste des élèves que tout le monde connaissait. Ils avaient plus de mille amis sur facebook, on connaissait truc parce qu'il avait remporté un concours d'élocution, et machin parce qu'elle avait fait une super soirée. Leur table était au centre de la cantine, et y'avait pas une chaise de vide.

Y'avait ce type, carré d'épaules, les cheveux en bataille et un sourire de bête, à moitié assis sur la table. Il discutait avec ses potes, sa voix était si puissante que je pouvais presque l'entendre frimer sur ses exploits sportifs. Son visage avait un air de je-te-connais-mais-je-sais-plus-d'où. Je plissais alors les paupières, fouillant ma mémoire pour replacer son nom sur sa gueule quand une jolie blonde bien familière apparue dans mon champ de vision. Ses fesses rebondies dans un slim serré, les traits d'un ange et les lèvres pulpeuse, Ino Yamanaka dérivait les conversations. Son passage dans le couloir de la cafet' avait stoppé les murmures le temps qu'on remarque sa présence. Il y avait tellement de paires d'yeux rivées sur elle que ça aurait presque été malsain.

Ino Yamanaka, ou l'ex de Sasuke, son grand amour, était donc là pour me divertir. Et puis elle se cala contre le brun que je viens de vous décrire avant de l'embrasser tendrement. Lui posa sa main dans le creux de sa taille de guêpe et puis ils se décollèrent l'un de l'autre avec pudeur. On aurait dit une reine embrassant son roi.

Hé bah, elle a pas chômé Ino. Elle a un nouveau mec depuis longtemps ?

Hé, Suigetsu, m'a interpellé Sasuke, ta gueule ?

Il a suivit mon regard avant de marmonner dans sa barbe.

On jamais vraiment su pourquoi ça s'était fini entre vous.

Mec, c'est surtout fini depuis un bail. Mets-toi au courant.

Salut les garçons, vous parlez de quoi ?

C'était Hinata. Naruto nous nargua avec un discret : « je vous l'avais bien dit », avant d'embrasser la joue d'Hinata. Elle avait l'air plus pâle que d'habitude, mais personne n'y prêta attention. Et puis on n'a pas vraiment pu lui en parler parce qu'elle a vite compris ce qui nous captivait. Elle gonfla ses joues, un peu boudeuse et surtout trop mignonne, avant de nous éclaircir.

C'est Kiba. Kiba Inuzuka.

Putain ouais, Kiba Inuzuka ! J'me disais bien que je l'avais déjà vu !

C'était mon ami au collège, poursuivit Hinata en triant son entrée. C'est grâce à lui que j'ai commencé le patinage.

C'est un type bien alors, sourit Naruto.

Tu parles, c'est un gros connard de première qui mériterait de mourir dans la merde de Satan.

On a tous dévisagé Sasuke, interloqués. Il a regardé Ino, puis Kiba, puis Ino, avant de claquer son plateau sur la table, et puis de partir.

Sakura pouvait bien balancer tous les « je t'aime » qu'elle voulait, le seul qui pouvait atteindre Sasuke était celui d'Ino. Mais elle ne lui a plus jamais dit, et pire que tout, elle lui a réduit le cœur en miettes. Non, plutôt en cendres en fait. Comme si elle l'avait incinéré. Comme si elle l'avait tué.

Et nous, on ne laisse pas les assassins impunis.




***


Je suis un peu malade, donc il y a sûrement des tas de fautes dans ce chapitre, et je m'en excuse. Je le relirais dans la semaine, quand je serais un peu plus en forme. En plus il est compliqué Suigetsu parce que pour lui j'essaie vraiment d'écrire du parlé, donc niveau concordances des temps c'est pas toujours top … !

Kiba est enfin présent dans cette fic. Quatorze chapitres tout de même pour le voir ! J'espère que son apparition fera plaisir à quelqu'un ;)

Sinon, j'espère que ça vous a plu ! Si c'est le cas, ou non, on peut se retrouver en commentaire pour en discuter !

Bisouilles !



PS : Et parce que visiblement l'idée ne vous déplaisez pas, je me permets d'être en fin de chapitre et de commentaire pour vous donner le lien du forum RPG évoqué la semaine dernière : http://institutespoir.forumactif.com/. Faites abstraction des graphismes qui sont ceux de nos débuts et que nous changerons d'ici peu ! Voilà voilà o