« Comment ça je me plains tout le temps ? »

par Lorely



CHAPITRE NEUF

« COMMENT CA JE ME PLAINS TOUT LE TEMPS ?»





Un spéculoos. Un café. Un deuxième spéculoos. Un juron. Le paquet de spéculoos.

Le lieutenant Jiraya Gamma débarque au commissariat ce jeudi quatorze septembre avec ce besoin intense de manger sans s'arrêter. Pourtant il a bien déjeuner, il en est sûr. Mais cette enquête, et ces gosses... ils lui font tourner la tête. D'ailleurs il doit retrouver l'un d'entre eux d'ici une heure. La poisse. L'enquête n'avance pas d'un pouce ; les mômes ne font que raconter le drame de leur vie. Drame classique chez les adolescents. Même si certains sont attachants, surtout le blondinet, il n'en reste pas moins que Jiraya se sent comme un psy envers eux, et non un flic.

En entrant dans son bureau, il feuillette les dossiers concernant l'enquête. Vraiment, ils font du surplace. Ou y vont à reculons. Toujours pas d'indices supplémentaires et tout le monde peut être coupable tout comme personne ne l'est.

Je vais lui parler moi à ce mufle, il va m'entendre !

La voix puissante et grave de Tsunade Senju vibre dans le couloir. La porte du bureau s'ouvre alors en fracas sur la psychologue à la présence bien ancrée. Dans son dos, le calme Orochimaru Yamaguchi, lisant les dossiers sans prêter attention à la fureur de Tsunade Senju, fait acte de présence.

Lieutenant Gamma, si vous avez quelque chose à me dire, ne le faites pas dans mon dos, venez me voir en face ! Lui reproche-t-elle en pointant vers lui un index accusateur.

Orochimaru ferme la porte derrière lui avant de s'asseoir sur le coin du large bureau de son coéquipier afin de lire plus confortablement les éléments annexes sur les suspects.

Jiraya ne lui prête aucune attention et fait face à Tsunade Senju, les bras croisés contre son torse bombé. De par sa grande taille et de par la puissante aura de la docteur, on pourrait croire qu'un combat de colosses est sur le point de se déclencher. L'animosité qui les irradie se transforme petit à petit en une tension étouffante.

Je peux savoir où est le problème ? Articule-t-il.

Nous travaillons à trois sur le cas de ces adolescents, alors j'apprécierais que vous me parliez en face si mes méthodes de travail ne vous conviennent pas. Le sergent Orochimaru m'a rapporté que-

Je parlerais volontiers de vos méthodes de travail, mais faut-il encore que vous en ayez.

Tsunade claque sa langue tandis qu'une veine se dessine sur sa tempe, battant un rythme irrité.

On n'avance pas avec eux, reprend Jiraya Gamma. Hinata Hyûga est morte depuis dix jours et pourtant on n'a toujours pas avancé. Tout ce qu'on sait c'est qu'elle a été assassinée par l'un de ces cinq gamins et qu'ils doivent bien nous mener en bateau ces cons. Nous devons nous montrer plus sévères, leur faire peur pour les pousser à aller droit au but.

Ils sont traumatisés, sous le choc. Je vous interdis de remuer le couteau dans la plaie !

Mais de quel côté êtes-vous ?! Vous cherchez à soigner un assassin ?!

J'en ai vu des patients, croyez-moi ! Je travaille ici depuis vingt ans, et je peux vous assurer que ces enfants sont traumatisés. Aucun d'entre eux n'a pu commettre un meurtre.

L'appartement était verrouillé de l'intérieur ! Il n'y avait qu'eux bon sang !

Et qu'est-ce qui vous fait dire qu'il n'y avait pas une septième personne à leur soirée ? Qu'elle est juste partie plus tôt et qu'ils ont refermés derrière eux ?!

Le cadavre d'Hinata Hyûga était au beau milieu du salon, personne n'aurait pu le louper. Si il y a bel et bien une septième personne, alors elle a forcément un complice parmi ces ados !

Tsunade secoue la tête et balaie l'air de la main.

Dans tous les cas, il est hors de question que vous employez la manière forte avec eux.

Ils nous mentent sûrement ! Ils sont liés, alors si certains sont complices ils doivent certainement se couvrir !

Pas si liés que ça... Vous les écoutez pendant les entretiens ? Ils osent se faire des coups bas...

Justement ! Ça prouve que l'un d'entre eux est forcément... ! Rha, vous ne comprenez rien !

Jiraya tape du poings contre son bureau, faisant sursauter les quelques affaires éparpillées dessus. Tournant le dos à Tsunade Senju, il sert les dents, contrarié.

L'un d'entre eux, ou deux, ou même les cinq, nous mentent. C'est obligé. On nous cache quelque chose. Ils entretiennent le suspens. Rien que cette histoire de cicatrice ! Si ça avait été bénin ils n'auraient pas réagi aussi mal lorsqu'on l'a évoqué. C'est qu'un petit détail de merde, et vous voyez les proportions que ça prend ?

A nouveau ; ils sont sous le choc. S'ils mentent, c'est peut-être inconsciemment. Peut-être que leur mémoire a occulté les moments importants. C'est mon travail de gérer ça, et malheureusement ça demande du temps.

Que ce soit inconscient ou non, il est vrai que l'un d'entre eux nous a menti.

Jiraya et Tsunade dévisagent Orochimaru qui a enfin pris la parole. Il brandit un des dossiers sous leur nez avant de leur tirer le passage qui l'intéresse. Les deux se penchent vers la feuille, intrigués. La tension est retombée. La concentration et l'importance de la situation prenne le dessus sur la dispute.

Puis Orochimaru se détache du bureau avant de se diriger vers la sortie ;

Rappelez Temari Sabaku No.



DOSSIER NUMERO 010127

Séance du 14/09/2017 08:04-09:02

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du Commissaire Hiruzen SARUTOBI.

Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s):Flou.


Retranscription de la deuxième séance.



Hé faut pas nous foutre les pétoches comme ça. Il paraît que vous avez appelé Temari, il s'passe un truc ?


[CAPITAINE YAMAGUCHI: Rien de bien grave. Nous aimerions juste vérifier quelque chose car il est possible qu'elle nous ait menti sur un point.]

[LIEUTENANT GAMMA: Et nous espérons que vous ne nous mentez pas, Sasuke Uchiwa. Et si vous l'avez fait, j'aimerais, pour le bien de notre enquête, que vous reveniez sur vos propos. Nous avez-vous menti?]

[Il semble réfléchir un long moment]


Je ne crois pas non. A vrai dire, en une seule séance, je n'ai pas eu l'occasion de vous en dire des masses. Je vous ai parlé de quoi sérieusement ? De la soirée du Nouvel An ? Comme quoi tout est était beau cette nuit-là, comme quoi ça avait été magique ? A part mon petit accrochage avec Sakura, franchement je n'ai eu aucune raison de vous mytho. De vous mentir, pardon.

Et donc concernant Temari... ?


[CAPITAINE YAMAGUCHI : A nouveau, c'est juste un point à vérifier. Peut-être pourriez-vous accélérer les]

[DOCTEUR SENJU: hm, hm... Et si tu reprenais ton récit, Sasuke ? Dis-nous juste ce que as envie de nous dire. Ne te censure pas. Ne te restreins pas. On est là pour toi, d'accord?]


Vous me faites un peu flipper là...

Je vais poursuivre le récit, je pense. Non ? Comme ça on arrivera petit à petit à la nuit la plus cauchemardesque. Vous avez vu comment je fais ça bien ? Première séance ; je vous parle d'une nuit de rêve et la toute dernière j'évoquerais la nuit de cauchemar. Enfin, plutôt le matin puisqu'on a découvert le corps d'Hinata le matin. Les hurlements de Naruto, la vue du sang... Putain, c'est impossible d'oublier ça.


[Silence de trente secondes.]


Non mais vous imaginez le truc ?

Je n'ai jamais été confronté à ça, moi. J'ai toujours été dans le confort. Je n'ai jamais manqué de problème d'argent, tout se passe bien dans ma famille et j'ai un peu merdé à l'école mais qui a toujours été studieux ? Y'a mon grand-père qui est mort d'une crise cardiaque alors que j'entrais dans l'adolescence, mais je ne le voyais pas beaucoup alors j'ai jamais vraiment été face à la mort.

Et là, avec le corps d'Hinata, j'ai eu l'impression d'être aspiré par le sol. C'était bizarre parce que quelques heures auparavant je discutais encore avec elle, elle rayonnait, elle était là et puis d'un coup, elle n'existe plus. J'ai encore du mal à croire que je ne pourrais plus jamais sentir son shampoing au lila, ou entendre son rire cristallin, discret et fragile, comme si elle avait honte de rire. Je ne pourrais plus jamais la charrier sur sa timidité ou la surprotéger à tout va.

Hinata Hyûga c'est fini.


DOSSIER NUMERO 01012

Séance du 14/09/2017 09:33- 10:48

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du Commissaire Hiruzen SARUTOBI.

Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s): Ambiguë. Suspecte ? Ou est-ce juste dans son caractère ?


Retranscription de la troisième séance.


Je vous manquais déjà ?


[CAPITAINE YAMAGUCHI : Mademoiselle Sabaku No, nous aimerions éclaircir un point à votre sujet. C'est à propos de votre frère. Gaara Sabaku No.]

[Elle se fige.]


Qu'est-ce que vous voulez savoir à son sujet ? Quel est le rapport entre lui et Hinata ? Entre lui et l'enquête ? C'est ridicule, vous êtes ridicules, c'est n'importe quoi.


[CAPITAINE YAMAGUCHI: Calmez-vous. Avant d'en venir à l'essentiel vous avez dit que votre frère était à l'hôpital aux alentours du moi de Janvier, le confirmez-vous de nouveau?]


Oui.


[CAPITAINE YAMAGUCHI : Néanmoins un de vos amis soutient vous avoir vu lui envoyer un message via votre cellulaire.]

[LIEUTENANT GAMMA : Son portable.]

[CAPITAINE YAMAGUCHI : Soit. Etait-il vraiment à l'hôpital mademoiselle Sabaku No ? Nous voulons la vérité, la stricte vérité.]

[Court silence.]


Vous êtes des durs à cuire, n'est-ce pas ? Vous traquez les détails, les mettez en exergue. Vous êtes forts, vous êtes très forts, mais ça ne sert à rien. S'intéresser à cet aspect de ma vie ne vous aidera pas, loin de là. Mais si vous insistez...

On en revient à la fin de notre précédente séance ? Je vous avez laissé en suspens, non ? J'allais voir Neji Hyûga, le cousin d'Hinata.

Je l'ai rencontré dans un bar où il bosse quelques nuits par mois pour arrondir ses fins de mois. A ce moment-là de la nuit, il n'y avait plus personne. Le son de la télé grésillait dans le fond du bar et les boules de billards s'entrechoquaient vaguement dans le lointain. Une ou deux conversations chuchotées se distinguaient, mais rien d'assourdissant.

Neji Hyûga était au bar, focalisé sur l'écran de télévision au dessus de sa tête. C'était les infos qui le captivait, si je me souviens bien.

Je me suis assise face à lui, mal à l'aise sur le tabouret de cuir. J'ai essayé de jouer celle qui connaissait, qui avait confiance, qui savait ce qu'elle faisait mais honnêtement, cet endroit n'était pas dans mes habitudes de fréquentations.

Neji Hyûga brillait dans l'obscurité et l'aura réconfortante qui auréolait Hinata d'ordinaire était identique à celle de son cousin, à un petit grain de prétention près.

Il posa enfin son regard sur moi.

Qu'est-ce que je vous sers ?

Je suis venu pour parler. Je suis Temari Sabaku No, une amie d'Hinata.

C'est donc cela ! Je me disais bien que ton visage m'était familier.

Quelqu'un éructa un éclat de joie dans le fond de la salle, sûrement un gagnant au billard.

Neji Hyûga s'accouda sur le bar et pencha la tête en avant, cabrant son dos. Il était aussi impressionnant de près que de loin. Même s'il avait la chemise entre-ouverte et un torchon pendant à sa ceinture. Même si il avait le teint pâle et les cheveux assez long pour efféminer son visage allongé, même si ça ne faisait que rajouter de la grâce non seulement à son physique mais à son allure. J'étais franchement intimidée.

Qu'est-ce que je peux faire pour toi, Temari Sabaku No ?

Il n'y a pas que mon visage qui doit t'être familier, mon nom de famille l'est aussi, n'est-ce pas ?

A cet instant j'ai cru apercevoir ses pupilles se dilater mais son expression redevint aussitôt calme et désintéressée, de ce fait j'ai cru avoir rêvé cet instant de faiblesse. A croire que les Hyûga ça ne faiblissaient pas. Le cahier des charges pour être un Hyûga doit être assez élevé, si vous voulez mon avis ; avoir l'air classe, le teint d'un cadavre, des cheveux de jais, et un soupçon de mépris.

Gaara Sabaku No, c'est ça ?

J'ai hoché la tête.

C'est ton petit frère ? Vous ne vous ressemblez pas tant que ça. Vous avez un air de famille, comme on dit. Qu'est-ce que tu veux savoir à son sujet ?

Il est à l'hôpital en ce moment. Inconscient. On l'a maltraité, il se faisait harceler. Il était vraiment apprécié au lycée, alors j'ai du mal à imaginer que le fautif soit un de ses camarades.

Comment tu sais qu'il se faisait harceler ?

Il te l'a dit dans le dernier texto qu'il t'as envoyé.

J'ai soutenu son regard un long moment, ayant l'agréable – et donc mauvaise, sensation que la situation tournait à mon avantage, que j'avais le dessus. Ma fierté se regonflait doucement et je relevais les épaules, un peu plus à l'aise.

Neji Hyûga recula dans un soupir et son regard dériva tandis qu'il essuyait un verre déjà sec. Sûrement pour se donner contenance.

Tu sais quelque chose, et j'aimerais que tu m'aides, ais-je insisté.

Si tu as lu notre conversation, alors tu as dû voir que je n'ai pas plus d'informations à ce sujet.

« C'est de pire en pire mais je crois savoir qui est derrière tout ça. Je ne peux plus me laisser harceler comme ça. Je te rejoins au bar pour te parler. »

J'ai laissé s'échapper quelques secondes.

C'est mot pour mot ce que ce message disait, ais-je cru bon de souligner.

Neji Hyûga sembla s'irriter. Il cessa toute activité et posa à plat ses deux mains sur le plan de travail. Il ancra ses prunelles froides dans les miennes, et ce fut comme si mon sang se gela aussitôt. Je déglutis péniblement.

Ecoute-moi bien, Temari Sabaku No, tu n'es qu'une gamine. Si tu es une amie d'Hinata tu dois avoir son âge et donc ne pas être majeure. Tu n'as pas le droit d'être à une heure aussi tardive dans ce bar. Alors je vais prendre sur ma pause pour te ramener tout de suite chez toi. Je te fais ce service en échange du suivant ; ne me demande plus de parler de Gaara Sabaku No.

Comme j'ouvris la bouche pour protester, il insista de plus belle, avec sa voix si glaciale qu'elle vous arrachait un frisson.

Gaara n'est pas venu me parler ce soir-là. Je l'ai attendu, et attendu. Quand j'ai voulu le joindre le lendemain, il était hospitalisé. Je ne sais rien.

J'ai alors décidé de me taire mais sur le trajet, assise sagement bien que bouillant à l'intérieur sur le siège passager, un tas de questions me taraudait ; d'où Neji Hyûga et Gaara se connaissaient alors qu'ils avaient l'air d'appartenir à deux mondes différents ? Pourquoi Gaara se serait-il confié à lui à ce sujet plutôt qu'à moi ? Qui s'est attaqué à mon petit frère la nuit de son hospitalisation ? Pourquoi n'a-t-il pas rejoint Neji comme annoncé ?

Et surtout, pourquoi j'avais le pressentiment que Neji Hyûga me mentait ?



DOSSIER NUMERO 010127


Bref.

On va arrêter de parler de ça, sinon je vais me mettre à chialer et c'est vraiment pas ce que vous avez envie de voir. Sinon cette séance va être un véritable gâchis.

Parlons d'un truc plus joyeux.

Le mois de janvier s'est plutôt bien passé malgré le Bac blanc. Temari était un peu secrète et on ignorait toujours qui captivait tant son attention par téléphone. Elle nous échappait mais on ne s'inquiétait pas... C'est Temari, elle ne nous laisserais jamais tomber. C'est le noyau central de notre groupe, alors si elle venait à partir, on ne serait plus rien. Enfin on pensait qu'elle ne nous laisserait jamais tomber, mais elle nous a pas mal surpris quand elle est entré en froid avec Hinata. On n'aurait jamais pu croire que la chaleureuse Temari, cette aura protectrice envers notre Hinata, pouvait aussi brusquement se détacher d'elle. Mais rassurez-vous, c'est arrivé après.

Donc l'anecdote amusante est la suivante ; j'allais au Nothing Hill pour boire mon expresso serré du matin. Naruto et Hinata se bécotaient déjà avec maladresse sur le canapé dans le fond. Sans aucune gêne, j'ai posé une chaise au sol (parce qu'elle était dressée sur la table), et je me suis assis en face d'eux. J'ai pris soin de faire claquer les pieds sur le parquet, bien sûr, afin de sortir les tourtereaux de leur séance de pelotage timide. On aurait dit qu'ils étaient bloqués au stade du gamin de maternelle qui clame encore qu'il a une amoureuse, et non un adolescent avec sa petite-amie.

Pas très hot vos préliminaires.

Hinata a bafouillé et Naruto m'a jeté au visage son donut. Hinata a crié au gaspillage, et Naruto l'a embrassé alors qu'elle n'avait pas fini sa phrase. Peut-être parce qu'il la trouvait trop mignonne. J'ai jamais eu envie d'embrasser une nana parce que sur le moment c'était ce qu'il fallait que je fasse. Enfin si, y'a eu Ino, mais Ino c'était différent.

Vous vous souvenez quand je vous parlais de l'importance des détails, la dernière fois ?

Et bien là, j'aurais peut-être dû remarquer qu'Hinata était plus pâle qu'à l'accoutumée.

Sui est toujours pas là ? Il habite au-dessus cette feignasse.

Il a peut-être pas fini de se branler, blagua Naruto. A ta place j'éviterais.

Vous êtes vraiment grossiers, vous les garçons, croisa les bras Hinata.

A peine !

Vous parlez tout le temps de sexe, à croire que vous n'avez que ça à la bouche !

Pas juste à la bouche, ais-je nuancé.

Naruto a manqué de recracher son chocolat chaud XXL/crème chantilly/sirop de chocolat alors qu'Hinata se pressa d'envoyer un message de détresse à Temari. Parce que Sakura n'aurait pas trop servi alors que Temari était un vaillant prince charmant.

Et puis, surtout, je n'avais pas trop envie de revoir Sakura parce que, certes, la bonne ambiance était de retour, mais le malaise entre moi et Sakura existait toujours. Je ne savais toujours pas comment me comporter avec elle.

Je vais quand même voir ce qu'il fait, il doit me filer ses mangas.

Tu vas avoir les mangas avec toi toute la journée ?

C'est soit ça et je vous laisse votre intimité ou je restes et je vous regarde babiller niaisement sans cligner.

Jm'en fous, j'entends pas les rageux, plaisanta Naruto.

En grimpant l'escalier, j'entendais encore Naruto expliquer la référence à sa petite-amie et je me suis dit que ce serait une bonne journée. Et la matinée n'était pas finie ; je n'étais pas au bout de mes surprises puisqu'en en entrant sans prévenir dans la chambre de Suigetsu je découvris à la place de mon ami, une rouquine bien familière.


DOSSIER NUMERO 010124


Le lendemain j'ai voulu rendre visite à Gaara avec l'espoir insensé de le voir se réveiller. Je n'avais parlé à personne de son hospitalisation. Je n'avais pas précisé à Hinata la raison pour laquelle je devais trouver son cousin. Et je n'avais pas expliqué à Suigetsu pourquoi j'étais au bord des larmes la dernière fois. Même Shikamaru, à qui j'avais l'impression d'avoir déballé ma vie sans aucune pudeur, l'ignorait. Je ne me sentais pas prête à le dire à qui que ce soit, parce que si je me confiais, j'avais peur que la réalité me frappe de plein fouet. L'idée de Gaara endormi dans un lit pâle était un tourbillon de pensées, et les pensées, ça n'a rien de concret. Je ne voulais pas concrétiser le coma de mon frère. Et puis il était à l'hôpital depuis deux jours, ça irait. Ce n'était pas si long, deux jours.

Je suis donc arrivée devant la porte de sa chambre, et en entrant, je découvris avec étonnement un visiteur. Ou plutôt une visiteuse.



DOSSIER NUMERO 010127


Suigetsu manquait à l'appel mais Karin, face à moi, ses monstrueux globes oculaires sortant de leur orbite, ses immondes chaussettes hautes par dessus son legging galaxie, était à quelques centimètres de moi. Comme si elle avait voulu ouvrir la porte à son tour, à quelques infimes secondes d'intervalles. On s'est dévisagés sans comprendre et j'en étais à assembler les morceaux du puzzle quand Karin me tapota l'épaule.

Sasuke, quelle bonne surprise !

Qu'est-ce que tu fous là ? T'as couché avec Suigetsu ?

Elle a fait une grimace de dégoût.

Moi et l'autre tronche de merlan frit ? Sérieusement ? Et puis j'ai l'air de sortir d'un coït ?

« coït » … ?

Je l'ai détaillé de plus près et c'est vrai qu'elle était comme d'habitude. Il y avait constamment une explosion capillaire pour habiller son visage, donc on ne pouvait pas mettre ça sur le compte d'une étreinte charnelle. Et puis elle était plus ou moins maquillée, pas de rouge à lèvres débordant ou de mascara ayant coulé suite à une potentielle vague de sensations fortes.

T'ai raison, ais-je capitulé. Mais qu'est-ce que tu fous là ?

Je voulais te parler.

Moi ?

Si on ne s'était pas quitté en mauvais termes, je ne lui avais plus adressé la parole depuis trop de temps.

Sa main a caressé son bras, mais rien de sensuel. C'était plutôt le genre de caresse réconfortante, souvent accompagné par un regard de pitié. Attendez, je lui suscitais de la pitié à cet instant ?

Suigetsu m'a dit, tu sais... Pour ce que tu ressens.

J'ai tenté de reconnecter les différentes zones de mon cerveau, mais j'étais pratiquement certain d'avoir tu mes problèmes à Suigetsu. A cet instant, le fait que lui et Karin ait pu avoir une discussion ne m'a pas semblé étrange, alors que normalement, ils ne se causaient plus. Normalement.

Ce que je … « ressens »?

J'ai dessiné des guillemets dans l'air et ai pris un air condescendant.

Je sais que tu es amoureux de moi.

Hein ?

Mais ce n'est pas grave, ce n'est rien, tu t'en remettras... En fait j'espère vraiment que tu t'en remettras parce que ça me dérange vraiment. Tes sentiments m'empêche de … Nous empêche de … Enfin bref, tes sentiments sont un obstacle parce qu'on tient à toi, et on ne veux pas te briser le cœur, te rendre fou de jalousie parce que, on te connaît Sasuke, tu te laisses facilement submerger par tes émotions. Tu hyperbolises la moindre petite secousse émotionnelle. Est-ce que tu t'entends te plaindre ? Tu te plains tout le temps, et pour un rien, à croire que ça ne va jamais, que t'es torturé et trop dark dans ta tête.

Attends Karin, pause ! De quoi tu parles ?

Elle a cligné plusieurs fois des paupières, et puis comme ses propos ne m'atteignaient pas, elle a reculé d'un pas, mal à l'aise. Un petit « oh » rougissant sortit de ses lèvres pour accompagner sa gêne.

Moi, je me pausais un tas de questions : pourquoi Suigetsu t'as fais croire que j'étais amoureux de toi ? Qui c'est ce « on » ? Pourquoi je serais un obstacle ?

Et malgré tout, la première question qui traversa la barrière des mots fut la suivante ;

Comment ça je me plains tout le temps ?

Elle haussa les épaules.

Tu n'as jamais remarqué que tu étais comme une petite princesse ? T'es une drama queen.

J'ai soulevé les sourcils. Vraiment, j'avais bien fait de me lever ce matin-là parce qu'on s'marrait.

Suigetsu est apparu dans mon dos, sifflotant. Son ombre massive s'est dessiné dans mon dos, alors je me suis retourné vers lui, interrogateur. Il avait la même tronche que Karin quand on s'est retrouvé nez à nez quelques minutes auparavant.

Ses mèches teintes étaient vaguement attachées en une ridicule queue basse derrière sa nuque, et sa frange éparse gouttait encore sur son front. Son torse ruisselait et des gouttes cascadaient jusqu'à sa serviette nouée autour de son bassin. Des flaques se peignaient à ses pieds nus et humides.

Et c'est hyper bizarre que je vous décrive mon pote sortant de la douche.

J'ai été pris dans le récit je crois. Putain heureusement qu'il est pas là, il se foutrait de ma gueule.

Sasuke...

Suigetsu...

Je peux tout t'expliquer.

Au risque de me répéter ; j'avais vraiment bien fait de me lever.


DOSSIER NUMERO 010124


Finalement, c'était la famille Hyûga dans son entièreté qui était liée sans que je le saches à mon petit frère trop secret puisque Hinata pleurait au chevet de Gaara.


*


Est-ce que ce chapitre est clair ? On comprend aisément qu'on passe de Sasuke à Temari, puis de Temari à Sasuke, etc... ?

Sinon j'espère que ça vous a plu, bien que le chapitre soit différent en presque tout point des précédents. J'me suis dit que rythmer un peu tout ça et aussi de voir le point de vue des inspecteurs pourrait apporter un petit quelque chose.

Bref, vos ptits commentaires me font faire doki doki à mon ptit cœur alors j'espère vous retrouver dans cette partie o

Ha oui, et ça y est, j'suis en vacances chez moi, et puis mes cours c'est presque fini alors normalement, on va retrouver le rythme d'un chapitre par week-end (j'essaierais le samedi mais j'ai toujours la flemme le samedi, i don't know why)

Bisouilles à vous ♥